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Les spécificités de l’attention chez l’enfant à haut potentiel intellectuel

Haut et très haut potentiel : l’attention des enfants concernés est-elle focalisable au quotidien à hauteur de leurs besoins ? Défaillante dans certains cas ? Comment le comprendre et comment y remédier ?

Plongée au cœur d’une école pour enfants surdoués

Suite à notre article intitulé “Quel lien peut-on faire entre très haut potentiel intellectuel et troubles de l’attention ?”, posant les questions de la qualité de la sollicitation attentionnelle de l’enfant à haut potentiel et de sa mesure, Magali FEIGE nous a généreusement proposé de nous apporter sa contribution et son éclairage professionnel sur ces questions prépondérantes de l’attention.

Nous vous proposons aujourd’hui la lecture de son dossier, afin de répondre aux questions suivantes :

Les enfants à Haut Potentiel Intellectuel présentent-ils des particularités dans la façon dont ils utilisent leur attention ? Ou bien leur manque d’attention est-il synonyme de manque d’intérêt ? Dans quels cas faut-il suspecter un trouble de l’attention associé au Haut Potentiel Intellectuel ? Comment cela se manifeste t-il ? Le Haut Potentiel peut-il camoufler le trouble ? Quelles sont les démarches diagnostiques qui peuvent être entreprises ? A partir de quand faut-il consulter ? Quel(s) professionnel(s) ? Pour faire réaliser quels examens ? Que peut-on faire pour aider l’enfant qui présente un Haut Potentiel Intellectuel mais aussi des difficultés attentionnelles ?

Magali FEIGE

L’enfant à Haut Potentiel Intellectuel et l’attention

La littérature scientifique s’étoffe progressivement sur la question du Haut Potentiel Intellectuel (HPI) en tant que particularité développementale. Mais, pour de multiples raisons tout à fait intelligibles, la recherche apporte encore peu de réponses sur les particularités attentionnelles des enfants qui présentent un HPI. Néanmoins, les médecins spécialisés et les neuropsychologues libéraux reçoivent de nombreuses demandes de consultations pour ces enfants qui présentent un HPI mais qui semblent avoir du mal à se concentrer, à canaliser leur impulsivité ou encore à planifier comme par exemple pour résoudre des problèmes en étapes.

1°) Comment savoir si un enfant présente des difficultés attentionnelles ou un trouble de l’attention ?

De façon générale, pour savoir si un enfant présente des difficultés attentionnelles, le neuropsychologue réalisera un bilan de l’attention et des fonctions exécutives.

Au préalable, il s’assurera que l’enfant a passé (dans les deux années qui précèdent) un examen de son développement cognitif global, qui est communément appelé « psychométrie » ou « bilan intellectuel » ou « test de QI ». Quand ce premier examen a déjà été réalisé, le neuropsychologue procédera au bilan de l’attention et des fonctions exécutives. Quand la psychométrie n’a pas été proposée de façon relativement récente à l’enfant, le professionnel indiquera aux parents sa pertinence. Ce test pourra alors être pratiqué par le neuropsychologue lui-même ou bien par le Psychologue de l’Education Nationale ou encore par un autre psychologue, selon le parcours de l’enfant, ses besoins et les souhaits de ses parents.

Le test le plus couramment utilisé dans les pays occidentaux pour réaliser cet examen du développement cognitif global se nomme le WISC pour les enfants de 6 à 17 ans et, dans sa version éditée le plus récemment, le WISC-V. Pour les enfants plus petits, il se nomme le WPPSI-IV et pour les adultes, il s’agit du WAIS-IV.

Il est important que cet examen du développement global soit pratiqué en amont du bilan de l’attention et des fonctions exécutives afin d’éviter des erreurs diagnostiques. En effet, un enfant qui présente, à titre d’exemple, un retard intellectuel ou des difficultés de développement de son langage oral ou des difficultés gestuelles déploie plus d’énergie mentale pour arriver au même résultat que l’enfant qui ne souffre pas des mêmes difficultés. Il « sur-utilise » donc ses ressources, ce qui l’épuise et mime parfois un déficit attentionnel. Le diagnostic différentiel entre un trouble de l’attention et un autre trouble repose donc sur une démarche de prudence et d’exclusion à laquelle participe le bilan du développement cognitif global.

Mais pour savoir si un enfant ou un adolescent présente des difficultés ou bien un trouble de l’attention et des fonctions exécutives, cet examen psychométrique n’est pas suffisant. Il doit être complété par un bilan ciblant spécifiquement le domaine qui nous intéresse ici.

Le bilan neuropsychologique de l’attention et des fonctions exécutives est un examen assez long, qui dure fréquemment entre deux et trois heures, car il doit évaluer toutes les composantes attentionnelles (attention sélective, divisée, soutenue) et exécutives (mémoire de travail, planification/organisation, contrôle de l’impulsivité cognitive notamment). Autrement dit, il consiste pour l’enfant à partager un ensemble d’activités plus ou moins ludiques avec un adulte. Celles-ci permettront de savoir si sa capacité à faire preuve d’attention, de planification, à contrôler son impulsivité et à planifier de nouveaux schémas d’action face à la nouveauté s’écarte trop ou non du développement moyen des enfants de son âge.

Ce bilan est précédé d’un entretien assez long en amont avec l’enfant et ses parents et s’accompagne parfois de questionnaires, qui permettent d’obtenir plus d’informations sur la symptomatologie telle qu’elle se présente dans le quotidien familial et/ou scolaire. L’administration seule de questionnaires ne suffit pas à déterminer si l’enfant présente ou non des difficultés attentionnelles. Le bilan neuropsychologique de l’attention et des fonctions exécutives est aujourd’hui le moyen le plus fiable de le savoir.

