Aller au contenu
Accueil » L'enfant précoce » Psychologie » La motivation et la stimulation de l’enfant précoce

La motivation et la stimulation de l’enfant précoce

Prenons garde à ce que la lueur qui brille dans les yeux des enfants à haut potentiel ne s'éteigne pas !

Mon enfant-est-il précoce ?

On dit que l’enfant à haut potentiel, surdoué ou précoce, est un enfant qui, petit, est vif, curieux, a l’œil qui brille, très souvent souriant dans sa petite enfance. Or l’on constate souvent qu’au fil de sa croissance, quelque chose lui manque, qu’il s’éteint petit à petit ou perd de sa joie de vivre.

Cette petite étincelle, indispensable pour le faire démarrer, lui fait défaut. Quelle est-elle ? Pourquoi lui manque t-elle ?

Je vais essayer d’expliquer ici ce qu’est cette notion, de mon point de vue de maman de plusieurs enfants précoces et d’après ma longue expérience, simplement et sans vocabulaire scientifique, afin de tenter de mieux faire comprendre aux personnes qui entourent les enfants précoces ce que signifient pour eux les notions de motivation ou de stimulation.

Des premières années épanouissantes et enrichissantes

Tout commence donc par la naissance d’un enfant qui a tout à découvrir. Tout naturellement, durant sa petite enfance, celui-ci  est continuellement sollicité, stimulé, est parfois le centre d’intérêts de la famille surtout s’il s’agit d’un premier enfant. Il découvre le monde à travers les adultes qui l’ont en charge, il est nourri de connaissances qui l’aident à grandir, d’histoires, de jeux, d’activités, entouré de personnes qui l’éveillent, encouragé dans ses découvertes et ses gestes…

Toute cette première étape de la vie d’un enfant, dans des conditions normales, convient parfaitement à l’enfant précoce qui s’en nourrit et n’a qu’à « emmagasiner » tout ce qu’on veut bien lui transmettre de façon tout à fait naturelle.

Enfant odoratJ’insiste sur cette étape (éveil de 0 à 3 ans) qui est importante parce qu’elle correspond à mon sens à la période optimale de satisfaction pour un enfant précoce. Il est confronté à la fois à l’apprentissage, à la stimulation, aux encouragements, aux félicitations, le tout au rythme qui est le sien car le cadre  social ne fixe pas encore trop de limites à ce stade.

La remarque classique faite aux parents d’un enfant précoce à ce stade est qu’ils ont la chance d’avoir un enfant éveillé ! Effectivement, c’est un enfant qui a profité de tout ce dont il a pu bénéficier dans les premiers mois et années de sa vie et qui, dans l’idéal, ne demanderait qu’à continuer à se développer de la même façon.

C’est un enfant qui est en demande d’échange, parle, explique et argumente beaucoup, il s’intéresse aux activités quotidiennes, à l’emploi du temps, se situe parfaitement dans la journée, demande à participer, aider, donner son avis, jouer, apprendre, lire…

L’importance de l’enjeu dans la motivation de l’enfant précoce

Cette stimulation, ou émulation du tout petit, est naturelle dans les premières années de sa vie, comme pour tous les enfants, à la différence près que notre petit précoce y est super réceptif et se lasse rarement, en demande toujours plus au point de fatiguer son entourage. Et la différence se fait encore plus sentir avec la notion de motivation car le petit HP ne joue pas simplement pour jouer, il joue pour atteindre un objectif, que ce soit construire quelque chose, gagner, reproduire un scénario déjà vu, faire une « présentation » comme le dit ma fille avec ses personnages… Il ne s’occupe pas juste pour passer le temps mais cherche à faire quelque chose d’intéressant. L’enfant précoce dit rarement « je vais dessiner » mais plutôt «et si je dessinais un château ? ». La nuance ne saute pas aux yeux mais elle est très importante pour eux, c’est le but qui compte,  ainsi une activité sans enjeu ne leur plaira pas alors que la même activité présentée avec un objectif les passionnera !

Je me souviens de mon fils aîné qui, lors d’une activité de baby-gym, alors que la monitrice avait demandé aux enfants du groupe de lancer un ballon en l’air puis de le rattraper, l’a lancé une seule et unique fois puis s’est arrêté alors que les autres gamins continuaient à jouer en riant ! Si elle avait demandé de le lancer et de le rattraper sans le faire tomber, je pense que cela aurait duré plus longtemps et aurait fini par l’amuser ! C’est une réaction que je n’ai pu analyser avec les bons « codes »et comprendre que quelques temps plus tard, une fois que j’ai appris qu’il était “différent”. De la même façon, écrire simplement pour écrire semblera souvent sans intérêt à ces enfants alors qu’écrire une recette pour la prochaine fois ou une règle de jeu… prendra une toute autre tournure.

Une maîtresse peut par exemple dire : «Recopiez cette phrase le plus vite possible avec le moins de fautes possible ! » au lieu de simplement dire « Recopiez la phrase inscrite au tableau !» Dans le premier cas il y a un enjeu, un challenge, dans le second cas c’est juste une simple consigne.

C’est cette absence de motivation qui souvent va faire défaut à l’école, non pas parce que ce qu’ils font n’est pas intéressant, mais que ce n’est pas clairement présenté pour eux.  Ils ont besoin de savoir dans quel but ils le font : apprendre l’alphabet pour pouvoir lire, apprendre les tables de multiplication pour calculer plus vite…

Tout se gâte avec l’entrée à l’école

Le deuxième point important est la signification du mot « apprentissage » à leurs yeux :

10 idees pour degouter un enfant surdoue de l ecole filleL’enfant précoce est un enfant qui est curieux de tout, cherche à comprendre le monde qui l’entoure et a besoin d’y trouver du sens. D’où ces questions incessantes qui ne visent qu’à satisfaire sa curiosité. Apprendre c’est comprendre pourquoi, comment se passent les choses, tester, mettre en pratique, analyser. Ils entendent par « apprendre » découvrir une nouveauté, explorer un sujet qui les passionne, qui les intrigue. Ils sont capables d’analyse, de recul, ont besoin de comprendre le sujet étudié dans sa globalité, en passant parfois par des chemins de traverse. C’est pourquoi on parle souvent de passion, un sujet qui les intéresse est exploré à fond, dans la limite de leurs possibilités évidemment, mais avec ardeur, plaisir, et par tous les moyens possibles : livres, reportages, questionnements, visites d’exposition, jeux… Or, dans le schéma scolaire actuel, on ne leur fournit qu’un élément faisant partie d’un tout dont ils n’auront les clés que bien plus tard. Ils n’ont pas de perspective et de but clairement défini.

Cela va un peu de pair avec la façon dont est organisé l’apprentissage, un sujet est abordé en partie une année, complété l’année d’après puis l’année suivante, de telle sorte qu’ils passent toute leur scolarité à revoir les mêmes sujets  sans jamais pouvoir aller au bout de leur questionnement. Ils sont soumis à une démarche progressive et lente alors qu’eux ont besoin d’approfondir la question car ils fonctionnent globalement. Combien de fois leur répond-on « tu apprendras ceci plus tard, ce n’est pas de ton âge, ce n’est pas au programme… Mais eux se posent de vraies questions, aimeraient sincèrement comprendre ou au moins qu’on laisse la porte ouverte à ce qui est un enrichissement pour eux. Ils sont en fait bloqués dans leur élan naturel !

Le reconnaissance, un puissant accélérateur de motivation

Par ailleurs la motivation va de pair avec la reconnaissance. Un enfant précoce comme les autres enfants a besoin de cette valorisation positive, il a besoin qu’on l’encourage, qu’on le félicite pour un travail bien accompli, quel que soit le sujet d’ailleurs.

Mettons nous à la place d’un enfant précoce de maternelle, qui, motivé par ses parents entre à l’école en espérant « apprendre des choses ». En matière d’apprentissage scolaire, je parle ici d’apprentissages « intellectuels », il se retrouve en fait à devoir manipuler les notions de grandeur, de classement, de repérage dans l’espace, de construction du corps, les couleurs…, bref des notions qu’il maîtrise déjà parfaitement depuis longtemps et qu’il utilise couramment au quotidien sans avoir besoin d’y réfléchir. Or là on remet en question ses connaissances, et tout est organisé autour de ces notions supposées non connues. Difficile alors pour cet enfant de se contenter de colorier des carrés en rouge, des ronds en vert… Par contre s’il aime les dinosaures et les camions de pompiers, la maîtresse pourra lui demander de colorier les dinosaures et les pompiers de la bonne couleur, ou de colorier seulement les dinosaures carnivores de la bonne couleur, et, pourquoi pas, le laisser ensuite en parler aux autres enfants. Il s’agit de trouver le petit plus, souvent pas grand-chose, qui va susciter de l’intérêt chez l’enfant précoce. Cela suppose néanmoins d’être à son écoute et de reconnaître un fonctionnement particulier pour pouvoir s’y adapter.

Cette reconnaissance sera utile tout au long de sa scolarité. Elle est sans doute trop négligée aujourd’hui par souci d’égalitarisme plus que de réelle égalité. En effet s’il est facile dans les petites classes de compliquer la tâche, cela devient plus difficile au primaire et après. A mon sens, l’un des moyens les plus simples d’aider un enfant précoce est la reconnaissance par le mérite et l’excellence. Donner une bonne note, faire une bonne remarque, gratifier l’enfant d’une félicitation est peu coûteux pour l’enseignant et très bénéfique à l’enfant précoce qui a besoin, plus que tout autre, que ses capacités soient reconnues d’une manière ou d’une autre.

La reconnaissance c’est admettre des points forts, des points faibles, permettre à l’enfant d’évoluer à son niveau, reconnaître son niveau réel, le confronter à la difficulté, lui permettre d’aller plus loin au besoin, afin que la petite flamme dont il a besoin pour s’épanouir et rester motivé ne s’éteigne pas.

