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L’école à la maison, une solution à géométrie variable pour les enfants à haut potentiel

Lorsque la scolarité classique ne répond pas aux besoins de certains élèves à haut potentiel, des solutions alternatives existent. Zoom sur l'école à la maison.

Vivre l'école à la maison avec un enfant surdoué

Une scolarité différente : au moment de la rentrée scolaire, le Figaro étudiant a publié un long article sur les raisons qui poussent certaines familles à choisir pour leur adolescent la solution de la scolarisation à domicile.

Un choix subi ou pleinement conscient ?

Que ce soit pour des adolescents ou des enfants plus jeunes, la scolarité à domicile, encore appelée école à la maison, est une alternative qui permet notamment à des élèves qui en ont besoin de rebondir et de retrouver un goût pour les apprentissages, mais aussi, pour certains d’entre eux, de souffler un peu après des expériences difficiles à l’école.

Emmanuelle Piquet, psychologue et auteur de nombreux ouvrages sur le harcèlement scolaire en particulier, évoque les situations les plus douloureuses (phobie scolaire, harcèlement…) qui se trouvent parfois à l’origine d’un tel choix.

C’est le cas d’Élodie, harcelée par des camarades au collège et au lycée, ce qui a provoqué chez elle une forte dépression.

Plutôt qu’une alternative réparatrice, le choix de l’école à la maison peut aussi être motivé, dans le cas du haut potentiel en particulier, par un souci d’adaptation réelle au rythme différent et variable de l’enfant ou de l’adolescent en question.

Cette solution est particulièrement bénéfique pour l’enfant à haut potentiel lorsqu’il :

  • manifeste de hautes aptitudes intellectuelles et a par conséquent besoin d’avancer à son propre rythme, différent de celui de la classe, pour éviter l’ennui.
  • a besoin d’approfondissements et d’accélération pour être confronté à la nouveauté et acquérir le sens de l’effort.
  • vit un fort décalage interne (dyssynchronie) sur le plan physique et intellectuel qui nécessite de dissocier les activités proposées de son âge réel pour raisonner plutôt en termes de compétences, parfois très hétérogènes.

Parmi les risques liés à la scolarisation à domicile, la principale crainte est celle de l’isolement social.

Or, dans le cas particulier de l’enfant à haut potentiel, une certaine forme d’isolement est souvent déjà présente dans la mesure où il n’interagit pas forcément avec ses pairs ou a d’autres attentes que ses camarades. Le choix de la scolarisation à domicile, lorsque la question se pose, doit évidemment être mûrement réfléchi et surtout envisagé comme réponse qui permette d’améliorer la situation du jeune sur le plan social également.

Lou-Anne réaménage son temps et s’octroie plusieurs loisirs avec ses amis. «L’école à la maison me plaît car je ne m’ennuie plus en cours. Et je peux profiter de mon temps libre pour faire du théâtre, du sport, etc.», note-t-elle.

Le CNED comme seule solution ?

Je profite de cet article pour réaliser un comparatif avantages / inconvénients des différentes formules possibles en cas d’instruction à domicile.

Même lorsque ce choix est motivé par la volonté de suivre vraiment le rythme d’un enfant, pour des raisons variées, il reste difficile de s’improviser « enseignant » du jour au lendemain et de choisir la bonne formule, surtout pour ce qui concerne le collège ou le lycée.

Les parents ont le choix entre l’instruction libre, sans support, de type « unschooling » ou la scolarité par correspondance (quel que soit le système retenu, des obligations légales doivent être respectées et sont consultables ici).

Le premier modèle, appelé aussi instruction en famille (IEF), laisse une grand liberté de manœuvre et d’organisation aux parents. Il a l’avantage de permettre une large autonomie et, donc, un ajustement réel à la hauteur des besoins de l’enfant. L’inconvénient éventuel est de faire reposer entièrement la réussite de l’enfant sur les épaules des parents et, pour ces derniers, d’avoir tout à « imaginer » eux-mêmes, ce qui peut occasionner un travail de préparation très important. Cela représente néanmoins un beau défi et permet d’exprimer sa créativité de manière quasi infinie !

