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  • Charlottelou a adressé une note au groupe Logo du groupe Enfant précoce et harcèlement scolaireEnfant précoce et harcèlement scolaire il y a 1 an et 3 mois

    Bonjour,
    Je m’inscris ici car je suis maman d’une enfant précoce de 8 ans et demi. Elle a été diagnostiquée précoce il y a 1 an et demi mais nous le savions depuis toujours.

    Elle a toujours été gentille mais a toujours eu des problèmes relationnels à l’école et avec l’âge c’est de pire en pire.

    Elle a toujours eu du mal à se faire des copines fiables, s’est toujours fait rapidement exclure mais rebondissait toujours rapidement. Hors cette année elle a été (avec 6 autres ce2) inclue dans une classe de cm1. Les ce2 sont constitués de 4 filles seulement (elle comprise) qui se retrouvent constamment ensemble (à côté en classe, aux activités, à la même table de cantine sans possibilité pour les enfants de changer de place). Les gamines ont décidé de pourrir la vie de ma fille : elle lui interdisent de jouer dans la cour de récré avec elles car elle coure trop lentement; l’insultent constamment, la virent, la reprennent en permanence… j’ai passé 2 semaines a coacher ma fille, à lui redonner confiance en elle pour qu’elle ne se laisse plus intimider. Résultat, elle a repris l’école après 2 semaines de vacances et cela a été horrible pour elle. Les gamines se sont données pour mission de faire en sorte qu’elle ne puisse se faire aucun ami et de lui faire une très mauvaise réputation. Ma fille ne pense qu à ça et vit vraiment des journées très difficiles.

    Jai lu le livre d’Emmanuelle piquet qui préconise de ne jamais intervenir directement en temps qu’ adulte mais de donner les armes à l’enfant pour faire face.

    SAUF QUE ma fille me supplie d’aller parler aux petites pour faire stopper tout ceci.

    Merci à celui qui aura pris le temps de lire mon pavet et saura nous aider.

    • Bonjour Charlotte,
      Pour moi oui bien sûr qu’il faut intervenir, la méthode d’Emmanuelle Piquet est pour moi loin d’être la solution, surtout pour une enfant de 8 ans et où le harcèlement est déjà bien installé, l’action des adultes est nécessaire ! Consultez le site https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ . Appelez le 3020, signalez ce qui se passe à votre établissement, il est urgent qu’ils interviennent, demandez leur aide.

      • Bonjour,

        Je me permets de donner mon très long avis, papa d’un garçon précoce de 14 ans qui a été plusieurs fois harcelé.

        1) Pour moi bien sûr qu’il faut intervenir. En tant que parent il faut intervenir auprès des adultes responsables (la maîtresse en particulier) qui, eux, devront faire cesser le harcèlement (et s’ils sont doués, après avoir fait cesser le harcèlement, feront des exercices de vivre ensemble). Je trouve les approches de non-intervention très théoriques, conceptuelles, même idéologiques, chez certains sociologues par exemple. Un adulte victime de harcèlement moral à son bureau : il ne faut pas intervenir, non, il faut lui donner les armes ? Un adulte victime de harcèlement physique dans son usine : il ne faut pas intervenir ? Et une femme victime de harcèlement sexuel ? Pour les adultes, personne ne se pose la question, il paraît évident qu’il faut faire intervenir l’autorité, dénoncer à la hiérarchie, porter plainte à la gendarmerie… Pourquoi pour un enfant ce serait différent ? On croit que c’est plus facile pour eux ? On les croit capables de se débarrasser d’un harcèlement de groupe seuls ? Ils seraient des magiciens des relations et pas nous les adultes ? Les spécialistes impliqués dans la lutte contre le harcèlement scolaire sur le terrain savent bien qu’on ne se débarrasse pas d’un harcèlement de groupe tout seul et ils préconisent de faire intervenir l’autorité dès que possible. Donner les armes sans intervenir, c’est pour que l’enfant apprenne à laisser glisser les petites provocations et à ne pas se laisser faire lorsqu’on l’embête. Mais pas quand il y a un harcèlement de groupe déjà enclenché.

