Et si votre enfant était surdoué ?

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Passer le bac à 14 ans, et après ?

A  14 ans, Valentin se préparer à passer les examens du baccalauréat. Dans un article pour le Figaro étudiant, sa maman nous parle de la difficulté d’accompagner scolairement un enfant à très haut QI.

Ce témoignage nous montre combien les sauts de classe multiples sans réel accompagnement individualisé et psychologique sont loin de constituer la panacée.

Valentin, peut-être bientôt bachelier à 14 ans, se retrouve en effet comme tous les autres lycéens tributaire de la procédure informatisée Parcoursup mise en place pour l’orientation des futurs étudiants.

Malgré un QI exceptionnellement haut de 158, le jeune homme a des notes comprises entre 9 en philo, 15 en maths et 16 en physique et a obtenu 11 et 12 au bac français,  a priori insuffisantes pour les prépas prestigieuses que le jeune homme avait demandées.

Pour sa maman, une analyse personnalisée et fine des résultats devrait mettre en avant, en plus de son jeune âge et du fait qu’il ait sauté 3 classes, tous les efforts d’adaptation qu’il a dû mettre en oeuvre, une grande capacité  de travail, le décalage mental et affectif pour certaines matières comme la philosophie ou le français… Même si cela ne se traduit pas de façon évidente au niveau des notes, ce sont des traits de caractères qui méritent d’être relevés.

La prise en compte de l’aspect psychologique et du décalage affectif de l’enfant précoce est impérative dans son cursus scolaire de l’enfant précoce : la maturité est souvent évoquée comme obstacle au saut de classe pour l’enfant en maternelle. Or il me semble que ce n’est pas chez le tout jeune enfant que cela pose un problème, au contraire, surtout pas pour un saut de classe.

Par contre à l’adolescence il est important de se demander si l’enfant peut supporter plus d’une ou deux années d’avance tant sur les plans affectif et relationnel

Pourtant sa mère assure qu’en trois ans, «personne n’est venu lui demander comment il allait moralement»

que d’un point de vue physiologique;

À ce moment-là, Valentin, qui souffre de troubles de l’attention, n’a eu d’autre choix que de prendre du Concerta, un puissant dérivé de l’amphétamine qui aide à la concentration.

Ce témoignage décrit bien toute la réalité du haut potentiel et de la difficulté à bien l’accompagner. Le saut de classe a ses limites, l’approfondissement n’est pas toujours aisément réalisable… Alors, quand le lycéen est très jeune pour passer un examen aussi important que le bac, que faut-il faire ? Décider de prendre une pause ? Faire le choix de cultiver d’autres pans de sa personnalité ? Dans quelles conditions ? Je serais curieuse de connaître votre avis sur cette question délicate.

Nous souhaitons en tout cas bonne chance à Valentin pour son examen et lui adressons tous nos vœux de réussite pour la suite de ses études.

Lire l’article en entier sur le Figaro étudiant ?

Pour compléter le sujet, vous pouvez également écouter cette chronique de Virginie Salmen intitulée « Surdoués du bac : que sont-ils devenus ? » sur Europe 1

Administrateur du site et papa de 4 enfants précoces nés entre 1997 et 2012.

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4 Comments

  1. jacquemin sur 18 juin 2018 à 22 h 47 min

    Quel gâchis intellectuel et affectif . La France n’est pas digne de ces enfants la. Quand cela va t il enfin avancer un peu?..

