Et si votre enfant était surdoué ?

Et si votre enfant était surdoué ?

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Vouloir un enfant surdoué, un phénomène de mode ?

Sous l’œil critique et nuancé de Pascal Roman, psychologue responsable de l’Unité de consultation de l’enfant et de l’adolescent à Lausanne, le site suisse Migros magazine nous propose de réfléchir à l’augmentation des demandes de bilans psychologiques et tests de QI.

C’est un phénomène qui exploserait depuis quelques années. Serait-il lié à de fortes pressions sociétales quant à la réussite personnelle ou à l’ego démesuré des parents qui cherchent à expliquer des troubles particuliers par le haut potentiel, réel ou supposé, de leur enfant ?

Cela se retrouve dans les préoccupations des parents, dans les attentes qu’ils peuvent avoir pour leurs enfants. Et puis, comme pour la question de l’hyperactivité, les parents ont besoin d’explications, de rationalisation. Le fait de pouvoir identifier que les troubles présentés par l’enfant seraient liés à un haut potentiel intellectuel est très rassurant. Il est plus valorisant de solliciter une consultation en mettant en avant que son enfant présente un haut potentiel, plutôt qu’il est agité à l’école, dépressif ou qu’il ne joue pas avec les autres.

Pourtant le constat  de Pascal Roman est implacable ; les enfants à haut potentiel, au QI supérieur à 130, représentent 2,2 % de la population et les 2/3 des demandes de consultation sous ce prétexte ne peuvent être validées :

Dans nos consultations, seuls 30% des cas pour lesquels le HPI de l’enfant est mis en avant présentent les critères pour confirmer celui-ci.

Y a t-il par conséquent une prise de raccourci trop facile, comme pour le trouble de l’attention, aussi très souvent mis en avant, dès qu’un enfant semble fonctionner différemment ? Je n’ai pas l’impression que le haut potentiel soit si aisément argué, ni par les parents, ni par les enseignants, mais peut être que la médiatisation nécessaire à la reconnaissance de ce type de fonctionnement particulier a eu le tort de relativiser la part liée aux capacités intellectuelles en l’associant à de nombreux « maux » divers et variés dans lesquels beaucoup de personnes peuvent se reconnaître ?

L’enfant surdoué est en premier lieu un enfant à hautes compétences intellectuelles et tous ne sont pas forcément détectés :

C’est un enfant qui a des très bonnes capacités intellectuelles. Ce qui veut dire aussi une souplesse, une plasticité dans le maniement des opérations intellectuelles. Ce n’est pas simplement un super investissement dans un domaine scientifique pointu. L’intelligence, c’est aussi avoir des compétences instrumentales, comme la mémoire de travail ou le passage d’un type de sollicitation à un autre. L’hypothèse que l’on peut faire, c’est que la plupart des enfants et des adultes HPI ne savent pas qu’ils le sont.

Le repérage se ferait par défaut :

Pourtant, on dit souvent qu’ils sont insécures, anxieux, qu’ils ne respectent pas les règles…

et non pour leurs qualités intellectuelles propres :

la littérature scientifique ne donne pas de critères pour reconnaître à l’œil nu un enfant HPI.

Comme le dit Pascal Roman, être intelligent est une chance et il n’est nul besoin d’être surdoué pour mener une belle vie.

Par contre, on peut se demander si notre société, si compétitive et en attente de bons résultats, est finalement apte à reconnaître les personnes qui sortent du lot et à les accompagner au mieux afin que leurs capacités puissent s’exprimer sans heurts :

Un enfant qui présente un haut potentiel intellectuel peut être en échec scolaire, mais dans bon nombre de cas, ce serait sans doute lié à d’autres facteurs que cognitifs : une difficulté relationnelle ou affective avec les pairs, les enseignants, etc.

J’ajouterais pour ma part : un trouble cognitif, comme dans le cas de l’enfant à double étiquette.

Nous pouvons en conclure que l’intelligence reste un sujet complexe, qui ne fait pas forcément consensus entre tous les acteurs confrontés à ces problématiques,

On travaille actuellement sur les représentations que chacun de ces groupes peut avoir du haut potentiel intellectuel. Et ce n’est pas sûr qu’il y ait un consensus sur l’appréciation, même entre psychologues…

A la limite mieux vaut un bilan passé à tort lorsqu’un enfant affronte quelques difficultés ou semble en réel décalage avec ses pairs, plutôt que de passer à côté d’un vrai haut potentiel :

Pour moi, le seul indice qui devrait être retenu pour justifier une demande de bilan, c’est une souffrance de l’enfant, un empêchement, un trouble de l’adaptation. Cela devrait être le seul critère. Un enfant qui réussit et qui va bien, on peut le laisser aller bien, sans nécessairement avoir pour lui un projet hors norme.

Il est dommage je trouve que le rôle du système éducatif dans la reconnaissance et l’accompagnement de ces enfants n’ait pas été abordé, car finalement les enfants précoces qui s’ignorent sont ceux qui ont la chance d’évoluer dans un cadre épanouissant, et souvent la scolarité y tient une grande place, non la seule mais une place prépondérante pour prévenir d’éventuelles difficultés à venir ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Lire l’entretien en entier sur Migros magazine

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1 commentaire

  1. Marjory sur 5 décembre 2018 à 9 h 44 min

    Je suis assez d’accord sur le point qu’un enfant surdoué qui va bien ne doit pas être mis en avant plus qu’il ne le souhaite, étant enseignante et maman, je comprends ce décalage entre l’envie des parents d’EHPI et ce que ceux-ci ressentent. Une étude doit être menée pour tout enfant en souffrance, c’est la priorité.

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