        2) Nous avons fini par trouver la démarche hyper efficace pour faire intervenir les adultes de l’école. Il faut écrire, lister tous les faits. Il faut donc faire parler son enfant, lui demander de préciser, reformuler pour vérifier notre compréhension, le faire développer encore plus, mais ne jamais dire les choses à sa place (sinon c’est notre imagination qui prend le relais et on déforme les faits). Il faut beaucoup de tact, ne pas juger l’enfant. Cet exercice fait que l’enfant en livre bien plus que ce qu’il nous avait dit au début (comme il a malheureusement l’habitude d’être harcelé, il y a souvent pas mal de faits qu’il ne nous donne pas de lui-même). Et il faut tout noter. Après avoir tout noté il faut faire une passe pour retirer ce qui est de l’ordre de l’interprétation et ne laisser que les faits. Cette étape ne doit pas être sautée. En fait un élément qui est nettement de l’ordre de l’interprétation fragilise tout le document, il sème le doute sur l’ensemble dans l’esprit du lecteur (l’enseignant, le Principal…). Le tout représente quand-même pas mal d’efforts, il peut y avoir 2 ou 3 heures à y passer. Mais une fois qu’on a ce document, c’est magique… Il faut le présenter à la maîtresse ou au Principal du collège et lui laisser une copie, ou même lui envoyer par email, c’est encore mieux car vous laissez une trace indélébile et le responsable d’établissement a tout de suite en tête qu’il ne peut pas se permettre de ne pas traiter le sujet avec sérieux (son mode de raisonnement est : si la situation s’aggrave et qu’un jour il y a un fait très grave puis une plainte, je serai en très mauvaise posture si je n’ai pas traité le sujet lorsque j’ai reçu l’alerte – ça c’est pour le Principal ou la Directrice, une maitresse a probablement beaucoup moins ce raisonnement). Le côté écrit et le côté accumulation de faits ont un impact énorme. Les responsables se rendent comptent de la gravité et comprennent assez bien qu’il s’agit de harcèlement. Nous avons d’abord vécu sans cette méthode : c’est difficile d’être entendu, nous-mêmes nous n’avons pas assez d’éléments précis, tout est minimisé par les responsables (de bonne foi), ils ne croient pas l’enfant sur parole, on se retrouve dans la position d’argumenter pour convaincre que c’est bien réel et non amplifié par l’enfant. Souvent avec un succès très mitigé. Puis nous avons vécu avec cette méthode : vraiment efficace, il ne s’agit plus d’impressions mais de faits, répétés, accumulés… Les responsables ne commencent pas par des doutes, ils ressentent la véracité grâce au côté factuel et ils ressentent la gravité grâce à l’accumulation. Peut-être que ce ne sera pas magique avec tous les enseignants mais ce sera toujours mieux que sans.
        Enfin, le n° de téléphone contre le harcèlement peut aussi nous aider à prendre confiance et à nous assurer de la légitimité de notre démarche.

        Courage ! J’espère que votre fille pourra bientôt arrêter de vivre ces souffrances !

    • bonjour charlottelou
      je pense que la réponse de romain est des plus sensée
      j’ajouterai que le rôle de la psychologue scolaire peut être important dans ce cas car elle doit aider les enfants concernant les problématiques liées à l’école et c’est bien le cas
      de toute façon ne laisser pas s’installer cette situation
      bon courage à vous

    • Bonjour Charlottelou,

      Mère d’une enfant de 8 ans et demi, diagnostiquée EIP en mai 2019, un passage du CE1 au CM1 a été recommandé et effectué à la rentrée dernière. Ce saut de classe est une très bonne chose puisque, depuis septembre, ma fille ne s’ennuie plus. Malheureusement, dès les premières semaines, elle a été mise dans la case de « la fille qui saute une classe » ou « la fille trop petite » (pourtant grande en taille, et de début d’année, avec seulement quelques mois d’écart avec les autres). Très rapidement, elle a été mise à l’écart, dans la cour de récré comme à la cantine. Une chef de file l’ayant désignée comme persona non grata, les autres enfants ont suivi le mouvement en silence, ce qui a légitimé et intensifié les comportements inappropriés à son égard. Les temps périscolaires sont devenus très douloureux. Et les difficultés d’endormissement énormes. Heureusement, ma fille se confie beaucoup. Elle nous a envoyé beaucoup d’alertes directes. Mais lorsque je l’ai surprise chantonner seule dans son coin des paroles à caractère inquiétants, lorsqu’elle a littéralement fini par craquer et évacuer sa douleur intérieure, nous avons convoqué la direction de l’école en leur demandant de prendre le sujet très au sérieux. Ils ont convoqué les différents enfants, et fait un travail d’influence en abordant le thème de l’isolement et du harcèlement scolaire lors des cours d’éducation morale et civique. De notre côté, nous avons retiré notre fille de la cantine et nous avons sollicité l’aide de la psychothérapeute qui l’avait diagnostiquée. De nature déjà solide, ces 2 séances semblent l’avoir encore plus endurcie. Même si je ne crie pas victoire, il semble qu’elle soit aujourd’hui respectée et qu’elle ait réussi à faire sa place.
      J’ai également lu et vu une conférence d’Emmanuelle Piquet. Même si je la rejoins sur le fait que notre rôle de parent est de permettre à nos enfants de trouver eux-mêmes leurs armes pour se défendre, ce n’est pas si facile. De par mon expérience très récente, je dirai qu’il est nécessaire et urgent que vous en parliez à la Direction de l’école. Si elle ne vous semble pas en mesure de traiter le sujet, je ne peux que vous recommander d’envisager un changement d’école l’année prochaine, peut-être dans le privé qui, à mon sens, redouble de vigilance face à de telles situations. Et transformer l’année scolaire comme une opportunité d’entraînement pour votre enfant. Enfin, ne vous privez pas d’adresser un regard sévère aux filles qui mènent la danse. Il est important qu’elles sentent que vous avez l’œil et que vous ne laisserez pas faire. Et votre petite fille a besoin de se sentir protégée par vos ailes. Je vous adresse tout mon soutien et espère que la situation s’arrangera vite.

    • Bonjour Charlottelou,
      Est-ce qu’il y a eu du nouveau ?