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L’enfant précoce à l’école maternelle

Jusqu'à présent, la recherche de solutions pour les enfants précoces à l'école s'était surtout concentrée sur le délicat passage au collège. Pourtant, la prise en charge dès les premières années de maternelle s'impose si l'on veut éviter les problèmes ultérieurs.

Plongée au cœur d’une école pour enfants surdoués

Pour l’enfant précoce, l’école est bien souvent le lieu de tous les dangers alors qu’il devrait être celui de l’épanouissement maximal pour un petit curieux de tout et avide d’apprendre. Aujourd’hui, des avancées ont été conquises de haute lutte par les associations de parents d’enfants précoces. Mise en place de référents EIP dans les académies, prise en compte plus courante des adaptations nécessaires, création, dans le privé notamment, de nombreuses classes adaptées, sont de réelles avancées. Malheureusement, celles-ci sont quasi exclusivement cantonnées au monde du collège et s’adressent le plus souvent aux enfants qui rencontrent de lourdes difficultés dont nombre d’entre elles auraient pourtant pu être évitées avec une prise en charge plus précoce, dès les premières années d’école. Voilà pourquoi j’ai souhaité aujourd’hui vous parler de l’enfant précoce à l’école maternelle.

Une détection facilitée par l’entrée à l’école

L’avantage principal, mais tout relatif, de l’entrée en petite section de maternelle d’un enfant surdoué réside dans le fait qu’elle facilite la détection de sa particularité par la famille. C’est particulièrement vrai pour les parents dont il s’agit du premier enfant et qui n’ont pas d’autres enfants dans leur entourage proche. Cette détection facilitée peut s’appuyer sur différents points que tout parent qui suspecte une éventuelle précocité intellectuelle devrait particulièrement surveiller.

Les relations avec les autres enfants

Elles constituent souvent un bon indicateur. A cet âge là, il existe de grandes différences de développement entre les enfants, notamment au niveau du langage et des centres d’intérêt. Cela peut entraîner une rapide séparation entre l’enfant précoce et les autres enfants de la classe, qui ont parfois du mal à communiquer.

Je me souviens de notre fils aîné, arrivé en petite section de maternelle en sachant parfaitement parler, au point d’utiliser le subjonctif dans ses phrases et déjà passionné de mathématiques. Le contact avec les autres petits de 3 ans s’est interrompu dès la première semaine passée. A partir de là, ses deux seules compagnes en cours de récréation furent, pour l’année entière, deux fillettes plus grandes, de moyenne et de grande section.

Notre second fils, quant à lui, a rapidement décidé de ne plus s’exprimer. Il n’a recommencé à parler avec les autres enfants (et à se faire de véritables copains) qu’après une entrée anticipée au CP avant ses 5 ans. Les deux psychologues qui l’avaient vu, scolaire et libérale, avaient toutes deux conseillé le saut de classe pour régler le problème de communication. Elles avaient vu juste car celui-ci fut résolu dès les premiers jours de CP.

Le comportement en classe ou dans la cour de récréation

Bien sûr, il n’est pas toujours facile de savoir exactement comment un enfant se comporte en classe au quotidien. Le jugement des enseignants est parfois biaisé par des considérations idéologiques ou la peur de lever un lièvre. Il faut profiter de la moindre occasion pour se faire son idée soi-même.

Lorsque notre aîné était en petite section de maternelle, nous avons eu l’occasion de le voir en salle de motricité alors que des activités y étaient proposées par la maîtresse. Nous étions venus pour le passage de la visite médicale et, en attendant notre tour, nous observions la classe de notre fils que la maîtresse faisait jouer au loup. Notre garçon était le seul à demeurer immobile, entouré d’enfants qui couraient dans tous les sens pour échapper au loup. Lorsque nous lui avons demandé pourquoi, il nous a simplement répondu la chose suivante : “Ca ne sert à rien de courir tant que personne ne vient vers moi”.

Pendant la récréation, il lui arrivait fréquemment de demeurer seul et il pouvait passer un quart d’heure à simplement suivre les traits qui délimitaient les terrains de jeux sur le sol.

