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Surefficience mentale et haut potentiel

Christel Petitcollin met en perspective les caractéristiques communes aux surefficients mentaux et aux personnes surdouées, en insistant sur la nécessité d'une bonne prise en compte dès le plus jeune âge.

Femme surdouée

Dans un entretien pour le journal gratuit Metro, Christel Petitcollin, auteur des livres Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant et Je pense mieux, vivre heureux avec un cerveau bouillonnant, c’est possible ! nous donne quelques clefs pour expliquer et mieux gérer ce qu’elle nomme « surefficience mentale ».

«Je pense trop»: cette phrase, vous vous la dites peut-être souvent… trop souvent! Vous en avez marre de ce cerveau qui bouillonne en permanence. Si c’est le cas, ces deux livres vous aideront sûrement à y voir plus clair. Christel Petitcollin, Conseil et Formatrice en communication et développement personnel, s’est penchée sur ce qu’elle appelle les surefficients mentaux.

Pour Christel Petitcollin, la surefficience mentale est sans conteste liée à la pensée arborescente, souvent considérée comme un trait typique des enfants et des adultes surdoués. pour autant, tous les individus à haut potentiel ne souffriraient pas nécessairement de cette difficulté à faire le vide dans leur tête et à gérer leurs idées. En parallèle, il se pourrait que certains surdoués à la pensée complexe rencontrent des difficultés face au test de QI, ce qui ne permet pas de les détecter efficacement.

En réalité, les tests sont conçus de manière à ce qu’il y ait une réponse à une question. Or pour le surefficient mental, une question apporte dix réponses. Ils ont donc neuf chances sur dix de rater. Les surefficients sont par ailleurs hyperémotifs, et les tests en eux-mêmes les bouleversent. En plus, ils sont chronométrés, donc ça les stresse. Ils sont dans des conditions émotionnelles et affectives qui les font rater les tests de QI. À la fois, ils pourraient faire partie des hauts potentiels mais comme ce sont des HP complexes, les tests de QI ne sont pas représentatifs pour eux.»

La surefficience mentale semble par ailleurs fréquemment cohabiter avec l’hypersensibilité, autre caractéristique souvent liée au haut potentiel. Les pensées débordantes des surefficients se nourrissent alors des signaux envoyés à foison par les 5 sens.

Savoir si l’on est surefficient mental n’est pas une chose aisée car, pour tout individu, il est difficile de mesurer le décalage de son propre fonctionnement par rapport à la  norme, qu’on ne peut par définition percevoir à travers les autres. Christel Petitcollin nous donne cependant une piste pour s’identifier en tant que tel.

Disons que si vous vous sentez hypersensible, si vous avez l’impression d’avoir une pensée qui ne s’arrête jamais et qui part en étoile, si vous vous savez très empathique, vous avez donc beaucoup de chances d’être surefficient mental.»

Comme pour le haut potentiel intellectuel, il est important de tenir compte de cette particularité à tout âge de la vie, ne serait-ce que pour préserver la grande créativité des personnes concernées et leur laisser toutes les chances de vivre une vie épanouissante. Là encore, l’école et la famille doivent travailler de concert pour s’adapter aux besoins des enfants concernés et leur permettre de prendre, dès le plus jeune âge, les bonnes habitudes.

Lire l’article en entier sur Metrotime.be

Je m'occupe d'Enfants Précoces Info depuis 2002. Je publie des articles et j'interviens sur la partie technique du site. J'essaye aussi de le faire évoluer pour qu'il soit le plus utile possible et qu'il vous rende les meilleurs services dans l'accompagnement de vos enfants. Je suis le papa de quatre enfants précoces nés entre 1997 et 2012 et, à ce titre, j'essaye de vous faire partager mon expérience.

22 commentaires

  1. Elisabeth CHARLES sur 16 octobre 2018 à 10 h 53 min

    On saoule les autres avec nos questions! !!! On ne débranche jamais , trop fatiguant !!! On est normal mais très mal vu par les autres . …
    J aimerais me retrouver avec des personnes qui fonctionnent comme moi , sans prise de tête! !!
    Émotionnellement n en parlons pas . C est la catastrophe. …

    • Marie Pierre sur 16 octobre 2018 à 16 h 28 min

      Je pense que vous avez les capacités pour réfléchir par vous même, donc vous poserez moins de questions aux autres. Il faut savoir que la plupart du temps personne n’est obligé de maîtriser un sujet à fond dans le moindre détail, donc vous mettez vos interlocuteurs dans une sorte d’incompétence qui met leur égo à rude épreuve. Personne n’est obligé d’être parfait, ni les autres ni vous.
      Lâcher du lest, vous ne vous en porterez que mieux et vos proches aussi.

      • Claudel sur 17 octobre 2018 à 14 h 22 min

        Merci Marie-Pierre pour votre retour! Ça me soulage de lire ça!!!

