Injustice et incompréhension du système scolaire face aux enfants précoces

Publié le Catégories L'enfant précoce, Témoignages

Je vais tenter de faire court mais cela ne va pas être évident.

Mon fils a connu très jeune des soucis avec « l’éducation nationale ». A sa première année de maternelle, il s’embête beaucoup. Il s’occupe comme il peut et est donc constamment puni. Je soumets l’éventualité d’une précocité à la maîtresse mais elle me dit clairement, vous n’y connaissez rien, c’est mon métier. Votre enfant n’a rien de précoce. Laissez-moi faire mon travail. Difficile de faire un travail en commun et partager nos idées afin que mon fils aille mieux.

Il a toujours su très bien s’exprimer et donc il me dit très clairement ce qui se passe en classe et pourquoi il est puni. La situation se détériore et il devient rapidement le bouc émissaire. Il reste un enfant et ne maîtrise pas encore les règles de l’école, répond sans lever le doigt par exemple ou se lève sans demander la permission. Les punitions pleuvent (debout dans le coin, sur un banc seul sans surveillance dans le couloir alors qu’il a très peur, et pour finir, l’apothéose, lorsqu’il lui arrive d’avoir des fuites dans le lit durant la sieste, on l’oblige à y rester !).

Mon fils, à qui je parle beaucoup, tient le cap tant bien que mal. L’année d’après, il tombe sur une maîtresse extraordinaire (Véronique), elle est passionnée par son métier et son seul but est d’amener les enfants à donner le meilleur d’eux-mêmes. Elle se rend vite compte de la précocité de mon fils et le fait participer en classe en lui donnant des responsabilités elles que distribuer des copies ou même aider ses autres camarades en difficulté, etc, etc… Il a passé une merveilleuse année scolaire.

En fin d’année, Véronique me convoque et me dit clairement qu’il est fortement possible que mon fils soit précoce, qu’il sait lire et écrire et que par conséquent, il doit sauter le CP. Elle met tout en place avec l’école primaire et notamment l’entrevue avec la psychologue du RASED  pour qu’il soit testé. Le test confirmera une précocité avec 146 de QI. Je suis choquée lorsqu’elle me confirme que la précédente maîtresse m’avait prise en grippe et qu’elle s’en donnait à cœur joie de raconter nos différends à la directrice de l’école, avec qui elle était très amie. Je suis en colère mais à la fois, je suis confortée dans ma certitude que cette maîtresse était méchante et surtout incompétente. Je ne veux plus qu’aucun enfant subisse ses frasques. J’écris donc à l’inspecteur académique et celui-ci prend note de mes dires, sans pour autant donner suite.

Mon garçon  passe donc directement en CE1, il a une maîtresse adorable avec tous les enfants. Mon fils se sent épanoui en classe et travaille très bien. Le seul hic est qu’il n’a pas de copain et qu’il subit des violences dans la cours, notamment du fait d’un enfant de CM1 (petit rappel, le mien sort à peine de maternelle). Par chance, c’est l’hiver, mon fils porte une grosse doudoune et les coups qu’il a pris au niveau du ventre et du thorax n’ont pas eu de conséquences graves. En revanche, il a un hématome de 22 centimètres au tibia que je fais constater par notre médecin. C’est un vrai combat qui commence car on me dit (alors que je suis Présidente adjointe des parents d’élèves et donc au centre des débats), qu’il manque du personnel et qu’on ne peut pas être derrière chaque élève. Que l’agresseur en question est un enfant qui subit lui-même des violences en famille et que donc aucun tour de table n’est possible avec celle-ci. L’éducation nationale dit clairement qu’elle est impuissante face à des gamins de 8 ou 9 ans. En clair, c’est à nos risques et périls si nous mettons nos enfants à l’école républicaine.

Mon fils sera battu à plusieurs reprises sans qu’aucun membre du personnel éducatif ne trouve de solution. Je décide donc de le garder à la maison entre midi et deux heures. Ce sera déjà ça de gagner. Je ne vis plus, j’ai peur ! Un jour, je le ramène à l’école à 13 heures 30 , il entre dans la cour et sous mes yeux, trois gamins se ruent sur lui et lui assènent des coups de pied comme s’il était un ballon de foot. Je suis choquée et je crie. Deux maîtresses sont là au portail, dos à la cours d’école. L’une des deux maîtresses se jette sur les gamins, l’autre reste près de moi. Quelle n’est pas ma surprise d’entendre cette femme me dire : « calmez vous madame, vous n’êtes pas dans le monde des bisounours ». Je la fusille du regard et lui dis juste… »madame ! taisez vous ! ou partez de ma vue! Je ne sais pas de quoi je suis capable devant tant de bêtises ! ».

Je contacte de nouveau l’inspecteur académique (le même donc)…et nous parlons longuement. Nous revenons même sur les problèmes vécus par mon fils en maternelle. Il m’apprend que la maîtresse qui a souvent puni mon fils et à récidivé sur d’autres gamins a été mutée suite à d’autres plaintes (on déplace le problème, bravo !). Que Véronique a pris le poste de directrice et qu’elle continue d’être maîtresse car ses compétences sont bien largement prouvées. J’en suis heureuse pour elle et surtout pour les autres enfants qui ne subiront plus la méchanceté de l’ancienne directrice.

Il me dit aussi qu’il va faire en sorte que mon fils retrouve « la paix » au sein de l’école. Je lui réponds que nous sommes au mois de mai et qu’il est trop tard pour bien faire. Je vais l’inscrire en privé. Je tiens à mon fils et ne veut pas qu’il fasse les grosses lignes dans les faits divers de ma ville.

J’inscris donc mon fils en privé (sous contrat avec l’éducation nationale). Au premier trimestre, il a d’excellentes notes et des félicitations, mais aussi des copains. Il est heureux.

Ce bonheur est malheureusement de courte durée. Mon garçon a deux maîtresses en CE2. Je suis convoquée par l’une d’en elles. Elle me dit que mon fils perturbe la classe, qu’il fait rire ses copains, qu’il se lève sans demander, chante, joue avec ses stylos…

Je regarde mon fils et lui demande pourquoi il se conduit de la sorte ? Il me dit qu’il a enfin des copains et qu’il est heureux mais qu’il s’ennuie en classe. Je lui réponds que je suis très heureuse pour lui mais qu’il doit suivre les règles de l’école. Qu’il peut rire dans la cour d’école mais qu’en classe, il doit respecter le travail des maîtresses et que si lui a de grandes facilités, ce n’est pas le cas de ses camarades qui ont peut-être besoin de plus de temps pour comprendre. Je demande à la maîtresse s’il peut apporter un livre (il adore lire et peut lire un livre d’enfant de 80 pages en deux heures de temps).

Elle me dit que les enfants qui finissent avant tout le monde ont des coloriages à faire ! Je lui réponds qu’il a toujours détesté ça et lui demande si elle peut faire exception à la règle pour que tout le monde s’y retrouve.