À retenir : afin de savoir si un enfant présente effectivement un trouble de l’attention ou des difficultés attentionnelles, le neuropsychologue pratiquera un bilan neuropsychologique de l’attention et des fonctions exécutives à condition qu’un bilan « psychométrique » ait été pratiqué durant les deux années qui précèdent par un psychologue ou un neuropsychologue. S’il n’a pas été fait, il peut être demandé au neuropsychologue lui-même ou à un autre psychologue.

2°) Ces enfants HPI sans trouble associé qui consultent parce qu’ils ont parfois du mal à se concentrer.

Les neuropsychologues reçoivent de nombreux enfants parce que leurs parents, leurs enseignants, leurs médecins, leurs orthophonistes suspectent que leur développement soit en partie gêné par un trouble de l’attention ou des difficultés attentionnelles. Et parfois, le bilan neuropsychologique comprenant un WISC-V (pour les raisons expliquées plus haut) et un examen de l’attention et des fonctions exécutives n’objective non pas un déficit attentionnel mais plutôt un Haut Potentiel Intellectuel. Il n’est pas rare donc que des enfants nous soient adressés dans nos cabinets pour une suspicion de trouble attentionnel et que finalement nous mettions en évidence autre chose : un Haut Potentiel Intellectuel. Et si cela n’est pas rare, c’est parce que les enfants HPI présentent fréquemment des particularités dans leur façon d’utiliser leur attention (pourtant bonne) ainsi que leurs fonctions exécutives.

Dans ce type de situations, les parents et les enseignants décrivent un enfant qui a du mal à canaliser son attention, qui parle de sujets sans rapports avec l’activité en cours, qui passe très rapidement d’une activité à l’autre, qui peut sauter fréquemment du coq-à-l’âne. Souvent, ils rapportent que leur enfant est très actif, qu’il a du mal à rester en place, à tenir assis à table et éventuellement en classe. Toutefois, ces enfants ont parfois un niveau scolaire plutôt satisfaisant voire bon mais leur comportement n’est pas facile à gérer pour les adultes qui les entourent. Ils sont parfois lents car dispersés. Autrement dit, ils présentent un certain nombre de caractéristiques de fonctionnement qui sont en effet évocatrices d’un trouble de l’attention.

Il faut dire qu’une partie des enfants HPI est parfois gênée par cette fameuse pensée en arborescence très décrite dans de nombreuses publications. Ils rapportent pour certains d’entre eux le fait qu’une pensée puisse générer d’autres pensées, chacune d’entre elles générant à son tour d’autres pensées jusqu’à créer une arborescence mentale, un fourmillement d’idées simultanées. Cette pensée en arborescence semble être un outil de créativité et il ne s’agit donc pas de la critiquer ou de la faire taire. Mais dans certaines situations, dans lesquelles une pensée séquentielle et organisée serait plus adaptée, le fourmillement génère chez l’enfant une difficulté à rester concentré et à focaliser sa pensée sur l’activité en cours de façon organisée.

Pour beaucoup des enfants concernés, ils parviennent mieux à se concentrer quand la tâche est complexe que quand elle est simple. Peut-être qu’une tâche trop simple, trop routinière, peu motivante pour l’enfant n’est pas assez prenante intellectuellement pour faire taire cette association rapide d’idées qu’est l’arborescence. L’enfant serait donc soulagé et plus efficace quand la tâche serait lourde, chargée de consignes multiples et complexes ou tout simplement particulièrement motivante. Peut-être également qu’une partie des enfants HPI ont un « seuil attentionnel » élevé tel qu’ils ne peuvent se concentrer de façon véritablement efficace que quand la tâche est suffisamment complexe. Quelle que soit la cause de ce paradoxe, celui-ci est souvent rapporté par l’entourage de l’enfant HPI : quand une tâche simple lui est proposée : il semble ailleurs ou bien fait de nombreuses erreurs d’inattention et quand la tâche est complexe : il montre de bien meilleures réussites.

Chez d’autres enfants, cette particularité attentionnelle se traduit parfois par de l’agitation motrice car, quand l’enfant bouge, il oblige son cerveau à traiter, outre la tâche en cours, un flux d’informations supplémentaires, à la fois auditives, visuelles et kinesthésiques, qui lui permettent alors de se concentrer. Certains enfants ou adolescents travaillent mieux en écoutant de la musique.

Que faire si l’enfant HPI ne présente pas de trouble ou de difficulté attentionnelle avérée, mais qu’il éprouve tout de même souvent des difficultés à utiliser son attention ? A la maison, on pourra tout d’abord essayer de le laisser bouger en travaillant. Ne lui demandez pas de s’asseoir ou de se calmer quand il veut réciter sa leçon d’histoire en faisant la pirouette ou l’arbre droit et voyez si, dans le mouvement, sa concentration est bonne. S’il est efficace pour épeler ses mots ou vous restituer sa leçon, vous pourrez le laisser travailler en mouvement, sauf bien sûr quand il doit écrire, l’écriture requérant une posture stable et fixe.

Ce type d’enfants a également souvent besoin d’être « challengé » à l’école pour terminer rapidement et correctement le travail. Ils ont besoin que la motivation vienne aider à canaliser l’attention. C’est le cas pour tous les enfants mais cela est renforcé chez eux. L’enseignant pourra, par exemple, autoriser l’enfant à poursuivre la préparation d’un exposé sur un thème qu’il affectionne chaque fois que son travail est parfait et qu’il a terminé avant les autres.