Et vous, que pensez-vous de ces sujets ? Avez-vous constaté un manque de motivation chez votre enfant ? Dans quelles circonstances ? Comment l’avez-vous aidé ou stimulé ? Donnez-moi votre avis et partagez vos expériences dans la zone de commentaires ci-dessous, je serais heureuse d’en discuter avec vous.

39 commentaires

  1. Rinette sur 10 décembre 2015 à 21 h 34 min

    Merci Beaucoup Françoise, pour cet article très juste et qui, malheureusement, n’ira pas jusqu’à l’éducation nationale dans son ensemble !
    L’an passé, en petite section, ma fille y est entrée en courant à la rentrée. Nous l’avons descolarisée en avril alors qu’elle était terrorisée d’y mettre les pieds. Changement d’équipe et nouvel espoir, nous l’avons rescolarisée cette année. Très très dur de la motiver, on a vu l’école et demandé à Charlotte de faire deux énormes compromis (retourner dans son école et dans sa classe d’âge), afin qu’elle ait le droit d’intégrer la grande section de temps à autres jusqu’à la Toussaint… au bout de 3 semaines, toujours pas d’intégration dans la classe supérieure et une petite fille qui recommençait à avoir les symptômes de l’année précédente, mais en très accéléré dans le temps. Puis, elle s’est mise à être fatiguée de tout, tout le temps et à demander qu’on lui enlève ses vêtements, qu’on la déshabille pour aller au toilettes, qu’on la fasse manger… elle a commencé à faire pipi au lit, invoquant “qu’elle le faisait exprès car elle préférait redevenir bébé”, puis à piquer des colère de rage quand elle se rendait compte qu’elle avait à nouveau fait pipi au lit, elle a qui cela n’était jamais arrivé. S’en est suivi des : “je veux redevenir bébé”, “maman tu es dure avec moi, je ne sais pas accrocher mon manteau”, “maman je ne veux pas apprendre les lettres, c’est trop dur”, “je sais pas, je sais pas , JE SAIS PAS !”. Je passe les refus de faire tout ce qui pourrait la mettre en échec, et donc, à l’école où la peur d’être jugé par ses paires et les adultes est paralysante, le retrait de toute activité physique et de toute créativité.
    Petite idée complémentaire à votre très bel article, la semaine dernière, j’ai du froidement dire à ma fille que ses maîtresses ne l’aimeraient jamais, quoi qu’elle fasse, car ce n’était pas leur rôle ni leur travail. Je lui ai demandé d’arrêté de se conformer à leurs attentes pour être reconnue et aimée car cela n’arriverait pas, les maîtresses n’étaient pas payées pour cela. Leur travail était juste de donner des connaissances et leur plaisir était dans le fait de voir des enfants retenir ces connaissances, mais que ça ne les amenait pas à aimer ces enfants pour autant.
    Depuis, plus de crises de “JE SUIS NUL NUL, NUL” ou je de “J’y arrive pas, je ne sers à rien”. Il semblerait que certains petits zèbres recherchent dans l’apprentissage scolaire, ce qu’ils ont bien connu à la maison : apprentissage et affection, pensant qu’ils sont automatiquement jumelés.

  2. Edwige sur 11 décembre 2015 à 10 h 06 min

    Bonjour. Mon fils est spécial. Il n’a pas parlé avant 3 ans, s’était inventé un langage, s’est toujours ennuyé à l’école, à toujours eu du mal à se faire des amis, à toujours travaillé vite et bien, nous avions pensé à de l’autisme mais il ne présentait aucun ” symptômes “. Tous les gens qui le côtoient le trouve très vif d’esprit, ” loin d’être bête “, intelligent…..

    Il a commencé à ” s’éteindre” en CE2. J’ai trouvé dans le dialogue et dans la reconnaissance de sa différence, une reprise de sa motivation “apparente” pour l’école.

    Je l’ai fait testé et ce qui en ai ressorti est qu’il est normal ( 102) sans fournir le moindre effort, qu’il manque de maturité, qu’il n’a pas éprouvé le moindre plaisir à faire les tests, qu’il n’aime pas faire des efforts et qu’il a un problème de situation spatio-temporelle.
    Mon fils s’est ” éteint” depuis longtemps, il paraît toujours triste même quand il éprouve de la joie, elle est modérée et de courte durée, il fait des efforts considérables depuis qu’il est petit pour apprendre notre langage avec nous d’abord et avec une orthophoniste pendant 2 ans ( 2 ans où il a rattrapé tout le retard, chose extraordinaire du point de vue de la professionnelle qui parle d’un enfant très intelligent et motivé avec beaucoup de vocabulaire).

    Depuis les résultats des tests, il s’est encore plus ” éteint” et renfermé sur lui même, il est moins motivé à l’école et je ne sais pas s’il est possible que la psychologue n’ai pas décodé les bons signaux.
    Je retrouve beaucoup de lui dans vos articles sur les problèmes “dys &” et sur la motivation à l’école.
    Nous sommes étonnés et déçu des résultats et sans vouloir faire de l’acharnement, je voudrai tellement pouvoir aider et comprendre mon fils. J’aimerais que les professionnels voient plus loin que certains tests pour enfants HP normaux.
    Que puis-je faire pour qu’il soit reconnu pour un enfant précoce avec des différences. J’ai tellement peur qu’il ” s’éteigne ” pour de bon et qu’on ne puisse plus rien faire.
    Merci.
    Edwige

    • Françoise sur 11 décembre 2015 à 15 h 40 min

      Bonjour Edwige,

      Il est effectivement important de pouvoir prendre en compte tous les éventuels aspects de la personnalité de votre enfant afin de faire le point sur son évolution.
      L’essentiel pour vous est de trouver le bon professionnel qui puisse vous guider afin que votre fils s’épanouisse, qu’il soit précoce ou non, l’important n’est pas là. D’ailleurs il pourrait ressentir une certaine pression sur la précocité qui le bloque par peur de vous décevoir ou par difficulté à se montrer à la hauteur (troubles dys ?).
      Je vous mets un lien vers l’article de l’anpeip sur les troubles dys et autres appelés troubles neuro-développementaux, et vous suggère, si vous y reconnaissez votre fils, de lui faire pratiquer un bilan neuropsychologique complet afin d’y voir plus clair :
      troubles neuro-développementaux

  3. Françoise sur 11 décembre 2015 à 16 h 12 min

    Bonjour Rinette,

    et merci pour votre commentaire.
    Personnellement je ne peux me résoudre à penser qu’un enseignant est là seulement pour faire un travail comme un autre sans, pour ne pas parler d’affection car le terme est trop fort, mais sans “aimer le contact avec les enfants”. Pour moi l’un ne va pas sans l’autre, et si ce n’est pas le cas il faut changer de métier !
    Ceci-dit je comprends votre démarche (dure quand même pour un petit à entendre) si cela peut l’aider à mettre de côté l’aspect affectif qui compte énormément pour les petits hp. Je disais à mes enfants qu’ils allaient à l’école (maternelle) pour jouer, faire du sport, voir d’autres enfants, faire du bricolage… une autre présentation possible !

  4. Dineken sur 12 décembre 2015 à 21 h 10 min

    Bonjour,
    Je suis dans cette galère avec ma fille de 3 ans et demi.
    L’an dernier, alors qu’elle était très impatiente d’aller à l’école, elle s’est éteinte dès l’entrée en classe d’accueil. Elle s’isolait des autres, se cachait aux toilettes, ne parlait pas. Elle me disait : je ne veux pas être avec les petits, je veux être avec les grands. Les travaux en classe n’avaient pas l’air du tout de la stimuler.
    Cette année, nous l’avons changé d’école et mise directement en 2e maternelle (c’est une classe à double niveau, 2e et 3e maternelle. Peut-être qu’on l’y laissera 3 ans, le but n’étant pas de la faire monter trop vite, mais surtout de la mettre avec des enfants qui parlent et jouent comme elle). Du point de vue de la motivation et de la socialisation, ce changement à été très positif… mais… notre fille est passée de renfermée et éteinte à rebelle qui refuse les consignes des exercices, travaille en-dessous de son potentiel et dit “NON” à son instit.
    Pourtant, le programme scolaire semble l’intéresser puisqu’elle me le ressort et me questionne à la maison.
    La psy note une anxiété de performance, des soucis avec son esprit en arborescence (ça cale avec les exercices par étapes), une peur de se montrer (par exemple, refus de réciter son poème en classe) et parfois de l’auto – sabotage.
    Je ne sais pas comment l’amener à respecter les règles du jeu tout en évitant de se mettre la pression.
    La motivation est vraiment cruciale…

  5. Saf sur 12 décembre 2015 à 21 h 24 min

    Bonsoir à toutes.

    Edwige, ma fille aussi s’éteint petit à petit. Et Françoise, je suis un peu déçue que vous parliez de “pression de la précocité” car il me semble entendre les deux psy chez qui j’ai emmené ma fille.
    Justement, elle a commencé à “s’éteindre” depuis que les psy en question m’ont attaqué sur ce point. Si une semaine après la visite chez le premier psy, elle a ressenti le besoin de me parler et de me dire, du haut de ses 4 ans, qu’ elle savait que je l’aimerais même si elle ne serait pas intelligente; après la séance avec le 2e psy, elle a ressenti pleinement le rejet. De surcroît, elle s’est senti trahie aussi. Mais face au rejet, elle a évidemment voulu se faire aimer.
    Sauf que dans le monde des adultes, et qui plus est des professionnels de l’enfance, il est clairement hors de question qu’ une fillette de 4 ans soit en classe de CP, qu’ elle sache faire des additions, des soustractions, compter jusqu’à 100, lire et écrire presque sans faute… Dans le monde de ces adultes, l’enfant précoce est forcément celui qui affiche une certaine maturité. Alors que pour ma fille, lorsqu’on lui dit qu’ on va jouer, ben elle joue… Et parce qu’ en lui demandant “combien font 1 et 9” elle répond “19”, on lui fait ressentir qu’ elle n’a pas sa place dans les activités réservées aux élèves de CP. Lorsque cet incident est survenu, elle s’est tapé le front et a dit “pourquoi elle n’a pas dit 1 PLUS 9?”