  2. Sylvie sur 20 juin 2018 à 6 h 33 min

    Bonjour,
    Notre fils de 16 ans passe le bac cette année, après avoir sauté 2 classes. LE saut de classe (dernière année de maternelle et CM1) se sont avérés très judicieux (surtout le CM1 car classe double) du fait qu’il s’ennuyait en classe.
    Il s’est toujours trouvé plus en accord avec des enfants plus âgés que lui. Si le passage à l’écrit a été la source de quelques difficultés et d’un manque de compréhension de la part du prof de français, à l’inverse en terminale, sa capacité de réflexion a fait les beaux jours des cours de philo et de math. Mis à part certaines professeurs, confrontés personnellement à la précocité de leurs enfants, les autres sont perplexes quant à l’attitude à tenir face à un enfant qui remet en question sa pédagogie (notre enfant a expliqué à un prof que s’il enseignait d’une autre manière, et il le lui a démontré, la plupart des élèves comprendrait ce dont il voulait parler !) ou qui pose des questions afin d’aller plus loin dans la réflexion ! Le corps enseignant n’aime pas être bousculé et surtout qu’on lui demande de travailler autrement, à savoir retravailler les cours d’une année sur l’autre en fonction de la classe qu’il accueille, ce qui serait bénéfique pour tous les élèves ! Je suis certaine qu’un environnement familial où l’enfant peut trouver écoute et surtout quelques réponses à ses interrogations, ne peuvent que l’aider pour la suite de sa scolarité. Comme l’idée d’une année blanche est dans l’air du temps, nous en avons discuté ensemble, en lui montrant qu’à 16 ans, il serait impossible pour lui d’aller passer une année au Japon (c’était son projet !) Alors il a décidé de poursuivre pour terminer et travailler le plus rapidement possible. Je crois que même s’il sont très jeunes, ce sont des enfants qui ont en eux une telle force, qui leur permet de trouver des ressources afin de s’adapter à des situations très diverses. Mais c’est vrai que ce n’est pas toujours facile.

  3. Val sur 20 juin 2018 à 12 h 01 min

    Je trouve normale que l’orientation post bac se fasse sur les notes et non sur le QI et/ou l’âge du candidat. Le problème pour moi c’est que l’orientation se fasse en amont des notes du Bac.

  4. Marie sur 11 juillet 2018 à 11 h 26 min

    Face au soucis posé, difficile de trouver une solution acceptable qui ne soit pas en pensant à l’enfant avant que de se plaindre du système. Je n’ai pas la capacité de le changer, je dois donc m’adapter.
    En base à cette prémisse, je dirais qu’après le BAC ou avant, l’enfant pense à des alternatives avec ses parents, telles:
    si je n’ai pas la note, je pourrais… /avant de passer mon bac,. je pourrais…
    – étudier à distance dans une université étrangère qui offre cette option ou une autre interessante. Si l’on consulte les sites web d’association pour surdouées à l’étranger, on peut trouver des solutions.
    – réaliser du volontariat près de chez moi et étudier une langue étrangère une année
    – etc
    Réaliser un planning de son futur (s’il sait ce qu’il veut être ou étudier du moins), les aptitudes dont il aura besoin et comment les obtenir dans un ordre qui peut-être diffère de l’habituel mais qui lui correspond (langues, pratiques, études ou spécialités, etc). A 16 ans, il n’est pas pressé de se lancer sur le marché du travail, il peut se permettre de prendre un autre rythme qui lui sera favorable, soit pour sa personnalité (auto-estime, renfort de « faiblesses » ou difficultés, etc), soit pour son projet vital.

    Je ne suis pas d’accord avec la considération que l’on a envers ce que l’on appel communément « la maturité ». Votre enfant de 16 ans est plus mature que beaucoup de 22 ans qui terminent leur cursus universitaire ou se trouvent sur le marché de l’emploi. Ce n’est pas la question. Le HP est hypersensible et son soucis face au BAC vient plus de cet ordre là.

    Son « immaturité » est plus face au fait de ne pas envoyer un enfant de 16 ans seul au Japon car il est mineur, et manque certainement d’expérience qui lui permettrait d’affronter les adversités loin de ces proches. Et puis on peut craindre bien plus pour un adolescent de 16 ans loin de chez soi que si il a 20 ans.

    Quand à l’hypersensibilité au moment d’affronter un stress lié aux exigences du résultat optimal du BAC (il ne s’agit pas de réussir son BAC, mais d’avoir la note maximale ou clef pour entrer dans la fac et l’école souhaités), il s’agit d’un travail à réaliser durant l’année préparatoire. peut-être que les associations pour HP pourraient en ce sens informer et aider sur ce point crucial et minimiser les possibles dégâts. Des cours pratiques, etc.

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