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Le haut potentiel intellectuel à l’école, une question de regard

Dans une émission récente sur France Culture, l’expérience réussie du collège Janson de Sailly à Paris a servi de prétexte pour aborder le thème de la place de l’enfant surdoué à l’école et les avancées récentes sur le sujet. Instructif et encourageant !

Un dispositif pour mieux accompagner les enfants précoces au collège

Il y a quelques jours, sur France Culture, Louise Tourret abordait le sujet du haut potentiel intellectuel avec ses invités dans le cadre de l’émission Etre et savoir. Elle s’appuyait pour cela sur un reportage effectué au collège Janson de Saily à Paris, qui accueille des élèves surdoués de façon spécifique.

Les participants, les psychologues Jeanne Siaud-Facchin et Fanny Nussbaum, ainsi que de Florence Pâris, référente académique pour les élèves à haut potentiel (EHP) au Rectorat de Paris, en viennent à la conclusion que la nécessaire attention à la singularité de l’élève à haut potentiel va à l’encontre de l’histoire de l’école républicaine qui a formé jusque-là des élèves de façon uniformisée.

C’est bel et bien toute la question du regard que l’on pose sur les élèves qui est en jeu : chaque enfant est unique, mérite un regard bienveillant et attentif afin que l’inclusion soit réelle pour tout le monde, en tenant compte des facilités et difficultés de chacun pris individuellement.

C’est donc une nouvelle vision de l’élève qui s’impose peu à peu et pas seulement pour les enfants intellectuellement précoces. L’élève en tant q’individu unique doit être placé au centre, bénéficier d’une meilleure écoute, d’une éducation différenciée s’approchant par exemple des méthodes éducatives que l’on observe en Finlande, capables de répondre aux besoins de chacun sans s’attacher exclusivement à l’assimilation d’un programme trop précis.

L’un des élèves du collège Janson de Sailly, qui accueille depuis 2003 une vingtaine d’enfants à haut potentiel, le dit avec ses mots :

Quand les professeurs expliquent, souvent les élèves demandent des explications plus claires et au final ça se resserre et ça devient extrêmement synthétisé, alors que justement j’aurais besoin de plus d’explications, pas forcément en rapport avec le sujet d’ailleurs, j’aurais besoin d’une conversation plus relâchée.

A l’école, les élèves sont amenés à développer une pensée synthétique, en entonnoir, qui finit par être trop condensée et ne répond pas à la demande des enfants à haut potentiel d’élargir le sujet, d’approfondir ou d’ouvrir le débat.

C’est tout l’inverse du modèle de pensée en arborescence qui selon la jolie expression d’une enseignante de Janson de Sailly,

mène untel à boire un verre de craies sur Mars en 10 secondes, sans comprendre le cheminement qui l’a mené jusque là.

L’expérience de Janson de Sailly a entraîné une modification générale de l’ensemble des cours qui se révèle favorable à toute la classe en lui apportant une dynamique particulière et passionnante.

Ce sont là aussi les conclusions de Jeanne Siaud-Facchin et Florence Pâris :

A chaque fois que l’on fait quelque chose pour un élève à haut potentiel, cela fait avancer la scolarité et la pédagogie pour tous.

Jeanne Siaud-Facchin nous rappelle avec raison que depuis peu la nécessité de repenser l’accueil des enfants à haut potentiel est reconnue par l’Education nationale.

Cette évolution de l’image de l’élève à haut potentiel a été rendue possible par la mise en place de cellules académiques et de groupes de travail sur le haut potentiel, permettant l’organisation de formations locales de la maternelle au lycée. Ainsi l’expertise d’établissement comme Janson de Sailly ou encore le collège Brassens (Paris 19ème), peut être progressivement étendue à tous les élèves à besoins particuliers au sein d’une école réellement inclusive.

Cette reconnaissance est d’ailleurs dès à présent formalisée et entérinée par le vademecum « Scolariser l’élève à haut potentiel » qui vient de paraître sur Eduscol, sur lequel nous vous donnions notre avis la semaine dernière.

La conclusion positive de cette émission reste que l’élève à haut potentiel est de plus en plus perçu comme un élément favorable pour la classe toute entière, un moteur, et non plus, fort heureusement, comme un élève handicapé ou forcément en difficultés.

Même nous, les psys, ces enfants nous obligent à aller plus loin, à nous améliorer, à aiguiser notre expertise et je crois que c’est la même chose à l’école.

Voir la page de l’émission

1 commentaire

  1. Anonyme sur 3 avril 2019 à 11 h 26 min

    Si on arrivait à des classes moins chargées ce serait envisageable !!!faire de la pédagogie a 30 ou plus ça reste du domaine du reve

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