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Comment appréhender la solitude des enfants à haut potentiel ?

Cette semaine, dans sa chronique mensuelle pour le Journal des femmes, Arielle Adda abordait le sujet de la solitude chez les enfants précoces. Quelle en est la cause ? Faut-il la stimuler ou, au contraire, tout faire pour qu'elle disparaisse ?

la peur de réussir de l'enfant précoce

On parle souvent des problèmes que rencontrent les enfants précoces lorsqu’il s’agit de nouer des liens avec d’autres personnes, et bien souvent leur solitude est mise en cause. En effet, s’ils ont parfois besoin plus que d’autres d’être seuls et libres par moment, le sentiment de solitude qui les habite peut aussi les faire cruellement souffrir.

Selon Arielle Adda, les enfants doués apprécient la tranquillité et la solitude dans la mesure où elle leur permet de profiter de leur imagination, de rêver sans être dérangés par des sollicitations importunes et souvent sans importance. Cependant, elle peut leur sembler pesante dès lors qu’elle révèle un manque de compréhension de la part de leur entourage. L’enfant précoce ne demande pas à être seul en permanence, il souhaite simplement profiter de quelques moments de liberté.

S’il a le sentiment qu’on le considère avec un peu d’incertitude, voire d’inquiétude, il ne peut plus s’évader en pensée, heureux et détendu, puisque cette échappée ne sera pas comprise comme une petite récréation au milieu de tant de contraintes, mais comme un signe de malaise, d’ennui profond, de désadaptation.

La solitude de l’enfant se fait alors intérieure, il ne peut plus partager ses émotions avec des personnes qui ne parviennent pas à le comprendre. Il a pourtant toujours besoin de cette solitude, il ne peut s’en séparer. Pour Arielle Adda, cela le force à cacher une partie de ses sentiments, puisque ceux-ci ne peuvent être correctement appréhendés par son entourage qui tente justement de le détourner de cet inquiétant isolement. La solitude qui lui semblait douce et agréable jusqu’alors devient une source de souffrance lorsque ses proches et surtout ses camarades s’éloignent de lui, le jugeant trop différent, voire “bizarre”.

Parfois, pour ne pas aggraver cette situation, d’autant plus pénible qu’elle inquiète de plus en plus ses parents démunis, l’enfant doué se force à ressembler aux autres, il déforme son langage, il fait semblant, il se contraint globalement en adoptant l’état d’esprit d’un individu que les circonstances obligent à porter un costume qui ne lui va pas du tout, qui le serre et l’empêche de respirer, mais il n’a pas le choix.

Mais l’immense effort et la détermination dont il fait preuve l’épuisent. Même s’il n’en laisse rien paraître, cette situation lui est insupportable, elle le force à changer en permanence d’attitude en fonction des personnes qui l’entourent et à refouler sans cesse sa solitude. Il cache ses rêves, son imagination et ses envies, persuadé que personne ne le comprendrait et qu’il vaut mieux pour lui se fondre dans la masse.

Cette fois la solitude serait celle de l’écrivain s’adressant à un public qui ne s’attend pas à ce genre de littérature : il s’apprêtait à entendre une douce mélodie évoquant la forêt en automne et il est pris dans la tourmente d’une bataille dans un lointain astéroïde entre individus plus ou moins humains.

Pour son épanouissement, il est nécessaire que l’enfant surdoué puisse rencontrer d’autres enfants à haut potentiel afin d’être enfin en compagnie de personnes qui lui ressemblent avec lesquelles il pourra échanger et se sentir compris.

Arielle Adda achève comme toujours sa chronique sur un conseil que je partage avec vous ici :

Il est préférable de ne pas s’étonner du besoin de solitude d’un enfant doué, il est même souhaitable de lui ménager des moments où il pourra laisser son esprit vagabonder sans contrainte et sans avoir besoin de se justifier.

Vous pouvez retrouver la chronique complète d’Arielle Adda sur le site du Journal des femmes, et partager vos avis ou vos témoignages sur ce sujet dans les commentaires et sur les forums.

4 commentaires

  1. WAL sur 21 mars 2021 à 14 h 08 min

    Bonjour
    Je comprend et reconnais tout à fait la solitude de l’enfant à haut potentiel.
    Cependant comment peut-on accompagner et soulager la souffrance que cela engendre chez l’enfant?
    Quelles sont donc les solutions une fois que nous avons identifié cet enfant comme tel?

    Merci par avance pour vos réponses

  2. Françoise sur 23 mars 2021 à 17 h 22 min

    Bonjour Wal,

    La solitude qui pèse est celle engendrée par le fait de ne pas réussir à s’identifier au groupe au quotidien.
    Pour y remédier je vois 2 solutions : – que l’enfant ait conscience de ses différences (identification) afin qu’il comprenne pourquoi ses centres d’intérêts, activités, joies, ne sont pas les mêmes que ceux de la majorité des autres enfants. Partant de là il est bénéfique pour eux de les orienter vers des activités qu’ils puissent partager avec les autres (pas forcément selon l’âge) mais à travers des centres d’intérêts communs (clubs de jeux de société par exp, ils sont souvent fans et l’âge n’est pas un critère, permet d’échanger, rire à travers le jeu )
    Idem à l’école s’il a une matière ou une activité qui le passionne, faire partager un exposé, travailler en groupe sur la base des recommandations de l’enseignant qui devrait pouvoir l’orienter vers des élèves susceptibles de partager des intérêts communs.
    – aller à la rencontre d’autres enfants à haut potentiel via les associations, groupes de rencontres… afin qu’ils se rendent compte que leur différence est partagée par d’autres.
    Le réel problème selon moi est que jusqu’au lycée tout leur développement est cantonné et organisé autour de l’âge, (au détriment des capacités ou passions) et donc, la rareté allant de pair avec le haut potentiel, la probabilité d’une bonne rencontre est faible. Il faut donc faire tout votre possible pour susciter ces rencontres qui font du bien à nos enfants qui se sentent alors compris.

  3. Sylvie sur 8 avril 2021 à 23 h 16 min

    Bonjour j’ai 15 ans je suis au lycee et je sais pas si je suis un HP car j’ai personne pour me soutenir dans cette demarche meme mes parents ne me comprennent pas car on parle pas la meme langue et c’est dur car je peux pas leur expliquer mon mal etre et cela me fait mal car on m’a toujours traite de bizarre mais j’essaie de m’y faire m’ai j’ai mal. Je suis du genre a lire tout le temps a vouloir m’echapper du monde de pouvoir rever alors je m’isole de tout car je connais depuis longtemps le monde qui m’attendra dans quelques annee et je sais pas comment y faire face sans aide. Et je me sens facilement seule car je sais pas a qui m’ouvrir

    • Françoise sur 13 avril 2021 à 14 h 24 min

      Bonjour,

      L’idéal serait que vos parents vous emmènent consulter un psychologue, pour vous écouter et faire des tests au besoin.
      Avez-vous essayé de prendre rendez-vous auprès du conseiller d’orientation-psychologue de votre établissement ? Il est là aussi pour vous écouter et tenter de comprendre votre mal être, et peut vous aider à entreprendre les démarches nécessaires avec vos parents. J’imagine que la solitude qui vous pèse est liée à un besoin de rencontrer des personnes qui partagent vos envies, réflexions. Je vous mets en attendant un lien vers un reportage pour voir s’il vous parle :
      Vous pourriez tenter de le montrer à vos parents à l’occasion : https://www.enfantsprecoces.info/le-parcours-exemplaire-de-deux-jeunes-filles-surdouees/
      Votre médecin de famille aussi est une piste.

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