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Votre enfant surdoué est-il plutôt complexe ou plutôt laminaire ?

A l’aide des neurosciences et de l’imagerie par résonance magnétique, l’analyse du cerveau des personnes à haut potentiel permet d’obtenir des clés de compréhension majeures pour les accompagner au mieux.

Une étude menée  par le professeur Dominique Sappey-Marinier, chercheur en neurosciences à la Faculté de médecine de l’Université de Lyon et Fanny Nusbaum, docteur en psychologie, met l’accent sur la différence dans cette même population d’individus à haut potentiel entre les personnes laminaires et les personnes complexes.

Pour résumer brièvement, les personnes laminaires seraient plus « stables » et moins difficiles à accompagner car leur cerveau fait plus appel aux zones de contrôle et de rationalisation.

   Les zones impliquées dans le contrôle, l’inhibition et la rationalisation sont plus activées chez les laminaires.

Alors que pour les personnes complexes, une sur-activation des zones pariétales impliquées dans les processus émotionnels et perceptifs pourrait être à l’origine de déséquilibres :

Alors que les laminaires ont une forte empathie et tirent un avantage de leurs fortes capacités intellectuelles, les complexes sont submergés par leur hypersensibilité.

Je ne vous refais pas toute la description fort bien expliquée dans l’article en lien ci-dessous. Par contre il est intéressant de comprendre que finalement la différenciation entre ces deux profils serait directement liée à la façon dont fonctionne le cerveau et que cette différenciation se retrouve dans les tests de QI, avec un profil plutôt homogène pour les personnes laminaires et plutôt hétérogène pour les personnes complexes :

Chez les complexes, une différence importante apparaît entre l’index de compréhension verbale (souvent le plus élevé mais pas toujours) et l’index de raisonnement perceptif. Comment cela se traduit-il? « Par une dyssynchronie, c’est-à-dire un déséquilibre entre la sphère cognitive et émotionnelle », indique le Pr Sappey-Marinier.

Dès lors, une bonne lecture du bilan en cas d’hétérogénéité sur les points évoqués permettrait aux parents attentifs d’anticiper autant que possible les mesures à prendre.

Il y a de fortes probabilité pour que les enfants qui semblent trop sensibles, anxieux,  discrets, timides, hésitants, s’apparentent au profil complexe.

A la lumière de ces explications, nous comprenons mieux que certains troubles, certaines angoisses, ne sont pas des caprices d’enfants surdoués mais sont liés à une perception intense, trop intense, à laquelle ils ne peuvent pas grand chose tout seuls.  Ces enfants auront besoin d’une présence rassurante, d’un travail précoce sur la gestion des émotions,  de beaucoup d’attention et d’encouragements afin d’apprivoiser cet afflux de données émotionnelles pour bien les canaliser, et permettre de les exprimer de façon positive :

 Les complexes ont un monde interne très présent, d’une grande créativité.

Et vous, vous reconnaissez-vous dans cette distinction ?

Avez-vous réussi à mieux identifier ainsi vos enfants : plutôt complexe ou plutôt laminaire ?

Lire l’article en entier sur Planète santé

Lire aussi sur Planète santé « Ces personnes au potentiel hors norme« 

12 commentaires

  1. julia sur 9 décembre 2018 à 18 h 13 min

    je crois bien que j’ai un garçon complexe et une fille laminaire ! on verra jeudi. si c’est le cas , on va pas s’ennuyer !!!!!!

  2. Amélie sur 11 décembre 2018 à 11 h 15 min

    Je reconnais très bien mon ainée dans le profil complexe : toujours à fleur de peau, hyper sensible et créative. Et ma deuxième dans le profil liminaire : posée, analytique et beaucoup moins torturée que sa soeur… Pourtant elles sont toutes les deux éblouissantes d’intelligence, mais chacune à son style…

  3. Lou0705 sur 11 décembre 2018 à 15 h 27 min

    Curieusement le profil de mon fils de 7 ans ressemble davantage à un complexe (difficultés avec les règles et la prise de parole, dans l’opposition, aime le coloriage, particulièrement sensible entre autres) mais ses résultats au wisc V sont parfaitement homogène. Cela est il possible ?

