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Le chemin parfois tortueux des enfants surdoués à l’école

Dans une récente chronique pour le journal des femmes, Arielle Adda évoque le parcours scolaire difficile de certains enfants précoces et livre des pistes pour en éviter les embûches.

Enfants précoces et dyslexiques, comment les aider ?

Dans son article intitulé “Quand l’enfant doué survole sa scolarité” la psychologue décrypte les mécanismes imbriqués qui peuvent conduire des élèves prometteurs à l’échec scolaire.

Sur un mode littéraire et avec forces images, Arielle Adda mentionne les divers manques qui guettent l’enfant surdoué, livré à lui-même sur une double voie, tour à tour trop simple puis dangereuse, coincé entre son excès de confiance et la méconnaissance de ses besoins réels.

Ces failles sont liées à la mauvaise prise en compte de deux notions essentielles lorsqu’on se trouve en présence d’un élève à haut potentiel :

La remise en question de la notion d’apprentissage

C’est peut être l’écueil de base auquel se heurtent les parents, conscients ou non du haut potentiel de leur enfant.

Comme je l’écrivais dans un article déjà ancien à ce sujet, l’école est par définition l’antre sacré dédié aux apprentissages à l’intérieur duquel tous les élèves sont censés progresser de façon continue. Et en effet, on imagine très bien que son enfant, dans le cas du haut potentiel non identifié, doté d’une bonne compréhension générale et de bonnes notes, paraisse suivre un cheminement réussi sur la voie des apprentissages puisque ses résultats le démontrent. On se rend moins facilement compte de la situation réelle lorsque les acquisitions sont déjà présentes avant même la phase d’apprentissage en classe ou contiennent peu de nouveauté ou de difficulté.

Il va à l’école comme on fait ses courses, c’est une activité à laquelle on ne peut se dérober, elle n’est ni très désagréable, ni particulièrement joyeuse.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant/2643201-quand-l-enfant-doue-survole-sa-scolarite/

Dans le cas de l’élève à haut potentiel identifié comme tel, il est périlleux et très délicat d’expliquer qu’il n’apprend pas grand chose qu’il ne sache déjà ou qu’il s’ennuie la plupart du temps, sans risquer de heurter le corps enseignant. Les enfants eux-mêmes ne sont pas forcément conscients du vide qu’ils traversent car ils se construisent à l’image des autres. Ils le subissent simplement avec une image déformée et illusoire de la réalité de l’apprentissage. Pour eux apprendre revient à attendre un moment plus agréable au cours duquel ils pourront enfin “découvrir des choses nouvelles”.

Rien n’attire l’attention, l’école et le travail qu’elle demande restent une formalité et tout le monde attend sereinement  les études supérieures, enfin plus intéressantes.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant/2643201-quand-l-enfant-doue-survole-sa-scolarite/

Cette attente plus ou moins sereine, (dans leur malheur certains enfants la vivent plus mal que d’autres et expriment leur désarroi de diverses manières afin de solliciter un peu d’attention), est la porte ouverte au décrochage car elle n’aura pas permis de mettre en oeuvre les réels processus d’apprentissage ou de confrontation à l’effort qui y sont liés.

Identifier et accompagner l'élève à haut potentiel intellectuel

Pour en savoir plus sur l’école et l’élève à haut potentiel intellectuel, téléchargez notre plaquette d’information au format PDF maintenant.

La mesure de la notion d’effort

Il va sans dire que sans mise en difficulté particulière, la production d’effort est quasiment nulle pour l’enfant surdoué.

Ce n’est pourtant pas faute de répéter que les enfants doués ne savent pas travailler, ils ignorent la notion d’effort, elle ne leur a jamais été nécessaire, elle serait comme un instrument dont on n’a jamais saisi l’utilité et qu’on a relégué tellement loin que l’emplacement a été oublié. L’effort est devenu une notion abstraite depuis la lointaine époque des débuts dans l’existence, quand il fallait rester attentif pour faire quelques pas sans s’écraser de façon ridicule sitôt démarré, ou bien quand il fallait se répéter en secret un mot difficile pour le prononcer correctement au lieu de faire rire un entourage attendri par cette honteuse  maladresse phonétique.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant/2643201-quand-l-enfant-doue-survole-sa-scolarite/

Comme pour tout entrainement, essayer signifie rater, recommencer, se heurter à des obstacles, les surmonter et réussir au final. C’est cette étape de l’entrainement répété, nécessaire et productif, assorti de satisfaction méritée, qui est déficitaire chez l’enfant à haut potentiel durant une trop grande partie de sa jeune vie d’écolier.

