La discipline positive et l’enfant précoce

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La discipline positive et l'enfant précoce

La discipline positive est à la fois une démarche éducative et une boite à outils concrets pour :

  • faire grandir chez les enfants précoces les compétences indispensables à leur réussite académique, sociale et plus tard professionnelle : persévérance, autonomie, capacité à gérer ses émotions et ses frustrations, flexibilité, capacité à rentrer en relation de façon respectueuse…
  • aider les parents d’enfants précoces à être davantage les parents et adultes qu’ils ont envie d’être.

Pourquoi développer ces compétences socio-émotionnelles, appelées également character strenght par Seligman, père de la psychologie positive ou intelligence émotionnelle par Gardner ? 

Depuis 40 ans, de nombreuses études (notamment le rapport du World Economic Forum paru en mars 2016) montrent que les compétences socio-émotionnelles (capacité à s’adapter, à gérer les émotions et frustrations, persévérance, autonomie, capacité à s’adapter et à rentrer en relation de façon harmonieuse…) sont indispensables à la réussite de nos enfants.

L’expérience du chamallow menée par le professeur Walter Mischel illustre très bien ce fait. En 72, il a donné à un groupe d’enfant en maternelle un chamallow. Il leur a proposé d’en obtenir un second à la condition que pendant 15 minutes ils ne mangent pas le premier. Un groupe d’enfant a réussi, l’autre a craqué et mangé le chamallow.  Les enfants de ces deux groupes ont été étudiés .16 ans plus tard qu’est ce que l’étude à montré ? Et bien que ceux qui ont le mieux réussi à l’école n’étaient pas les enfants au QI le plus élevé mais bien ceux qui avaient été capables de faire preuve de patience. Pourquoi ? parce qu’ils disposaient d’une des compétences socio émotionnelles la plus indispensable pour rentrer dans les apprentissages et pouvoir s’adapter aux défis quotidiens  : la capacité à gérer ses frustrations et ses émotions.

Ainsi les compétences socio-émotionnelles sont plus déterminantes que le QI pour prédire la  future « réussite » scolaire, sociale et professionnelle de nos chers bambins (source :  département  d’intelligence émotionnelle de l’université de Yale). Cela nous permet de comprendre ce qui restait pour beaucoup une énigme  : pourquoi des enfants au QI si élevé pouvaient être en échec scolaire. Ainsi, même si leur QI est supérieur à la moyenne, nos enfants manquent parfois grandement de certaines compétences socio-émotionnelles comme la capacité à interagir de façon respectueuse, la  persévérance ou encore la capacité à ne pas exploser à la moindre frustration.

Peut-on développer les compétences socio-émotionnelles et notamment la capacité de nos enfants à mieux gérer émotions et frustrations  ?

Oui, oui et oui. Contrairement au QI qui est quasi stable tout au long de la vie, le QE, l’intelligence émotionnelle et les compétences socio-émotionnelles s’enseignent. De nombreuses études, notamment celle de Ja Durlak en 2011 montrent qu’une approche systématique de la mise en place de programmes d’enseignement socio-émotionel (ESE) dans les écoles est efficace et favorise non seulement leurs acquisitions mais impacte également les résultats scolaires (augmentation des résultats aux tests standardisés)

Les dernières découvertes sur le cerveau et les mécanismes de l’apprentissage prouvent qu’une compétence peut être développée (à l’école mais aussi par les parents) quel que soit l’âge de l’enfant et son niveau de départ : les 5 premières années et l’adolescence étant des périodes particulièrement favorables à la création de nouveaux circuits neuronaux. La condition d’un tel apprentissage est un entrainement régulier afin de muscler la zone du cerveau correspondante (les bénéfices se constatent sur des IRMS). L’apprentissage des compétences sociales comme celui des compétences scolaires nécessite temps, encouragement et entrainement régulier (il ne suffit pas seulement d’expliquer comment on écoute de façon respectueuse pour que l’enfant, ou l’adulte d’ailleurs, sache le faire.

Comment développer les compétences socio-émotionnelles ? 

La discipline positive de Jane Nelsen et Lynn Lott répond à cette triple problématique en proposant ainsi aux parents une démarche éducative bienveillante ET ferme en même temps (pour l’encouragement et l’entrainement)  et surtout de nombreux outils concrets pour faire face aux défis du quotidien comme aux grands moments de crise et ainsi donner des stratégies à nos enfants pour qu’ils puissent agir différemment demain.

Pourquoi est-ce important d’avoir une posture bienveillante ET ferme en même temps ? 

