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Le papillonnage chez les enfants et adultes surdoués

A travers une vidéo fort intéressante, Carlos Tinoco aborde les sujets variés mais liés entre eux que sont le papillonnage, le dilettantisme, l'effort soutenu, le passage à l'action ou encore le sentiment d'imposture chez les personnes à haut potentiel. Des traits de caractère et des comportements que l'on retrouve fréquemment chez les jeunes et moins jeunes surdoués.

Le papillonnage chez les enfants et adultes surdoués

Si certains enfants à haut potentiel ont la chance d’avoir un domaine de prédilection dans lequel ils évoluent avec aisance et qu’ils ont plaisir à approfondir, d’autres ne parviennent malheureusement pas à se trouver une passion qui les comble, préférant butiner une multitude de domaines et d’activités dans un papillonnage incessant.

Quelle que soit la chose qu’ils font, elle ne prend sens que par l’association d’une multitude d’idées. Ils n’ont donc pas un unique sujet de passion, mais des dizaines de désirs possibles, ce qui va de pair avec le fait qu’ils soient doués un peu partout

La notion de don telle qu’on l’entend habituellement s’applique de façon très localisée : quiconque a un don est censé avoir un domaine de prédilection où il excelle, étant né avec une étonnante facilité pour l’étude de celui-ci. Or beaucoup de surdoués sont capables d’explorer presque n’importe quel champ avec facilité, mais sans y trouver de réel possible. Ils savent bien qu’en travaillant, en produisant des efforts, ils pourraient parvenir à un haut niveau, mais ne peuvent se décider pour un domaine précis puisque les facilités sont équivalentes ; tout les intéresse, mais faute de réussir à choisir, ils ne font rien à fond.

C’est ce qui les conduit au papillonnage : l’enfant ou l’adolescent concerné va s’intéresser à un sujet quelques temps, avant de partir sur une autre activité, approchante ou complètement différente. Tant qu’on est jeune, on pense avoir tout le temps de trouver une vraie passion ou de mener à bien des projets d’envergure. Mais en vieillissant, beaucoup se rendent compte qu’ils ont butiné d’activité en activité, sans rien faire de sérieux jusqu’au bout, ou assez longtemps pour en être satisfait.

Le dilettante, c’est cet homme savant, extrêmement ouvert, qui a une multitude de goûts qu’il cultive à son rythme, sans être spécialisé, et qui ne conçoit pas ses goûts comme devant être productifs.

Cet état d’esprit ne correspond pas vraiment à la société actuelle, où l’on justifie malheureusement bien souvent son existence par ce qu’on a produit. Ainsi, la spécialisation du travail est désormais le maître mot jusque dans les études et la recherche, ce qui ne convient pas aux enfants et jeunes adultes surdoués adeptes du papillonnage, de par leur façon différente de fonctionner.

On a donc d’un côté cette idéologie de la productivité et de l’autre un jeune adulte qui ne parvient pas à sacrifier un domaine pour un autre. Certains finissent par se voir comme des ratés, incapables de trouver un travail à leur mesure ou de se définir une passion.

Léonard de Vinci, par exemple, quelques temps avant de mourir, dans une de ses dernières lettres, a écrit ces mots : “J’ai perdu mes heures”. Effectivement, plutôt que de se consacrer pleinement à la peinture, domaine dans lequel il avait un talent indéniable, il passait son temps à étudier la politique, l’hydraulique, la joaillerie…

Mais finalement chaque nouvelle activité nous refait travailler, dans une certaine mesure, ce que l’on a appris dans les autres. Et lorsque l’incertitude, l’angoisse de ne rien produire viennent ronger le désir qui nous poussait à approfondir tel domaine, le passage à autre chose permet de garder un bon souvenir de chacune des activités réalisées. Encore faut-il avoir suffisamment étudié ledit domaine pour y avoir vécu des choses qui méritent d’être retenues.

Être fécond, et même être productif passe par le fait d’oublier la nécessité de produire et de s’autoriser à suivre le fil de son désir pour déployer toutes ses forces dans des directions dont on ne sait jamais où elles vont nous mener. Tout cela pour le plaisir de découvrir et d’explorer.

Je vous invite à regarder la vidéo de Carlos Tinoco en entier. N’hésitez pas à vous faire votre propre idée sur le sujet, ni à à exprimer votre avis en commentaires !

9 commentaires

  1. Diane sur 31 janvier 2020 à 2 h 48 min

    MERCI, ce n’est pas une découverte pour moi, mais votre video/discours est rassurant…
    A bienntot 40 ans je nage encore dans le vaste monde de ma personnalité… c est un peu déconcertant!

    • Une papillonneuse sur 19 février 2020 à 15 h 20 min

      Aha, le papillon age, le gros dilemne de ma vie…
      A 30ans, je me demande si je trouverais un jour MA voie.

      En attendant, j’avance, je…papillonne, mais sans culpabilité, en me disant que toutes ces connaissances accumulées me servent. Rien que pour moi même, pour mon plaisir. Et avec le temps, mes centres d’intérêts se précisent tout de même, j’arrive a définir ce que je n’aime pas, ce qui est déjà une grande avancée a mon sens.