Des comportements de ce genre, totalement atypiques par rapport aux autres enfants, beaucoup plus spontanés à cet âge, doivent intervenir dans la vision globale que vous vous forgez de votre enfant comme des signaux d’alerte. Isolés, ils ne prouvent rien, mais ajoutés à d’autres éléments, ils peuvent les corroborer de manière significative.

Les remarques du personnel d’encadrement

Il faut tenir compte des remarques des enseignants, mais également des infirmières scolaires et des assistantes maternelles.

De la part des enseignants, certaines de ces remarques peuvent être négatives, concernant des choses aussi banales que, par exemple, la mauvaise tenue d’un crayon, le fait que votre enfant soit particulièrement étourdi ou timide. Toutes choses qui n’étonneront pas les parents déjà bien au fait des particularités de l’enfant précoce mais qui pourront affoler d’autres parents moins bien informés, souvent dans le cas d’un premier enfant.

Les remarques positives sont plus rares. C’est pour cette raison qu’elles doivent être particulièrement prises au sérieux par les parents. Lorsqu’un enseignant vous dit que votre enfant est très en avance, qu’il obtient en petite section de maternelle de meilleurs résultats que la plupart des enfants de moyenne section, qu’il termine son travail avec réussite deux fois plus vite que les autres enfants de sa classe, il faut en tenir compte.

Souvent les assistantes des écoles maternelles (la dénomination exacte est ATSEM mais je trouve qu’il est difficile de faire plus impersonnel) sont de bons indicateurs si vous prenez l’habitude d’échanger avec elles. Elles sont plus spontanées qu’une large partie du corps enseignant et hésiteront moins à vous faire remarquer que votre enfant est différent des autres.

Enfin, l’infirmière scolaire qui interviendra lors de la première visite médicale, actuellement entre 5 et 6 ans, pourra vous donner de précieuses indications, notamment pour ce qui concerne le niveau de langage de votre enfant et l’acquisition d’un certain nombre de notions.

Lors de la première visite médicale de notre fils aîné, en petite section, nous avons été étonnés de découvrir que des notions comme “au-dessus”, “en-dessous”, “à l’extérieur” ou à l”intérieur”, acquises depuis longtemps par notre garçon étaient normalement intégrées bien plus tard par la moyenne des enfants.

L’avis des adultes qui entourent votre enfant est important pour vous alerter mais pas toujours significatif. Gardez à l’esprit que près de la moitié des suspicions de surdouement émises par les enseignants sont erronées. En effet, ceux-ci ont souvent tendance à prendre un très bon élève simplement scolaire pour un enfant précoce. A contrario, il faut le savoir, le diagnostic posé par les parents se révèle juste à près de 90 %.

Le niveau de connaissance

Un enfant qui sait lire avant 5 ans  (et d’autant plus s’il a appris quasiment seul), qui sait compter jusqu’à 1 million à 4 ans, qui est capable d’additionner, de soustraire ou de multiplier en moyenne section de maternelle, n’est pas dans la norme et ne le sera jamais. Cela peut paraître évident mais pour les jeunes parents ce n’est pas toujours le cas, en particulier quand ils ne côtoient aucun autre enfant et ne disposent pas de références claires sur ce point.

J’ai toujours trouvé notre aîné éveillé et cela ne me semblait pas tout à fait normal qu’il ait appris à lire seul à 3 ans et demi. Pourtant, c’est en parcourant quelques mois plus tard le bulletin scolaire du fils d’une collègue, alors en CE1, que je me suis rendu compte que notre garçon  avait déjà acquis à peu près toutes les compétences demandées dans cette classe, surtout pour ce qui concernait les mathématiques et le langage, écrit ou parlé.

Pour terminer sur ce sujet, il convient de préciser que si la détection de l’enfant précoce est facilitée par l’entrée à l’école maternelle, cela repose néanmoins sur la connaissance du sujet de la précocité intellectuelle par au moins l’une des parties prenantes. Le plus souvent, il s’agira des parents. C’est la raison pour laquelle il faut encourager le travail des associations et des médias qui contribuent à informer le grand public sur la question.