    • Mota Bento sur 16 octobre 2018 à 17 h 27 min

      Bienvenue dans mon monde .moi j’arrive a dormir email moyenne 22 ou 23 heures par semaine. Et personne ne me comprends ,c dur Pour moi, bon courage a vous

    • Marie sur 16 octobre 2018 à 17 h 27 min

      Je me retrouve complètement, chaque situation me fait me poser des milliers de questions, c est épuisant ☹️…

    • Nam sur 16 octobre 2018 à 21 h 12 min

      On peut se poser les questions à soi même et chercher soi même les réponses. C est plus intéressant de trouver par soi même que d attendre les reponses des autres.

    • zazou sur 17 octobre 2018 à 14 h 20 min

      Comme je vous comprends Élisabeth et à côté de ça je n ai pas confiance en moi ! Bonjour le paradoxe!!!

    • Cazenave sur 18 octobre 2018 à 20 h 44 min

      Ma fille dit toujours que ses pensées partent dans tous les sens et que la moindre chose lui soumet des questions… et que parfois, ça la fatigue… elle me dit  » maman mon cerveau n’est jamais au repos mais je n’y peut rien… » je comprends mieux… elle a 13 ans.elle passe au lycée en septembre.

  2. MEAL sur 16 octobre 2018 à 13 h 21 min

    Bonjour, je me pose des questions concernant ma fille de 17 ans depuis peu.
    Comment puis je faire, qui dois je l’emmener voir pour avoir des reponses ?cette jeune fille est en souffrance depuis toute jeune. Merci

    • Françoise sur 16 octobre 2018 à 16 h 01 min

      Bonjour,

      Oui, il vaudrait mieux voir un psychologue compétent pour un bilan. Cela pourrait être une explication aux souffrances de votre fille et une délivrance pour la suite.

    • Sandrine sur 16 octobre 2018 à 18 h 45 min

      Bonjour,
      Effectivement, si elle est hyper fonctionnante, a son âge, le monde peu vite apparaître comme un long calvaire.
      Non seulement elle a sans doute un sentiment de décalage avec les autres, depuis toujours et sans forcément pouvoir mettre des mots la dessus, mais elle est a un âge où elle a besoin de se sentir appartenir a un groupe. Les ado hyper fonctionnants ne peuvent pas se réfugier dans le groupe pour se ressourcer.
      Ils sont plus fragiles aux autres dans leurs relations sociales et plus clairvoyants en meme temps les signaux qu envoient les autres, plus conscients des injustices et plus intolérants a l injustice, plus angoissés face au monde et tellement lucide sur les manques de ceux qui sont censés les rassurer.
      C est une période très difficile et la souffrance de votre fille est a prendre au sérieux, vous avez raison.
      Je pense que le fait de comprendre ce qui se joue dans cette relation particulière au monde permet de le vivre mieux.
      Fonctionner différemment, ce n’ est pas dysfonctionner. Être différent, ce n’est pas avoir moins de valeur.
      Je aimerais que votre fille lise ce message si ça vous paraît adapté.
      Plein de bonnes choses pour vous deux !

    • Sandrine Sabathie sur 17 octobre 2018 à 9 h 39 min

      Bonjour
      J ai moi aussi une fille de 17 ans reconnu epi depuis un peu plus d un an. C est une psychologie qui nous a proposé de faire des tests car vu son comportement et sa façon de réfléchir elle avait des doutes. Ensuite il faut se renseigner au pres du lycée s il y a des profs qui ont l habitude de ses enfants car tous ne sont pas compétents pour les entourés.
      Bon courage

  3. Agnes Klos sur 16 octobre 2018 à 18 h 06 min

    Bonjour

    J’ai découvert mon hypersensibilité il y a un an et j’ai 45 ans. Je me sens totalement incomprise dans ce monde . J’ai vu le commentaire d’Élisabeth et je souhaiterais échanger avec elle et d’autres personnes hypersensible. Agnès

    • Anonyme sur 16 octobre 2018 à 19 h 07 min

      Bonjour Agnès difficile en effet d’être en phase avec une société d’individus qui ne pensent pas comme nous , c’est une souffrance plus qu’un atout… Il faut que nous puissions plus en parler et échanger ….

    • Emmanuelle sur 17 octobre 2018 à 10 h 42 min

      Bonjour je viens aussi de mettre des mots sur mes ressentis à 43 ans après une thérapie due à un burn out professionnel.
      De surcroît mes deux ados 15 et 17 ans sont eux aussi en pleine reconnaissance de leur profil.
      Pas facile de se justifier constamment auprès des normaux pensants de nos compportements,pensees et ressentis differents. Surtout quand il s’agit de défendre mes enfants. Difficile de faire comprendre à ceux qui ne le vivent pas.
      Guimae