Ce sont de simples pistes de travail mais pour chaque enfant, en fonction de ses goûts et de son fonctionnement, il est possible d’imaginer avec l’enseignant un système propice à soutenir son attention. Il est en tous cas primordial que l’entourage ne dispose pas que d’une seule interprétation de la situation : celle qui consisterait à penser que l’enfant bâcle et qu’il n’est pas motivé. Car cette interprétation ne pousse pas les adultes à accompagner et trouver comment prendre en compte le fonctionnement de l’enfant. Elle n’invite qu’à réprimander, ce qui n’est finalement pas très productif ni épanouissant. Si l’enfant est HPI, il est probable qu’il présente des particularités de son fonctionnement attentionnel et exécutif. Les prendre en compte, les lui expliquer et les présenter à ses parents apporte souvent un grand soulagement.

À retenir : les enfants HPI peuvent avoir de bonnes capacités attentionnelles mais les utiliser de façon particulière. Notamment, ils peuvent ressentir et montrer des difficultés de concentration quand l’activité n’est pas assez stimulante, complexe et/ou motivante pour eux. Il s’agira donc de prendre en compte cette particularité pour adapter les exigences des adultes et leur permettre de s’épanouir.

3°) Ces enfants HPI qui présentent des troubles associés touchant d’autres domaines que l’attention.

Ce n’est pas parce que l’enfant présente un Haut Potentiel Intellectuel qu’il est protégé et ne présentera pas de troubles du neurodéveloppement. Un enfant peut donc être HPI et être gêné par une dyslexie-dysorthographie, une dysphasie, une dyscalculie, une dyspraxie, un trouble de l’attention et des fonctions exécutives. Si l’enfant sur-utilise ses ressources attentionnelles pour essayer d’accomplir les mêmes activités que ses camarades malgré, par exemple, sa dyslexie, l’épuisement qui en résulte pourrait mimer un trouble de l’attention. Dès qu’un doute existe sur un domaine de développement, il est donc important de consulter le professionnel approprié. A titre d’exemple, si l’enfant se plaint que lire lui demande beaucoup d’énergie, il est pertinent de consulter une orthophoniste qui soit habituée à travailler avec des personnes HPI, car identifier une dyslexie chez ce type d’enfant est un travail diagnostique parfois complexe.

4°) Ces enfants HPI qui montrent de réelles difficultés attentionnelles et/ou exécutives voire un TDAH.

Au delà de ce phénomène, les neuropsychologues rencontrent dans leurs cabinets un certain nombre d’enfants qui présentent des difficultés attentionnelles et/ou éxécutives ou bien un véritable trouble de l’attention dans le contexte de leur HPI. Le  consensus distingue les « difficultés », moins sévères, et les « troubles », plus intenses. Quand l’enfant HPI montre à l’examen neuropsychologique un Trouble de l’Attention et des Fonctions Exécutives avec ou sans Hyperactivité (TDAH), on pourra alors dire qu’il est HPI/TDAH.

Diagnostiquer des difficultés attentionnelles ou bien un trouble de l’attention et des fonctions exécutives chez les enfants HPI n’est pas toujours simple. C’est pourquoi elles sont identifiées tardivement chez beaucoup d’entre eux. Ils utilisent fréquemment leur intelligence pour compenser une partie de leurs troubles et ne rencontrent pas tout à fait les mêmes difficultés que les enfants TDAH sans HPI. Pour les professionnels qui pratiquent les bilans, il n’est pas toujours évident de voir les signes. Si l’entourage se pose des questions sur les capacités attentionnelles de l’enfant ou de l’adolescent, ou si lui-même se plaint, il me semble primordial de faire pratiquer le bilan de l’attention et des fonctions exécutives.

Un certain nombre d’enfants HPI présente un trouble isolé du contrôle de l’impulsivité cognitive sans autre trouble de l’attention et des fonctions exécutives.

Leur cerveau a du mal à retenir leurs impulsions pour prendre le temps de juger si elles sont adaptées au contexte. Ainsi, ces enfants font des erreurs dans leur travail parce qu’ils procèdent trop rapidement ou bien adoptent fréquemment des comportements impulsifs, davantage que la plupart des enfants du même âge. Chez l’enfant qui présente un véritable trouble de l’attention et des fonctions exécutives (que l’on appelle un TDAH), ce type de difficulté vient d’un véritable déficit neurodéveloppemental de gestion de l’impulsivité. Chez les enfants HPI sans TDAH associé, on peut penser que cette impulsivité trouve son origine dans leur grande rapidité de traitement de l’information. Quoi qu’il en soit, certains d’entre eux éprouvent de réelles difficultés à ralentir leur mise en action au profit de la réflexion. Ils transgressent les règles alors qu’ils les connaissent par précipitation, coupent fréquemment la parole, font de nombreuses erreurs dans leur travail toujours par précipitation, répondent très souvent avant la fin de la question, participent en classe sans lever le doigt.

Ces enfants auront besoin de davantage de temps que leurs pairs pour contrôler cette impulsivité cognitive et il est important que l’entourage le sache, sans constamment réprimander et juger leur précipitation constante. Davantage, il pourrait être porteur de jouer à des jeux qui entraînent le contrôle de l’impulsivité comme le Bazar Bizarre, le Jungle Speed, Ni oui Ni Non, Jacques a dit. Si l’accompagnement parental ou les soutiens pédagogiques ne suffisaient pas, on pourra demander l’aide d’un neuropsychologue qui pourra proposer une remédiation cognitive ciblée sur la gestion de l’impulsivité.

Un certain nombre d’enfants HPI présente des difficultés ou bien un trouble de la planification sans autre trouble de l’attention ou des fonctions exécutives.