Les difficultés de l’enfant précoce à l’école maternelle

Enfant précoce à l'école maternelle 2Malheureusement, avant qu’une certaine reconnaissance n’intervienne et que des aménagements soient proposés pour tenir compte de la spécificité et, surtout, des besoins, de l’enfant précoce, des difficultés peuvent survenir assez rapidement. Leur impact, souvent immédiat, peut être important pour l’enfant concerné. Elles peuvent découler d’origines diverses.

Le cloisonnement par classes d’âge homogènes est un frein puissant à l’épanouissement scolaire de l’enfant précoce. C’est vrai tout au long de la scolarité mais plus encore dans les classes de maternelle car c’est souvent là que la différence de niveau entre enfants est la plus grande et la plus flagrante. D’ailleurs, cela est vrai également pour des enfants non précoces du même âge.

L’enfant précoce, au langage évolué et aux centres d’intérêt déjà bien affirmés, en décalage complet avec ceux des enfants de son âge qui se situent dans la norme, part avec un lourd handicap quand il s’agit de faire ses premiers pas en société. Sa socialisation, l’un des objectifs principaux, sinon le principal, de l’école maternelle n’en est guère facilitée et il se retrouve bien souvent isolé dans sa classe.

Le besoin d’affection de l’enfant précoce, accru par son hypersensibilité naturelle, n’est pas facilement comblé dans le cadre scolaire. Il peut en résulter une certaine instabilité émotionnelle qui, ajoutée au manque d’intérêt et au caractère répétitif de l’enseignement dispensé, pourra engendrer des effets néfastes tels que régression, pipi au lit, maux de ventre récurrents…

En petite section, la sieste peut être un véritable problème pour le petit précoce qui a compris que, pendant qu’il doit à tout prix essayer de dormir, les plus grands travaillent et apprennent des choses intéressantes. Imaginez vous à sa place, c’est le seul moment où il pourrait, au moins un peu, apprendre lui aussi et exercer son goût de l’effort.

De quoi l’enfant précoce a-t-il besoin à l’école maternelle ?

Avant tout, l’enfant précoce a besoin de trouver à l’école ce que ses parents, en toute bonne foi,  lui ont promis : apprendre de nouvelles choses et faire connaissance avec d’autres enfants. Malheureusement, face à la réalité, ses espoirs sont le plus souvent rapidement déçus. Il n’apprend rien qu’il ne savait déjà et ses petit camarades se détournent de lui. Difficile dans ces conditions de conserver une motivation intacte et de retourner chaque matin à l’école avec plaisir.

En tant que parent, c’est peut-être la chose la plus importante que vous devez retenir : ne promettez pas à votre enfant quelque chose que vous ne pourrez pas tenir et qui, de toute façon, ne dépend guère de vous. Mieux vaut lui expliquer avant la rentrée qu’il passera plus de temps à jouer, bricoler et dessiner qu’à réellement acquérir de nouveaux savoirs. C’est évidemment plus facile à anticiper si vous êtes déjà conscient que votre enfant est hors-norme (ce qui devrait être le cas si vous lisez cet article).

Plus que tout autre enfant, l’enfant précoce a besoin de la reconnaissance des adultes et de ses pairs. C’est la conséquence de son hypersensibilité. Il ne recherche pas les compliments pour satisfaire un ego démesuré mais pour être rassuré sur ses capacités car il est facilement la proie du doute. En tant qu’enseignant, il faut être particulièrement vigilant à ce sujet.  Le besoin d’affection découle du même principe. La personnalité et l’engagement des adultes qui entourent l’enfant précoce est déterminante sur ce point.

L’école maternelle idéale

Si vous êtes enseignant et que vous me lisez, vous vous demandez peut-être ce que vous pouvez faire dans votre établissement pour que l’enfant dont je parle s’y sente bien et profite pleinement des quelques années qu’il y passera. Voici quelques pistes personnelles que je vous invite à compléter à travers vos commentaires et selon votre vision de professionnel de l’éducation.

