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L’enfant surdoué vu du Canada

Au Canada et au Québec, comme en France, la reconnaissance et la compréhension de l'enfant à haut potentiel progressent, même s'il reste encore bien du chemin à parcourir.

L'enfant surdoué vu du Canada

Deux chronique récentes en provenance du Canada, mettent en avant la nécessaire reconnaissance du haut potentiel, (ou de la douance selon la terminologie canadienne), un sujet qui semble autant voire plus difficile à aborder qu’en France.

Une connaissance insuffisante

Des témoignages comme celui de Tanya Izquerdo Prindle, dans son livre Univers surdoué et dans la presse canadienne, mettent en lumière les différentes facettes du haut potentiel, en particulier lorsque celui-ci est accompagné d’une autre particularité qui en rend la compréhension encore plus complexe.

On estime qu’au moins 20 000 à 30 000 élèves pourraient être doublement exceptionnels au Québec, mais seule une minorité aurait été repérée. Dans ces cas, la douance s’accompagne d’un trouble comme le déficit de l’attention ou l’autisme, qu’ils compensent en partie grâce à leur douance.

Une façon d’apprendre à renforcer

Les thèmes de l’apprentissage et du sens de l’effort méritent que l’on s’y attache afin de mettre définitivement fin à l’idée reçue que la facilité est synonyme de réussite. Elle peut certes le devenir si elle est accompagnée et compensée par des mises en situations plus difficiles, des défis, des sollicitations nombreuses et adaptées, mais dans le cas contraire, comme l’exprime Tanya, la facilité est potentiellement une source d’échec :

La douance est un potentiel fragile et non une garantie de succès. « Souvent, les doués se sentent poches parce qu’ils voient leurs limites. Ils peuvent se décourager facilement quand ils ne sont pas bons dans quelque chose alors qu’ils sont habitués de l’être », souligne Tanya. Comme leurs apprentissages se font intuitivement, et non de façon procédurale, ils n’apprennent pas, en quelque sorte, à apprendre.

Dans un autre article paru en mars, la Tribune confirme le déficit d’accompagnement des personnes à haut potentiel en titrant « Les doués, ces oubliés ».

Des signes à ne pas louper

La douance chez l’enfant demeure encore très peu connue, rapportait Radio-Canada en janvier dernier.

Marianne Bélanger, psychologue et neuropsychologue canadienne œuvrant aux cotés de Tanya Izquerdo Prindle à la meilleure connaissance de la douance, souligne les aspects qui, mal compris, pourraient mener à des erreurs d’interprétation et s’assimiler, à tort, à des symptômes médicaux.

Pourtant, « on sait pertinemment aujourd’hui que les enfants surdoués ont des besoins particuliers », notamment en matière de rapidité d’apprentissage, de réduction de la répétition et de qualité de l’enseignement. Si ces besoins ne sont pas remplis, ils vont sous-performer, mais ils vont surtout risquer de développer des difficultés de santé psychologique.

Stéphanie Deslauriers, directrice de l’association québécoise pour la douance , insiste quant à elle sur le danger des erreurs diagnostiques :

Dépression, trouble d’anxiété généralisée, bipolarité et trouble de personnalité borderline… les diagnostics, parfois erronés, peuvent varier énormément.

La seule façon d’éviter ces dérives néfastes pour l’enfant à haut potentiel est de ne pas hésiter à lever le doute lorsque des signes imprécis se manifestent, par la passation d’un test de QI et d’un bilan psychologique complet. Très souvent l’intuition des parents est la bonne et le bilan permettra de confirmer une sensation diffuse et de mettre des mots dessus, tout en donnant de nombreuses informations complémentaires.

Des besoins intenses à satisfaire pour une bonne estime de soi

La douance n’est « ni un diagnostic ni un trouble ; c’est une façon différente de fonctionner ».

Stéphanie Deslaurier

Souhaitons que la multiplication des témoignages permette d’aboutir, comme en France, à une meilleure compréhension et à une réelle adaptation, scolaire notamment, au haut potentiel. Le constat est que les besoins réels des individus doués sont les mêmes partout, et que parfois un petit coup de pouce ou un éclairage particulier sur ceux-ci est nécessaire pour qu’ils soient plus facilement comblés.

« L’important, c’est qu’ils aient des défis à la hauteur de leurs compétences. C’est primordial pour le développement de l’estime de soi. Celle-ci se construit par l’accumulation de succès dans des tâches qu’on ne croyait pas pouvoir accomplir. Quand tout est facile, le jeune ne se bâtit pas une estime de soi.

1 commentaire

  1. Claire sur 29 avril 2019 à 20 h 34 min

    Bonjour à vous,
    Je suis une maman québécoise! J’ai 2 filles (5 et 7 ans) ayant toutes les deux les caractéristiques d’enfants à haut potentiel. Je n’ai encore jamais fait les tests chez les professionnels, car j’ai un peu peur d’un mauvais ‘diagnostic’. C’est l’enseignante de ma grande fille de 7 ans, qui nous a orienté sur sa façon particulière d’apprendre. Elle nous a suggéré une école à vocation musicale, où en plus d’apprendre les matières régulières, elle a des cours de violoncelle, piano, danse et d’expression musicale. Notre fille est beaucoup plus heureuse et épanouie dans une école à rythme plus rapide, sans trop répétition, où l’autonomie est importante!

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