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Intelligence, facteur G, Quotient Intellectuel…? Faisons le point

Le quotient intellectuel est-il un outil de mesure fiable ? Que mesure t-il exactement ? Faut-il faire passer un test de QI à son enfant ? Découvrons les réponses de deux spécialistes du sujet.

Psychologue pour enfants

Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS et directeur de l’équipe « Développement cognitif et pathologie » de l’Ecole Normale Supérieure à Paris, a la générosité de partager sur le blog scilogs.fr ses réponses et celles de Nicolas Gauvrit aux questions posées par les journalistes du Point qui les interrogeait sur le QI et les tests de QI dans le cadre du dossier que le magazine consacrait la semaine dernière à l’intelligence et à sa mesure.

Questionnés tour à tour, Franck Ramus et Nicolas Gauvrit, maître de conférence en mathématiques à l’Université d’Artois et psychologue du développement, bien connu pour ses publications sur le haut potentiel, nous livrent leur éclairage personnel sur la question de l’intelligence.

Ce dossier nous intéresse tout particulièrement dans la mesure où la connaissance, la reconnaissance et la compréhension du haut potentiel intellectuel ont des effets paradoxaux dont le premier est celui de minimiser, relativiser ou dévoyer la notion d’intelligence.

Peut-on définir l’intelligence ?

Le recoupement des points de vue de Nicolas Gauvrit et Franck Ramus permet de définir l’intelligence comme la moyenne générale des capacités cognitives d’un individu. Ce qui met à mal la théorie des intelligences multiples développée par l’américain Howard Gardner.

Il existe de multiples capacités cognitives et de multiples talents qu’un être humain peut posséder à divers degrés. L’intelligence générale, en revanche, est une moyenne de toutes ces capacités, il n’y en a donc qu’une, par définition.

Franck Ramus

Ce sont précisément ces capacités qui sont évaluées lors de la « mesure du quotient intellectuel » et ces données sont à la fois fiables et durables dans le temps.

Par exemple, le QI est assez peu lié à la créativité, à l’intelligence émotionnelle, ou à la motivation. Mais si l’on cherche à mesurer une sorte de puissance mentale générique, le QI est excellent.

Nicolas Gauvrit

Il est statistiquement très stable à partir de l’adolescence. Cela veut dire qu’en général, il ne varie pas beaucoup, mais il y a des cas particuliers qui peuvent correspondre à des traumatismes, des maladies mentales ou autre.

Le Quotient Intellectuel reflète par conséquent la mesure des capacités cognitives générales d’une personne, une notion à prendre pour ce qu’elle est mais à distinguer de la personnalité toute entière d’un individu qui ne se résume pas uniquement, et heureusement, à travers ce prisme.

Bien évidemment, le niveau d’intelligence générale joue un rôle important dans l’évolution d’un enfant et la vie d’un adulte. C’est pourquoi, lorsqu’il s’éloigne sensiblement de la norme, il est utile d’en comprendre les conséquences possibles.

Fiabilité et utilité de la mesure de l’intelligence

Nous constatons trop souvent à travers les témoignages de parents certaines craintes à faire passer un bilan à leur enfant ou des réticences, parfois suite à des objections entendues ou lues de-ci de-là. Pourtant, il faut le dire et le redire : passer un test de QI auprès d’un professionnel compétent est toujours enrichissant et utile. Nous pourrions dire qu’il s’agit de vérifier l’efficience du câblage neuronal, à l’image du contrôle technique pour un véhicule !

L’immaturité, assimilée au jeune âge, est fréquemment évoquée comme un frein à l’établissement d’un profil « atypique ». Très souvent, il est préconisé d’attendre pour passer les tests que l’enfant mûrisse ou se socialise… Or, dans les faits, cette immaturité présumée ou un apparent manque de sociabilité sont souvent les conséquences d’un réel décalage qui sera, au contraire, utilement mis en perspective et compris par la passation d’un test de QI :

Cela peut permettre à certains adultes d’être rassurés sur leur capacités. Dans le cas des adultes ayant un QI élevé, notamment les adultes à haut potentiel intellectuel (QI de 130 ou plus), cela peut dans certains cas expliquer un sentiment de décalage qu’ils ont toujours ressenti sans le comprendre. Dans le cas de maladies neuro-dégénératives, cela donne aussi une mesure objective de l’évolution des troubles. Si l’on va un peu plus loin que le seul QI total (ce que permettent les tests), on peut également, pour les enfants comme les adultes, avoir une idée plus précise du fonctionnement mental, connaître les points forts et les points faibles et ainsi trouver des stratégies d’adaptation.

Nicolas Gauvrit

Rester de longues années dans le doute peut avoir des effets néfastes sur l’enfant à haut potentiel, qui pourra avoir dans ce cas plus de mal à s’adapter à son environnement car il n’aura pas reçu toutes les clés de décodage qui lui permettent de comprendre ce qu’il ressent et de s’adapter.

Certains parents craignent parfois de paraître prétentieux ou imbus d’eux même en allant consulter un psychologue lorsqu’ils émettent l’hypothèse du haut potentiel. Or, dans la plupart des cas, le sentiment de décalage, s’il l’on considère prioritairement comme point de comparaison le développement cognitif de l’enfant, est confirmé par la passation du bilan. Rares sont les parents de bonne foi qui se trompent et leur intuition est très souvent fondée.

