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Identifier systématiquement les enfants précoces à l’école, une fausse bonne idée ?

Dans certains pays, le dépistage des enfants précoces est effectué de manière systématique. Mais, comme vient le souligner un événement récent, un tel procédé peut devenir problématique lorsque chacun se met en tête d’avoir un enfant surdoué, qu’il le soit réellement ou non.

L’impossibilité apparente de passer un examen chez l’enfant précoce

Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler des tests d identification des enfants précoces tels qu’ils sont pratiqués en Israël. Dans ce pays, il est en effet procédé à la détection systématique des enfants surdoués, dans le but de leur proposer des aménagements bénéfiques à leur épanouissement, qui tiennent compte de leurs capacités et de leurs besoins particuliers. Un événement récent vient relancer la question de la pertinence d’une telle opération.

En effet, si certains parents voient ces tests comme une façon simple et légitime de reconnaître les enfants précoces dans leur singularité, d’autres sont prêts à tout pour que leurs enfants les réussissent et bénéficient ainsi à la fois du « prestige » d’être surdoué et des aménagements prévus pour ces derniers. La dernière série de test en date a ainsi fuité fin octobre, obligeant les autorités à reporter l’examen. Mais pourquoi vouloir à tout prix que son enfant réussisse un tel test ?

Le fait est que, dans un monde très compétitif, de nombreux parents ne jurent que par l’excellence et la réussite scolaire. Ils exercent alors une réelle pression sur leurs enfants afin qu’ils réussissent le test d’identification, quitte à tricher. Certains vont jusqu’à acheter les résultats du test sur le marché noir !

Ces parents veulent véritablement que leurs enfants intègrent l’un des programmes d’éveil à destination des petits surdoués

Pourtant, dans un souci d’équité, ce système de dépistage ne vise qu’à aider les jeunes précoces à se réaliser pleinement, pas à les favoriser par rapport aux autres. La possibilité d’accéder à des activité extra-scolaires qui leur sont réservées peut certes être perçue comme une faveur, mais elle n’a d’autre but que leur épanouissement. Comme le dit Noam Gruber, père d’un enfant censé passer le test, ce programme particulier est une bonne chose car il permet au enfants surdoués de se cultiver et de mettre à profit leurs capacités au lieu de s’ennuyer à l’école.

Les activités proposées, tout comme les épreuves passées, sont basées sur le fonctionnement des enfants précoces. Elles ne sont donc pas appropriées ni adaptées à tous. Pourtant, certains parents vont jusqu’à faire prendre des cours à leur enfant chez un « professeur » chargé de le préparer au test. Une véritable industrie s’est donc créée autour de ce dépistage, afin que chacun puisse avoir l’opportunité, au mépris de la plus élémentaire honnêteté, de faire reconnaître son enfant comme précoce.

Les opinions divergent quand au bien-fondé de l’existence de ces cours ; d’aucuns jugent qu’un enfant qui a pu réussir le test grâce à sa préparation alors qu’il n’y était pas particulièrement prédisposé est certainement intelligent et pourra développer son potentiel en suivant le programme adapté. D’autres estiment qu’un tel enfant ne résistera pas à la pression qu’il endurera jour après jour au contact d’activités certes enrichissantes, mais aussi exigeantes intellectuellement, ou qu’il risque de s’ennuyer, n’étant là que par la volonté de ses parents et non par goût personnel.

Un enfant ayant intégré le programme en raison d’une pression exacerbée et d’une intervention parentale peut finalement trouver le cursus inintéressant et l’abandonner.

Si le fait d’avoir un enfant reconnu comme surdoué peut être source de fierté, cela ne favorisera pas nécessairement celui-ci en ce qui concerne la réussite universitaire, ni même la recherche d’emploi par la suite. A contrario, le fait d’avoir échoué au test peut pousser les enfants non-surdoués à travailler plus dur encore et leur inculquer la motivation et la détermination qui les feront réussir dans leur vie professionnelle. L’expérience prouve que beaucoup de ces jeunes ont finalement aussi bien réussi, si ce n’est mieux, que ceux qui avaient été reconnus comme surdoués.

Le dépistage systématique, que l’on réussisse le test ou non, peut avoir des effets positifs comme négatifs. Là où certains seront galvanisés, d’autres perdront toute motivation. Mais peut-être cela n’est-il dû qu’à la pression exercée par des parents cherchant trop à pousser leur enfant, au risque de le perturber dans sa nécessaire confiance en lui.

Et vous qu’en pensez-vous ?

Lire l’article complet sur Timesofisrael.com

1 commentaire

  1. CHRISTINE sur 5 février 2019 à 10 h 05 min

    Le taux d’enfants dit à haut potentiel est constant, il est de 2,2% environ dans le monde. Donc si un pays comme Israël se retrouve avec un taux de 80% d’enfants dits surdoués du jour au lendemain, c’est qu’il se poser les bonnes questions !

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