Elle refuse et me dit qu’il a sûrement un trouble déficitaire de l’attention (avec ou sans hyperactivité). Je lui demande comment elle peut avancer ainsi une pathologie ? Que seuls les psychologues ou neuropsy peuvent l’affirmer après des tests. « Je le sais, me dit elle, j’ai eu deux cas dans ma carrière alors je sais de quoi je parle. »

Je suis soufflée et lui dit qu’il n’a jamais eu ce genre de problèmes avant. Mes dires seront confirmés par la psy du RASED, la maîtresse et la directrice de son école précédente. Tout le monde est convaincu du contraire.

Aujourd’hui, je lui fais faire un bilan avec un neuropsychologue pour être fixée sur ce point et pouvoir prouver à ces maîtresses que c’est la précocité qui lui joue des tours et qu’il faut la prendre en compte. En attendant et malgré le fait qu’elles pensent à un TDAH, mon fils est puni (il est placé dans une autre classe dans laquelle il ne fait rien), on lui colle des « D » à tout bout de champs, on lui dit qu’il fait des coloriages de maternelle !

On sait que les enfants précoces sont extrêmement sensibles, qu’à force d’être dénigrés ils peuvent facilement se considérer comme nuls et donc subir un échec scolaire cuisant voire vivre une dépression. Mon fils ne veut plus aller à l’école depuis quelques temps. Il me le dit tous les matins. En un trimestre, elles me l’ont dégoûtés !

Je suis atterrée par tant d’esprits étriqués. En ce qui me concerne, rien ne changera tant que l’éducation nationale ne considérera pas ces enfants comme différents dans leur apprentissage. Ils ont des facilités certes, mais leur intelligence n’est pas supérieure, elle est différente. Ce qui n’est absolument pas la même chose.

L’éducation nationale doit former ses enseignants en conséquence, ouvrir des classes spécialisées et/ou l’état doit reconnaître que les enfants précoces ont de sérieuses difficultés à s’adapter au système scolaire lambda.

Les associations de parents d’EIP doivent s’unir afin d’être en force face à toutes ses injustices vécues par les enfants précoces mais aussi par leurs parents.

Il faut que chaque parent porte plainte contre les institutions négligentes en cas de violence ou de discriminations avérées, qu’il écrive à l’inspecteur académique car les écrits restent et pourront servir aux enfants EIP qui arrivent dans le système scolaire.

Ne rien dire, c’est cautionner !

Nous sommes des républicains et payons nos impôts comme tout le monde, nous avons des devoirs ….mais des droits aussi. Faisons les respecter ! Il est inacceptable de mettre en marge de la société certains enfants parce qu’ils sont différents et que leurs différences ne se voient pas à l’œil nu.

Une maman combative et déterminée à ce que son fils fasse de longues études et soit heureux à l’école, parce qu’il fait partie de la relève.

Nos enfants sont la France de demain.


Merci à Amina pour ce long témoignage. N’hésitez pas à laisser un commentaire à son attention en bas de page si vous le souhaitez. Et si vous voulez vous aussi témoigner pour nos visiteurs, les pages d’Enfants Précoces Info sont à votre disposition. Vous pouvez utiliser le formulaire prévu à cet effet pour contribuer.
Olivier

39 réflexions au sujet de « Injustice et incompréhension du système scolaire face aux enfants précoces »

  1. Je compatis avec vous , mon fils na pas encore 2 ans et je sais deja qu il est precoce.
    Pourtant , autant jen suis heureux que jen ai peur.
    Je sais que des quil ira a lecole , le combat va commencer.
    Je vis au Canada (quebec) et ici non plus il ny a rien pour les eleves precoces , surdoué ou ce que vous voudrez .
    Il y a des ecoles speciales pour tout les cas sauf pour ceux qui on le plus de potentiel (selon moi).
    Pour avoir ete moi meme un enfant precoce , je peux vois dire que le systeme etabli ne convient en rien au besoin dun enfant toujours en quete de savoir et au capacote dapprentissages hors du commun.
    Sur ce , je vous souhaite bonne chance dans vos demarches et continuez de combattre pour nos enfants 🙂

  2. Je comprend votre combat pour faire reconnaître aux institutions une chose qu’ils sont incapable de gérer. Ils sont remis en cause et ça les dérange. Votre témoignage aurait pu être le mien. Je traverse la même chose avec mon fils.
    Bon courage à vous et votre enfant.

  3. Merci Amina pour ce magnifique témoignage qui doit parler aux autres comme il me parle à moi !
    Mon fils débute son cycle de primaire et malgrè la bonne compréhension de sa maîtresse, je sens qu’elle aussi est un peu perdu et attend beaucoup de nous , mais finalement je préfère ça au refus de comprendre !
    J’ai lu dans des notes d’une conférence sur les enfants TDA que finalement malgrè les difficultés que l’on rencontre au travers de nos parcours du combattant familiaux, médicaux, à l’école … nos enfants nous offrent quelque chose d’assez exceptionel, qui est la capacité à se remettre en question, à remettre les autres en question, à ne rien prendre pour acquis, c’est eux qui nous donnent cette force de combattre « des moulins à vents ». Une force que l’on aurait probablement pas eu s’ils étaient « rentrés dans le moule » 😉
    Tous les parents diront que leur enfants sont exceptionels, mais les notres nous poussent aussi à donner le meilleur de nous même !

    Bon et heureux combat à tous pour le bonheur de vos enfants !

  4. c’est toujours aussi émouvant ce genre de témoignage d’enfants et de parents face à une institution qui joue à l’autruche…eh dire que j’en viens de cette institution, je sais pourquoi, je ne peux pas adhérer à ce genre de comportements et d’aveuglement, et n’exerce pas dans ces conditions…bravo à cette maman pour son combat!!! quel tristesse devant un tel gâchis… c’est presque de la non-assistance à personne en danger, car tous ces coups reçus par cet enfant, et cette méchanceté gratuite de tous « ceux qui savent »… j’ai l’impression de vivre la situation en vous lisant ! on ne peut que vous souhaiter du courage pour ne pas lâcher, pour votre fils… je sais encore plus je veux créer cette structure privée hors contrat, pour être libre, libre de la bienveillance envers les enfants, libre des apprentissages, car comment peut-on mettre votre fils à faire des coloriages qu’il déteste??? mille bonnes pensées pour vous soutenir….

