Aller au contenu
  • Une ébroïcienne a publié une note il y a 3 mois et 4 semaines

    Chère Alexia,
    Je vais tenter de vous apporter quelques clefs, fruits de mon expérience qui relèvent plus d’un ensemble de mesures qui se cumulent, se répètent et s’adaptent (néanmoins, je ne suis pas spécialiste de la précocité même si ma formation initiale d’éducatrice m’anime toujours).
    Vous n’êtes pas seule dans ce combat du quotidien où il y a beaucoup d’incompréhension, notamment du corps enseignant et parfois son cortège de psy, référents précocité et autres qui sont loin d’imaginer nos préoccupations de tous les jours (pardon à ceux qui ont une connaissance pointue en ce domaine : il y a tout et son contraire dans tous les métiers) et la charge de travail associée à cette précocité qui est quand même et avant-tout, une chance même si, quand on a le nez dedans, on a tendance à l’oublier.
    – Surtout : ne vous découragez pas. Il y a une évolution positive au fil du temps, ce qui suppose un investissement éducatif considérable et parfois une extrême lassitude.
    – Vous avez raison de dire que votre enfant subit lui-aussi sa précocité : ça n’est pas facile d’avoir un cerveau qui bouillonne et un affect en-deçà de son âge qui empêche d’analyser correctement ce qui se passe pour faire face à une situation donnée (voir le schéma de la psy Anne-Laure Fontannaz, édité par Repairage).
    Son vécu est déjà lourd pour un petit enfant. Son rejet de l’école d’autant plus compréhensible.
    – Pour cela, votre enfant a besoin de comprendre ce qui se passe en lui avec des mots simples :
    o Son cerveau va plus vite que les autres alors que la maîtresse a besoin de répéter pour les autres élèves ; comme il n’a pas de difficultés de compréhension liée aux apprentissages, la maîtresse estime qu’elle doit se consacrer à ceux qui ont des problèmes (ce qui est une aberration de laisser un enfant en chemin !). Convenez avec lui que ce n’est pas très juste, il y a des solutions, ça peut prendre du temps, mais vous vous y employez ; délestez-le de cette charge mentale : c’est un problème de grands, vous vous en chargez, il peut vous faire confiance.
    o Son cerveau est très gourmand d’informations alors que les autres se contentent de ce qu’on leur donne comme informations, les oubliant parfois contrairement à lui.
    o Son cerveau manque de repos mais rassurez-le, vous allez l’aider en ce sens, car c’est fatigant pour tout le monde et il existe des solutions.
    o Proposez-lui de la détente : nourrissez-le de sorties plurielles, d’activités en tous genres non coûteuses (bilbliothèque/ludothèque/musicothèque/expositions/les programmes culturels des élèves du conservatoire/expositions culturelles locales/arborétum/visites de châteaux), etc.
    o Participez à des colloques pour rencontrer d’autres enfants précoces.
    o Pensez à la méditation régulière (Lubtsynski, Petit Bambou, Papa Positive, etc), yoga et hypnose régulière pour enfant ; en cas de crise ou perte de confiance : EFT
    o Son cerveau va si vite qu’il ne laisse pas le temps aux autres parties du cerveau d’analyser la situation, de gérer ses émotions ou les attitudes à avoir
    o Entendez-vous avec lui sur de petites stratégies à mettre en place qui, mine de rien, vont l’aider : parlez beaucoup, faites-lui identifier et nommer ses ressentis en le questionnant lors d’un problème rencontré pour aborder la résolution du problème).
    – Valorisez le moindre petit effort ou comportement adéquat : quand améliore la durée de ses devoirs du soir, quand il exprime un ressenti, quand il met le couvert, quand il range son bureau, quand il arrive à s’habiller, quand il prévoit avec vous d’organiser un goûter d’anniversaire, quand il parle de l’expo qu’il a vu, quand vous l’avez trouvé courageux d’aller chez le docteur, etc.
    – Confiez-lui des tâches et félicitez-le sans vergogne quand il les accomplit.
    – Empêchez-le de se victimiser : ce n’est pas en mettant la faute sur les autres ou en cherchant à être malheureux que la situation va s’améliorer et à la place responsabilisez set valorisez ses actions positives ; faites-lui entendre qu’un acte négatif induit en face une réaction négative.
    – Redite-lui que c’est une richesse d’être précoce même si pour l’instant il y a des réglages à faire.
    – Ne laissez plus passer de gifle sous silence. Actez-la officiellement d’un courrier à l’Inspection, au Rectorat et à l’enseignant.
    – Encore une fois, expliquez à votre enfant : l’adulte a eu tort car il a réagit sous l’impulsion alors qu’il a le devoir de bien se comporter de la même façon que lui a le devoir d’être correct. Cherchez à comprendre ensemble le comportement inadéquat de votre enfant qui a amené l’adulte à ce débordement (et qu’a ressenti votre enfant : où se situait son mal-être : au niveau de la respiration, de la gorge, du cœur, de la tête et qu’est-ce que ça lui faisait : une douleur, autre… ?).
    Dites-lui qu’à l’avenir, vous réagirez auprès de son chef. En retour, dites-lui ce que vous attendez de lui (aide à la gestion de ses émotions).
    – Qu’entendez-vous par établissement spécialisé : un établissement pour précoces ou un institut spécialisé pour enfants ayant des troubles du comportement ?
    L’établissement pour enfants précoces est un choix personnel fonction de l’école, de son management, de son lieu, de votre vie, de la sensibilité de votre enfant, etc.
    L’institut spécialisé suppose qu’il y ait des troubles sérieux du comportement. Avant cela, il faudrait être absolument certaine que votre enfant relève de ce type d’établissement. Différencier les vrais troubles de ceux de la précocité relève d’un spécialiste telle que Arielle Adda ou autre.
    Selon moi, j’ai l’impression que tous ces stéréotypes proviennent de cette précocité mais il faut en être sûre.
    – Dans tous les cas, ne vous découragez pas. Je l’affirme, en menant ce combat, on arrive à inverser les points négatifs. Ce n’est pas simple, mais croyez-y très fort.
    – De gros bisous à votre enfant qui est très courageux et que, nous, ici, on comprends. Qu’il garde toujours ses envies, sa curiosités, ses rêves. Et il peut m’écrire s’il le veut pour se décharger quand ça ne va pas (ou quand il est content). Cordialement.