Décloisonner les classes me semble la décision la plus utile, non seulement pour l’enfant précoce mais pour tous les élèves de l’école. L’expérience nous démontre que tous les enfants vont mieux dans les petites structures qui, souvent contraintes et forcées par le manque d’effectifs, mettent en oeuvre des classes à double ou triple niveau. Ainsi, chaque enfant peut bénéficier des apprentissages qu’il est prêt à acquérir, parfois simplement en tendant l’oreille quand l’enseignant s’occupe des plus grands que lui.

Il est très important d’éviter la répétition des exercices lorsque la notion qu’ils permettent d’aborder est connue. L’enfant précoce n’a pas besoin de 6 répétitions pour apprendre, souvent un seul exercice suffit. La démotivation guette l’enfant qui s’ennuie à colorier pour la troisième fois des nains sur un rythme binaire, rouge, bleu, rouge, bleu, rouge, bleu…

Etre à l’écoute de l’enfant est primordial. Pas seulement dans ce qu’il dit, mais aussi dans sa façon de faire ou d’être. Un exemple connu est celui de l’enfant précoce se contentant de tracer un trait vert dans le feuillage et un autre brun dans le tronc alors que la maîtresse lui a demandé de colorier un arbre. Cet enfant-là a simplement cru qu’on voulait contrôler s’il connaissait bien la couleur des feuilles et du tronc. Il a alors apporté la réponse qu’on était censé attendre de lui, sans volonté de provocation. L’enfant précoce est précis et il prend avec précision les consignes qui lui sont données.

Dans l’école maternelle idéale, il me semble qu’un bilan sérieux devrait être effectué avec les parents en fin de premier trimestre afin de juger si un enfant est à sa place dans la classe qui l’accueille, s’il s’y épanouit, s’il a des camarades et s’il communique normalement avec son entourage. Dans le cas contraire, des dispositions devraient être prises sans tarder. 3 mois après la rentrée, c’est déjà tard mais si les bonnes décisions sont prises, l’enfant réagira aussi vite positivement qu’il a réagi négativement auparavant.

Des solutions alternatives existent

Lorsque le maintien dans une classe de maternelle n’est plus possible et que le sort de l’enfant est en jeu, il devient nécessaire de trouver des solutions alternatives.

L’entrée anticipée au CP est possible et c’est la solution la plus souvent retenue pour les enfants âgés de 5 ans ou, bien plus rarement, de 4 ans.

L’accélération a aussi pu intervenir plus tôt et l’enfant avoir déjà intégré la classe de grande section de maternelle à 4 ans. Sans vouloir généraliser, le schéma idéal me semblerait pouvoir être le suivant : Petite section et, très rapidement si nécessaire, Moyenne section à 3 ans, Grande section à 4 ans, CP à 5 ans.

Enfin, en cas de gros soucis, l’option de la scolarité à  domicile reste possible  pour lui permettre d’évoluer à son rythme. Qui sait, peut-être prendra-t-il goût (et vous avec lui) à l’école à la maison ? Nous avons procédé de la sorte avec notre troisième garçon, qui n’a effectué qu’une petite section de maternelle et nous ne le regrettons pas.

J’ai pris grand plaisir à rédiger ce long article. Je vous invite à laisser vos commentaires, idées et précisions dans la zone prévue à cet effet ci-dessous. J’en tiendrai compte pour remettre régulièrement ce texte à jour afin qu’il réponde le plus précisément possible aux interrogations des parents concernés par le sujet de l’enfant précoce à l’école maternelle. N’hésitez pas non plus à partager cet article pour contribuer à l’information des parents de jeunes enfants.

Je m'occupe d'Enfants Précoces Info depuis 2002. Je publie des articles et j'interviens sur la partie technique du site. J'essaye aussi de le faire évoluer pour qu'il soit le plus utile possible et qu'il vous rende les meilleurs services dans l'accompagnement de vos enfants. Je suis le papa de quatre enfants précoces nés entre 1997 et 2012 et, à ce titre, j'essaye de vous faire partager mon expérience.