  5. Bonjour
    Je comprends tout à fait ce que vous pouvez ressentir, nous vivons actuellement une situation difficile.Notre fils de 8 ans vit un enfer au quotidien à l’école et ce depuis la maternelle.Il est incompris et nous parents sommes impuissants. Petit il était déjà a part, il faisait des choses étranges et etait en complet décalage avec ses camarades de classe. Il a toujours eu une repartie impressionnante au point de corriger certains adultes qui nous ont dit que notre enfant etait insolent.Il a appris à lire seul et lorsque sa maîtresse de maternelle l’a surpris a la bibliothèque nous avons été convoqué pour entrave à son apprentissage, elle pensait que nous lui apprenions a lire à la maison ( ce qui n’était bien évidemment pas le cas, nous ne l’avions meme remarqué) . Nous avons également ete convoque car il s’était denoncer pour avoir déchirer un livre, a 4 ans, l’ecole nous a dit que son comportement n’était pas normal car à son âge en principe on ment. Il est passionné par les dinosaures au point que nous en fassions une overdose ( livres expos. Etc…) maintenant c’est l’origami et les expériences scientifiques.Il est très agité en classe il est constamment puni ( soit dans le couloir, soit envoyé dans d’autres classes soit chez le directeur) soit parce qu’il n’écoute pas, soit parce qu’il refuse d’écrire ( écrire est un vrai calvaire pour lui, il use de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour ne pas écrire). Les professeurs en sont meme arrive a nous dire que s’il ne faisait rien classe c’était de notre faute car nous lui faisions l’école a la maison et à cela j’ai répondu que nous avions déjà du mal à lui faire faire ses devoirs alors nous ne voyons pas comment nous aurions pu en plus lui donner des cours .Pour vous donner une idée aujourd’hui nous avons mis 4 h pour les devoirs qui ne comportaient que 4 malheureux exercices. Ses connaissances ont été testés par l’école et malgré le temps qu’il passe en dehors de la classe il a réussi . Au dernière l’ecole nous a demandé si nous songions a le mettre dans le privé.
    Ah notre belle ecole publique que nous payons avec nos impôts.
    Merci pour votre écoute

  6. Dès les premeires lignes de ce temoignage, je me suis revue une dizaine d’annee en arriere jusqu’aux aproles cruelles de la maitresse qui « savait de quoi elle parlait. C’etait SON metier! ».
    Ma fille a fait une tentative de suicide à 8ans à cause de cette maitresse de CE2. Ce fut ensuite un parcours du combattant sauf pendant 2 ans 1/2 où elle a integre une ecole pour zebres mais bonjour le budget!!!! Aujourd’hui elle en seconde en bac pro photo et a enfin trouve la serenite!
    Bon courage à vous et merci.

  7. Bonjour
    Je suis dans la même galère et un peu « consolée » de voir que je ne suis pas la seule !!
    Mon fils a aujourd’hui 11 ans et ne vit pas bien le collège. Petit, il n’a jamais eu de copains car les autres enfants le trouvaient bizarre ou inintéressant. Nous en avons traversé des étapes et des maîtresses, des découragements, des séjours au razed ( il est hystérique, il est bizarre et j’en passe…) , des gens qui ne vous parlent plus du jour au lendemain (il a sauté une classe parce que ses parents lui ont farci la tête à la maison), des professeurs à l’écoute et d’autres non, des visites chez les psy, des promesses (il aura une équipe pédagogique derrière lui, vous allez voir …)
    Et bien oui, en effet, on a vu ! On a surtout vu se dresser un mur d’incompréhension dès l’entrée au collège. Alors, on se bat depuis septembre, en naviguant de rendez vous avec le médecin scolaire en coup de fil de l’infirmière. Ce qui abouti a :  » mais qu’est- ce que vous attendez que l’on fasse pour lui ? »
    On n’arrive même plus à savoir ce que nous attendons pour lui tant la bataille contre des moulins à vent nous fait douter chaque instant …
    Mon fils ne prend pas de notes aux cours, ne sait pas rédiger un petit texte inventé, a une écriture pénible malgré la graphologue . Mais je crois comprendre qu’il n’y a pas de place ni de temps pour lui …
    Bon courage à vous tous et toutes

  8. Bonjour,

    C’est très difficile oui lorsque personne ne semble faire l’effort de comprendre.
    L’idéal serait de trouver un collège ouvert à la précocité. Vous pouvez consulter la liste des écoles sur notre site. Sinon je vous suggère fortement de contacter le référent précocité de votre académie qui est là pour vous aider et intervenir au sein de votre collège si aucune autre possibilité n’est entrevue.
    Non vous n’êtes pas seule, tenez bon pour votre fils !

  9. Je suis profondément touchée par vos messages de soutien et vous en remercie sincèrement. Oui ! je vais continuer de me battre pour mon petit garçon et ce plus que jamais. Il finit le bilan avec le neuropsychologue demain.
    En attendant, les mots et les punitions fusent mais mon petit zèbre tient le coup. Il est si heureux d’avoir des copains qu’il en oublie presque le reste.
    Je le suis de très près au niveau des devoirs, ce qui fait qu’il ne perd pas pied.
    J’ai présenté le bilan de précocité à la directrice de l’école qui a enfin compris
    que malgré sa précocité, il a un problème de rapidité dans l’exécution des tâches. Bien souvent, les maîtresses prétendaient qu’il bavardait bcp trop et donc n’arrivait pas à finir son travail. On lui laisse donc un peu plus de temps et tout glisse comme par enchantement.
    Je vais suivre votre précieux conseil et contacter le référent précocité académique comme vous me le conseillez. Peut-être me donnera t’il quelques pistes pour me facilité la tâche. Je reste convaincue que la scolarité de mon enfant dépendra du professeur qu’il aura au fil du temps et cela m’effraie au plus haut point.
    Il est si facile de décrocher…d’être découragé par tant d’injustice. Ce n’est qu’un enfant. Choupinettevie, vos écrits me vont droit au coeur. Je me dis que si des personnes comme vous se rendent compte du malaise, d’autres doivent aussi en faire le constat et même si vous n’êtes malheureusement pas si nombreux et bien, c’est déjà ça.
    Je ne blâme pas tout le système (loin s’en faut) car il est évident que c’est une situation compliquée pour le personnel éducatif de gérer un enfant avec une particularité telle que la précocité. En revanche, il suffirait d’un peu de bonne volonté et surtout une certaine ouverture d’esprit pour que nos enfants puissent s’épanouir parmi les enfants lambdas.
    L’éducation nationale est trop archaïque et n’est pas du tout en phase nous à bien des égards. Il faut réinventer l’école. Une école en partenariat total avec les parents par exemple. Ce n’est pas chacun de notre côté que nous y arriverons, mais ensemble, pour nos enfants et donc pour la France.
    Pour finir, je ne peux malheureusement pas inscrire mon enfant dans une école de petits zèbres, je suis un maman solo et financièrement c’est tout simplement impossible. L’école privée est déjà hors budget pour moi. Je racle les fonds de tiroir pour y arriver. J’ai aussi inscrit mon fils au karaté pour qu’il ait un certain équilibre et qu’il puisse relâcher les tensions de sa semaine à l’école. C’est assez miraculeux. Je le conseille vivement aux parents.

    Je garde donc bon espoir…c’est ce qui nous aide à vivre n’est-ce-pas ?

    Haut les coeurs pour nos enfants !

    Merci de m’avoir lu.
    Amina

  10. Je pense que pour que nos zebrillons soient compris, il faut que le prof soit lui meme HP. Ce qui arrive de temps en temps et qui fait le bonheur pendant un an mais malheureusement il n’y en a pas assez. Que faire? Un non HP ne peut pas comprendre le cheminement d’un cerveau zebré d’où la difficulté. Leire est que quand un prof zebré essaie d’instruire avec une facon particuliere, il se fait tapper sur les doigts par « l’administration ». Surtout ne pas sortir des chemins battus, rester le bon petit mouton qu’on veut formater….. C’est pas gagne!