    • Françoise sur 13 décembre 2018 à 21 h 33 min

      Apparemment on parle plutôt « complexe » lorsqu’il y a un déséquilibre entre les sphères cognitives et émotionnelles.
      Ceci ne veut pas dire que les personnes laminaires ne sont pas créatives … ou qu’il n’y ait pas d’opposition, surtout chez les enfants jeunes, c’est plutôt la façon (trop intense ou non) de gérer et de canaliser les informations qui va être déterminante.
      Un wisc homogène est plutôt un bon point de départ, l’apprentissage ensuite c’est aussi apprendre à respecter les règles, les comprendre pour mieux se réguler. Là vous avez aussi votre rôle à jouer.

  4. Lou0705 sur 14 décembre 2018 à 9 h 24 min

    Merci pour votre commentaire Françoise. Nous continuons de chercher des réponses. Plusieurs possibilités (d’une part : installation progressive de mécanismes comportementaux depuis la maternelle avec pour conséquence une image négative de soi, n’est pas à sa place en classe de ce1, se sent incompris par ses camarades et enseignants, il est désormais « trop difficile » de respecter les règles, de vraiment faire avec les autres…etc et d’autre part : des signes qui ressembleraient à une dyspraxie (dysgraphie avérée) mais là encore grosse contradiction avec un profil homogène, des indices de raisonnement fluide et visuospatiale largement dans le très supérieur).
    Oui nous mettons en place à la maison des règles écrites avec un tableau de reconnaissance des efforts et des points à améliorer, d’autres choses dans le cadre scolaire. Nous avons pas mal sué depuis la rentrée avec de surcroit une enseignante qui semble avoir pris en grippe notre enfant. Nous soufflons un peu depuis qu’il a l’occasion de passer 2 demi-journée en classe de ce2.
    Résultat notre fils ne veut plus aller à l’école les jours sauf quand il doit passer du temps en ce2, il a mal au ventre, il veut nous convaincre de le changer de classe tout de suite, se réveille parfois la nuit et se met à penser aux évènements de la journée…
    Prochaine étape pour nous un suivi psy, un neuro-pédiatre en janvier et probablement de la remédiation cognitive pour apprendre les bonnes habitudes d’apprentissage.
    Encore un point, nous avons découvert la précocité de notre enfant grâce à notre propre initiative et les démarches associées sont aussi de notre initiative. Le système de prise en charge de l’école (publique) est beaucoup trop long et le personnel manque parfois d’objectivité avec risque de conséquences plus grave pour l’enfant. Les histoires d’égalité des chances du précoce disponible sur le site de l’éducation nationale que du BULLSHIT. Les choses se font au petit bonheur la chance selon les établissements et les personnes que vous avez en face de vous. J’ai sollicité vainement la référente EIP de mon académie (Aix-en-Provence) sans réponse à ce jour. Je préfère prévenir que souvent face au cas de votre enfant vous serez seuls et les mieux placés pour les accompagnés. En tout cas c’est mon avis après renseignement autour de moi et de par ma propre expérience.
    Désolée pour le long message mais je suis aussi pour le partage d’expérience et surtout en l’absence de dispositif sérieux.

    • Françoise sur 14 décembre 2018 à 15 h 00 min

      Bonjour Lou0705,

      Oui malheureusement les parents sont encore trop seuls, c’est vrai!
      Concernant votre fils, sa demande d’aller en ce2 est certainement légitime du simple fait de l’intérêt qu’il y porte et de s’y sentir mieux. Le psy ne l’a t il pas conseillé suite au bilan ? En plus avec un bilan homogène il n’y a pas de contre-indications.
      Par ailleurs, le besoin d’approfondissement ou d’accélération lié au haut qi est à distinguer d’éventuelles difficultés de graphie ou praxie, qui sont à prendre en charge aussi mais à côté, dans le sens où le simple fait de le maintenir dans sa classe n’arrangera rien à ces difficultés là et ne lui donnera pas non plus la motivation nécessaire liée à son haut potentiel.
      Sinon il se peut aussi, dans une certaine mesure, que la non prise en charge jusque là de ses particularités ait engendré des difficultés qui ressemblent à des problèmes dys…graphie… mais qu’une partie du problème vienne du haut potentiel: crispation de la main, perfectionnisme, manque d’intérêt… Des séances ou un bilan auprès d’un graphotherapeuthe pourraient vous aider à faire la part des choses.