Les jugements intuitifs sont corrélés au QI (les chercheurs qui ont développé les tests cherchaient à capturer la notion intuitive d’intelligence). Mais souvent ces jugements se basent sur une connaissance incomplète de la personne, et sur une focalisation sur une dimension particulière : le fait que quelqu’un s’exprime bien, ou qu’il soit très cultivé, ou qu’il comprenne vite, ou qu’il soit fort en maths. Les tests d’intelligence, eux, prennent en compte toutes ces dimensions (et d’autres). Par conséquent, quelqu’un qui a une haute intelligence générale est quelqu’un qui est bon dans tous ces domaines.

Franck Ramus

Cette mise au point de Nicoles Gauvrit et Franck Ramus sur le concept d’intelligence défini par le Quotient Intellectuel nous semble essentielle afin non pas d’en limiter l’importance mais de le remettre à sa juste place :

Le QI mesure correctement une version restreinte de ce qu’on peut appeler l’intelligence : une compétence très générale. 

Nicolas Gauvrit

Le test de Quotient Intellectuel est en conclusion un outil important à utiliser comme marqueur lorsque les compétences générales semblent s’écarter de la moyenne.

Cet écart peut être dû à une inhomogénéité entre les différentes compétences étudiées entre elles, ou encore être sensiblement et globalement éloigné de la norme, vers le haut comme vers le bas.

Sachant que, sur le plan scolaire principalement , les enfants sont évalués par comparaisons à des compétences moyennes, il est tout à fait judicieux de comprendre d’où viennent les écarts lorsque ceux-ci se manifestent.

De ce fait, il n’y a aucun risque à faire passer un test de QI à en enfant. Au contraire, si le psychologue est compétent et fait bien son travail, donne de bons conseils en fonction des résultats, l’enfant n’en tirera que des avantages et partira mieux armé dans la vie.

Voir l’article complet sur Scilogs.fr

5 commentaires

  1. Audrey sur 25 septembre 2019 à 19 h 16 min

    J’avoue être très mitigé quand au test de QI. Ayant des soucis avec mon garçon de sept ans et demi et vu que les psychologues me conseillait de le faire tester, j’ai cédé et il a passé les tests avec une psychologue spécialisée dans les troubles du comportement chez l’enfant. Résultat bah je n’en ai pas !!! Les tests coûtent très chers et on me répond qu’on ne peut pas mesurer le QI de mon enfant car il est trop hétérogène dans les différents domaine qui sont testés. N’est ce pas qu’une manière de faire de l’argent ?? Car entre nous avoir payer si cher (entre 300 et 400euros car il y avait test de QI et test de l’attention) et ne pas avoir de réponses !!! Je ne suis pas sûre qu’il faut conseiller aux parents de faire passer les tests a leur enfant

    • Sandrine sur 13 octobre 2019 à 20 h 46 min

      Bonjour,
      Effectivement vous avez payé très cher ces tests. J’ai fait passer les mêmes à mon fils pour 230€…

  2. KRB sur 27 septembre 2019 à 11 h 14 min

    Nous ça nous a beaucoup aidé. Mon fils avait tout juste 4 ans quand il a fait les tests chez un neuro-psychologue.
    Le profil était annonciateur d’un haut potentiel (très supérieur) mais le QI général n’a pu être établi car dysharmonique. Par contre on a eu beaucoup de conseil de gestion pour le comportement, des clés de compréhension… et ça a super bien marché. Depuis les tests mon fils s’est apaisé, il a compris qu’il avait des atouts à mettre en valeur. Avant cela il était plutôt dans une phase « je suis nul » « je fais rien de bien » il était souvent en colère… depuis et progressivement il s’est adapté à l’école et s’est apaisé.

  3. Valérie sur 27 septembre 2019 à 12 h 42 min

    Bonjour,
    J’ai fait passer le test à mon fils qui aura 9 ans en décembre, suite aux relances d’une tante infirmière puéricultrice, je n’en voyais pas l’utilité par rapport au coût (280 €) car pour moi mon fils était « un peu au dessus de la moyenne » (je ne veux pas être prétentieuse en le disant !) et je ferai avec…
    Et bien je ne le regrette pas ! C’est très intéressant, et j’ai eu beaucoup de bons conseils de la psychologue, en adéquation avec les différents parties du test

  4. Laurie sur 4 octobre 2019 à 10 h 52 min

    Bonjour,
    Personnellement, je pense que c’est très intéressant de passer un test de QI, non pas pour avoir un chiffre ou pour pouvoir « se vanter » d’avoir une intelligence supérieure à la moyenne, mais surtout pour comprendre son propre fonctionnement, ses points forts, ses faiblesses. C’est avant tout un moyen de se comprendre ou de comprendre son enfant, et donc d’apporter des réponses adéquates.
    De plus cela permet de mettre un nom sur le décalage ressenti très souvent et donc de mieux accepter les autres.
    Bref, je ne regrette pas de l’avoir passé, ni de l’avoir fait passer à mes enfants.

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