    Edwige, ma fille a eu 107. Elle est “normale”. Et malheureusement, elle s’éteint chaque jour davantage. Après avoir essayé de se “mettre au niveau” (ne plus écrire en cursive, retour à la tétine, au biberon, pipi au lit etc), elle refuse maintenant d’être inscrite aux activités de son âge (elle dit s’ennuyer) et refuse aussi, même les activités de son niveau (elle préfère en faire à la maison).
    Nous l’avons inscrite au Cours Hattemer pour qu’ elle puisse évoluer à son rythme. Et il nous est difficile de gérer ce repli sur soi. Heureusement que nous avons 3 enfants.
    Cependant, dès que nous recevons à la maison, elle adopte le comportement d’un enfant “normal”. En ferons-nous une actrice à force.

  6. Saf sur 12 décembre 2015 à 21 h 30 min

    PS: Nous sommes toujours effarés de constater que notre 2e ne reçoit aucune critique mais que des “quelle intelligence”, “vous devriez la faire tester”, “quel vocabulaire!”… Normal ! On n’a dit à personne qu’ elle est en GS à 3 ans. On ne dit pas non plus que sa grande soeur la reprend à chaque fois qu’ elle fait des erreurs et l’aide à faire ses leçons.

  7. Katia Marchal sur 12 décembre 2015 à 21 h 37 min

    Bonsoir Françoise,

    Merci pour ce texte explicatif qui me permet de comprendre un peu plus mes deux filles qui présentent un profil HP. Pour Amélie, la grande, les problèmes ont commencé dès la petite section, l’an passé. Nous l’avons changé d’école mais, les maîtresses sont dans le doute car Amélie a toujours besoin qu’on la sollicite pour se mettre au travail et ne montre pas ses connaissances. Le profil HP est reconnu par la psychomotricienne, l’ergothérapeute; elle va être testée fin janvier mais l’après-midi alors qu’elle est très fatigable et, je ne parviens pas à changer le rv. Elle va être vue par une neuropsychologue car, l’ergothérapeute s’interroge sur un trouble de l’attention. Elle est depuis ce jeudi prise en charge par une orthophoniste car, malgré un langage exceptionnel selon l’ergothérapeute et des connaissances impressionnantes pour son âge (presque 5 ans), elle ne parvient à se faire comprendre que des adultes et a une hypothonie de la langue. Elle souffre de cette situation donc se met à taper. La psychomotricienne qui est quelqu’un d’extraordinaire dit qu’elle est freinée par une absence de tonus musculaire et que c’est frustrant pour Amélie qui a fait de gros progrès mais ne parvient pas à dépasser un certain stade. Elle bloque sur la lecture sans que nous sachions pourquoi alors qu’elle possède la technique de la combinatoire avec les sons complexes. Elle ne parvient pas à écrire. Elle est en moyenne section et fait des maths de CP, étant instit moi-même et là, la maîtresse m’a dit vendredi: nous, il nous faut un test! Je me sens très mal à l’aise.
    Ludivine, la deuxième suit le même chemin de connaissances mais est une petite fille très angoissée. Elle se griffe, se mord. Nous cherchons un pédopsychiatre sur Metz ou un psychologue et pour l’heure, nos recherches sont infructueuses. La psychomotricienne qui la connait sans l’avoir en soin pense également à une précocité mais pas avec le même profil que sa sœur et lui a demandé pourquoi elle était toujours fâchée. Vendredi elle a renversé les tables en classe, a griffé sa maîtresse et l’atsem. Elle n’accepte pas ma reprise de travail après un congé parental.
    Bref, avec mon mari, nous sommes démunis et désarmés. Nous préférons les rencontres à l’hôpital où là, au-moins, on écoute Amélie dans tout ce qu’elle est avec regard d’espérance. Une équipe éducative est prévue courant février pour Amélie, qu’est ce qui va être envisagé?
    Merci beaucoup pour votre texte et votre lecture.
    Katia.

  8. Perret Guirbal Sophie sur 12 décembre 2015 à 22 h 36 min

    Mon enfant de 10ans va passer en 6e en janvier. Il s’ennuie tellement en cm2 n’apprend plus rien et surtout à perdu le goût du travail car c’est du vu et revu. J’espère que cette entrée en 6e prématurée va lui redonner le goût du travail de l’effort , de nouvelles connaissances et qu’il pourra enfin s’épanouir dans un établissement s’occupant depuis plus de 10ans d’EIP. Je suis angoissée par ce changement , lui aussi mais c’est un choix qu’il a fait seul en connaissance de cause. On a commencé à travailler un peu l’anglais et j’espère que pour le reste ça ira. Je suis contente qu’enfin on reconnaisse les facultés de mon fils malgré son manque de maturité et j’espère qu’il va s’épanouir et se révéler n’étant pas du tout conscient de ses capacités, dans cette nouvelle classe et entoure d’adultes parfaitement compétents pour ce genre d’enfants. Merci à sa maîtresse de cm2 qui a tout de suite vu l’enfant qu’il était et a compris et faciliter son passage en 6eme c’est rare. Si des parents ont vécu la même chose, peuvent ils me raconter leur expérience? Merci à l’avance. Sophie

  9. myriam sur 12 décembre 2015 à 22 h 39 min

    Bonsoir,
    Je reconnais bien le paecours que ma fille a pu avoir en maternelle et puis en primaire elle s est éteinte. Les tests ont été passé en cm1 et du coup nous avons décidé de la faire passer en 6 ème. Les notes et les appréciations la motive mais surtout certaines matières. Donc ce n est pas facile de motiver pour apprendre des conjugaisons ou tt est repetitif donc pour l instant pas trop de solution … vos conseils sont les bienvenus.

  10. Stephanie sur 12 décembre 2015 à 23 h 00 min

    Je suis enseignante de maternelle et j ai un petit garçon de 5ans et demi. Mon fils n est pas diagnostiqué précoce mais il est suivi et nous ferons les tests plus tard. Depuis toujours je sente qu il a qque chose de différent. Bref, il y a eu aussi bcp de moments dans lequel il n était pas motivé…l école qui l ennuyait terriblement, l apprentissage du poney, du cirque, du ski. En fait à part l école où je mets ça sur le compte de ses apprentissages plus avancés que ce qu on veut lui faire apprendre, je pense que pour le reste il ma que cruellement de confiance en lui, il est conscient de ne pas savoir, est aussi assez rebuté par l effort à consentir pour apprendre. Il peut parfois deguiser son malêtre en une confiance en lui mais qui finalement n existe pas. Ça peut être déroutant pour les gens qui ne le connaissent pas. Je l encourage, l accompagne et préviens quand il le faut discrètement de ses faux traits de caractère. C est compliqué et j attends les tests au cp avec impatience…! Juste pour répondre à un commentaire plus haut : il y a bien entendu de tout partout mais il existe aussi des enseignants, et j en fais partie, qui aiment leurs élèves, pas du même amour qu un parent bien entendu mais qui les aiment quand même. Moi j ai appris très tôt à mon fils que dans la vie il y a des gens gentils et des gens qui ne méritent pas qu on s arrêtent sur eux, notamment toutes ces personnes qui travaillent auprès des enfants et n essayent pas de les comprendre…

  11. Stéphanie sur 12 décembre 2015 à 23 h 45 min

    J oubliais…moi le mien préférerai être bête que d aller à l école, puis quand il admet qu être bête ce n est pas possible il oscille entre l envie de vivre comme un “vieux” seul et qui ne fait rien et l envie de vivre à l époque des hommes préhistoriques parce que eux n allaient pas à l école et pouvaient jouer avec leurs copains toute la journée ! Bref il n a pas le choix mais c est un combat chaque matin quasiment…le tableau du comportement l a aidé à se canalisé mais même s il réussit ses apprentissages il n aime pas l école…pas facile pour une instit…

  12. derraz sur 13 décembre 2015 à 0 h 25 min

    Bonjour à tous

    Merci Françoise c’est exactement ce que l’on vit.
    Nous sommes dans la même situation, mon fils s’éteint!!
    Mais moi je l’ai vu dès qu’il est entré en moyenne section et je l’ai déscolarisé. Depuis nous pratiquons l’école à la maison, il est inscrit dans une école privée par correspondance. Il a d’excellents résultats mais il en a marre de revoir des choses déjà vu au cp ou avant. Il veut avancer. Alors pour le cp et le ce1 nous avions choisi ce type de scolarité mais je pense l’arrêter pour le ce2 et lui faire moi même le programme car ce type d’école est encore trop contraignant pour lui.
    Pour Edwige, il n’est pas dit que votre fils ne soit pas Hp car j’ai fait tester mon fils à 4ans, il avait obtenu 131 qi total mais vu qu’il travail avec moi à la maison, je vois qu’il bloque sur certaines choses. Donc il vient d’être tester à nouveau et là 109 qi total mais toujours aussi excellent en qi verbal 120 et là on voit bien qu’il y a un problème car le qi vitesse est en chute libre à 81 au lieu de 100 au 1er test. Donc maintenant je cherche ce qu’il pourrait le gêner mais encore seule car on ne trouve pas de professionnels qui pourraient nous orienter depuis 4ans. Donc la prochaine étape est un bilan orthoptique en janvier, puis nous avons enfin eût un rdv au CRA pour une suspicion d’asperger et en juin et pas avant la fin du ce1 un bilan orthophonique pour les dys.
    Voilà c’est un véritable parcours du combattant pour notre famille mais il est important de savoir ce qu’il a. Jusqu’à maintenant aucun pro ne nous a confirmé que notre fils est précoce ou HP, on nous a baladé de bilan en bilan. Mais il a passé un wppsi à 4ans et un wisc IV à 7ans chez des psychologue soit disant compétant dans le domaine de la précocité et je me suis bien rendu compte que non!! C’était juste pour faire le test chez eux. Pour le 2eme test je n’ai eût aucune explication de cette différence de points j’ai chercher sur internet et j’ai demandé à la psy de me calculer l’IAG qui est un autre mode de calcul pour le qi et qui correspond bien à certains hp ayant des troubles associés.
    Voilà donc nous on cherche encore….
    Très bon courage à vous tous.
    Jennifer