Ils sont habitués depuis tout petit à découvrir le monde et construire leurs connaissances en s’appuyant sur de formidables capacités de mémoire associative. Ils donnent l’impression de développer de très belles capacités d’intuition. Ils ne parviennent plus à résoudre leurs problèmes quand l’intuition ne suffit plus mais qu’il faudrait s’appuyer sur une démarche par tâtonnements, essais-erreurs, déductions, et ainsi construire des étapes de raisonnement. Ce type d’enfant s’attelle à la tâche quand la réponse lui vient rapidement à l’esprit mais déclare très rapidement forfait quand il ne sait pas d’emblée quoi faire. Ce même type d’enfant résout depuis tout petit des problèmes arithmétiques complexes pour l’âge mais se retrouve en difficulté quand, au cours du CM1 bien souvent, il rencontre les premiers problèmes à étapes.

Ces enfants en mal de capacités de planification, de façon plus ou moins sévère, plus ou moins durable, sera considérablement aidé par le fait que les adultes aient conscience de cette particularité de leur fonctionnement cognitif. Un adulte compréhensif, qui a conscience que planifier ne correspond pas au fonctionnement premier de l’enfant, acceptera de le lui apprendre progressivement et que cela peut lui prendre du temps de développer cette aptitude. Jouer au Labyrinthe, au Chabyrinthe, à des jeux de construction, pourra aider à développer cette capacité. Il sera important de lui demander de décrire par quelles étapes mentales et d’actions il pense passer avant de jouer son tour de jeu, avant de se lancer dans une recette de cuisine, avant de se lancer dans la résolution d’un problème, pour entraîner ses capacités de planification. Encore une fois, en cas de besoin, l’entourage direct pourra passer le relais à un neuropsychologue qui pourra soutenir le développement des capacités de planification de l’enfant par l’intermédiaire d’une remédiation cognitive.

Quand l’enfant présente un HPI/TDAH

Je note régulièrement que le TDAH ne s’exprime pas tout-à-fait de la même façon que chez les enfants qui présentent un TDAH sans HPI. Il n’est pas rare que le niveau scolaire comme tel soit préservé, même si cela n’est pas systématique, mais que les difficultés premières de l’enfant soient comportementales.

Beaucoup d’enfants consultent en maternelle parce qu’ils n’arrivent pas à s’adapter à la collectivité, sont impulsifs, tapent les pairs, se mettent en danger, interviennent sans cesse dans la classe sans y avoir été invités, sont trop dispersés, nécessiteraient que l’adulte soit constamment assis à leurs côtés pour qu’ils poursuivent une tâche jusqu’à son terme et pourtant, paradoxalement, le niveau de leurs acquisitions n’est pas ce qui fait souci.

Ces enfants sont objectivement et intensément entravés par leur trouble pour se concentrer, pour orienter leur attention au bon endroit au bon moment et pour maintenir la focalisation attentionnelle dans le temps. Ils sont agités, passent beaucoup du coq-à-l’âne, sont en souffrance quand l’adulte parle beaucoup. En effet, écouter nécessite de pouvoir aisément maintenir l’attention auditive. Et les adultes sont souvent en train de se lancer dans de grandes explications ou réprimandes orales avec ces petits qui sont, il est vrai, particulièrement difficiles à gérer pour leurs parents comme pour leurs enseignants. Ils semblent n’être qu’opposition. Leurs difficultés attentionnelles s’ajoutent à leur trouble du contrôle de l’impulsivité qui complique fortement leur capacité à adopter le bon comportement dans le bon contexte, à retenir leurs envies de taper ou d’insulter quand ils sont en colère même s’ils savent qu’ils ne doivent pas le faire. Ils culpabilisent souvent de n’être pas à la hauteur des attentes des adultes mais n’ont pas encore la maturité psychologique pour l’exprimer verbalement et la mauvaise estime de soi ne les aide pas à prendre sur eux pour compenser leurs troubles attentionnels et exécutifs.

Ces enfants ont souvent besoin d’être étayés par des soins (psychologiques, neuropsychologiques) et leurs parents ont également grand besoin d’être soutenus et compris. Car ces enfants montrent souvent un grand besoin de maîtrise, beaucoup d’angoisses, une hypersensibilité émotionnelle et particulièrement d’importantes difficultés de gestion de la frustration qui les rendent difficiles à gérer quotidiennement. C’est pourquoi la question diagnostique, si elle n’est pas simple chez ces petits, demeure cruciale car comprendre pourquoi ils présentent ces difficultés d’adaptation comportementale nous permet régulièrement de leur renvoyer une meilleure image d’eux-mêmes et de mettre en place les soins qui seront propices à, progressivement, leur permettre d’adapter leur comportement.

À retenir : un enfant HPI peut présenter des difficultés de gestion de l’impulsivité ou bien des difficultés de planification ou bien encore des difficultés attentionnelles. Il peut également présenter l’ensemble de ces gênes. Quand elles sont sévères, il peut s’agir d’un véritable Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) associé, dans son développement, à son HPI.

À retenir également : un enfant calme et lent, non hyperactif, peut tout de même présenter une impulsivité cognitive.

5°) Que faire pour accompagner les enfants HPI/TDAH ?

Quand le trouble attentionnel et exécutif génère des troubles de l’apprentissage ou des difficultés scolaires, ces enfants auront besoin de soutiens tels que parfois, en première ligne, les soutiens pédagogiques offerts par les enseignants, puis en seconde ligne les soins et remédiations offerts par les thérapeutes extérieurs.

Quand l’enfant présente les signes d’un HPI/TDAH objectivés par les bilans, le neuropsychologue orientera l’enfant et ses parents vers un médecin spécialisé qui pourra confirmer ou invalider le diagnostic et coordonner les soins. Parfois, ces enfants auront besoin d’adaptations pédagogiques, d’une AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire), et donc d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) permettant de coordonner les actions de l’équipe éducative et des thérapeutes, ou parfois d’un PAP (Projet d’accompagnement Personnalisé) permettant d’officialiser entre parents et enseignants les mesures pédagogiques qui pourraient être prises dans le quotidien de l’enfant pour faciliter son intégration, son bien-être et ses apprentissages.