Le second modèle, celui de l’enseignement à distance, fixe un cadre plus rigide à l’intérieur duquel l’enfant évolue mais qu’il peut dépasser en cas de besoin. Le lien avec des professeurs correcteurs, principe de la scolarité par correspondance, permet de confier le contrôle du travail à un tiers expérimenté avec une vision plus « professionnelle » et un regard extérieur sur les réalisations de l’élève. Les parents débutants peuvent ainsi démarrer sans trop d’inquiétudes, avec un support et un rythme à respecter. A l’inverse la liberté « pédagogique » est plus relative.

Le CNED (Centre National d’Enseignement à Distance), qui fait partie des organismes à distance avec l’avantage de bénéficier des même accompagnements et droits que ceux des enfants scolarisés en présentiel, est la solution la plus connue et le plus souvent choisie. Le programme proposé est celui de l’Education nationale, dans sa version intégrale et rigoureusement respectueuses des textes officiels.

Dans l’article du Figaro, les élèves s’expriment en ces termes en parlant des cours fournis par le CNED :

Mais, certains reprochent au CNED une charge de travail trop importante. «Le CNED a une correction de devoir excellente, mais une trop grosse quantité de travail à fournir», observe pour sa part Roumayla. Elodie juge que le CNED demande beaucoup de rigueur, «car en travaillant à la maison, il y a beaucoup de distractions»

Pour avoir expérimenté cette solution avec mes enfants, je confirme les propos de ces adolescents. Je souhaite en dire un mot pour répondre aux parents qui choisissent cette solution soit pour des enfants en décrochage, soit pour des enfants qui ont besoin d’accélérer, et donner mon éclairage (tout à fait personnel) :

La charge de travail est effectivement très importante et le rythme soutenu. A partir du collège principalement, il faut bien réfléchir aux raisons qui mènent à ce choix pour savoir s’il est réellement adapté à votre enfant :

  • les cours sont complets, structurés et planifiés.
  • le programme est très dense et il devient rapidement difficile de « gagner du temps » pour aller au delà.
  • les cours sont conçus pour être effectuées en entier, de manière progressive, avec beaucoup de texte pour pallier à l’absence d’un enseignant « physique » : les enfants sont obligés de trier les nombreuses informations fournies, d’avoir une lecture synthétique pour aller à l’essentiel. Cela ne convient pas à mon sens à un élève en difficulté du type « haut potentiel décrocheur » ou encore à l’enfant « rêveur ».
  • les fascicules, en noir et blanc la plupart de temps, ne sont pas particulièrement « ludiques », ni mêmes très agréables à lire.
  • le programme nécessite une grande capacité de travail, de concentration et de motivation, donc beaucoup d’autonomie et de rigueur.
  • les cours sont efficaces pour bien préparer aux divers examens et aux attentes de l’Education nationale, les programmes y sont conformes et complets.
  • La logistique et les aspects administratifs sont assurés efficacement avec toutes les informations nécessaires pour les passages de classe, avis d’orientation, formalités diverses à accomplir…

Pour conclure sur le CNED, je dirais que c’est une bonne formule pour préparer aux examens et réintégrer facilement le système classique. Par contre, cela ne permet pas beaucoup de souplesse ni de flexibilité, à moins de faire preuve de beaucoup de volonté et d’une grande capacité de travail.

Quoi qu’il en soit le choix d’une solution pour pratiquer l’école à la maison n’est jamais facile. La formule idéale peut varier d’une année ou d’un niveau à l’autre selon l’objectif à atteindre, mais aussi selon les enfants. Même à l’intérieur d’une fratrie, chaque enfant peut avoir besoin de bénéficier d’une formule différente de ses frères et sœurs, en fonction de son profil et de sa capacité de travail.

Et vous, envisagez-vous de recourir à une forme ou une autre d’instruiton à domicile ? Pratiquez-vous déjà l’une ou l’autre des formules disponibles ? Dans ce cas, quels sont les enseignements que vous en tirez ? Parlons-en à travers vos commentaires si vous le souhaitez.