  11. Chers parents je comprends votre révolte et vous êtes très critique envers mes collègues enseignants Je ne suis pas la pour prendre leur défense.
    Mais est ce c’est leur faute ?
    Ne sont-ils pas IGNORANT ?
    Ont-ils été formés pour accompagner et scolariser des eip ?
    Votre combat, ne devrait ‘il pas être orienté vers l’EN pour que la scolarisation des eip sois intégré dans la formation initial des enseignants ?

  12. Bonjour,

    Je crois que personne ne reproche aux enseignants d’ignorer le sujet qui aujourd’hui encore ne fait pas partie de la formation des enseignants.
    Par contre ce qui est réellement rageant pour les parents est le refus, fréquent malheureusement, de vouloir comprendre et s’informer sur le sujet. Nul n’est censé rester ignorant. D’autant plus qu’il s’agit la plupart du temps d’aider des enfants rencontrant des difficultés scolaires, mais pour comprendre ces difficultés il faut en comprendre leur origine. Effectivement le combat est orienté vers l’éducation nationale, via les associations, divers sites comme le nôtre, des professionnels, et tous les parents volontaires qui sont là pour informer sur le sujet de la précocité intellectuelle.
    Avec les moyens d’aujourd’hui, internet notamment, il n’est pas excusable de ne pas s’informer lorsqu’on est confronté à la précocité. C’était beaucoup moins évident il y a 15 ans encore, mais aujourd’hui il y a des informations et des gens qui se battent pour que les enfants surdoués soient reconnus avec leurs qualités et leurs défauts et surtout pour qu’ils puissent suivre une scolarité épanouissante.

  13. Bjr Talibsurdoué,
    Nous ne blâmons pas tous les enseignants mais certains qui sont totalement hermétiques à communiquer pour le mieux être de nos enfants au sein de l’école public. Et ce sous prétexte qu’ils sont enseignants et donc qu’ils n’ont rien à apprendre de nous (parents).
    Cela étant dit et comme le souligne si justement Françoise avec internet, il est impossible de passer outre les informations concernant les précoces (donc formation ou pas) si les enseignants sortaient un temps soit peu de leurs sentiers battus, ils chercheraient à s’informer par eux-mêmes. Et même si on a pas envie ou pas le temps de lire, il y a une flopée de vidéos sur youtube.
    Votre métier d’enseignant n’est pas simple …. et encore moins aujourd’hui. Les moyens ne sont pas non plus donnés aux enseignants pour les aider à mener à bien leur mission en toute quiétude. Les classes sont surchargées de surcroît. On est totalement d’accord avec toutes ces problématiques que vous pouvez rencontrer. Mais nos enfants ne doivent en essuyer les pots cassés. Si l’éducation nationale ne vous soutient pas. Votre métier doit rester une vocation à préparer les enfants à affronter un avenir plus ou moins incertain. Alors informez vous par vous-mêmes.
    Bien sur, que nous faisons en sorte qu’en haute sphère, les personnes concernées entendent nos voix..mais d’ici là, levez un peu plus vos manches et surtout travailler en commun avec les parents. Nos enfants souffrent, c’est tout à fait inadmissible.
    Désolée d’avoir ‘écorcher’ vos collaborateurs, mais eux sont adultes, ils s’en remettront et quoiqu’il arrive savent se défendre….nos enfant n’auront certainement pas cette chance…..!!!

  14. Mon fils vient d etre diagnostiqué et la maitresse ne veut pas qu il saute une classe car il n a pas des resultats exélents ( ils sont bons, au dessus de 16 pour les notes et B+ / A pour les lettres) et tout ça en n ouvrant jamais son cartable.

  15. Vous venez de présenter ce que je crains le plus pour mon fils. On a vécu des choses assez proches. Notre fils a traversé des difficultés dans ses interactions sociales et apprentissages de la petite section au CP. C’était le vilain petit canard et il n’avait pas beaucoup de copains. Une seule fois invité à un anniv….. Il a été testé il y a un an par une psy de l’Education Nationale (QI 147) à la demande de son instit de CP. Les choses ne se passent plus aussi mal depuis qu’il a été détecté avec un saut de classe sur décision de l’équipe éducative. Dans les faits cela s’est traduit par un glissement. Il est en CE1/CE2. Le regard a quelque peu changé de la part de l’équipe éducative et des camarades de classe sur lui et de certains parents d’élèves sur nous aussi.. Si la relation avec les autres s’est améliorée ça reste chaotique avec l’apprentissage, dès qu’il s’ennuie ou exprime son anxiété avec des troubles du comportement. L’instit actuelle fait des efforts pour adapter sa pédagogie. Elle a en charge aussi des allophones. On échange régulièrement. On a convenu avec elle qu’il serait bon de faire un bilan de l’attention en plus du Wisc IV par une neuropsy car elle aimerait des pistes pour l’aider. On a besoin de cet éclairage pour l’aider aussi car parfois on se sent en difficulté également à la maison. Les résultats nous seront communiqués jeudi. Un des problèmes est qu’il a un autre enseignant pour certains cours. Cet enseignant n’a pas le même professionnalisme et si on ne refait pas avec lui la leçon étudiée, c’est la cata lors de l’évaluation car il ne fait rien avec cet enseignant…On s’est interrogés avec mon conjoint pour la suite de sa scolarité, l’entrée en 6ème et le lot de profs de collège…On a fait le choix de le mettre dans le privé pour l’année prochaine dans une école qui fait collège et lycée aussi car cette école propose une classe adaptée pour les EIP à partir de la 6è. Le Directeur de cette école a conseillé de l’inscrire avant l’entrée en 6ème car les places sont limitées et les demandes comme la nôtre explosent à l’inscription au collège… Bon courage!

  16. Mamanzèbres bjr
    Votre enfant est sans aucun doute un précoce mais peut-être n’a t’il pas la maturité émotionnelle pour faire face à des enfants plus âgés que lui.
    Peut-être faudrait-il essayer de faire un rond de table avec la maîtresse et la directrice; Afin de connaître les raisons du refus.
    Contrairement à ce que bcp pensent, il n’est pas toujours bon de faire sauter une classe à un enfant. Il peut soudainement être perdu face à des enfants plus âgés.
    Si comme vous le dites, votre enfant est un excellent élève sans même ouvrir son cartable, il est évident qu’il doit s’ennuyer profondément en classe. Que vous dit-il ?
    Si cela ne le gêne pas (lui) pourquoi lui faire sauter une classe ?
    Au pire, faites intervenir le référent précoces de l’EN, il vous donnera quelques outils pour avancer sereinement avec votre enfant.
    Bon courage à vous

  17. Bonjour
    L éducation nationale propose des formations pour accompagner les enfants précoces. Mais faut il encore que les enseignants veulent bien la faire. On a pas le droit à l ignorance lorsque on enseigne. il faudrait pour bien faire que dans chaque établissement primaire un enseignant ou directeur face cette formation. Si dés le plus jeune âge l enfant précoce est détecté nous pouvons apporter un enseignement approprié. Et choisir les école en fonction.