  13. Anonyme sur 13 décembre 2015 à 8 h 06 min

    Bonjour à tous, mon fils a été diagnostiqué à il y a 3 mois (il 14ans) , élève excellent jusqu’au 1er trim de la 4ème puis petite chute qui m’a alerté. hypersensible de nature, avec une “écriture de médecin” comme il le dit le bilan ortho dit qu’il est disgraphique (et mon fils dit que sa main va plus vite que son cerveau”) le bilan neuropsy dit “semble être précoce” mais le QI total ne peut être donné car différence entre le QI verbal et le QI performance : on parle de disynchronie (QI verbal 120, QI performance 102); mon fils est solitaire , très peu d’amis et s’il en a : un est dysléxique et l’autre dysléxique et disorthographique (j’ai remarqué qu’il “va” vers ce types d’ado). il aime un jeu de construction en particulier en réseau, au niveau scolaire à mon grand désarroi les résultats sont en dents de scie surtout en maths: j’ai également remarqué qu’il fonctionne par affinités avec les profs et dans le collège où il se trouve trés peu d’enseignants sont sensibilisés à ce type d’ado, j’ail’impression qu’il n’est plus motivé pour les cours, arrivé le soir il me dit qu’il a fait ses leçons mais j’ai bien l’impression qu’il les survole. il est donc suivi par une psychologue (sur les conseils de la neuropsy) pour des séances de sophrologie (gérer ses émotions, son stress car la moindre remarque déclenche chez lui des pleurs (moins depuis quelques temps) c’est une éponge me dit la psy) et je crois que ça lui fait du bien car il le dit et cela le soulage de savoir qui il est (pourquoi il fonctionne ainsi) et à nous ses parents aussi ( c’est vrai que son fonctionnement est différent du nôtre : après les tests de QI avec la neuro psy j’ai demandé des tests plus poussés sur le cognitif (NEUROPSY2) et j’arrive mieux à le cerner : par ex je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ça le stressait que je lui donne oralement des choses à faire (ranger sa chambre, vider sa poubelle) et surtout qu’il lui arrivait d’oublier : la psy m’explique que son cerveau n’enregistre pas comme le mien par exemple (pour faire court ) car je vous avoue que c’est très technique)
    aujourd’hui, je souhaite qu’une seule chose : qu’il soit bien dans sa peau, concernant les résultats scolaires je me suis fait une raison : habituée à 15 ou 16 de moyenne depuis la 6ème je me contente d’un 13 ou 14), le principal c’est qu’il soit épanoui dans sa vie , qu’il ait un métier et qu’il s’adapte à la société car il est vrai que cette socièté ne les comprend pas et rien n’est fait pour les aider.

  14. Viatitou sur 13 décembre 2015 à 10 h 43 min

    Bonjour, je suis maman d’enfants précoce et enseignante en CP CE1.J’ai beaucoup apprécié votre article. Mais Il est très difficile de lire les commentaires qui dénigrent les enseignants et de réaliser que vous dites à vos enfants qu’on est pas là pour les aimer mais uniquement pour notre auto-satisfaction (voir qu’avec nous ils ont acquis des savoirs). Je suis certes consciente que tous les enseignants ne tiennent pas compte des différences de chaque enfant (mon fils en a fait les frais l’année dernière, et cette année m’a parue longue), mais jamais je ne me suis permise de dénigrer son l’enseignante (même si je n’en pense pas moins!), nous avons composé, sommes allées voir un psy puis lui avons dit que ça changerait l’année suivante, qu’il lui fallait être patient et que de toute façon la vie ne lui apporterait pas que des satisfactions. Bref, je suis dans un double niveau, CP CE1, très difficile à gérer, avec plusieurs catégories d’enfants : ceux pour qui le niveau de classe leur correspond très bien , les enfants avec du retard et les précoces. Et il faut , avec 25 élèves dans la classe, un cours soit disant double (moi je dirais quadruple au minimum!!) , arriver à composer avec tout le monde. Et notre métier c’est ça : composer avec tous nos élèves (bons et moins bons), leur appendre à aimer venir à l’école,,, leur apprendre la réussite mais aussi l’acceptation de l’échec, l’acceptation de l’autre, de la différence. Je gère chaque année au minimum 2 à 3 enfants précoces dans ma classe chacun avec son caractère, ses qualités et ses défauts. Ce n’est facile ni pour eux, ni pour nous. Je le fais avec conviction et amour, je suis là pour les rassurer , les faire avancer, leur faire un câlin si nécessaire (eh oui, ça nous arrive encore et moi plusieurs fois par jour !), mais aussi leur apprendre à attendre , à supporter les autres et les différences, car la société est pleine de gens tous différents. Et chaque année les parents d’enfants précoces me remercient des efforts effectués pour comprendre leur enfant mais aussi pour les avoir aidés à s’intégrer. Traiter toujours la différence n’est pas une solution, mais chercher un moyen de les intéresser au sein de leurs pairs est mon travail. Je suis triste de voir l’image que certains parents d’enfants précoces ont des enseignants. Et croyez moi, sur les 12 enseignants de notre école (maternelle et primaire), seulement une ne tient pas compte de ces différences ! J’espère réellement que vous tomberez sur des enseignants compétents, n’hésitez pas à les changer d’école , mais évitez la déscolarisation, l’éloignement des autres enfants, car pour les précoces il est très difficile de se faire des amis. Mon fils commence seulement à se faire des amis, et il est au CM1, c’est très dur à vivre pour nous, parents et enseignant à la fois : l’invitation à son anniversaire où personne n’est venu!! Mais ils doivent apprendre à se confronter au monde, car le monde ne leur fera pas de cadeau! On lui répète souvent que c’est à lui de faire des efforts car effectivement les autres n’en feront pas. Puis un jour, à l’école, il se trouve 2 copains, eux même précoces. Et là tout va pour le mieux, une maîtresse qui le prend comme il est, qui le laisse rêver mais qui l’oblige également à faire le travail qu’on lui a demandé, même si ça ne l’intéresse pas. Et ce jour là, nous savons que nous avons fait le bon choix.

  15. Claire sur 13 décembre 2015 à 12 h 26 min

    Bonjour,
    Myriam, tes inquiétudes, je les partage.
    Ma petite fille est actuellement en cm2 et déprime réellement depuis environ un an. Elle a d’excellents résultats en classe. Elle ne manifeste son mal être qu’à la maison, se plaint de s’ennuyer à l’école, a toujours mal au ventre, est souvent en pleurs avant d’aller en classe et revient très souvent triste de l’école. Tout s’arrange pendant les vacances et les boules au ventre réapparaissent le dimanche soir avant le retour en classe.
    Nous venons de la faire tester et il s’avère qu’elle est précoce.
    Nous envisageons de la faire passer en 6ème à la rentrée de janvier ou de la préparer cette année pour faire en septembre sa rentrée en 5ème.
    Elle espère du plus profond de son coeur un passage anticipé le pus rapide possible.
    Nous sommes comme vous très inquiets, nous demandant si ce passage anticipé n’est pas trop tardif. Je pense qu’il faut que nous apprenions à lui faire confiance mais c’est difficile car depuis toujours, tout est aisé pour elle, et à la première difficulté rencontrée, elle baisse les bras, nous expliquant qu’elle est nulle. Elle n’est jamais fière de ses résultats et se rabaisse presque continuellement à ce niveau..
    La psychologue nous rassure en nous expliquant qu’un challenge dans sa vie pourrait lui permettre de retrouver sa joie de vivre.
    Je serais heureuse de pouvoir partager nos expériences car j’ai l’impression qu’il est rare que les enfants fassent des passages de classe anticipés aussi tardifs.

  16. AUBE sur 13 décembre 2015 à 12 h 41 min

    Bonjour,
    Je lis votre article, qui me perturbe beaucoup. Notre fille de 6 ans (CP) qui a toujours été “très éveillée” vient d’être testée. Le bilan ne laisse aucune place au doute et la psychologue lui a très bien expliqué ce qu’il en était. Elle nous conseille de la faire passer de suite en CE1. Son QI est de 137. Ce conseil nous a été prodigué aux vacances de Toussaint. Pourtant, lors de la commission éducative mise en place la semaine dernière, on nous a dit exactement le contraire: la psy scolaire a répété que son excellent résultat en langage (niveau 11 ans) était dû au fait que je suis prof de français et le directeur ainsi que les maitresses ont clairement expliqué qu’ils étaient contre un changement en cours d’année, qu’elle serait perdue et qu’elle a tout de même besoin de l’adulte, puisque lundi, son exercice de maths était faux…… Que penser alors? Nous avons posé notre questions, celle qui nous taraude depuis maintenant 3 ans: “est-ce normal, positif, et bénéfique, qu’un enfant trouve que ce qu’il fait à l’école est digne d’un bébé, et que tout est déjà acquis avant d’aborder la notion? “/ On nous a répondu que “tant qu’elle va bien, qu’elle ne semble pas rejeter l’école, on ne fait rien”. Nous essayons de faire confiance à l’équipe enseignante, (en tant qu’enseignante, comment faire autrement? ) mais mon opinion de parents n’est pas claire, et je suis vraiment perdue. Chacun a sa théorie, mais comment savoir laquelle est la bonne pour mon enfant??? Merci en tout cas de diffuser vos expériences, qui me font réaliser que vous lire m’apporte beaucoup, et que malgré ma réticence, il va falloir admettre de lire un peu plus pour comprendre ma fillette!!