80 commentaires

  1. constant sur 25 janvier 2021 à 16 h 49 min

    Bonjour,

    Merci pour cette article plus qu’intéressant.

    J’avoue que je vous écris car j’ai besoin de vos lanternes 🙂 En effet je suis assez perplexe avec ma dernière qui a 5 ans et demi maintenant… Et je m’excuse par avance car je vais être un peu longue…

    Disons que comme tous les enfants elle a ses “facultés” et ses “retards”… Dès petite (presque depuis la naissance) on a pu voir son très fort caractère et croisez cela avec une bonne voix tonitruante, autant dire qu’elle a toujours su se faire comprendre… A 3 mois quand elle voulait plus de son biberon, si j’insistais il finissait par faire un vol plané d’un grand geste de la main ou du pied lol Ajoutez à cela le fait qu’elle dormait très très très peu, autant vous dire que les tous premiers mois on été très épuisants! Par exemple une fête de famille où vous estimez qu’il est plus que l’heure de dormir pour un bébé de 7 mois qui déambule dans son trotteur sur la piste de danse depuis des heures déjà et au final en désespoir de cause n’acceptera pas de dormir avant que tout le monde ne soit couché (à 5h du matin quand même)… Le lendemain vous vous dites qu’elle va dormir tard, faire une bonne sieste et se coucher tôt le soir, que neni, 7h du mat debout, pas de sieste et à bout de nerf réussi à la faire dormir à 1h du matin… Enfin bref, un bébé assez épuisant toujours en mouvement et en activité…
    De 6 mois à 3 ans et demi elle était en crèche, pas de soucis particulier à part toujours son fort caractère, des dodos au stricts minimum et une bonne voix qui réveillait tous les autres lol Elle n’a pas fait de 4 pattes, a marché à 1 an, parlait normalement avec une déformation de certains sons, mais je ne m’inquiétais pas trop pour ça, sa soeur était bien pire niveau déformation des sons que quelques séances d’orthophonie à 2 ans avait vite réglé, bref ma dernière était loin de ce stade et je comptais bien sur l’entrée à l’école pour résoudre tout cela naturellement…
    Pour résumer un peu ses principaux traits de caractère c’est une petite fille pleine d’énergie, infatigable, qui plus on hausse le ton plus elle se braque et se met dans des colères noires, pas timide pour un sous, très prenante, il faut toujours être concentrée sur elle. Et petite fallait pas la quitter des yeux sinon c’était des bêtises assurées auxquelles elle nous a répondu dès l’age de 2 ans des choses comme “c’est pas moi c’est mon cerveau y m’a dit”, je m’en souviens bien ça m’avais à la fois scotchée et fait beaucoup rire lol

    Entrée en maternelle, déjà rien que l’entretien avec la directrice pour l’inscription avait fini sur le dossier d’inscription avec dans la case observation “bougeante!!!!!”, enfin bref, les premiers mois ont été un peu dur pour la maîtresse, mais par chance cette dernière avait beaucoup d’expérience et a su prendre Laura de la façon adéquate… L’année s’est bien passée sans grosse difficulté, niveau apprentissage rien à dire, niveau “dynamisme” la maîtresse gérait bien 🙂

    Moyenne section (classe de MS/GS) nouvelle maîtresse que j’ai repéré de suite comme ayant un caractère beaucoup plus “strict” que la précédente… Ben ça n’a pas loupé! Avec Laura, plus on y va en force plus on se heurte à un mur… quelques jours après la rentrée elle m’a sorti un soir “maman fait gaffe je t’ai à l’oeil!”, je me suis dis que l’expression devait être celle que la maîtresse avait déjà du lui adresser! 3 fois convoqué dans le premier mois, c’est dire à quel point ça commençait mal…
    Pas mal de discussion avec Laura sur lesquelles j’obtenais des “j’aime pas le coloriage”, “ça m’ennui de chanter”, pas mal de leçons de morale pour essayer de lui faire comprendre que c’est pas parce que elle, elle aime pas, qu’il faut qu’elle empêche tous les autres de le faire tranquillement parce que eux peut-être qu’ils aiment faire ça… Bref, les choses se sont un peu aplanie au cours du second trimestre, comme le disait Laura “maman aujourd’hui j’ai pas été punie, j’avais mit mon cerveau de grand!”…