  18. Bonjour,
    J’aurais aimé des témoignages rassurants…ma fille de 3 ans rentre à l’école en septembre prochain et je sais depuis ses 1 ans « qu’elle va un peu plus vite que les autres » (pour citer son éducatrice en crèche). Elle apprend seule les lettres de l’alphabet, à compter, identifie seule des formes etc. mais ne dessine pas de bonhomme (comme le lui a très gentiment rappelé sa pédiatre: va falloir t’y mettre parce qu’à l’école tu vas te faire gronder si tu fais pas de bonhomme en petite section!!). Bref.
    En fonction de la maîtresse qu’elle aura, je m’ attends à ce qu’on lui propose de sauter la petite section à partir de janvier, peut être avant, d’après la psychologue de la crèche. Mais sa maturité émotionnelle n’est pas en adéquation avec ses capacités intellectuelles. J’aurais donc aimé savoir, pour ceux/celles qui ont vécu la situation :
    – vaut il mieux qu’elle reste en petite section, quitte à ce qu’elle s’ennuie et soit cataloguée « élément perturbateur » (ce qui est déjà le cas dans sa crèche car elle s’ennuie) OU
    – qu’elle passe en moyenne section mais se retrouve un peu isolée car elle n’aura pas la même maturité affective et émotionnelle que ses camarades un peu plus âgés.
    Je vous remercie d’avance pour vos conseils,
    Une maman assez angoissée qui a elle même connue une scolarité traumatisante.

  19. Bjr Lorra80,
    J’ai lu avec attention votre courrier et ce qui me saute à l’esprit en prenant connaissance de vos écrits, c’est VOTRE angoisse et pas celle de votre enfant;
    Ne transposez pas les problèmes que vous avez rencontrés dans votre scolarité avec celle de votre fille. Elle aura sans aucun doute une expérience différente de la votre. Il ne faut pas lui transmettre votre mal être. Les enfant HP comprennent bcp de choses et écoutent TOUT ce qui est dit autour d’eux. Donc méfiez vous de ce que vous pourrez dire en sa présence. Ces enfant là sont de vrais buvards « d’émotion ». Et j’irai même plus loin, ils sont aussi très réceptifs des non dits. Un simple regard triste sera capté par votre enfant. Donc prudence….n’en faites pas une angoissée. Elle est en maternelle et ne passe pas encore le bac ;-)) donc détendez vous !
    Concernant votre pédiatre et tous le gens que vous rencontrerez à l’avenir et qui vous sortiront des phrases ‘débiles’ de la sorte, n’en tenez pas compte. Je ne vois pas pourquoi un enfant qui ne dessine un bonhomme va poser le moindre le problème en maternelle. CHACUN SON RYTHME. Et pour tout vous dire, mon fils déteste les coloriages depuis tout petit, il a 8 ans aujourd’hui, c’est tjrs le cas et ça ne lui a posé aucun problème dans sa scolarité. Encore une fois, prenez du recul sur ce genre de jugement hâtif car vous allez en entendre. Ce n’est que le début….
    Je trouve votre analyse tout à fait intelligente et perspicace concernant la maturité émotionnelle de votre enfant. Il est effectivement très important que votre fille soit en phase à ce niveau-là avec les autres enfants sinon elle rencontrera nécessairement des problèmes. Laissez-vous guider par la psychologue, c’est son métier. Aucune raison qu’elle vous propose des choses incohérentes pour votre enfant. Elle se concertera d’ailleurs directement avec les maîtresses concernées.
    Ce que je vais vous dire ne vous fera peut-être pas plaisir mais toute la scolarité de votre fille déprendra de la maîtresse ou le maître qu’elle aura…donc soyez vigilante. Parlez à votre enfant aussi souvent que possible sans l’angoisser bien sur. Au CP vous pourrez demander à la psychologue du Rased (éducation nationale) de lui passer le test de QI afin de connaitre votre enfant à ce niveau-là et afin qu’elle soit prise en charge correctement à l’école
    (saut de classe ..).
    Je vous conseille aussi de regarder les vidéos du Dr Revol sur youtube. C’est une pointure dans le domaine des HP. Il donne bcp de conseils tout à fait pertinents sur les enfants précoces.
    J’espère vous avoir aider à mon ptit niveau…N’oubliez pas une chose capitale, oui, c’est un chemin sinueux dans lequel nous emmène nos enfants précoces…mais c’est un chemin qui va vous en apprendre bcp sur vous, sur les autres, sur la vie, tant ces enfants sont exceptionnellement intéressants. Je suis heureuse d’avoir un fils HP et pas un enfant ‘lambda’….ma vie est si enrichissante grâce à lui. Il me tire tout les jours vers le haut.
    Bon courage à vous et haut les coeurs ;-))

  20. Merci Amina pour vos conseils. Oui, je fais très attention à ce que je dis ou fais autour d’elle car j’ai conscience que c’est moi l’angoissée. Je suis plongée dans la petite enfance matin, midi et soir (en reconversion professionnelle pour devenir Éducatrice de Jeunes Enfants) donc je pense que cela ne m’aide pas car je vois à quel point c’est difficile pour les familles dont les enfants « sortent un peu des cases ».
    Heureusement je rencontre aussi des professionnels très bienveillants, ouverts et rassurants 🙂
    Je vais consulter les vidéos de Dr Revol sur vos conseils,
    Merci beaucoup et bon week end 🙂

  21. Bjr Lorra80,
    C’est l’arrivée de nos enfants qui nous replongent dans notre propre enfance….je ne pense pas que ce soit uniquement votre formation…. Prenez du recul et si vous n’y arrivez pas…Faites vous aider afin de ne pas transmettre votre mal être à votre enfant.
    Vous êtes consciente de vos angoisses, c’est donc le début de la guérison.
    Je suis convaincue que vous êtes sur le bon chemin.
    Belle journée
    Amina

  22. Bonjour,

    Je suis d’accord avec Amina, nos enfants-éponges ressentent toutes nos émotions, bonnes ou mauvaises, et il ne faut pas leur transmettre notre angoisse.
    Cependant il est normal de se poser des questions à propos de leur scolarité et d’être attentif à leur bien être.
    On nous parle toujours de maturité affective comme obstacle à une possible adaptation en maternelle et j’aimerais un peu relativiser la chose. A cet âge (enfants de 3 à 4 ans), les différences entre les uns et les autres sont de toutes façons énormes, un enfant de 3 ans né en janvier sera dans la même classe qu’un enfant de né en décembre, qui lui-même ne pourrait pas cotoyer en classe un enfant de 4 ans né le mois suivant !!!
    Sans vouloir dire ce qui est bien pour l’un ou l’autre, je pense que le simple bon sens consiste à ne pas freiner un petit qui ne souhaite qu’avancer et au moins lui laisser le bénéfice du doute (essai provisoire sans formalisme, la plupart des parents ne demandent que ça pour leur enfant, juste qu’il soit à la bonne place) s’il ne trouve pas son compte dans une classe de petits avec lesquels à cet âge et surtout à cet âge les échanges entre les enfants sont parfois très difficiles voire impossibles (incompréhension mutuelle).
    La maternelle devrait à mon avis être un lieu « ouvert » où les petits puissent s’occuper librement en fonction de leurs aptitudes, peut être un jour… au lieu de cela on les oblige déjà à entrer dans des cases et on leur demande d’avoir une certaine maturité, laissons les et autorisons les à grandir à leur rythme, la maturité suivra !