Voir l’article original sur Le Figaro étudiant

6 commentaires

  1. Isa LISE sur 18 septembre 2019 à 8 h 31 min

    Bonjour Françoise et merci pour cet article. 🙂
    Plusieurs petites remarques en fait :
    – Sur l’instruction en famille sans cours par correspondance : en fait plusieurs choix sont également possibles, ils vont de la reproduction du modèle école à la maison avec cahiers et livres comme à l’école au unschooling avec un certains nombres d’options intermédiaires.
    – Modèle école à la maison : le travail de préparation peut alors consister uniquement dans ce choix de manuels, tout dépend des choix parentaux et également du profil de l’enfant.
    – Modèle unschooling : les supports sont possibles 🙂 Tout dépend des choix et besoins de l’enfant. C’est en unschooling que ma fille cadette a passé et réussi le bac à 16 ans et haut la main 😉
    De plus, selon l’âge de l’enfant et là encore son profil, à un moment donné, le parent peut être amené à ne plus rien préparer dans cette situation.
    – Modèles intermédiaires : un peu de manuel, un peu de unschooling, un peu de Montessori, un peu d’innovation ou bien encore utilisation de mes abonnements par exemple 😉 (https://lemondedemeietnoe.com)
    – Concernant le CNED, nous n’avons pas la même expérience 🙂 Ici l’une de mes filles a voulu tenter niveau première (profil hétérogène-dys) et finalement elle s’égarait dans le cours de littérature qui lui semblait manquer de logique. Quant au cours de sciences : 8/20, absolument pas préparée à l’épreuve… si je ne m’en étais pas aperçue en avril en consultant les annales, cela aurait peut-être pire encore… Mais elle n’avait jamais appris les sciences de manière scolaire, elle avait les connaissances, mais n’avait aucun des codes scolaires. Virage complet, approche différente (et pourtant unschooling) : 16/20 pour la seconde en science.

    A très bientôt 🙂

    • Françoise sur 19 septembre 2019 à 14 h 00 min

      Bonjour Isa Lise,

      et merci pour ces précisions.
      Je suis complètement d’accord avec vous en fait, et ce que je voulais dire par rapport à la préparation aux épreuves du Cned, c’est que les cours et les devoirs sont conçus pour faire comprendre les attentes de l’En aux enfants, en conformité avec le modèle En. Cela ne veut pas dire pour autant que le modèle leur convienne et c’est pourquoi je disais que cela réussit mieux à des enfants très scolaires et autonomes. Mon dernier aussi s’y perd et nous complétons un maximum par ailleurs, mais aujourd’hui pour lui, en fonction de nos impératifs et de sa personnalité globale, je ne vois pas comment faire autrement.

  2. Mariette sur 19 septembre 2019 à 20 h 10 min

    Merci pour cet article très intéressant !
    Apres 2annee a l’école plutôt compliqués, nous commençons l’ief avec ma fille hpi cette année. Nous avons opter pour le cned qui semble bien lui convenir pour le moment. Elle aime les cours très scolaires, très structurés , elle aime passé de longues heures dans les bouquins donc ca lui convient parfaitement !

  3. Babar246 sur 19 septembre 2019 à 20 h 28 min

    Bonjour,
    Après une dépression par ennui en fin de collège et une impossibilité à s’adapter au rythme du lycée qui générait une frustration et une colère permanente, nous avons fait le choix du CNED. Mon ado (16 ans) est un profil brillant et autonome. Elle avait testé un cours à distance en seconde en parallèle de sa seconde au lycée et cela a bien marché (respect du rythme de travail et des apprentissage réussis). Les enseignants du lycée où elle était en seconde ont tout fait pour nous décourager de lui faire quitter le système classique (désociabilisation, isolement, poursuite d’études,…) mais nous sentions que pour elle le lycée n’était pas adapté.
    En ce mois de septembre, mon ado est tout simplement heureuse. Les cours sont assimilés à son rythme (rapide), et l’enseignement du CNED lui laisse du temps libre pour voir ses amis à la fin de la journée, faire du sport et prendre de l’autonomie dans ses apprentissages complémentaires. La frustration diminue doucement, elle reprend confiance en elle et en ses apprentissages. Elle se sent enfin comprise et entendue. Elle est assez autonome et indépendante pour gérer seule sa progression, son emploi du temps. J’espère que l’année continuera dans le sens de ce bonheur d’apprendre sans avoir à attendre et lui permettra de sortir du cercle dans lequel elle s’enfermait.
    Je rejoins l’article quand il dit que cela nécessite beaucoup d’autonomie et que cet enseignement ne convient pas à tous les enfants, même précoces, et j’espère que chaque enfant sourira un jour comme mon ado aujourd’hui.
    Bonne soirée et merci pour ces articles,

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