    • lex sur 21 mars 2018 à 11 h 32 min

      Bonjour Aube,
      Hallucinant les différences de traitement selon les personnes que l’on rencontre. Notre fille est rentrée en GS pour la 1e fois l’an dernier (pas de maternelle pour cette enfant éveillée qui avait besoin évident de “découvrir le monde” ). Avant la Toussaint, elle se plaignait de faire des “choses de bébé” et avait commencé à apprendre à lire “toute seule pendant l’été. J’ai profité de la présente de la psychologue scolaire pour lui demander d’observer ma fille qui avait alors 5 ans et demi. Elle l’a observé en groupe puis lui a fait passé qques tests pendant 1h et s’est même étonnée qu’elle reste calme et attentive si longtemps. Puis j’ai fait une demande écrite pour un passage anticipé en CP avec son accord. J’ai eu un RDV 15j après avec les 2 écoles (maternelle et CP sont sur 2 villages séparés) et il a été entendu qu’elle ferait le matin au CP et l’après-midi en GS pour lui laisser le temps de s’habituer et de dire au revoir à ses copains (qu’elle adorait). Elle n’était pas triste mais très excitée l’idée d’aller chez les grands. Finalement le PPRE mis en place a été raccourci et après les vacances des la Toussaint, elle intégrait le CP sans aucune difficulté scolaire. Elle s’est intégrée à sa nouvelle classe, s’est très vite fait de nouveaux amis et attendait les anciens pour la rentrée prochaine, et suivait parfaitement (sauf au niveau moteur mais c’est pas très nouveau). Sa nouvelle maîtresse de CP était ravie et nous aussi de la voir s’éclater autant…. enfin.
      MAIS cette année en CE1, on dirait qu’elle s’ennuie à nouveau et a fait le tour des multiplications ou des accords de mots. Elle vient d’apprendre les tables de 1 à 5 et m’a demandé de les apprendre jusqu’à 9. Donc je les lui ai imprimées en lui disant qu’elle était libre d’apprendre ce qu’elle voulait et autant qu’elle le voulait. Difficile de ne pas la sur stimuler ma aussi de la laisser s’ennuyer. Cette semaine, elle m’a demandé d’aller en CE2 car elle doit penser qu’on peut passer d’une classe à l’autre sans problème 😉
      Et quand je lui ai dit que l’an prochain, il y avait des risques que le CE2 soit coupé en 2 : une classe CE1/CE2 et une classe CE2/CM1 (sur un autre village encore), je m’attendais à ce qu’elle veuille rester dans sa petite école où elle est arrivée l’an dernier avec ses copines, mais non sans hésiter, elle m’a dit qu’elle voulait aller ds l’autre village avec les CM1 pour écouter leurs cours. A chaque fois, elle m’étonne et on essaie de suivre. Elle n’a pas été testée donc je n’ai aucune certitude sur un potentiel HP mais beaucoup de signes depuis sa naissance m’y font penser.
      Tout ça pour vous dire que tout n’est pas perdu et peut-être que vous tomberez sur LA personne prête à vous entendre, et avec l’aide d’un médecin, vous parviendrez peut-être à changer votre fille de classe. En tout cas, je vous le souhaite sincèrement.

  17. Marino sur 13 décembre 2015 à 22 h 09 min

    Bonsoir Françoise, bonsoir à toutes.
    Mon petit garçon de 5 ans a été détecté précoce l’année dernière suite à son “entretien” avec la psychologue scolaire. Il a un très bon niveau de langage et parle couramment depuis l’âge de 2 ans. Il lit couramment depuis un ans, lit l’heure et maintenant, il apprend l’anglais tout seul avec une facilité déconcertante. A côté de ça, il fait encore pipi au lit, ne veut pas apprendre à faire du vélo (aucun intérêt) et est hypersensible. Il souffre d’eczéma et se gratte au sang et dès que je le reprends, il pleure. Il n’accepte pas de ne pas savoir faire quelque chose ou de se tromper et c’est épuisant d’autant qu’il a une sœur de 3 ans et demi et un frère de 14 mois. Bref, côté motricité, il a pas mal de soucis bien qu’il ait fait beaucoup de progrès. Il voit une ergo car a des problèmes de graphisme et de manipulation fine, une psychomotricienne pour mieux appréhender son corps. Ma préoccupation n’est pas de le faire sauter une classe : il est de fin d’année et pas assez mature pour se défendre face à des enfants plus virulents, lui qui est plutôt calme. Ma préoccupation est surtout de le voir heureux d’aller à l’école et pas encore éteint. Je m’interroge cependant sur son avenir et sur l’attitude de l’équipe enseignante de l’école primaire. Il a la chance d’être dans une petite structure et ils ne seront que onze au CP l’année prochaine. L’avenir est un point d’interrogation parce que je sens qu’il peut rapidement basculer et s’éteindre. Je partage les inquiétudes de bon nombre de parents qui témoignent ci-dessus. Merci à tous.

  18. Sylvie sur 14 décembre 2015 à 7 h 33 min

    Bonjour
    En effet le système d’education actuel n’arrive pas a motiver nos jeunes et plus particulièrement les eip. Résultat : mon fils de 16 ans qui est précoce dans 2 indicateurs du test Wisc4 est en décrochage scolaire…

  19. PARLANT sur 14 décembre 2015 à 9 h 39 min

    Bonjour,
    mon fils a 9 ans et demi et je le reconnais bien dans cette description, besoin d’aller toujours plus loin. il doit passer des tests pour pouvoir aller dans une école spécialisé HP car il en est à refuser de travailler, s’ennuie et ne cherche pas à aller plus loin. hors là on lui a dit qu’il pouvait selon les tests sauter une classe et je retrouve en lui une petite flamme alors qu’il est limite dépressif. Merci pour votre article

  20. PARLANT sur 14 décembre 2015 à 9 h 44 min

    aube : si les tests sont catégoriques allez jusqu’au bout de votre intuition, j’ai repéré mon fils dès 4 ans et 5 ans et demi j’en suis toujours au même point car j’ai écouté l’école. Mon fils aussi a des lacunes mais j’irai jusqu’au bout de ma démarche car je suis maintenant convaincu. Même le directeur de son école me dit qu’il est dépassé et n’arrive pas à trouver des solutions. Faire confiance à votre instinct de mère c’est le meilleur

  21. FAB sur 14 décembre 2015 à 9 h 45 min

    bonjour,
    tous ces commentaires me laissent perplexe et je suis remplie d’émotions en lisant tout ça…mon fils a maintenant 14 ans 1/2, il est tout de même en 3 eme…mais à quel prix ! En galère scolaire depuis qu’il a intégré le CP, toutes ces années ont été couronnées de jugement, de “cataloguage” , d’observations négatives et d’incompréhension ; c’est par des initiatives personnelles que l’on a commencé à chercher d’où provenait le problème.
    Après la recherche de dyslexie qui s’est avérée négative, le maître E en primaire n’a pas commencé de suivi, estimant que mon fils avait toutes les compétences nécessaires. Son entrée en 6 eme a été fatale ; Sa sensibilité exacerbée a conduit mon fils à s’occuper des camarades en situation sociale précaire ! Les profs déstabilisés par son attitude l’ont jugé immature et le redoublement en fin d’année était au programme. Donc, rdv avec le principal qui l’a renvoyé dans ses quartiers en lui expliquant clairement que s’il ne travaillait pas plus, il irait en CAP et en plus sans choix !! Menace complétement inutile et j’ai de toute façon obtenu qu’il passe en 5 eme. Il était content ; la psychologue, après réflexion a commencé à parler test et a finalement décidé de l’effectuer. Nous pensions que tout serait résolu avec une explication ; mais le diagnostic fait, le sous entendu de précocité n’a rien changé ; il a passé par des étapes laborieuses et décourageantes au point de s’approcher de la phobie scolaire en début de cette année 2015 ; le 1er test réalisé par la COP du collège n’a finalement pas été suivi par l’équipe enseignante et j’ai du au printemps faire appel à une libérale pour creuser un nouveau test plus complet. C’est chose faite avec 10 séances dispensée par une psychologue clinicienne spécialisée dans la précocité ; test hétérogène avec TDA, ce qui expliquait bien son attitude !
    J’ai fait des demandes de dérogation pour qu’il intègre un autre collège public alentour..sans succès…Donc comme il ne voulait plus retourner dans ce collège, j’ai recherché un établissement privé. Rentrée difficile…incompréhension, heures de colle, mots dans le carnet, j’ai du au bout d’un mois me présenter au collège ! et là impuissance ! encadrement positif tout de même, mais méconnaissance de ce profil. Il travaille très peu, mais a tout de même 10.5 de moyenne et présente des lacunes en français qu’il n’utilise de façon verbale avec un QI de 135, alors qu’il est a 125 de QI total, sa mémoire de travail est altérée et une non prise en charge l’a desservi. Le dernier bilan d’orthophoniste a décelé une légère dysgraphie et dysorthographie ce qui nous a conduit à demander un tiers temps pour le brevet et reçu l’accord ; il est super content !
    Maintenant, nous attendons le RDV avec le neuropsychologue et avançons dans notre démarche pour aboutir à terme à l’intégration d’un établissement accueillant les HP ; il en rêve !!!!
    Heureusement qu’il est entouré et compris par ses proches, car la chute aurait été sévère ; je me garde de montrer mon amertume contre Education nationale que j’ai interpellé,et dont je n’ai trouvé aucun soutien ; je trouve scandaleux de mettre en marge des enfants à profils spécifiques et que les enseignants soient aussi bornés et se sentir aussi supérieurs face des comportements inconnus pour eux sans chercher de solution, sauf il faut qu’il s’adapte !!! Il ne sait faire que ça en faite…
    Alors, toutes les lectures du monde, toutes les associations du monde auront peut être un impact sur ce bloc qui est l’enseignement ou l’on fabrique à mon sens de l’échec scolaire à tour de bras ! quel dommage de ne pas laisser s’épanouir de tels enfants qui ont tellement à apporter ! Mon fils a son projet scolaire, mais voudrait déjà être dans la vie active…comment lui expliquer et le temporiser… merci les HP d’être parmi nous et de nous ouvrir un mode de pensée différente pour faire évoluer la société.