  23. Bonjour Françoise,
    Je suis d’accord avec vous.le système ne permet pas malheureusement de respecter le rythme de développement de chaque enfant…quel dommage…

  24. Bonjour Françoise,
    Entièrement d’accord avec vos propos. L’école française a vraiment besoin de faire un bain de jouvence à bien des niveaux. Et nos enfants ne sont ‘que’ précoces…quand je vois certains parents qui se battent parce que les leur sont ou autistes, ou avec un retard mental…nous ne devrions pas nous plaindre. J’espère que la France va évoluer à ce niveau là car ces enfants sont l’avenir de la France. Je disais hier encore qu’il faudrait intégrer dans le cursus scolaire des instits, de la psychologie afin de savoir comment gérer un enfant psychologiquement et comprendre quand il va mal et l’apaiser si besoin.
    Bien souvent, on nous remet à notre place alors qu’on s’évertue à leur dire que notre enfant ne va pas bien. Combien de fois ai-je entendu, Madame, laissez nous faire notre travail ? je ne sais plus…trop de fois certainement. Alors que je voyais mon fils allait de plus en plus mal. Il y a un vrai travail de fond à faire pour changer cette institution qui n’est plus adaptée à notre époque. Il faut dépoussiérer tout ça et vite.
    Lorra80, j’espère que tous ces msgs vous permettront d’avancer plus sereinement.
    Belle semaine à vous tous
    Amina

  25. Oui Amina, je suis d’accord. Pour moi il est également aberrant qu’ils n’aient pas dans leur cursus une partie spécifique au développement du jeune enfant pour ceux enseignant aux maternelles…ou que les éducateurs de jeunes enfants n’aient pas la possibilité de travailler en classe de maternelle justement, en binôme avec un instituteur.
    Belle journée.

  26. Bonjour,
    J’ai 14 ans et j’ai sauté une classe à l’age de 5 ans. Je suis precoce (148 de QI). Je m’ennuie enormement au lycée. Mes profs ne me comprennent pas. J’explique à mes parents que j’ai l’impression que l’Ecole marche d’une facon qui n’est pas la meme que la mienne, que c’est fait pour reflechir d’une maniere differente de comment je fonctionne. Elle n’a pas l’air de me prendre au serieux ou en tout cas elle ne prend pas ca avec importance. Pourtant, le lycée, je sais que c’est important, mais je ne supporte plus de passer des heures et des heures remplies d’un ennui extreme. Je lui ai demandé d’aller voir un psy car je me sens seule (malgré le fait que je me fasse violence pour etre sociable et etre entourée d’amis) enfin surtout incomprise, incomprise de tous et tout ce qui m’entoure. Que dois-je faire ? Que dire à mes parents pour qu’ils se rendent compte que j’ai trop de difficultés dans le systeme scolaire « normal » ? Ils savent bien sur que je suis precoce mais ils ne paraissent pas y preter grande attention. Si vous pouvez m’aider, merci beaucoup

  27. Bien triste de lire tous ces commentaires….. Je suis dans cette institution nationale et en même temps maman de Zebrette de 4 ans… Oui nous ne sommes pas formés mais oui nous DEVONS le faire d’autant plus quand la situation l’impose. ..mais beaucoup trop d’hermétisme à une différence qui ne se voit pas. Beaucoup pense que la précocité est une envie, un désir que les parents projettent sur leurs enfants…et c’est cela qui embête. Le fait d’avoir les deux casquettes m’aide dans notre « combat », car je sais ce qui ce dit de l’intérieur, je sais ce qui va se dire concernant la maturité etc…pour contrer la différence et vous faire dire que votre enfant n’est pas précoce….je peux anticiper les arguments et les contrer en parlant de dyssynchronie …et en même temps parler des ( rares) circulaires qui passent concernant le sujet et qui devraient être apliquées . Vraiment triste au quotidien de voir, d’entendre les collègues travaillaient avec aucune bienveillance… Pour la notre de Zebrette, tout se passe relativement bien à l’école , mais c’est à la maison que nous galérons, c’est crise sur crise…cela nous a été expliqué par un ennui profond en classe toute la journée et contenu qui explose à la maison. La psy nous conseille un passage anticipé en Cp et jai vraiment peur de la prise en charge par l’enseignante ( sensible ou non à la cause ) . Je souhaiterai connaître vos expériences concernant le passage anticipé ( via mail ou ici ) cela pourra nous aider à nous rassurer sur cette éventuelle décision. Merci à tous, courage, nos enfants sont déjà dans de bonnes mains ( dans les nôtres !)

  28. Jade bonsoir,
    Je ne sais si cela va te rassurer mais tu es l’exemple type du HP.
    Celui qui ne s’adapte pas à l’enseignement lambda. Je ne sais quelles sont tes résultats scolaires mais tu vas finir par t’user psychiquement;
    En as tu parlé à un référent dans ton école ? Peut être qu’il pourrait t’aider à trouver des pistes…
    Pourquoi ne pas proposer à tes parents de regarder les vidéos du Dr Olivier Revol qui parle merveilleusement bien de vous, les HP ?
    Et de prendre RV avec ta prof principale pour faire le point sur ta situation ?
    Je pense surtout qu’il y a un manque manifeste de communication entre vous et vos parents et qu’il faut y remédier afin qu’ils vous comprennent et vous aide à vous sentir plus sereine à l’école ou plus motiver…Selon.
    Vous pouvez éventuellement trouver des associations sur le net. D’autres gens sont certainement dans la même situation que vous et pourrons vous aider aussi.
    Garder le moral et foncez…Vous avez la vie devant vous.
    Bon courage