      • Lou0705 sur 16 décembre 2018 à 10 h 02 min

        Le psy a bien conseillé un saut de classe mais l’équipe éducative a souhaité procéder autrement. Globalement l’accent est mis sur la problématique d’agitation en classe sans toutefois considérer cela comme un symptômes du besoin d’un enseignement adapté. Nous avançons à très petits pas.
        Nous avons vu une graphomotricienne qui a confirmé une dysgraphie. La dyspraxie étant plus délicate à observer dans le cas d’un enfant précoce, nous attendons les séances de rééducation pour en savoir plus. Cependant dyspraxie ou pas nous envisageons la remédiation cognitive afin de permettre à notre fils de développer de nouvelles habitudes d’apprentissage (respecter les étapes, apprendre l’effort, gérer la peur de l’échec…ect), en espérant que cela aura un impact positif sur le comportement.
        Entre temps nous avons vu le psychologue spécialisé des enfant précoces et après une première séance il semblerait que notre fils a tout simplement un blocage relationnel avec l’enseignante.
        C’est une année scolaire pleine de nouveaux défis pour notre enfant et finalement pour notre rôle de parents aussi. Je souhaite beaucoup de courage à ceux qui passent par ici.

  5. julia sur 14 décembre 2018 à 11 h 52 min

    Jeudi est passé et mon fils est bien hétérogène ! Sur le QI et dans la vie de tous les jours !!
    Nous on va voir les maîtresses lundi soir…. J’espère qu’elles seront réceptive. J’ai malheureusement des apriori… Au vu surtout du discours de la maitresse de ma fille en petite section ! À suivre !
    Mais je crois qu’il y a autant de profils qu’il y a d’enfant ! Complexe ou laminaire, il seront toujours eux !

    • Françoise sur 14 décembre 2018 à 15 h 12 min

      Bonjour Julia,

      Bienvenue au club! Pour les maîtresses, je ne pense pas qu’il faille parler des détails, complexe, hétérogène…. mais vous baser sur le bilan en termes de besoins et/ou difficultés afin d’obtenir une adaptation qui aide votre fils à progresser à son rythme à lui à tous les niveaux. Dire difficultés parce que…, comportement tel car… comprend très vite donc besoin de …, avec mention des bilans à venir. Dans tous les cas ça passe mieux si vous sollicitez leur aide, bon courage.

  6. julia sur 14 décembre 2018 à 19 h 29 min

    merci !

    finalement j’ai vu la maitresse de mon fils ce soir (c’etait plus facile pour nous deux )
    ca c’est tres bien passé ! elle n’a pas été surprise de cette detection et à l’air en demande d’échange. elle est prete à le « nourrir » comme elle me dit, elle fera ce qu’elle pourra en tout cas ! elle demande qu’on partage nos impressions, nos besoins, et que si la psy pense qu’il faut qu’elle travaille plus tel ou tel coté, elle est preneuse ! (« j’en ai pas eu souvent, c’est stimulant !  » )…je suis rassurée. et elle m’a donné plein de chose sur son comportement à l’école et la aussi, je suis rassurée car il semble qu’il s’adapte plutot bien et prend son « avance » pour aider les autres…
    bref c’est cool ! un stress de moins
    lundi rdv avec la maitresse de ma fille, sans bilan certes mais pour en savoir plus sur sa « tristesse » à l’école !

    • Françoise sur 14 décembre 2018 à 20 h 01 min

      Bravo, elle a eu une saine réaction « c’est stimulant ! « , c’est super.
      Réussir à entretenir une relation d’échange est la meilleure chose qui puisse vous arriver, vous devriez apprendre réciproquement les uns des autres. J’espère que cela se passera tout aussi bien lundi pour votre fille, la tristesse peut provenir d’une sensation de décalage, d’ennui, d’étrangeté que votre fille ressent sans comprendre d’où ça vient. Tentez de comprendre comment elle est à l’école, ce qu’elle produit, si elle joue, échange… Si elle semble complètement différente dans la description de ce qu’elle est avec vous, il y a des chances qu’elle soit comme son frère.
      Bon week end en attendant !

  7. Violet sur 29 janvier 2019 à 20 h 13 min

    Bonsoir, j’ai passé un test de QI il y a un an et demi et j’ai eu les résultats mais je ne sais pas si je suis laminaire ou complexe. Comment puis-je le déterminer ? Je me retrouve un peu dans les deux profils et j’ai un IVT et un IMT supérieurs à mon ICV, lui même supérieur à mon IRP (5 points d’écart entre l’IVT/IMT et l’ICV, 9 points d’écart entre l’ICV et l’IRP).

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