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Quand l’enfant à haut potentiel découvre qu’il n’est pas infaillible

Dans sa chronique mensuelle pour le journal des femmes, Arielle Adda nous parle des difficultés rencontrées par les enfants surdoués qui présentent par ailleurs un trouble des apprentissages.

Le haut potentiel est-il seulement une question de QI ?

La psychologue spécialisée s’intéresse plus particulièrement au phénomène de compensation qui touche les enfants à haut potentiel dits “à double étiquette”. Elle nous met par ailleurs justement en garde sur les effets négatifs que peut produire une image idéalisée du haut potentiel.

Doubles décalages, doubles difficultés

Le haut potentiel est un facteur important à prendre en compte dans le développement et la vie des enfants, mais il n’est pas le seul. Or si certains troubles sont visibles, tels la maladie, le handicap, d’autres peuvent passer inaperçus du fait des capacités de l’enfant à haut potentiel à les compenser, pendant un certain temps du moins. Ceux-ci peuvent en effet devenir plus ou moins flagrants lorsque la demande nécessite de fournir des efforts soutenus.

La difficulté est de réussir à faire la part des choses entre le trouble réel et la conséquence directe d’un haut potentiel insuffisamment pris en charge, sur le plan scolaire en particulier. C’est pourquoi il est très utile d’avoir présentes à l’esprit ces possibles difficultés, énumérées par Arielle Adda et que je reprends en vrac ici :

  • attention/agitation
  • dyslexie et autres formes de troubles dys (dyscalculie, dysparaxie…)
  • problèmes de vue, d’ouïe (otite séreuse à mettre en lien avec les problèmes de langage du jeune enfant)

On imagine mal quels efforts cet enfant à la dyslexie occultée a dû déployer pour compenser ce qui lui semblait une faiblesse honteuse et secrète puisque personne ne pouvait l’aider à la combattre.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant-et-ado/2716781-quand-l-enfant-doue-apprend-qu-il-presente-une-defaillance-de-fond/

Ne négligeons pas le fait que l’enfant qui grandit avec l’un de ces troubles, sans forcément en avoir honte, n’en a pas nécessairement conscience puisque s’agit de sa propre normalité. Il ne peut imaginer qu’il voit, entend ou réagit différemment des autres. Il sera donc confronté, inconsciemment, à deux sources d’adaptations, haut potentiel et trouble, qui risquent de l’épuiser. Un enfant très agité ou nerveux par exemple mérite qu’on pousse les investigations un peu plus loin.

A l’inverse, la prépondérance de certains troubles tels que l’agitation peut orienter vers un diagnostic de TDA/H qui masquerait complètement le haut potentiel ou contribuerait à en écarter l’hypothèse.

La confrontation permanente à l’effort et à la difficulté (intellectuelle) pour l’enfant à haut potentiel, dans les mêmes proportions que les autres, devient un impératif pour que ces difficultés puissent apparaître et être solutionnées le plus tôt possible.

Reconsidérer le haut potentiel dans un environnement plus global

Au delà de la difficulté masquée qui fait peiner inutilement l’enfant, il faut aussi faire attention à l’impact des mots que l’on utilise lorsqu’on évoque le haut potentiel.

Je me souviens de ceux, énoncés avec la meilleure intention, du psychologue qui avait vu l’un de nos enfants à la sortie de consultation : “Soyez heureux, tout ira toujours bien pour lui !”

L’expression pêche par excès d’optimisme et met involontairement tout le monde face à des attentes trop fortes, en supposant qu’il ne peut y avoir de difficultés et en occultant complètement l’environnement de l’enfant et tous les aléas de la vie.

Bien guidés, ils éprouvent le plaisir de voir leur vie facilitée, mais subsiste toujours au fond d’eux-mêmes l’idée dérangeante qu’ils présentent une faille : pour des enfants perfectionnistes, il est désagréable de se savoir touchés par un défaut.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant-et-ado/2716781-quand-l-enfant-doue-apprend-qu-il-presente-une-defaillance-de-fond/

On nous demande souvent comment parler des tests aux enfants : j’aime bien dire qu’il s’agit de comprendre comment l’enfant réfléchit et réagit dans diverses situations. Il est plus raisonnable et moins destructeur de parler de façon plus factuelle en évoquant des facultés telles qu’elles ressortent d’un bilan au moment x, sans donner à l’enfant une idée de toute puissance. Ne pas parler de failles, défauts ou super qualités, (vocabulaire plutôt réservé à des machines !) mais plutôt de rythme et de besoins, chacun les siens, tant sur le plan intellectuel que psycho-affectif.

Nos enfants ont tous des facilités ou difficultés, un caractère, une sensibilité, un environnement, avec lesquels ils doivent apprendre à composer.

Sur ce plan encore, leur permettre d’évoluer en échouant, en se trompant, avec des réussites méritées, leur permettra de grandir sereinement comme tous les enfants, en respectant leur rythme, et de mettre au jour des difficultés indépendantes de leur volonté le plus tôt possible afin qu’ils n’en souffrent pas.

Lire la chronique d’Arielle Adda en entier sur le site du journal des femmes

4 commentaires

  1. attek sur 25 mai 2021 à 20 h 59 min

    Bonjour,
    Ma fille est e enfants a haut potentiel, elle est en seconde, suite à une maladie elle a été décourage est ne travaille plus à l’école et se retrouve en échec scolaire je ne sais plus quoi faire avec elle si vous pouvez m’aider
    Cordialement

    • Françoise sur 26 mai 2021 à 14 h 28 min

      Bonjour Madame,

      Avez-vous demandé une réunion avec le conseiller d’orientation psychologique de son établissement et le professeur principal ?
      La période passée a été très difficile aussi pour les enfants, et à cela peuvent s’ajouter des soucis de décrochage souvent vécus par les enfants à haut potentiel à certaines étapes de leur scolarité, passage de troisième seconde fréquemment.

  2. Lachi sur 26 mai 2021 à 20 h 05 min

    Bonjour Madame,
    Mon enfant à sauter la classe de cp . s’inscrira en ce2 en septembre prochain et actuellement il est suit les cours ce2…. il sera en classe mixte ce2/cm1 . je m’inkiete pour son enfance …il se sent seul .j’ai contacter le cmpp ects…mais aviez vous des recommandations des asso ou des reperes pour les contacters Merci

    • Françoise sur 28 mai 2021 à 10 h 15 min

      Bonjour Madame,

      En fait pour un enfant en décalage, la difficulté et souvent de se faire des amis car leurs centres d’intérêts et façons de voir la vie sont assez différents.
      Le mieux serait de pouvoir proposer à votre fils des rencontres avec d’autres enfants qui lui ressemblent. Vous pourriez regarder du côté des associations comme l’afep et l’anpeip pour les principales, qui ont des antennes locales et proposent des rencontres, activités.

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