  22. Martine sur 14 décembre 2015 à 11 h 37 min

    Bonjour,
    je suis directrice d’école et enseignante, maman de deux enfants précoces.
    Je dois avouer que ce n’est pas facile d’élever des enfants précoces car il faut leur consacrer plus d’attention que les autres, au moment où il le faut. Sinon, ils se sentiront frustrés. Mon entourage refuse de comprendre qu’ils ne sont pas comme les autres car dans la société antillaise, il faut rentrer dans le moule sinon on vous catalogue de mal élevé. Petit à petit, les enseignants sont sensibilisés au “fonctionnement” de ces enfants particuliers. Cela a toujours existé mais par méconnaissance du sujet, on les cataloguait comme des enfants délurés, perturbateurs, asociaux voire mal éduqués. De plus, en plus, les enseignants commencent à comprendre ce type d’enfants.
    Personnellement, c’est en permanence que je cherche un moyen de motiver mes élèves, toujours leur donner un but “apprendre ceci dans le but de …”. Et, ils me le rendent bien. EIP ou pas, tous mes élèves bénéficient de ce traitement, plus contraignant pour l’enseignant qui doit sans cesse se remettre en question et chercher un moyen novateur d’aborder les notions mais tellement gratifiant.
    J’encourage tous les enseignants à faire de même.

  23. Françoise sur 14 décembre 2015 à 16 h 23 min

    Bonjour à tous,

    Mon article suscite beaucoup de commentaires qui montrent bien le parcours difficile pour un enfant précoce qui n’entre pas dans le moule de l’Education Nationale.

    Vos commentaires montrent bien qu’il n’y a pas un type d’enfant précoce mais réellement différents profils, tous particuliers, avec des besoins particuliers. La constante cependant est la nécessité d’une adaptation à ces besoins particuliers, souvent pas grand chose, au moins un signe d’intérêt, afin que l’enfant précoce se sente pris en charge. Je crois qu’on ne peut ignorer aujourd’hui ce fonctionnement différent des enfants précoces, surtout lorsqu’il est clairement établi par des professionnels (en général suite à des difficultés scolaires car la majorité des enfants à haut potentiel repérés le sont car quelque chose bloque à un moment), sous peine de risquer l’échec scolaire de ces enfants à un moment donné. Car il s’agit bien et uniquement de leur permettre de continuer à progresser dans le système scolaire, comme tout un chacun, en leur permettant par des systèmes de passerelles, d’enrichissement et d’approfondissement d’évoluer à leur niveau réel.

    Pour les enseignants présents sur le site, oui, certaines réflexions sont dures à entendre et nous savons qu’il y a, heureusement, des enseignants attentifs et qui font leur travail avec passion et coeur, merci à eux ! Malheureusement, bon nombre de parents sont aussi confrontés à des situations de blocage total et d’incompréhension, (voir commentaires plus haut) qui font beaucoup de mal à leurs enfants, car il s’agit de leur avenir encore une fois, ceci malgré les textes officiels, et ces situations sont très douleureuses pour des parents obligés de trouver eux-mêmes les solutions et de se “battre” seuls contre tous.

    J’espère que cet article aidera vraiment à donner un éclairage sur les besoins fondamentaux d’un enfant précoce, besoin d’être stimulé, sollicité, d’avancer…, qu’il aidera les parents à prendre les bonnes décisions pour leurs enfants, et permettra aux enseignants d’avoir une autre vision sur certains enfants rêveurs, agités, trop bavards, trop curieux.

    J’encourage tout le monde à discuter, parler de la sensibilité de ces enfants, de leurs centres d’intérêts, à l’école, lorsque le décalage école/maison est évident. Il y a alors sans aucun doute quelque chose à faire, et la meilleure solution est la concertation et l’entente parents/enseignants.

    Bon courage à tous.

  24. vermer sur 14 décembre 2015 à 18 h 36 min

    Merci pour cet article qui reflète malheureusement d’ailleurs très bien le parcours de mon fils agé aujourd’hui de 14 ans et scolarisé en première S. Il me semble( un euphémisme!), et ce malgré les deux sauts de classe effectués en primaire, que mon fils dépérit d’année en année. Alors qu’il était un enfant curieux, insatiable et souriant, il n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même. Il a passé des années à attendre qu’enfin l’école partage avec lui un savoir et des connaissances motivants, en vain. Que ce soit du côté des psychologues ou du côté des enseignants, le discours était le même: “attend” ça va venir, et surtout adapte toi, pas d’autre choix que de subir patiemment année après année.
    Il est déconcertant de constater que l’éducation nationale ne fait que peu ou surtout pas d’effort pour accueillir ces enfants là dans leur mode d’apprentissage et leur intégration. J’ai eu des enseignants qui en fin d’année se sont excusés de l’année qu’avait passé mon fils isolé à attendre sans avoir de nourriture intellectuelle correspondant à son appétence. Même l’école dite spécialisée HP de notre ville ne proposait aucune pédagogie particulière, seulement de les regrouper entre précoce,sic!
    Au fil des années mon fils a pensé que finalement il valait mieux être comme tout le monde, et il s’est appliqué à disparaître derrière un masque, une attitude attendue, conforme jusqu’à finir par exprimer qu’à force il ne savait plus qui il était vraiment.
    Que d’heures passées chez le psy pour que l’insupportable devienne supportable et continuer à aller à l’école! Quel coût financier et émotionnel pour terminer en dépression à l’age de 12 ans… Je ne ferais peu état des inepties que j’ai pu entendre de la part des enseignants (j’ai quand même été convoquée en moyenne section pour être informée que mon fils devrait être réorienté le plus tôt possible vers un métier manuel car il était en incapacité de rendre aucun travail demandé… Sans s’interroger du pourquoi…) qui pour la plupart ne s’informent pas et avancent préjugés sur préjugés. jusqu’à penser la précocité comme le dernier phénomène de mode.
    Que dire aux final de ces enseignants qui ont pouvoir sur l’orientation et le devenir des enfants;
    suite à sa dépression et au harcélement subi au collège, mon fils a été descolarisé une partie de sa troisième; avis d’orientation: redoublement car cela n’aurait pas été juste par rapport aux autres élèves de le laisser passer en seconde malgré ses capacités pourtant attestées et reconnues. Et que dire de l’idée sous jacente que le saut de classe est une erreur et ne répond qu’à l’exigence de certains parents qui “poussent” leurs enfants dans les apprentissages…Idée encore reprise au lycée et son corollaire: ‘il vaut mieux pour son épanouissement que l’enfant soit en classe avec des enfants du même âge.
    Nous supportons seuls le coût de cette inadéquation entre le système scolaire et la précocité qui se répercute sur toute l’organisation de la famille. Aujourd’hui mon fils n’a plus confiance en lui-même, a une estime de lui même nulle, n’a plus d’envie, n’a plus de sens non plus. Pourtant les tests effectués sur la demande d’une enseignante en grande section ont révélé un QI très homogène et se situant à 139 sans aucun troubles associés dys ou TDA;;;
    Je ne doute pas que certains parviennent à effectuer une scolarité dite “normale” mais pour combien d’autres en échec de diverses manière. Et je reste scandalisée de la non prise de responsabilité de l’éducation nationale face à ce défi d’intégration que d’autres pays ont su pourtant gérer car j’oubliais, lorsque l’on est précoce (terme mieux toléré que haut potentiel qui soulignerait l’idée d’une certaine superiorité), il est préférable de faire profil bas sous peine d’être rapidement étiqueté prétentieux, donneur de leçon voir irrespectueux si d’aventure vous aviez l’idée de souligner des erreurs ou d’autres façons de procédés…
    Mon fils conclue aujourd’hui qu’il est une erreur de la nature ( tendance suicidaire avérée dès 12 ans car il aura au moins appris à subir le harcélement de ses pairs pendant 2 ans) et qu’il aurait préféré être tout sauf précoce!
    Il demande à être descolarisé et à passer son bac en candidat libre avec quelle perspective ensuite de pouvoir intégrer des “grandes” écoles…
    Il serait grand temps que le rapport Delaubier ou les publication au BO soient suivis de réflexions sur la pédagogie pour ses enfants, de formation pour les enseignants pour lever les méconnaissances, et surtout d’action concrètes…
    A suivre…

    • bhr sur 25 septembre 2018 à 16 h 17 min

      Bonjour, aujourd’hui mon cadet (EIP) a 12ans, déscolarisé (harcèlement à l’école aussi) donc on l’a pas remis au collège à la rentrée, il fait l’école à la maison, mais ne travail pas plus, pleur tout le temps dès qu’il ne comprend pas un exercice ou si le sujet ne l’intéresse pas, il n’essaye même pas, je ne sais plus comment le rassurer ou le motiver, pareil il n’a pas de troubles associés, (je suis moi même HP TDA + Dys, mon 14 ans est en segpa (cette année il commence les stage en entreprise, il a trouvé sa place et ça va mieux) avec TDA avec plusieurs Dys, ma 9ans est EIP et TDA sans trouble Dys mais c’est une fille, donc c’est encore différent et n’a aucun soucis pour le moment, etc….) donc grande famille (5 enfants en tout et un papa asperger en plus!) pas facile d’être assez présente pour tous et pour chacun individuellement en même temps. Mais là je ne sais plus du tout quoi faire, pas d’école ou de cursus adapté pour lui ni dans ce département (haute vienne) ni dans le département limitrophes (creuse). il est actuellement en 5ème à la maison, et c’est très très difficile de rallumer sa petite flamme perdu! Donc question, depuis votre post en 2015, qu’est devenu votre 12ans? Comment à évoluer sa scolarité? Comment avez vous fait pour rallumer sa petite flamme? etc…