    Puis le confinement est arrivé, j’ai jonglé entre télétravail, aide de ma grande qui est au lycée et évidemment quelques “cours” avec Laura dans les “trous”…. J’ai eu aucun mal à très vite comprendre que le coloriage ben il y avait intérêt à s’armer de patience, la graphie c’était pas sa tasse de thé non plus, par contre les lettres à reconnaître, les histoires et surtout les “maths” ou jeux de logique aucun soucis. En fait tellement “pas de soucis” sur la logique et les maths que j’allais piocher dans les cours de GS tout en ayant peur de me faire enguirlander par la maîtresse… Au premier jour de retour à l’école pour Laura en école uniquement ré ouverte pour le personnel réquisitionné j’ai eu la chance de tomber directement sur la maîtresse de Laura. Je lui ai avoué que j’avais fait faire à Laura certain exercices pour les GS car ceux pour les MS étaient “baclé” en 10 sec, enfin sauf les coloriages lol Elle m’a répondu que j’avais bien fait car elle aussi avant le confinement donnait déjà à Laura et un autre élève de MS certains exercices avec les GS et pour Laura c’était surtout les maths et la logique… J’étais soulagée de ne pas me faire réprimander…
    Pendant cette période “entre deux” Laura a eux pas mal de maîtres et maîtresses différents et notamment 2 anciens maîtres de ma grande (dont l’un est le directeur du groupe scolaire maintenant). Les deux m’ont dit au bout d’une journée avec elle “hé bien c’est pas la même que la grande, aussi extravertie et speed que Morgane (la grande) était timide, introvertie et tellement discrète qu’on en oubliait sa présence…

    Bref, cette année Laura est donc en GS et elle a la même maîtresse que l’année dernière, d’un coté au moins elle se connaissent déjà c’est pas plus mal ça évite toute la période où on cherche comment la prendre lol
    Ça ne se passe pas trop mal visiblement, en tout cas je ne suis pas convoquée et j’ai pas de mot dans le cahier… Peu avant Noël j’ai eu la surprise de découvrir par hazard que Laura avait acquis la notion de fusion des sons (le b-a ça fait ba)… Muni de plusieurs livres sur ce thème (les livres de CP de la grande) j’ai donc commencé avec elle des genre de séances “devoir” en rentrant le soir. On varie entre jeux de logique, graphisme, lecture etc… Les séances dure parfois 5 à 10 min parce que elle a envie de faire autre chose et des fois je suis obligée de l’arrêter au bout de 45 min (surtout si c’est des petits jeux de logique ou des petits exercices sur le lettres, les mots à reconnaître etc)… Je n’insiste pas plus que ça sur la lecture car même si on y travaille tout au plus 20 à 30 min par semaine ça avance très vite, on arrive dans les différentes écritures d’un même son alors que je préfère bien entériner le reste et je ne voudrais pas non plus qu’à cause de cela elle arrive en CP en sachant lire complètement parce que là ça risque de fortement se compliquer avec son caractère…