  29. ANONYMEH,
    Bienvenue au club ….
    Et oui ! ce que nous vivons n’est pas simple du tout….nous avons en main de vrais trésor et en face de nous, des gens qui sont fermés et obtus et à qui nous sommes obligés de remettre nos enfants de 8:30 à 16:30…! Quel dilemme !
    les HP sont des enfants qui vous feront des crises d’ado tout au long de leur enfance. Oui ! c’est une double peine….ils ne sont pas tous comme ça mais pour une grande majorité. C’est logique. Ils sont en avance sur bien des choses alors il anticipe aussi la crise d’ado. Ils sont dans l’opposition très tôt. Je vous rassure, c’est en dent de scie. Donc vous aurez des temps de pause….qui vous permettront de reprendre des forces et de l’énergie sur la crise suivante.
    Ce qui marche pour le mien, c’est la bienveillance et l’empathie. Après avoir tout essayer….c’est ce qui a finit par le calmer et l’apaiser même. Je comprends ses colères, il les fait….je le laisse cette mauvaise émotion et après quand il est calmé, je lui parle et lui explique que ce n’est pas en s’énervant qu’il obtiendra ce qu’il veut…mais en discutant, en négociant. Attention, je ne dis pas d’être laxiste. Pas du tout. Il a besoin de règles comme tous les enfants; Etre bienveillant ne veut pas dire permissif.
    Nous adultes avons trop besoin de cadrer, gérer, planifier etc…dans la tête d’un enfant, c’est bcp plus simple. Il veut avant tout s’amuser, s’amuser et s’amuser. Tout ce qui se greffe autour…C’est pesant. Alors…il faut trouver des compromis car vous êtes d’accord avec moi…la vie n’est pas un jeu…
    Je vous ai envoyé en privé une vidéo absolument incroyable.
    Vous y trouverez bcp de réponse…Elle ne concerne pas seulement les HP mais tous les enfants.
    Bon courage à vous

  30. Oops ! Merci de diffuser à grande échelle auprès de vos collègues.
    Ça les aidera peut-être à comprendre leurs erreurs face aux enfants… Les reconnaître …c est autre chose… Vous en savez quelque chose ;-))

  31. Bonsoir Jade,

    Je comprends votre ennui et votre désarroi. Même si le saut de classe est bénéfique tout petit, il ne suffit à la longue car au cours des études ce sont les méthodes qui sont inadaptées aus personnes comme vous, le système scolaire classique est trop « rigide ». Cependant pour vous rassurer, vous avez fait le plus dur (scolairement parlant) et je pense que c’est un projet de vie qui doit vous porter et vous aidera à être vraiment comprise. Avez-vous déjà une idée pour votre avenir, une envie ? Si oui, faites votre maximum pour y arriver et il y a peut être des voies autres que les voies classiques qui vous permettront de rencontrer des gens compétents et passionnés.
    Sinon, et de toutes façons, il vous faudrait l’appui de vos parents au moins (un livre bien ciblé pour la fête des mères ?), et éventuellement du médecin scolaire.
    Vous pouvez aussi essayer de « traîner  » vos parents à une conférence sur les enfants précoces (voir sur sites afep ou anpeip de votre région), ou oui comme le disait Amina laisser tourner une vidéo sur le sujet sur votre pc et faire en sorte que vos parents la voient et encore leur montrer votre message.
    Courage vous n’êtes pas seule.

  32. Maman d’une adolescente de 12 ans, je découvre seulement qu’elle est surement précoce. Elle a subit des maltraitances depuis de CP, je l’ai retiré de l’école primaire publique de notre quartier en CM2 car elle subissait de la part de ses camarades de classe des violence physique et des insultes : déculottée dans la cour de récréation par 4 élèves filles devant le personnel de cantine sans qu’aucune sanction ne soit prise… je l’ai donc passée en école privée, adaptation un peu difficile mais passage en 6ème. Cette année c’est une catastrophe, des résultats en chute libre, je suis convoquée pour un avertissement de comportement selon la professeure principale elle aurait poussé violemment dans le couloir un élève, selon ma fille elle voulait le protéger d’un autre qui fonçait sur le groupe. Un autre jour elle aurait soit disant retiré la chaise d’un autre élève alors qu’elle dit avoir retenue la chaise qui allait tomber. Le professeur principal commence à me dire que le problème est ailleurs, que cet avertissement ne sera pas très utile. J’apprends que ma fille rêve en classe, alors qu’elle me dit ce n’est pas vrai : « j’entends très bien ce qu’il se passe et je réponds aux questions qui me sont posées ». Une de ces camarades me dit que pendant les heures d’études elle se met avec les élèves de 3ème et les aide à faire leurs devoirs : je n’en reviens pas. Elle me dit : « je m’ennuie en classe c’est trop facile ». Le choc, je cogite pour essayer de comprendre et je finis par parler autour de moi. Je rencontre une psychologue qui reçoit ma fille, dialogue avec elle. Elle me parle ensuite pour me dire : « il faut aider votre fille au plus vite car elle souffre de l’incompréhension des adultes et à potentiel à faire contrôler. Elle dit que son cerveau ne s’arrête jamais et cela la fatigue (elle a des nuits très agitées, fait des cauchemars, se débat dans son lit), que son cerveau est plus gros que sa tête : je prends peur et reste abasourdie par ce que je viens d’entendre. La psychologue m’explique qu’elle ne fonctionne pas en linéaire comme plus de 80% des personnes mais en global, elle me donne des exemples. Je lui ai fait passer un test de QI sur internet, elle aurait 138. Je parle avec l’éducatrice du CMP qui la suit depuis juin 2014 et qui avait conclu en mars 2015 dans son rapport que ma fille n’avait aucun souci qu’elle était bien dans sa tête de fille. Elle est étonnée de ce que je lui dis, elle ne comprend pas et elle me dit que de toute façon ils n’ont pas le budget pour lui faire passer ces tests de voir avec le CIO de la ville. Je suis reçue au CIO par une psychologue qui prend des notes, m’écoute et me dit que ma fille étant en collège privé, cela va être difficile de l’aider, mais elle promet de plaider ma demande auprès de sa directrice, qui a refusé.
    Je ne sais plus vers qui me tourner pour avoir de l’aide, je suis maman seule sans emploi, je suis désespérée car j’ai informé le professeur principal de la situation, je lui demande de pouvoir rencontrer le docteur de l’établissement qui lui pourrait nous aider, elle me répond qu’elle n’est pas au courant et me demande de l’informer de mes recherches sans me proposer d’aide, ni de nous rencontrer… Depuis qu’elle est informée, je pense qu’elle a parlé avec ses collègues, ma fille subit de leurs parts des discriminations au lieu de soutient. J’ai le témoignage de son amie, qui me dit qu’ils montrent à la classe son carnet de correspondance, disent tout haut ses notes, la punissent sur fausse dénonciation, lui prête du matériel défectueux alors qu’ils ne le font pas avec les autres. Je suis écœurée et désemparée. J’ai mis ma vie entre parenthèse pour payer cette école que je pensais meilleure pour elle.
    De plus à la maison, les choses ne sont pas simples non plus, elle a des difficultés d’organisation, de gestions de ses affaires, ne respecte pas les règles établies entre nous.
    Pouvez-vous nous aider, s’il vous plait ?
    Ps : j’oubliais de dire que depuis .l’âge de 6 ans elle dit qu’elle veut être vétérinaire, pendant les vacances elle va chez celui de notre quartier qui la prend depuis 2 ans. Elle s’y plait et participe à des petites taches qu’il lui confit.

  33. Bonjour,

    C’est triste de lire votre message, cela montre encore une fois combien la mauvaise volonté peut nuire à une enfant !
    Evidemment votre fille doit être aidée et reconnue, la reconnaissance étant le point de départ d’une reconstruction positive pour votre fille.