  25. Valérie sur 15 décembre 2015 à 12 h 39 min

    Bonjour,
    Moi aussi je suis très touchée par votre article Françoise bien sûr mais surtout par les commentaires des parents. Tellement de souffrance… je suis aussi impressionnée par le nombre d’enseignant/es concernés de manière privée. Je ne cache pas que cela me fait peur pour l’avenir, mais m’emplit aussi d’une grande rage de moins en moins baillonnée envers un système éducatif qui n’est tout simplement plus adapté à la réalité – pas seulement envers les eip. Heureusement qu’il y a au-delà du système des personnes d’exception qui s’intéressent vraiment aux enfants. Il faut avoir la chance de les rencontrer ou la possibilité de les chercher. Notre fille de 6 ans vient de commencer l’école (nous sommes en Allemagne) et pendant 6 mois nous avons remué ciel et terre pour obtenir l’institutrice quie nous semblait adaptée et grande chance parallèlement l’école a mis en place une classe 1ère à 4ère (école “primaire” ici) avec cette institutrice; et ça c’est la partie chance, car exactement ce qu’il fallait pour notre fille. Nous avons déjà décidé de faire à l’avenir selon notre coeur et notre ventre certes en prenant en considération les avis d'”experts” mais en décidant par nous-mêmes. Après quelques mois de classe et malgré les conditions extrêmement positives notre conclusion est que le top pour notre fille serait l’école à la maison avec un ancrage dans un groupe d’enfants dans les mêmes conditions. Mais ici en Allemagne on ne peut pas faire ce choix.. donc voyons comment cela se développe et restons vigilants.
    Notre expérience est pour le moment

  26. Vanessa sur 21 décembre 2015 à 16 h 12 min

    Mon fils a aujourd’hui 8 ans, quand il est entré en TPS à 2 ans et demi nous sommes malheureusement tombé sur une institutrice qui l’a pris en grippe presque aussitôt et qui prenait un malin plaisir à venir me faire les comptes rendus catastrophiques après chaques sorties de classes. Elle n’admettait pas qu’un petit de cet âge qui était censé découvrir l’école dans un premier temps terminé le travail demandé aux enfants de plus de 3 ans avec beaucoup plus de facilité et de maîtrise que les enfants de PS, de plus mon fils a toujours été “froid”, encore aujourd’hui il a un comportement sévère avec les gens qu’il ne connait pas, et les gens qu’il n’apprécie pas, donc la maîtresse n’appréciait pas qu’il ne veuille pas chanter les comptines ou participer oralement. Nous avons passé une année difficile, entre prise de tête avec la maîtresse et diplomatie avec mon fils, l’année s’est enfin achevée, nous avions décidé de le changer d’école et par chance la directrice nous a appris que cette personne ne serait plus là l’année suivante. Quel miracle quand la nouvelle maîtresse est arrivée, mon fils est resté pour le coup en PS, il aurait pu aller en MS vu son niveau mais honnêtement je ne regrette rien, elle a su lui redonner gout à l’école, cette année là il avait des copains ! Juste un miracle ! Elle a tout de suite compris comment fonctionné Quentin et ce fût la révélation pour lui, aujourd’hui il a bientôt 8 ans, il est en CE1 il a une moyenne qui frôle la perfection et quand on lui parle de passer des classes il nous dit clairement qu’il préfère rester là avec ses copains à apprendre tranquillement et qu’il n’a pas besoin de se presser et de sauter des classes.

  27. Mahi sur 20 septembre 2016 à 20 h 39 min

    Bonjour,
    Si j’ai lu avec attention votre article c’est bien en espérant y trouver des ressources pour aider un de mes élèves. Je suis enseignante. Tous les élèves sont différents et nous mettons en place un fonctionnement de classe pour permettre à chacun de se sentir bien et d’apprendre dans les meilleures conditions. La précocité est une difficulté à l’école, elle l’est aussi à l’extérieur. Un élève déscolarisé de par sa précocité est arrivé une année dans notre classe. Sans l’école, il ne réussissait pas à s’épanouir non plus. A l’école, il a retrouvé une joie de vivre, même si tout n’était pas motivant, nous nous efforçons toujours d’être à l’écoute et avons bcp échangé avec la maman. Dans l’éducation nationale, il y a aussi de bons enseignants, chaque métier est porté par une personne. je ne crois pas qu’un système fasse recette plus qu’un autre, c’est ce que chacun peut et veut donner qui fait la différence.
    Merci en tout cas pour cet article éclairant.

  28. Célia sur 16 avril 2018 à 15 h 30 min

    Bonjour,
    Mon commentaire vient un peu tard mais j’espère que vous pourrez quand même y répondre.
    Merci pour votre article fort intéressant. Mon fils a 3.5 ans. Il a parlé très tôt (on comprenait tout ce qu’il disait avant ses 2 ans), il a toujours eu des réflexions très poussées pour son jeune âge, il retient tout ce qu’on lui dit (sauf ce qu’on lui dit de ne pas faire :-)). Il a un caractère très difficile à gérer pour nous. Il est constamment en demande d’attention, parle sans cesse, … Actuellement il est gardé par une fille au pair à la maison (en Suisse, nous commençons l’école à 4 ans révolus). Mais je sens qu’il s’ennuie beaucoup. Auriez-vous des pistes/des idées/des jeux pour le stimuler durant la journée sans toutefois le surstimuler (j’ai peur qu’il apprenne beaucoup trop de choses et qu’il s’ennuie ensuite à l’école -dans 1 an et demi seulement- comme j’ai pu le lire dans vos commentaires…)
    Merci d’avance pour votre aide.
    Célia

  29. auré sur 18 février 2019 à 11 h 06 min

    Bonjour,
    Je vous lis, …Et j’ai l’impression qu’il y a eu un déclic chez chacun de vous pour dire que votre enfant était “différent” …
    Pour notre part..notre petite a déjà fait une année d’accueil et aime allez à l’école…Mais ces exercices sont très souvent excellents… Cette année l’instit lui consacre l’après midi du temps pour des apprentissages plus “compliqués” car elle ne fait plus de sieste depuis Noel de l’année passée.
    D’après l’instit , elle n’est jamais rassasiée, et à la maison elle veut apprendre à lire à écrire, on apprend les additions , etc… Mais elle se braque dès qu’elle n’y arrive pas … 🙁
    Nous nous posons de plus en plus de questions avec mon mari, mais on ne sait pas si on n’est pas juste “fiers” des progrès constants qu’elle fait. Est-ce nous qui exagérons les nombreuses questions qu’elle nous pose inlassablement? Bref nous avons peur d’être jugé et d’être pris pour des parents qui surestime leur enfant aux yeux d’un éventuel test… (et si le jour du test , elle n’en faisait qu’à sa tête ? ou elle faisait le “bébé'”? )
    Nous sommes un peu perdu … Que nous conseilleriez vous?

    • Françoise sur 19 février 2019 à 10 h 22 min

      Bonjour,

      Quel âge a votre fille ? Pour avoir une idée un peu plus précise de ses connaissances et attentes et de la satisfaction qu’elle peut obtenir en classe, vous pouvez vous procurer des livres d’activités des classes supérieures et voir ainsi ce qui l’intéresse et ce qu’elle comprend. Cela vous donnera une idée d’un éventuel décalage qu’elle peut vivre. Si la maîtresse la comprend et enrichit pour elle c’est une bonne chose. Peut être faudra t-il envisager avec elle l’opportunité d’intégrer la classe supérieure par moments ou petit à petit, à voir ?
      Si le décalage vous semble énorme, la psychologue scolaire pourrait observer votre fille au préalable. N’hésitez pas à ouvrir la discussion avec la maîtresse qui semble attentive à votre fille.

  30. Drinz sur 11 décembre 2019 à 10 h 00 min

    Bonjour,
    tout d’abord merci pour cet article qui m’a éclairé sur beaucoup de points.
    Je suis maman d’une petite puce de 3 ans qui est entrée en petite section cette année et beaucoup de chamboulement à la maison sont venus s’ajouter à cette arrivée à l’école.
    Ma fille a parlé très tôt, premiers mots avant ses 1 ans, une soif d’en découvrir des nouveaux et de savoir les prononcer comme il faut même si ils étaient compliqué, phrases complète avant ses 2 ans et aujourd’hui fait des phrases longues et argumentées, avec parfois des réflexions pertinentes dans des conversations d’adultes. Elle a appris tôt les parties du corps étant capable a 18 mois de dire au médecin qu’elle avait mal au cou et effectivement elle avait une angine et les couleurs entre autres…
    Je reconnais dans votre article l’éveil et la soif de connaissance jusqu’à ses 3 ans…
    Puis l’école est entrée dans l’équation et la plus rien ne va. Ma fille me dit souvent qu’elle ne veut pas y aller, je pense que l’école n’est pas le problème, c’est surtout qu’elle voudrait rester avec papa et maman… Mais au delà de ça, elle se renferme un peu, manque de confiance en elle, elle semble moins épanouie. Des soucis de comportements à la maison, qui semblaient se répéter à l’école… Nous avons donc eu un rendez vous avec la maîtresse cette semaine et le bilan qu’elle nous a retranscris est le même que celui de la maison et aussi quand elle est chez papi et mamie par exemple.
    Elle a du mal à rester concentrée très longtemps, mais lors d’une tâche qui l’intéresse et lui plait elle peu par contre rester attentive pendant plus longtemps que les autres, lors d’un spectacle elle ne tient pas en place sauf si l’atsem ou la maîtresse la prenne sur les genoux il semble qu’elle est besoin d’être rassurée et cocoonée qu’on s’occupe d’elle, elle a du mal avec les contraintes les consignes, elle est dans la lune on lui parle et elle est complètement ailleurs elle ne répond pas et au bout d’un moment “quoi ?” avec un air à l’ouest genre tu m’as parlé?.
    J’ai dis à la maîtresse qu’il m’arrivait de me demander si elle n’était pas hyperactive, elle n’a pas dit oui mais n’a pas dis non mais à ce moment là elle insisté sur le fait que ma fille comprend très bien tout ce qu’on lui dis et qu’elle à surtout l’air dans la lune, elle est perspicace, percute vite et n’est absolument pas en retard bien au contraire… Elle nous a conseillée de l’amener voir un psychologue pour pouvoir parler un peu de la maison et voir si il n’y a pas autre chose derrière…Elle nous a conseillé aussi d’aller faire un bilan ophtalmo et audition pour écarter cela même si elle pense et moi pareil que ça n’est pas lié.
    Je ne sais pas quoi penser et quand je regarde effectivement ma fille ne correspond pas aux symptômes de l’hyperactivité ou de troubles d’attention mais je la retrouve quand je vois des détails concernant la précocité…
    Si la maîtresse semble vraiment attentive et bienveillante, j’espère que nous serons également bien conseiller pour savoir ce qu’il en est vraiment au niveau du corps médical… Peur aussi d’entendre que je surestime mon enfant mais pas envie de laisser ma fille dans ce mal être car je vois qu’elle n’est pas bien…
    J’angoisse et je me pose beaucoup de question… Quel a été le chemin parcouru pour arriver au diagnostic définitif et certain de l’enfant précoce ? Quel est le rôle de chacun dans son parcours, enseignant, parents, médecins ? Qui pose le diagnostic ? Quelle prise en charge s’il s’avère positif, y a t-il un suivi particulier à mettre en place ?