  4. Lucette Ferreira sur 16 octobre 2018 à 21 h 40 min

    Bonjour.j ai decouvert ma difference recemment,ça a bouleversé ma vie dans le bon sens .j ai lu le livre ‘trop intelligent pour etre heureux’.on s y retrouve tous.j ai compris mon hypersensibilité. Mon émotivité. Ma pensé galopente.ma super réactivité. Ça m a libéré. J ai repensé à pleins de situations de toute ma vie(72ans).j ai l impression de réapprendre a vivre.notre difference reconnue doit nous permettre de trouver enfin notre place.je remercie beaucoup mon therapeute qui a ainsi ouvert la carapace.j ai l impression de respirer……..enfin..lu

  5. mickmick sur 17 octobre 2018 à 0 h 54 min

    Bonsoir! perso je gère très Bien! C est la fêtes tout les jours pour moi. C est délirant de presque tout savoir. Voilà! Sa énerve effectivement beaucoup de monde! Mais pas important. Je me suis trouver, et je sais qui je suis! C est le principal. Merci et bonne soirée

  6. Bouleau sur 17 octobre 2018 à 7 h 50 min

    Bonjour, je suis tombée par hasard sur votre article. Enseignante en cycle 2 depuis plus de 10 ans, j’ai fait des recherches sur les enfants à Hauts Potentiels et j’ai suivi une formation sur ce sujet. Vous me direz pourquoi ? Et bien il m’arrive régulièrement de m’interroger sur tel ou tel enfant de ma classe de CP/CE1 qui pour moi aurait ce profil ( voire des enfants de mes collègues de maternelle ou cycle 3: nous sommes une petite école ). Je ne connaissais pas encore bien La surefficience mentale qui répond à certaines de mes questions aujourd’hui. Je vais m’empresser d’acquérir votre livre pour compléter mon savoir-faire afin de les aider du mieux possible car je suis confrontée à leurs souffrances tous les jours et je me sens parfois désarmée… Merci à vous ! Quel soulagement de garder l’espoir dans chaque enfant ( et dans chaque adulte) grâce à des personnes comme vous qui nous aide à avancer et à rendre le monde tous les jours un peu plus humain.

  7. Z sur 17 octobre 2018 à 11 h 09 min

    La pensée arborescente n’existe pas.
    On peut tout au plus parler de pensée divergente, mais c’est une capacité que tout le monde a, qui est seulement plus développée chez les surdoués.

    Comment détecter la douance? Il a été prouvé que les test de QI, même imparfaits, sont ce que l’on a de plus fiable. Les psy compétents sauront expliquer les éventuelles difficultés.

  8. zazou sur 17 octobre 2018 à 14 h 29 min

    bonjour, merci pour vos différents commentaires! Celui de Marie-Pierre me fait beaucoup de bien. Il me soulage! Et l’éclaire!
    Assez d’accord pour dire qu’il est urgent de rencontrer d autres personnes qui comprennent ce fonctionnement.
    Moi je dérange notamment au boulot parce que je pose trop de questions…

  9. bulle d'0 sur 20 octobre 2018 à 23 h 29 min

    En fait, lire puis comprendre et enfin savoir (notamment par le test, soit valider quelque peu le fait même de la douance incluant la surefficience mentale) permet au final de « s’en foutre ». Dans le sens où, on ne se confronte plus au fait de vouloir que l’autre comprenne et de ce fait, on est soi même plus tolérant envers soi même et on accepte de rouler « à côté ». Mais en même temps, on apprend à ne plus dire tout les déroulés mais seulement les conclusions et on n’accepte plus que l’on puisse nous dire « mais t »as rien compris, bon sang! ». La réponse devient : « si, si, mais je te fais déjà une autre proposition sur ton résultat car je suis comme celà! Et ta réponse ne me sied pas… ». Ca aide considérablement sur la confiance en soi et de ce fait, on apprend à gérer et à se gérer, à tenir la bonne distance aux vilains et à adorer les sympas et surtout on devient bien plus gentil avec soi même. Mais, on ne débranche pas vraiment plus. Par contre, on a peut etre plus de plaisir à plonger dans ce bon viel arbre de pensée… quand on ne découvre pas en plus quelqu’un qui arborise tout autant et là, c’est l’éclate et souvent des fous rires.

  10. Johanna sur 6 juillet 2019 à 15 h 09 min

    Bonjour,
    Je viens de passer un test Wais (après 5 années de conseils de divers amis), je suis une adulte également diagnostiquée Bipolaire et je ne réfute pas le diagnostic. Les résultats de ce test sont hétérogènes, mais le résultat global moyen est de 120. Donc pas Haut Potentiel. La psychologue m’a dit que je suis surefficiente. Mais est ce bien le cas avec ce score ? Je lis des choses variées sur le score (119 ou 121…). Je me retrouve beaucoup dans les descriptions du tempérament des surdoués et de l’hypersensibilité (quoi que je peux être très rationnelle aussi), mais il est vrai que le chronométrage et le fait de me sentir observée m’a beaucoup déstabilisé. Cependant j’ai ressentie mes limites et ne remets pas en cause les résultats. Ni mon trouble Bipolaire. Je voulais juste savoir s’il vous plaît, selon le test Wais, à partir de combien sommes nous considérés comme surefficients ? Merci par avance 🙂

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