    Je ne comprends pas bien pourquoi la psychologue qui vous a aiguillée n’a pas approfondi le sujet en lui faisant passer un bilan psychologique ?
    Vous pouvez essayer de contacter le référent académique en charge des enfants intellectuellement précoces (sur le site de l’inspection académique dont vous dépendez) pour intervenir auprès de votre établissement, signaler ces comportements abusifs et obtenir des coordonnées de personnes compétentes.

    Personnellement je ne maintiendrais pas mon enfant dans un établissement qui la fait souffrir.
    Vous auriez une alternative temporaire qui mérite quelque réflexion : la scolarisation à domicile via le Cned par exemple, avec autorisation de l’inspection académique au motif que votre fille est en souffrance. Cela pourrait lui permettre de souffler (même si le rythme reste soutenu aussi), de travailler dans de bonnes conditions (avec son adhésion et un contrat entre vous 2), avec à terme l’objectif de mener à bien ses études de vétérinaire.
    Sinon trouver un établissement qui accueille les eip.
    Prendre aussi l’avis du vétérinaire qu’elle voit sur son comportement, sa motivation… : s’il y a une différence radicale ici et à l’école, c’est qu’elle n’est pas à sa place dans une école qui ne prend pas en compte ses caractéristiques et qu’elle a encore une fois besoin de cette reconnaissance.

  34. MCB82C
    Je suffoque totalement en vous lisant. C’est tout simplement odieux de la part de l’école de prendre en grippe votre fille de cette façon. Elle doit se sentir bien seule.
    Et oui ! pourquoi la psy ne lui a pas fait faire le test de précocité ?
    Que de vous « trimbaler » comme une marionnette …?
    Il y a des incompétents dans tous les secteurs d’activité !!
    Je ne vois rien d’autre à dire si ce n’est que vous pouvez faire confiance à votre fille. Malgré tout ce qu’elle a subit depuis petite, elle continue d’avancer en serrant les dents. Elle a une force mentale incroyable. Vous devez vous accrocher à cela et ne pas désespérer.
    Encouragez la. Dites lui que vous ferez tout pour qu’elle se sente bien à l’école en attendant des solutions concrètes. Je vous recommande fortement de dénoncer l’attitude écoeurante de l’école dans laquelle elle se trouve.
    C’est une honte. C’est tout simplement pitoyable.
    Quand j’entends cela, je comprends mieux pourquoi la France va si mal et ne comprends pas pourquoi personne ne bouge alors que tout le monde sait que l’école d’aujourd’hui bat fortement de l’aile.
    Votre fille est fantastique a 12 ans, elle va déjà chez un vétérinaire pour anticiper et comprendre le métier qu’elle veut faire plus tard. C’est tout simplement exceptionnel !!! Personnellement, je lui dis « chapeau bas ».
    Continuez de vous battre et gardez confiance.
    Je vous souhaite à vous deux vraiment tout le courage du monde
    Amina

  35. Bonjour,
    vos difficultés sont celles que je rencontre avec mon fils de 10 ans, précoce « complexe » ou « expliquant », enfin bref, de ceux qui gênent enfants et qui continueront à gêner adultes si on ne les aide pas.
    Françoise, vous recommandez de vous adresser au référent HP, mais pourquoi les référents HP ne sont pas choisis parmi des HP, de préférence « complexes », puisque les « laminaires » ou « appliquants » s’adaptent finalement à tout ?
    Ils auraient ainsi une connaissance par le ressenti et pas seulement par les livres ou les circulaires.
    pour ma part, je suis à la recherche de professionnels HP, notamment médecin, naturopathe, dentiste, vous serait-il possible de faire une annuaire sur votre site ?
    avec mes remerciements,
    juliette

  36. Bonjour Juliette,

    Pour répondre à votre question, je crois qu’effectivement un enfant précoce est mieux compris par un professionnel ayant les mêmes caractéristiques.
    Et on retrouve quand même chez certains professionnels (psychologues, gens investis dans les associations…) des personnes elles-mêmes hp.
    Je ne suis pas sûre par contre que le plus important soit d’avoir affaire à des hp tout le temps et partout, mais simplement que les personnes qui ont nos enfants en charge (personnels éducatifs en général, médecin lorsque cela touche à l’affectif) soient bien informées sur le sujet et puissent s’entourer de personnes compétentes en cas de besoin . Par ailleurs tous les professionnels et les individus en général, n’ont pas forcément envie d’afficher leur niveau de qi.
    Si la précocité pouvait être traitée avec bon sens et sans a priori, comme le handicap ou toute autre caractéristique qui engendre un besoin éducatif particulier, cela serait déjà un grand pas.
    A mon avis le point de départ est plutôt l’intégration du haut potentiel dans la formation de base des personnels enseignants et médecins, car il faut bien le dire le vrai souci aujourd’hui est surtout l’inadéquation du système éducatif à leur mode de fonctionnement.

  37. Bonjour,

    Je vous comprends à 200%. Ma fille a subi des violences physiques et psychologiques cette année de la part des autres enfants et de son professeur. Un saut de classe a été mis en place en mai. Elle n’a fait qu’un mois et demi de ce1!!!! Ça fait 4ans qu’on sonnait l’alarme mais personne n’écoutait et aujourd’hui on nous dit que c’est dommage que le problème n’ait pas été soulevé avant et qu’il va falloir qu’on se mette au boulot pour rattraper le programme de ce1 qu’elle n’a pas fait!!!!!
    Nous avons décidé de changer les enfants d’école pour le privé. Nous espérons vraiment que ça se passera mieux. D’autant que notre deuxième n’a pas l’air de suivre un autre chemin…
    Merci pour tous ces témoignages, on se sent moins seuls!!!

  38. Bonjour,(référence au commentaire de talibesurdoué)

    Je suis un peu surprise du commentaire de talibesurdoué… Enfin excusez-moi mais c’est également aux enseignants de se renseigner, d’êtres ouverts, de participer aux conférences, d’aller sur des sites dédiés à la précocité… Ils sont quand même au contact de nos enfants 6 heures par jour, du lundi au vendredi… un minimum quand même…. C’est un devoir !.. l’école c’est tous les jours pour nos enfants…. Ça peut détruire si l’enfant n’est pas compris et avoir de lourdes conséquences psychologiques !!! C’est navrant….
    Simplement allez consulter les sites tout y est indiqué….
    Dans un premier temps et ce sera déjà pas mal /
    – DE L’ATTENTION !
    – ETRE RASSURANT !
    – DE LA BIENVEILLANCE !
    – DES CADRES ET DE LA STRUCTURE !
    – DE LA JUSTICE !
    – DES PETITES RESPONSABiLITÉS ! (fermer la porte de la classe, ouvrir les fenêtres, distribuer les copies etc…..)
    Rien que ça déjà, ce sera déjà pas mal !!!! Ca ne demande pas un travail extraordinaire !!!!! afin que l’enfant ne se sente pas « transparent  » et compris.

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