Complexes d'être précoce et de l'avoir transmis à mes enfants

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3 réponses et 3 participants
Dernière mise à jour par Lisapoppy il y a il y a 1 mois et 2 semaines.

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)
  • Auteur
    Messages

  • Participant

    Bonjour, je suis une maman de deux garçons ado de 17 et 19 ans, diagnostiqués HP tous deux vers 16/17 ans, alors que nous le « savions ».
    Je suis moi-même vraisemblablement HP, le collège m’a fait passé des tests, sans me donner le résultat final, sans convoquer ma mère, seul des choses ont un peu fuités, comme « le maximum dans un des tests, mais le reste est davantage dans la norme haute ». Je me sentais un peu seule, j’avais de bons résultats en classe, j’avais appris qu’il ne fallait pas trop se distinguer si on voulait pas se mettre tous le monde à dos. En moyenne section maternelle j’ai eu « la poupée de chiffon », trophée donné à l’élève de plus brillant de la maternelle, normalement réservée à un élève de grand section. Certains parents ont proposé à ma mère de lui acheter la poupée. Plusieurs élèves ont arrêté de m’adresser la parole suite à cela, de leur propre initiative ou suite à l’interdiction de leurs parents.
    Mais comme j’étais sociable, que j’avais de bonnes notes, le côté HP n’a pas été un gros problème, j’ai juste trompé l’ennui en faisant un double cursus d’études, j’aime bien apprendre.
    Sauf que depuis que je suis maman, vers les deux ans de mon premier fils, j’ai compris que cela serait difficile pour lui, puis pour le second. Ils s’ennuient en classe.
    Nous vivons tous les trois ensemble, 3 HP, et n’ayant presque pas de famille, je n’ai pas trop réalisé la différence avec les autres. Mais cela a toujours été problématique pour mes fils d’aller en cours. De façon variable, car ils sont assez sociables. Au niveau du lycée, souvent ils n’y allait pas , mais se déplaçaient pour les interro. Avec des résultats corrects. Ce qui a été pris pour de l’arrogance.
    J’ai fait tester mon premier fils quand un prof m’a dit avec tout le tact possible que mon fils était surement un peu intellectuellement lent, en seconde. Je lui a remis le test évalué à 145. Contente de lui clouer le bec. J’ai fais tester le second pour ce qui s’apparente à de la phobie scolaire. Et pour qu’on nous fiches la paix.
    Maintenant mes fils ne vont plus au lycée; le premier passe le bac dans 2 semaines, il l’aura, le second vient de se faire « raccompagner à la porte » on lui propose le CNED. Et moi je me dis que j’ai raté une partie de ma mission de mère, et qu’en plus c’est moi qui leur ait passé ce que je vois comme une tare. Et en plus j’ai honte de penser cela, car d’autres ont de vraies maladies génétiques.
    Merci de votre écoute, et merci de vos conseils, si vous aussi êtes passé par là.
    Elisabeth


    Participant

    Bonjour Elizabeth,
    je suis touchée par ton récit. Mes fils sont plus petits (5 et 7 ans). L’aîné a été testé l’an dernier, au CP, à la demande de la maîtresse, et avec notre accord. Nous aussi, nous nous en doutions, mais le test servait de « confirmation officielle » pour qu’il soit considéré à l’école comme ce qu’il est, et pas comme un arrogant, ou un capricieux. Depuis, il bénéficie de quelques aménagements en lecture et en math, et d’un décloisonnement dans la classe supérieure une heure par jour, et ça l’aide bien.
    Mon deuxième n’est pas (encore) testé, mais en grande section de maternelle, il sait déchiffrer, il commence à écrire, il sait additionner et soustraire…
    J’ai réalisé la différence avec les autres, car je garde mon neveu (6 ans) presque à chaque vacances, et je constate à chaque fois tout ce qu’il ne maîtrise toujours pas alors que mon aîné sait faire depuis longtemps, ou que mon deuxième y arrive déjà. Et je constate aussi tout ce qui est plus facile au quotidien, comme il ne remet pas en cause ce que disent les adultes, comme il est plus serein, confiant dans le monde, alors que si je le garde souvent, c’est parce qu’il a perdu sa mère!
    Mais même si le haut potentiel complique les choses à l’école (parce que c’est le moment de la vie où on est le plus confronté à une norme), ce n’est pas une tare. C’est une chance.
    Moi aussi je me suis trouvée parfois gênée quand je me suis tellement reconnue en eux, quand j’ai regardé rétrospectivement mon parcours scolaire et professionnel, et quand j’ai compris qu’ils tenaient de moi le fait de sortir un peu de la norme.
    Mais finalement, pourquoi être gênées? Apparement les filles à haut potentiel se gênent beaucoup plus que les garçons, et s’inhibent pour être dans la norme, parce qu’on a trop bien intégré qu’une femme ne doit pas être trop en haut de l’échelle, quelle qu’elle soit.
    Alors osons être un peu fières de nos différences.
    Nous leur avons transmis une curiosité de tout qui en a fait des bébés et des enfants passionnants, et qui leur permettra de rebondir. Nous leur avons aussi transmis une capacité intellectuelle qui leur permettra de réussir dans la branche qui les intéressera quand ils auront trouvé leur voie. Ils ne seront pas limités par leur (in)compétence, ils auront toujours la capacité d’apprendre ce qu’ils auront besoin de savoir pour aller où ils veulent.
    Il faut garder la tête haute, ce n’est pas parce que le CNED n’est pas la voie classique que c’est une mauvaise voie. Ton fils peut trouver un épanouissement et une vie sociale en s’investissant ailleurs qu’au lycée, dans des loisirs ou des activités associatives, où on saura l’apprécier à sa juste valeur.
    Bon courage.
    Marie


    Participant

    Bonjour,

    Une « tare »?? Disons une différence. Pas toujours facile c’est vrai, mais un bon point de départ, c’est les associations de « zèbres », pour pouvoir échanger sur nos expériences.
    En tout cas, il ne faut pas perdre de vue que « à force de vouloir rentrer dans le moule, on finit par ressembler à une tarte »! Plutôt essayer de rester soi-même, et d’expliquer à son entourage les différences: on arrive quand même à trouver des gens suffisamment ouverts pour comprendre.

    Emmanuel


    Participant

    Merci Marie, Merci Emmanuel,

    Marie tu m’a redonné le moral, car finalement c’est vrai nos enfants sont curieux, réactifs, et c’est une chance. Emmanuel tu m’as fait rire  » à force de vouloir rentrer dans le moule, on fini par ressembler à une tarte »! Je crois que je vais en faire ma maxime!!
    je vais me renseigner pour trouver une association de « zèbres » sur Lyon.
    belle journée à vous!

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)

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