 À retenir : dès qu’un enfant inquiète ou questionne son entourage en montrant des signes de difficultés attentionnelles, il peut être utile de consulter un médecin spécialisé et de demander un bilan de l’attention et des fonctions exécutives à un neuropsychologue. Les professionnels pourront ensuite, si tel était le besoin, guider les parents vers les thérapeutes, soutiens et dispositifs existants pour accompagner au mieux leur enfant si besoin.

À retenir également : le bilan neuropsychologique de l’attention et des fonctions exécutives peut être pratiqué chez l’enfant, chez l’adolescent comme chez l’adulte.


Un chaleureux merci à l’auteur de cet article, Magali FEIGE, dont vous trouverez la présentation ci-dessous :

Je suis Psychologue clinicienne depuis 2005 et Neuropsychologue depuis 2007. J’ai toujours travaillé auprès d’enfants et d’adolescents présentant des besoins spécifiques (des enfants sourds, des enfants présentant des Troubles du Spectre Autistique, des enfants déficients intellectuels), auprès également des équipes qui les accompagnent (en dirigeant des séances d’analyse de la pratique). Mais la plus grosse partie de mon expérience clinique (depuis 2006) a été acquise dans des centres d’expertise (dont un centre de référence lyonnais) pour les Troubles des Apprentissages (dysphasie, dyspraxie, dyslexie-dysorthographie, TDAH) en réalisant des bilans diagnostiques, des remédiations cognitives et en menant des thérapies psychologiques. Cette pratique m’a permis de bien connaître les troubles du neurodéveloppement mais également de rencontrer de nombreux enfants à Haut Potentiel Intellectuel et m’a fait découvrir les spécificités développementales que présentent un certain nombre d’entre eux. Puis, j’ai basculé à partir de 2014 sur une pratique libérale à Lyon, au sein de laquelle je rencontre beaucoup encore ce type d’enfants, d’adolescents et même d’adultes. J’ai participé à l’écriture d’un livre paru en 2017 intitulé “Aide aux dys, Concrètement que faire?“, dont l’auteur principal est C. Chauché.

N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et remarques en commentaires.

17 commentaires

  1. Verdier sur 4 mai 2020 à 21 h 17 min

    Le wisc permet de calculer un quotient : il faut donc parler d’enfant HQI (haut quotient intellectuel) et non de HPI qui est une notion vague car non objectivée. Cette erreur interroge dans cet article.

    • Françoise sur 5 mai 2020 à 7 h 47 min

      Bonjour,

      La terminologie fait toujours débat et personne ne semble d’accord sur les termes à utiliser. L’essentiel n’est pas là me semble t-il, mais plutôt dans la compréhension du fonctionnement de nos “chers enfants” afin qu’ils s’accommodent au mieux de leurs particularités.

    • Magali FEIGE sur 9 mai 2020 à 14 h 14 min

      Bonjour, merci de votre réaction. En réalité, le Haut Quotient Intellectuel n’est qu’une facette du développement de ces enfants ou personnes HPI. Il est vrai que le Haut Quotient Intellectuel est aujourd’hui un gold standard pour le diagnostic du HPI mais le consensus scientifique actuel consiste à utiliser la terminologie HAUT POTENTIEL INTELLECTUEL et non HQI. Cette terminologie serait elle-aussi discutable et il est vrai qu’il est difficile de trouver une façon de nommer ce développement particulier. En témoigne la terminologie changeante historiquement. Ce que vous considérez comme une erreur n’en est toutefois pas une.
      Bien à vous,

  2. Eva sur 4 mai 2020 à 21 h 39 min

    Merci pour cet article.
    Mon enfant a été diagnostiqué TDAH avec HP à l’age de 8 ans. Petit le côté HP était flagrant, mais par la suite le trouble des fonctions exécutives (diagnostiqué précisément comme indiqué dans votre article) s’est fait sentir et la canalisation de son énergie est devenue assez compliquée à gérer, à la maison comme a l’école. Ce trouble présente un avantage premier: une créativité débordante. Mais c’est un peu une plaie: l’enfant peut arriver à compenser quand il est jeune abc de bons résultats, mais si on ne fait rien ça ne dure pas.
    Je pense qu’il ne faut pas se voiler la face quand des troubles comportementaux surviennent, en se cachant derrière le “haut potentiel” dont la définition est un peu fourre tout. Et qu’il est préférable de faire suivre son enfant parce qu’avec le temps ça n’en s’arrange pas.
    Mon commentaire ne va sans doute pas plaire, mais les “vrais” HP sans troubles neuro-développementaux sont très peu nombreux. Bon courage à ceux qui passent par là, et merci à EPI de diversifier vos articles.

    • Fanny sur 5 mai 2020 à 6 h 38 min

      Waouww merci pour cet article très clair et qui synthétise bien mes difficultés en tant que mère d’un enfant HPi/TDA/H. L’enfer à l’école depuis la petite section de maternelle, déscolarisé en Grande Section, changement d’école au CP, rétrogradation en Grande Section à mi-temps sur décision de l’inspecteur – Confinement – et non reprise de l’école pour lui avant la fin de l’année car il n’est pas reconnu prioritaire. Pourtant il est reconnu par la MDPH mais son AVSI n’a pas été nommée, faute de budget ! Je me bats pour ne pas lâcher mes centres d’interêt (je suis HPI) mais certains mois lui sont entièrement dédiés ce qui rend compliqué tout exercice professionnel. Comme je suis indépendante, je développe mon activité d’accompagnement à distance, c’est sportif mais nécessaire aussi pour garder le moral.
      Je cherche à sortir mon fils du système l’éducation nationale mais les écoles alternatives restent hors de prix. Mon fils est suivi par ailleurs, il progresse mais l’école à la maison à temps plein est compliquée parce qu’il est très difficile avec le trouble d’opposition de le motiver à travailler. Un pas à la fois donc mais les parents ont besoin d’être plus que soutenus pour motiver les troupes car même les enseignants venaient se plaindre chaque jour de ses comportements lorsque j’allais le chercher à l’école. Épuisant !!