Pendant une brève période d’adaptation, l’enfant doué va se familiariser avec cette notion d’effort jusque-là inconnue de lui.  C’est  même l’essentiel de l’argumentation qu’il faut développer lorsqu’on suggère ce saut de classe.

https://www.journaldesfemmes.fr/maman/enfant/2643201-quand-l-enfant-doue-survole-sa-scolarite/

C’est pourquoi il faut toujours veiller à répondre aux demandes d’apprentissages des enfants lorsqu’ils les expriment. Même si elles semblent précoces, elles répondent à un besoin primordial qu’il faut satisfaire au maximum afin de les maintenir dans une logique de progression.

L’évolution à une rythme qui leur est propre avec des besoins accentués est en grande partie ce qui fait la singularité des enfants précoces et convient à leur épanouissement. Respecter ce rythme ou les aider à trouver (ou retrouver) le bon rythme lorsqu’ils semblent s’affaisser est le meilleur conseil que l’on puisse vous donner pour éviter la dégringolade future.

Ne freinez jamais un enfant dans son élan et sa soif d’apprendre sous prétexte qu’il est trop tôt. Tout ce qui peut concourir à nourrir valablement son esprit et le faire réfléchir est bon à prendre s’il est demandeur.

Beaucoup de ces enfants se tournent naturellement vers les jeux éducatifs, casse-têtes, activités de réflexion, stratégie, observation… En prévision des vacances toutes proches, vous trouverez des idées d’occupation dans notre rubrique loisirs.

Lire la chronique d’Arielle Adda en entier sur le journal des femmes

Je m'occupe d'Enfants Précoces Info depuis 2002. Je publie des articles et j'interviens sur la partie technique du site. J'essaye aussi de le faire évoluer pour qu'il soit le plus utile possible et qu'il vous rende les meilleurs services dans l'accompagnement de vos enfants. Je suis le papa de quatre enfants précoces nés entre 1997 et 2012 et, à ce titre, j'essaye de vous faire partager mon expérience.

3 commentaires

  1. Vicente sur 25 juin 2020 à 8 h 12 min

    Bel article .
    Nous venons d’être confronté à la méconnaissance des enseignants de mon fils qui lui refusent un passage en 1ere générale car trop dans la lune et travail à la tête du client . Notre fils comme ses 3 frères et soeur est un précoce mais pour les enseignants précoce veut dire 18 de moyenne … Je suis atterrée et attristée car avec mon mari nous sommes enseignants et de voir que nos collègues sont si peu au courant de ce qu’est réellement un enfant intellectuellement précoce.
    Mais voilà le mal est fait et notre fils se rebelle contre l’école….

  2. Sweety sur 29 juin 2020 à 15 h 18 min

    Bonjour,
    En lisant votre message je me suis reconnu ainsi que mon fils.
    La situation est la même sauf que mon fils a 3 ans, je suis également dans l’enseignement en tant qu’AESH, mon fils a été détecté cette année à notre demande, car il sait pratiquement lire, et a un niveau d’un enfant de 6ans d’après les tests.
    Entré en septembre dernier en TPS il a fait le même travail que ses camarades de PS ,et malgré l’appui du psychologue scolaire, son instit refuse une rentrée prochaine en moyenne section. A ce jour mon fils ne veut plus aller à l’école du fait de son ennui et de la réticence de son instit.
    Je comprend donc votre désarroi surtout à l’âge de votre fils

  3. Françoise sur 29 juin 2020 à 16 h 04 min

    Bonjour à toutes et tous,

    Sweety, je pense qu’il va falloir que vous fassiez des pieds et des mains pour obtenir ce passage. Il est peut être tard maintenant mais en principe vous pouvez faire une demande motivée ou un recours (triste de commencer ainsi !) ou vous faire appuyer par le référent “ehp” de votre académie (la décision n’appartient pas à l’enseignante seule, elle fait l’objet d’une concertation de l’équipe pédagogique toute entière).

    Vincente, n’avez pas pas moyen de vous opposer à la décison ? Après je dirais que dans le cas d’un enfant en opposition, il convient de veiller à ce qu’il adhère au projet de passer dans la classe supérieure et se sente motivé ne serait-ce que pour montrer à ses enseignants ce dont il est capable et peut être dans la cadre d’un accompagnement personnalisé. Quelles seraient vos alternatives sinon ?

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