    Bref, Je suis un peu perdue…. Sans être plus en avance que ça non plus, elle n’a pas appris à lire seule à 2 ans par exemple, ne s’intéresse pas plus que ça à l’histoire de l’humanité, l’univers, par contre elle adore les dinosaures (je sais plus ou les mettre), elle connait leurs noms, elle aime comprendre les choses qui l’entoure surtout “scientifique”, genre comment on fabrique les bébés, comment on sait dans quel tuyaux passe l’eau chaude, pourquoi il y a de la buée… Je passe sur les trucs comme “au fait maman le roi de France c’est bien Macron?” et moi “heu c’est pas le roi mais le président… Vous avez parlé de lui en classe?” et réponse “Ben non mais tu sais j’ai des oreilles et j’suis pas bête, ils parlent toujours de lui quand vous regardez les trucs qui parle du corona…”… Note à moi-même “elle a vraiment les oreilles qui traînent partout!”…
    Autre trait de caractère très prononcé, elle parle avec tout le monde, surtout les adultes, pas moyens de faire les courses sans qu’elle fasse la discussion avec les gens…
    Mais ce qui me frappe le plus chez elle c’est ce qu’elle regarde à la télé… En fait elle a découvert youtube via sa grande soeur sur son téléphone, mais sans jamais lui avoir montré elle se su toute seule, il y a de ça un peu moins d’un an (elle avait presque 5 ans), lancer youtube sur la télé de ma chambre (même son père c’est pas le faire avec les différents menus dans lesquels il faut naviguer) et depuis en fait elle ne regarde quasiment plus que ça… Mais elle ne regarde pas des dessins animé, elle regarde plutôt des vidéos sur les jeux vidéos, sur les expériences, sur le bricolage et cela dans n’importe quelle langue! Je rentre dans la chambre et j’entends tantôt du japonais, de l’anglais, de l’allemand, du russe… Elle est capable de regarder un reportage sur le nettoyage d’une piscine pendant presque 1h30 (véridique moi j’en pouvait plus de ce truc) alors qu’elle va zapper en quelques minutes d’une vidéo à une autre sur des bébés animaux, des dessins animés ou autre…

    En grandissant elle devient beaucoup beaucoup plus facile à gérer, elle est hyper câline, adore faire de l’ironie ou des blagues mais elle reste d’un caractère vraiment pas simple… Dans certaines situations elle va se braquer et être plus têtu qu’un mulet, plus dure qu’un mur, plus colérique qu’un ouragan et quand on franchi un seuil là c’est la plus triste du monde, inconsolable pour des choses qui ne sont pourtant pas grave… Elle veut devenir policier pour aider les gens et protéger les gentils et pour punir les méchants…
    Depuis un moment on a un problème je dirais presque d’encoprésie… Je dis “presque” parce que déjà c’est loin d’arriver tous les jours (plutôt 1 fois par mois ou 2 par période) et surtout cela n’arrive que la nuit… Les premières fois j’avoue lui avoir fait la morale, l’avoir même réprimandée avant de comprendre il y a très peu de temps que elle n’y pouvait vraiment rien et que c’était déjà assez difficile pour elle quand cela lui arrive… Bon ça c’est un autre soucis sur lequel je suis en train de me pencher…

    Bref, je ne sais pas trop quoi faire… En fait à l’école ça se passe bien, avec les copains ça se passe bien, bon ok elle a du caractère, mais ça se gère mais en CP j’ai peur que ça devienne plus compliqué et encore plus si d’ici là en gros, elle connait déjà une grande partie de ce qu’elle est censé apprendre pendant l’année de CP… En même temps la maîtresse de Laura même si elle m’a déjà dit que franchement elle avait aucune inquiétude sur le niveau scolaire de Laura, elle ne m’a jamais non plus laissé pensé que ça serait bien de voir si c’est une enfant précoce pourtant je pense que les profs de maintenant sont plutôt bien formé là dessus… Comme je vous l’ai dis, elle a plutôt un caractère bien trempé la maîtresse et je voudrais pas la braquer contre Laura, elle ont déjà eu du mal à s’accorder toutes les deux…

    Enfin bref si je résume, en gros elle a pas mal de traits de caractère qui correspondent à ceux des enfants précoces, elle pige vite les choses mais sans avoir non plus une avance comme on peut en lire tant…
    Sachant que pour le moment il n’y a aucun problème niveau cohabitation avec les autres enfants, avec l’école, vous pensez que je devrais faire quoi? Laissé continuer les choses naturellement ou “pousser” pour êtes fixée? Mais dans ce cas qu’est ce que cela apporterait de savoir qu’elle est précoce?