      • Magali FEIGE sur 9 mai 2020 à 14 h 20 min

        Bonjour Eva et Fanny, je suis heureuse que cet article vous ait permis de vous sentir comprises. Il est vrai que l’aspect comportemental est souvent très complexe à gérer pour les familles d’enfants HPI/TDAH. Je sais que cela n’est pas miraculeux mais il est souvent important de demander le soutien régulier et prolongé de thérapeutes spécialisés. N’hésitez pas à consulter un Psychologue qui pratique les TCC (Thérapies cognitivo-comportementales) et/ou un neuropsychologue proche de chez vous.
        Bien à vous,

  3. Lacour sur 4 mai 2020 à 22 h 14 min

    Merci beaucoup pour cet article très instructif et fort à propos dans ce contexte particulier de l’école à la maison pendant le Covid-19.
    Mon fils en CE2 et diagnostiqué HPI depuis l’an passé, suit une scolarité sans trop d’encombres si ce n’est des difficultés à terminer son travail – soit il termine en ayant fait le tiers des exercices, soit il prend beaucoup plus de temps que ces camarades à finaliser une tâche pas forcément ardue mais qui requiert un minimum de concentration.
    Nous en avions déjà discuté avec sa maîtresse qui le connaît et l’accompagne plutôt bien. Mais depuis que nous faisons l’école à la maison du fait du confinement, nous prenons conscience de réelles difficultés d’attention qui l’empêche de mettre sa rapidité et sa vivacité intellectuelle au service de son apprentissage. Il zappe, il papillonne, tout est prétexte à faire autre chose en même temps et lorsque le travail est selon lui terminé et bien ce n’est ni fait ni à faire !
    N’étant pas enseignants et moi en télétravail toute la journée, je ne sais pas trop si c’est moi qui attend trop de lui ou si au contraire, nous devrions voir dans sa lenteur, le côté désorganisé de son travail et parfois ses réticences à l’effort (surtout l’écriture), un réel déficit / trouble de l’attention.
    Je ne me sens pas forcément armée pour répondre convenablement à ses besoins et je me demande si cette situation d’école à la maison amplifie ses difficultés ou si au contraire ça a été l’occasion pour nous parents, de détecter un réel trouble d’attention…
    Vos conseils sont les bienvenus
    Merci
    Valérie

    • Magali FEIGE sur 9 mai 2020 à 14 h 25 min

      Bonjour Valérie,
      je comprends votre situation. Quand nous avons l’impression d’une difficulté chez un enfant, il est très fréquent de ne pas savoir si notre impression est justifiée ou non. Il faudrait pouvoir comparer son développement avec celui d’autres enfants du même âge car cela nous donnerait des repères mais en même temps : cette comparaison ne serait pas très valable si nous ne pouvions le comparer qu’à un ou deux enfants car les enfants sont différents sans que toute différence ne soit pathologique. C’est donc à cela que servent les tests quand ils sont bien construits : ils permettent de comparer un aspect du développement de votre enfant (en l’occurrence ses capacités attentionnelles) à un très grand nombre d’autres enfants du même âge. C’est pourquoi, si vous avez un doute, je vous conseille de demander un bilan de l’attention et des fonctions exécutives à une neuropsychologue qui vous dira si vos impressions étaient justifiées ou si vos exigences étaient trop élevées (cela arrive, être parent n’est pas inné ! ).
      Bien à vous,

  4. E-mile974 sur 5 mai 2020 à 1 h 17 min

    Bonjour,

    Je suis un adulte avec HPI et TDAH et votre article m’inspire une ou deux remarques.
    D’abord, il fait aujourd’hui à peu près consensus que le diagnostic du TDAH se fait sous la formzne d’entretiens cliniques et non pas par des des tests neuropsychologiques ni par de l’imagerie neurologique (IRM), je le précise même si vous ne parlez pas ici, à raison de cette dernière technique.
    Concernant les tests neuropsychologiques, ils peuvent tout à fait donner lieu à des faux négatifs.
    En effet, le TDAH est en lien avec un verrou dopaminergique, qui peut s’activer en l’absence de plaisir et/ ou de motivation, et à l’inverse, sauter lorsque l’un ou l’autre de ces états est actualisé. Il n’est donc pas étonnant que quelqu’un ayant une motivation particulière à passer des tests ou prenant du plaisir à l’exercice, les reussissent très bien, son verrou dopaminergique étant alors désactivé. Je peux en témoigner car 15 ans avant mon diagnostic, j’ai passé de tels tests car je voulais savoir si mes gros problèmes quotidiens qui comprenaient des signes dans les trois expressions caractéristiques (inattention, impulsivité, hyperactivité motrice) pouvaient venir de là. Il en a été conclu que tout était parfaitement normal, et que ces signes pouvaient être liés à une période difficile liée à mon récent divorce.
    Et j’ai perdu ainsi quinze ans à continuer à traîner mes soucis sans savoir pourquoi.
    Le TDAH est un trouble circonstanciel, ce qui explique qu’une personne avec TDAH peut être très concentrée, voire surfocalisée avec dd la difficulté à s’en extirper lorsque la tâche l’intéresse et qu’elle n’est pas dérangée par des stimulis externes.
    Je suis donc très étonné de la façon de diagnostiquer ce trouble présentée dans l’article.
    Autre remarque : la pensée en arborescence n’existe pas. C’est une (autre, en plus de la terminologie de zèbre) invention de Jeanne Siaud Facchin. Ce qui existe, c’est une meilleure utilisation de la pensée divergente liée à l’activation plus rapide d’un plus grand nombre de réseaux neuronaux, et donc de possibilités plus grandes de solutions differentes à un même problème, par rapport à un fonctionnement dans la norme, mais cette pensée n’est pas spécifique à la douance. Il n’existe pas d’opposition scientifiquement étayée entre une pensée dite en arborescence des surdoués, versus une pensée linéaire de cerveaux dans la moyenne intellectuellement.
    Ces données, sourcées, sont accessible facilement sur internet.