      Hardis soient les papillonneurs, leurs savoirs variés leur permettent de mieux appréhender la vie, d’être intéressants, d’apprendre des choses aux autres, de découvrir tant de domaines différents….

      J’aime à penser qu’il y a une utilité a cela. Il y en a toujours une, sinon nous ne nous intéresserions pas a ces innombrables sujets!

  2. G2L sur 31 janvier 2020 à 14 h 14 min

    J’ai étais bouleversée et soulagée en même temps d’entendre un autre que moi mettre des mots aussi précis sur un ressenti de culpabilité et d’imposture qui s’emplifie en moi à chaque “succès” après des décennies d’une vie de “papillonnage”, sans que je n’aie réussi à en décrypter l’origine ou les méchanismes ! Merci pour cet éclairage et ce partage, il me permet de me sentir plus sereine et surtout moins seule dans mon vécu.

  3. Sophie sur 31 janvier 2020 à 17 h 03 min

    Merci pour cette vidéo ,çà m’aide à me comprendre ,ce sentiment d’angoisse de n’avoir pas réussi selon ce que la société impose comme réussite .Tout m’a toujours interressé et j’ai jamais su me poser dans une chose ,j’ai une très large culture générale ,même j’ai jamais rien appronfondi … J’ai 38 ans ,et j’essaie de me restreinte dans mes activités ,mes passions ,car je suis tellement formaté par la société que je n’arrive pas être heureuse en papillonant et j’essaie de cette manière de faire “complétement” ce que je choisis.

  4. bernard sur 1 février 2020 à 14 h 44 min

    simplement merci.

  5. cecile vial sur 3 février 2020 à 11 h 26 min

    Merci pour cette vidéo très enrichissante et qui permet de prendre beaucoup de recul. Notre fils, précoce, 15 ans, a une passion dévorante pour ……………… tout. Il peut explorer des domaines très différents puis passer à un autre. Mais, aujourd’hui, se pose la GRANDE question de son orientation scolaire, du choix de telle ou telle option. Il aime à peu près tout ( sauf les maths). Il excelle partout ( sauf en maths). Mais il faut des maths pour entrer dans les métiers dits de “recherche”. Ce que je retiens, c’est que quelque soient ses choix, il faudra qu’il s’y engage suffisamment, qu’il explore profondément ces domaines choisis et qu’il pourra toujours en sortir sans culpabilité.Merci.

  6. Carol sur 5 février 2020 à 10 h 06 min

    Cette vidéo m’a éclairé sur le fonctionnement de ma fille de 22 ans qui ne parvient à s’engager dans un parcours scolaire d’etudes supérieures ni à s’orienter dans une voie professionnelle. Elle passe d’un champ à un autre sans pouvoir finaliser un diplôme car elle le quitte avant. Ce papillonage et cette difficulté à passer à l’action et le temps qui passe lui créent beaucoup d’angoisse. Nous ne savons trop comment l’aider. Son mal être est profond. Quelles pistes seraient à conseiller? Merci

  7. KHRIS sur 5 août 2020 à 14 h 35 min

    Je croyais que j’étais bizarre, une perdante, ce qui est illogique avec un parcours brillant, depuis que j’étais toute jeune j’aimais tous de la littérature aux mathématiques, sciences naturelles, physiques, astronomie, psychologie, professionnellement parlant j’ai fait tout, j’ai tout essayé et je n’ai jamais été comblé.
    Au début, je suis contente d’apprendre et d’avoir de l’expérience, je donne aussi ma touche d’originalité, de créativité, mais dès que le milieu n’est plus stimulant, je lâche.
    J’ai fait du travail, sur moi et maintenant à 44 ans je suis épanoui.
    Un retour sur mon ancien amour qui est la rédaction.
    Sur le web on ne va pas s’ennuyer, car du nouveau il y a en abondance et puis j’écris sur plusieurs thèmes, donc j’apprends tous les jours.
    J’espère que mon fils trouvera son domaine de prédilection et ne va pas papillonner comme moi.

  8. Liliheureu sur 4 septembre 2020 à 22 h 26 min

    Je précise, je suis adulte.
    Pendant toute mon enfance on m’a reproché, moqué et encore maintenant dans ma famille cela ce produit encore au moins une fois par semaine de mon hypersensibilité, de faire celle qui a toujours raison.
    J’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre pourquoi les gens autour de moi ne me comprenais pas. certaines choses étaient si facile, et les personnes autour de moi se frustrer et se fâcher, quand je leur parlais.
    depuis le développement de site comme le votre, depuis 3-4ans je commence à comprendre pourquoi.
    Le seul problème, c’est que toutes ses années de frustrations m’ont bloqués et j ai beaucoup de mal maintenant à faire comprendre aux gens que je ne le fais pas exprès c est juste que je suis comme çà, surdouée, surtout au niveau de mon travail.
    Mais je voulais vous remercier car c est grâce à des sites comme vous que je peux sortir la tête de l eau, j ai encore un long travail devant moi, mais maintenant je ne m abaisse plus aux niveaux des autres je m impose.
    par contre si vous avez des coaches pour m aider à perdre cette frustration merci de me les envoyer

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