Il est essentiel que le parent sache comment être bienveillant et ferme en même temps :

– bienveillant pour pouvoir respecter son enfant sa différence, voir sa souffrance

– et ferme en même temps pour respecter le monde de l’adulte, les besoins des adultes et les exigences de la situation (par exemple décoller à 8 heurs du matin précise pour arriver à l’heure au travail en ayant déposé l’ensemble de la fratrie dans les différentes écoles)

Etre bienveillant ET ferme en même temps est d’autant plus important avec les enfants précoces que nombreux sont ces enfants qui, quand ils ne vont pas bien « se carbonisent « et « carbonisent leur entourage ». Ils ont besoin d’encouragement. Ils ont besoin de constance. Ils ont besoin de congruence.

Cette posture va également être la clef pour augmenter l’impact des outils utilisés. Les parents vont découvrir par exemple dans les ateliers qu’une question motivera davantage leur enfant qu’un ordre et développera davantage la coopération car elle va stimuler et muscler la zone du cerveau qui est celle utilisée lors d’une recherche de solution, d’une prise d’initiative. Néanmoins quand on pose une question sans avoir une posture ferme ET bienveillante en même temps, la puissance de l’outil est gâchée. En effet, l’enfant captera, par exemple, en premier lieu l’agressivité ou le ton excédé de la voix.

Existe-t-il vraiment des outils concrets  ?

Oui. Ils sont souvent appelés par les enseignants, psychologues ou pédagogues « outils de l’encouragement ». Comme disent Jane Nelsen et Lynn Lott, un enfant fait mieux quand il se sent mieux. Les neurosciences ont ainsi prouvé que l’encouragement était bien plus efficace que la critique pour mettre fin à un comportement inapproprié car il va activer les zones du cerveau nécessaires au changement (contrairement à la critique qui aura l’effet inverse. Elle déclenchera l’émission d’hormones liées au stress et éteindra certains circuits cérébraux pourtant nécessaires à l’amélioration à long terme)

Beaucoup de parents comprennent mal au départ ce qu’est l’encouragement. Ainsi certains nous confient parfois comment ils encouragent leur enfant quand ce dernier a des bonnes notes. Pourtant le moment où l’enfant aura le plus besoin d’être encouragé n’est pas quand il a de bons résultats mais bien quand ceux-ci sont en chute libre. C’est quand il est irrespectueux avec les adultes, quand tout est compliqué, qu’il a le plus besoin d’être encouragé.

Encourager n’est pas complimenter à tout va, encourager n’est pas dire que que tout est  formidable quand on pense le contraire.

L’encouragement commence par ce regard bienveillant que l’on va poser sur notre enfant en étant capable (ou en s’entraînant pour le devenir) à voir les aspects positifs derrière chaque comportement inapproprié. La discipline positive va nous apprendre à construire à partir des forces de nos enfants.  « Il y a derrière tout comportement inapproprié une force » disait Dreikurs.

En conclusion, on peut dire que la discipline positive est à la fois un changement de regard (sur l’erreur, sur les comportements inappropriés), un travail sur la posture de parents afin de réussir à rester autant que possible bienveillant et ferme, mais aussi et en même temps, une boîte à outils concrets dans laquelle piocher en fonction des enfants et des défis rencontrés.

J’anime des ateliers de Discipline Positive pour enfants précoces en région parisienne. Deux sont prévus les samedi 19 novembre et 3 décembre 2016. Je peux organiser un atelier dans votre région (prévoir 14 heures sur 2 ou 3 jours et 10 parents au minimum). Vous pouvez me contacter par message privé.directement via mon profil sur Enfants précoces Info.

Solenne Roland-Riché

Formatrice certifiée en Discipline Positive
06 63 26 28 18

La discipline positivePour aller plus loin, vous informer sur la discipline positive, en comprendre les ressorts et la mettre en pratique au quotidien, la lecture de l’ouvrage de Jane Nelsen s’impose. Intitulé « La discipline positive –  En famille et à l’école, comment éduquer avec fermeté et bienveillance » il livre en 400 pages les clefs indispensables à la compréhension de cette méthode d’éducation qui a le vent en poupe. Vous pouvez lire notre chronique sur le sujet et voir une vidéo explicative ici.

2 réflexions au sujet de « La discipline positive et l’enfant précoce »

  1. Merci à Solenne pour sa contribution. Si, comme elle, vous souhaitez rédiger un article informatif à l’attention de nos visiteurs, n’hésitez pas à nous contacter.

  2. Très intéressant article pour moi. J’ai beaucoup de mal à ne pas être critique avec mon enfant et je vois que je répète ce que disait ma mère !! Ce n’est pas rassurant 😉 merci beaucoup d’aider les parents dépassés !!!
    Céline

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