    • Anne sur 5 mai 2020 à 14 h 22 min

      Bonjour,
      Je me pose la question d’un HPI pour ma dernière enfant (9 ans) qui a été diagnostiquée, et pour une dyslexie, et pour un TDA, sans hyperactivité.
      Elle a déjà passé deux bilans pour un éventuel HPI, mais les résultats sont trop hétérogènes pour savoir. Je me base donc sur:
      * mon intuition, dont je sais qu’il ne faut pas toujours faire état, en tout cas pas auprès de l’éducation nationale ,
      * le fait que son frère a été testé et reconnu HPI,
      * le fait que d’autres personnes testées HPI me pensent HPI, et que je repère très bien les personnes HPI (en tous cas je ne me suis jamais trompée pour celles qui ont pu me confirmer avoir été testées)
      * différents indices, tels que le fait qu’elle coupe souvent la parole, qu’elle fait vite et bien son travail si activité motivante à la clé, que la même tache peut prendre très longtemps si elle n’est pas motivée, qu’elle est capable de lire deux heures de suite au moins un livre qui lui plait (malgré sa dyslexie), et j’en passe!
      Elle est en difficultés scolaire, et un diagnostic correct pourrait peut-être aider, mais je ne sais pas quoi faire si le bilan se résume à une évaluation chiffrée et non qualitative.
      Avez vous des pistes à me donner ?

      • Françoise sur 5 mai 2020 à 18 h 23 min

        Bonjour Anne,

        Quel que soit le bilan, il y a normalement un entretien préalable appelé anamnese destiné à comprendre votre demande et le passé de votre enfant en lien avec le motif de consultation. Donc il ne s’agit pas uniquement d’une évaluation chiffrée. De la même façon pendant le bilan le psychologue observe les réactions et attitudes de la personne testée, qui sont aussi des clés d’interprétation des résultats.
        De la même façon, des diagnostics de Tda ou hyperactivite qui négligent le haut potentiel s’il y a suspicion peuvent être faussés si cette donnée n’est pas prise en compte. Et inversement le haut potentiel peut être masqué par ces mêmes troubles s’ils cohabitent.
        D’où l’importance de faire pratiquer les bilans par une personne qui ait toutes les clés en mains, idéalement la même personne ou au sein d’un cabinet pluridisciplinaire.

      • Magali FEIGE sur 9 mai 2020 à 14 h 46 min

        Bonjour, il est vrai que parfois les troubles associés viennent perturber l’objectivation du HPI par les tests. C’est notamment souvent le cas quand un Trouble de l’Attention et des Fonctions exécutives existe dans le contexte d’un Haut Potentiel Intellectuel. Si bien que parfois l’hypothèse d’un HPI restera présente dans les esprits des parents et des professionnels (et il peut être important de la garder à l’esprit) mais ne pourra pas être objectivée. Parfois, ce sont des scores très élevés au sein du profil du WISC-V qui orientent vers cette hypothèse, même si les indices globaux n’atteignent pas le fameux seuil des 130. Peut-être pourriez-vous rencontrer dans votre région un médecin et un neuropsychologue bien habitués à rencontrer des enfants HPI/TDAH pour prendre un avis ?
        Bien à vous,

    • Magali FEIGE sur 9 mai 2020 à 14 h 40 min

      Bonjour E-mile974,
      en réalité, la démarche diagnostique du TDAH la plus consensuelle à l’heure actuelle repose sur 1) un entretien clinique, 2) une évaluation du développement cognitif global (par exemple à l’aide d’un WISC-V), 3) un bilan neuropsychologique de l’attention et des fonctions exécutives, 4) un avis psychologique et 5) le dernier mot diagnostique sera porté par un médecin spécialisé au regard des résultats des examens pratiqués. Le diagnostic reposant seulement sur des entretiens cliniques est également tout à fait possible et est pratiqué par certains médecins mais ne constitue pas la démarche la plus répandue actuellement et le choix dépend également de la situation : le médecin pourra choisir parfois de valider un diagnostic sur la base d’entretiens cliniques et juger que parfois il a besoin d’examens complémentaires pour alimenter son diagnostic et peut-être procéder par élimination. Il ne faut pas perdre de vue que les situations cliniques ne sont pas toutes les mêmes.
      Il est tout à fait vrai qu’il existe un lien très important entre plaisir/motivation d’une part et attention d’autre part. Quand une personne est motivée, elle ne ressent pas de difficultés à activer son attention. Mais les tests neuropsychologiques sont bien conçus et restent très fiables la plupart du temps. Par ailleurs, les neuropsychologues sont formés à repérer quand les tests semblent ne pas refléter l’histoire ou le ressenti du patient ou de son entourage et sont en principe compétents pour faire les hypothèses cliniques et les adressages ou les examens complémentaires au besoin.
      Votre autre remarque concerne la pensée en arborescence. Vous dites qu’elle n’existe pas. En réalité, ce n’est pas qu’elle n’existe pas mais qu’il existe diverses façons de la nommer. Vous en citez d’ailleurs une vous-même : pensée divergente. Je n’ai par ailleurs à aucun moment dit qu’elle était réservée aux personnes HPI. Je témoigne en revanche dans cet article de ce que je rencontre fréquemment chez mes patients : ils expriment le fait que ce fourmillement d’idées simultanées les gêne parfois pour se concentrer. Je suis d’accord avec vous, il n’existe pas des cerveaux linéaires et des cerveaux simultanés et ces deux types de processus coexistent chez tous les êtres humains. Toutefois, les personnes HPI témoignent fréquemment de la gêne ressentie pour focaliser leur attention.
      Merci de vos remarques,
      Bien à vous,