    • Françoise sur 12 décembre 2019 à 10 h 29 min

      Bonjour Dring,

      J’ai l’impression à vous lire que votre fille a simplement besoin d’être valablement occupée, et qu une forme d’ennui pourrait l’amener à la rêverie ou à l’agitation selon le cas. L’entrée en maternelle est souvent révélatrice en cas de haut potentiel, avec ce type de comportements.
      Ce que vous pourriez faire dans un premier temps est de parler de l’éventualité du haut potentiel au psychologue scolaire, sur demande de la maîtresse. Elle par ailleurs pourrait enrichir ses tâches pour voir si elle se concentre mieux, s’occupe mieux. Bref elle devrait “tester” un peu ses connaissances, aller plus loin avec elle, lui proposer des activités de moyenne section si possible…
      Pour un enfant qui a simplement des besoins accrus, il n’y a pas besoin de suivi particulier sauf répondre à ses besoins.
      Le comportement problématique à la maison n’est peut être que l’expression de son ennui en classe.
      Avec de la bonne volonté la maîtresse peut donc dans un premier temps enrichir son travail et vous vrrez si cela lui fait du bien.

  31. Bien-aime Louis Madina sur 6 mars 2020 à 8 h 03 min

    Bonjour
    Je suis très contente de lire tes mots c’est exactement ce que correspond à mon fils. Mon fils à commencé à lire le nom de ses camarades au jardin d’enfants. À 3 ans et demi il a commencé à lire les livres d’enfants comme “Franklin fête son anniversaire” il a compter jusqu’à 100, connaissait les couleurs primaires quelques formes et commençait à écrire son nom. Maintenant il a quatre ans, je trouve que l’école ne le stimule pas. En plus il est noir je pense qu’il n’attire pas trop d’intérêt pour la maîtresse qui veut pas trop reconnaître qu’il est precose. Il me toujours des questions comme la dernière fois il m’a ” quand à été créée Google, et quand Jésus a été née. Je m’inquiète pour la suite parce qu’il est de moins en moins intéresser à lire ou écrire.
    Merci

  32. Emilie sur 6 mars 2020 à 22 h 54 min

    Bonjour
    Notre fils de 6 ans HP homogène vit des moments très compliqués à l ecole.
    Et ceci s’accentue il pleure le matin , se dit qu’il est nul en permanence qu’ il ne comprend rien en math…
    Il est de plus en plus angoissé et nous ne savons plus quoi faire. L’école ne le supporte plus car il perturbe la classe et le bon ordre. Il n’est jamais valorisé. Comment lui rendre confiance en LUI?

  33. Lilie Lie sur 25 janvier 2021 à 22 h 51 min

    Bonjour, article intéressant mais à la lecture des commentaires quelque chose me gêne énormément : j’ai l’impression que beaucoup de parents, lorsqu’ils pensent reconnaître leur enfant dans les difficultés qui se manifestent parfois chez les enfants à haut potentiel, perdent de vue les autres aspects de la vie de leur enfant, et ont tendance à se focaliser sur le lien entre hp et les difficultés rencontrées, à percevoir leur enfant à travers ce prisme uniquement, en faisant trop rapidement à mon sens le raccourci entre Qi et problèmes d’ordre emotionnel/psy/scolaire. Bien évidemment le haut potentiel va probablement venir compliquer voire accentuer ce type de difficultés du fait de cette différence de fonctionnement intellectuel, de la différence de perception et de compréhension du monde qui nous entoure, et d’une manière de nous y adapter bien spécifique. Mais un QI (qui n’est pas un diagnostic car le haut potentiel n’est pas une maladie) n’est qu’une moyenne de performances obtenue a un instant t dans un contexte donné, à mettre en lien avec tout ce qui constitue la vie de l’enfant, sans quoi il est vide de sens. Il peut permettre une compréhension très intéressante des points forts et faibles, des particularités de fonctionnement et servir de base à des approfondissements plus poussés. Je comprends qu’en tant que parent ont ait envie d’y trouver toutes les réponses qui nous permettront de comprendre notre enfant et de l’aider au mieux, et il y contribue effectivement. L’important ne me paraît pas être dans le chiffre, mais dans tout ce qu’il y a autour, toutes ces singularités qui font que chaque enfant, hp ou non, mérite d’être compris et reconnu dans tous les traits qui le caractérisent, et d’être accompagné avec bienveillance. Je suis attristée de lire dans beaucoup de commentaires que ce n’est pas toujours le cas et que beaucoup de parents doivent se battre pour la reconnaissance des particularités de leur enfant (qu’il soit hp ou non). Je suis hp, maman d’une petite fille de 4 ans, et il est fort probable qu’elle le soit également, elle va pour l’instant très bien et a la chance d’avoir des enseignantes bienveillantes et qui parviennent à gérer avec la grande variété de besoins particuliers des élèves de la classe, ma fille est reconnue dans son envie de tout comprendre et ses questions pointues, mais également dans son côté solitaire et son empathie très forte, mais aussi dans sa manière parfois de répondre très sèchement et de refuser tout ordre non expliqué. Je n’ai pour l’instant pas décidé de la “tester” tant que rien ne justifie qu’un bila n psy lui soit proposé (ce n’est pas anodin et avoir un QI ne me paraît pas nécessaire pour l’instant), cela avait été très difficile à vivre pour moi lorsque j’ai été identifiée, à 6 ans, comme enfant précoce (pression, peur de décevoir, complexe de l’imposteur, je me suis sur-adaptée à ce que l’on attendait de moi en tant que petite surdouée, avant de me rebeller à l’adolescence pour faire tout l’inverse). Personnellement être étiquetée a été pour moi une source d’anxiété, d’où mon malaise à voir à travers certains commentaires que les enfants “SONT” EIP, HP, précoces… J’ai peur que si ma fille commençait à avoir des difficultés a l’école, on n’y verrait qu’un lien avec le haut potentiel, et qu’on oublie tout le reste. Les mots ont un sens et j’aimerais que l’on n’oublie pas qu’ils sont d’abord des enfants, avec effectivement une intelligence particulière, des intérêts particuliers, une sensibilité et un rapport au monde, un parcours de vie avec des moments difficiles, une famille, une vie sociale, éventuellement des troubles de diverses natures, une appétence pour les apprentissages scolaires ou pas… je repense à cette phrase lue un jour dont j’ai oublié l’auteur : “ce ne sont pas des enfants comme les autres, mais comme les autres ce sont des enfants”. Je ne souhaite offenser personne par ce commentaire, j’ai conscience que chacun fait de son mieux et si j’ai mal choisi mes mots j’espère que l’idée générale sera comprise (je n’ai pas l’habitude d’écrire des commentaires, j’ai pris le temps ce soir pour je ne sais quelle raison en ignorant si quelqu’un lira jusqu’à la fin :)). Esperant avoir contribué à faire avancer vos réflexions avec le partage de ma petite expérience, je vous souhaite à tous de trouver des professionnels à votre écoute et à l’écoute de vos enfants dans le respect.

    • Françoise sur 26 janvier 2021 à 17 h 21 min

      Bonjour Lilie Lie,

      Je vous remercie pour cet éclairage, que je partage. Pour résumer, l’équilibre de l’enfant précoce passe par la connaissance de ses particularités (failles, atouts, caractère, émotivité….), afin de pouvoir lui offrir une vie équilibrée quel que soit le contexte auquel il est confronté. Pour vous donner un contre-exemple, lorsque nous avions procédé à un test de qi pour notre notre aîné après différents passages chez l’orthophoniste, séances de psychomotricité… à la demande de l’école qui ne comprenait pas notre enfant, le psychologue nous a dit ” il est à haut potentiel, ne vous en faites pas, tout ira toujours bien pour lui !”, sans plus. Mais ne ne savions toujours pas pourquoi il ne jouait pas avec ses camarades, était tantôt joyeux tantôt ailleurs, ne s’épanouissait pas dans les activités proposées pour son âge…Il a fallu que nous creusions et voyions quelqu’un d’autre pour comprendre la hauteur de ses besoins et comprendre comment l’entourer, pas uniquement dans le cadre scolaire d’ailleurs mais partout et tout le temps. En fait le QI n’est qu’un moyen (surtout lorsqu’on n’est pas habitué au sujet) permettant de de trouver des explications à maints décalages qui influencent fortement leur vie. A nous de les entourer au mieux avec un regard éclairé sur nos enfants.
      J’aurais tendance à dire que ce sont des enfants intenses.

Laissez un commentaire





Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez notre plaquette d'information sur l'élève à haut potentiel !

Identifier et accompagner l'élève à haut potentiel intellectuel

L'école et l'enfant précoce ne font pas toujours bon ménage. A travers les 32 pages de ce livret, découvrez pourquoi il est important de tenir compte des besoins particuliers de l'élève à haut potentiel et comment agir au quotidien pour son bien-être et son épanouissement.

L'ABC de l'enfant surdoué

ABC de l'enfant surdoué

L’ABC de l’enfant surdoué présente 100 termes choisis pour aborder les différentes facettes de l’enfant à haut potentiel, de ses caractéristiques et des ses difficultés éventuelles.

Groupes