    Désolée pour la tartine mais je me pose beaucoup de questions avec la prochaine rentrée en CP qui se profile…

    Merci de m’avoir lue et merci par avance à ceux qui voudront bien m’aider à savoir ce que je devrais faire

    • Françoise sur 26 janvier 2021 à 16 h 26 min

      Bonjour,

      Je vous conseillerais d’attendre pour un test, elle approche les 6 ans et à ce moment si le doute persiste vous pourrez lui faire pratiquer un WISC V qui se fait à partir de 6 ans.
      Par contre, ce qui est plus perturbant est le souci d’encoprésie. Il pourrait être bénéfique de prendre contact avec un psychologue pour voir s’il n’y a pas un suivi à entamer ? et de fil en aiguille aborder le sujet d’un probable haut potentiel.

      • louluop sur 29 janvier 2021 à 9 h 22 min

        Merci pour votre réponse. J’ai demandé une entrevue avec la maîtresse pour voir si elle s’est aperçu de quoi que se soit de particulier dernièrement et refaire un point sur Laura car à présent nous n’avons plus l’occasion de discuter avec les enseignants aussi facilement qu’avant. Je vous remercie encore pour votre réponse.

        • louluop sur 30 janvier 2021 à 4 h 50 min

          Je me permets de vous donner des nouvelles puisque j’ai pu voir et échanger avec la maitresse hier soir. Je vais essayer de faire concis lol

          Donc malgré le fait que maintenant ma dernière soit en GS, la maitresse continu de faire de l’enseignement différencié et c’est donc sur ce principe qu’elle donne à Laura des activités de CP, ainsi qu’à une autre enfant de la classe, mais pour reprendre les termes de la maitresse “Laura est quand même encore un bon cran au dessus de XXX (l’autre enfant) mais surtout Laura a aussi la maturité qui va avec, ce qui n’était pas du tout le cas l’année dernière où, socialement et dans ces comportements, il y avait alors des soucis. Toujours en reprenant les mots de la maitresse, Laura, si elle avait intégré le CP cette année n’aurait pas eu de difficulté ni scolairement ni niveau maturité, donc faut pas s’inquiéter pour l’entrée au CP 🙂 Seule chose à faire attention c’est son hypersensibilité… Ensuite ben Laura a toujours et aura toujours son très fort caractère, ce qui d’après la maitresse est plutôt bien compte tenu de ces particularités parce que du coup elle dit clairement les choses ce qui permet de plus facilement cerner les choses qui posent problème.

          Cerise sur le gâteau, Laura était assez solitaire l’année dernière, pas renfermée mais avait tendance pendant les récrées à aller picorer quelques secondes avec plusieurs enfants sans toutefois jamais jouer réellement avec l’un d’entre eux mais à faire ces petites histoires toute seule, alors que cette année elle s’est sociabilisée d’avantage surtout avec l’autre enfant dont je parlais tout à l’heure et qui en plus est notre voisine directe et ça c’est top car être deux “décalés” ensemble ça enlève toute la solitude que les “décalés” peuvent vivre 🙂

          Enfin voilà, du coup pas de test de prévu pour le moment mais finalement je crois qu’on a déjà la réponse à la question même si on a pas le chiffre qui va dessus cela ne change pas grand chose, Laura a toutes les caractéristiques et cela veut dire qu’il faudra faire attention à ces particularités de caractère…

          • Françoise sur 4 février 2021 à 17 h 07 min

            Bonjour,

            Ce sont de bonnes nouvelles, votre fille semble à l’aise, est stimulée et partage des choses avec au moins une enfant.
            Il faut espérer qu’elles pourront se suivre un certain temps.
            Il pourrait néanmoins devenir utile de faire un test à un moment donné, à partir de 6 ans, si vous sentez qu’elle se démotive ou régresse.
            Cela vous permettra le moment voulu d’évaluer à quel point elle pourrait être en décalage, comprendre ses réactions et prévoir une forme d’enrichissement ou d’accélération au meilleur moment.



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