  5. Luludbc sur 5 mai 2020 à 9 h 13 min

    Bonjour,
    Merci pour cet article qui nous aide, nous parents! Mon fils a été diagnostiqué en 6 eme HP, avec trouble dyslexique, et après des années collège très compliquée, il s’est orienté dans la boulangerie/ pâtisserie au grand désespoir de ses enseignants de collège qui étaient certains qu’il pouvait faire de grandes études !! Notre fils est épanoui mais il a encore beaucoup de difficultés à se concentrer dans certaines tâches aussi bien pratique que théorique, ces professeurs lui disent que sa tête travaille plus vite que ses mains ! mais avec beaucoup de bienveillance on assiste peu à peu à des transformations !

  6. Christine LONGIN sur 6 mai 2020 à 11 h 32 min

    Bonjour,
    Vous écrivez “A la maison, on pourra tout d’abord essayer de le laisser bouger en travaillant. Ne lui demandez pas de s’asseoir ou de se calmer quand il veut réciter sa leçon d’histoire en faisant la pirouette ou l’arbre droit et voyez si, dans le mouvement, sa concentration est bonne. S’il est efficace pour épeler ses mots ou vous restituer sa leçon, vous pourrez le laisser travailler en mouvement, sauf bien sûr quand il doit écrire, l’écriture requérant une posture stable et fixe.”

    J’ai deux questions :
    1) Comment faire à l’école ? Les enseignants ne sont pas très enclins à laisser bouger les enfants en classe par peur que cela soit une gêne pour les autres élèves et parce que ce serait vite incontrôlable à l’échelle de la collectivité.
    2) Effectivement, pour l’écriture, c’est un problème. C’est d’ailleurs dans cette situation que mon fils fait le plus d’erreurs. Il écrit aussi très mal. Que faire ?

    Merci

    Cordialement

    • Françoise sur 6 mai 2020 à 15 h 02 min

      Bonjour Christine,

      Dans un premier temps je pense que les difficultés attentionnelles, quelle que soit leur origine, ont besoin d’être exprimees aux enseignants pour leur permettre de trouver des solutions. Ça peut être une autorisation de faire autre chose si le travail est terminé, ça peut être accentuer une partie du travail (un challenge rien que pour l’enfant, par exp recopier telle phrase de sa plus belle écriture, le pkus rapidement possible, en ajoutant certains mots, …), mais au préalable il est important de comprendre ce qui perturbe l’enfant.
      J’ai trouvé un lien intéressant ici : https://www.tdahecole.fr/gestion-de-l-attention
      Sinon pour l’écriture, des séances de graphotherapie peuvent aussi être bénéfiques, afin que le geste d’écriture ne soit pas une complication supplémentaire.

    • Magali FEIGE sur 9 mai 2020 à 14 h 56 min

      Bonjour Christine,
      effectivement, cela est plus aisé à gérer à la maison qu’à l’école. A l’école, le problème est que si l’enseignant autorise le mouvement à un enfant dans le groupe, les autres enfants risquent de ne pas comprendre pourquoi aux devraient rester calme. Un second problème est que l’enfant agité perturbe la concentration des autres et enfin, le problème est aussi que l’enfant qui s’agite risque de faire l’objet de moqueries. C’est pourquoi il est très important que l’enseignant, éventuellement aidé par l’un des thérapeutes de l’enfant, puisse expliquer à la classe pourquoi cet enfant va bénéficier d’un projet particulier et pourquoi il sera moins réprimandé quand il s’agite. ON fait souvent l’analogie avec les lunettes. POurquoi certains enfants sont-ils autorisés à porter des lunettes ? pourquoi cela n’est-il pas injuste ? Certains enseignants trouvent des moyens de permettre l’agitation dans un cadre qui convient au travail en groupe et à la vie de la classe. ON pourra par exemple souvent demander à l’enfant de distribuer les cahiers ou les fiches, de porter un mot au directeur, etc. ON pourra lui permettre d’utiliser une balle anti-stress ou un fidget cube qu’il pourra manipuler en travaillant par exemple. Ou encore, certains enseignants aménagent un coin dans la classe ou l’enfant peut aller travailler en gigotant, en restant debout accoudé à son bureau par exemple sans trop gêné les autres. Il est important que ces solutions soient toujours expliquées avec bienveillance aux enfants eux-même et à leurs copains de classe pour ne pas stigmatiser l’enfant mais permettre à tout le groupe de mettre du sens sur ce qui se passe.
      Concernant l’écriture, ce problème est fréquent chez les enfants HPI. Parfois, ils ont du mal à investir le geste graphique, trop lent en comparaison avec leur pensée. Parfois, ils présentent de réelles difficultés de dextérité manuelle et digitale qui perturbent l’automatisation du geste graphique. Il est à mon avis opportun de demander un bilan du graphisme et des praxies chez un ergothérapeute.
      Bien à vous,

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