Re:Différence


Anonyme

Salut Camille !
J’ai 14 ans aussi, je suis en troisième, je n’ai pas été diagnostiquée comme précoce, ou surdouée, du moins pas par des tests de QI, mais je m’interroge depuis quelque temps…
Je me suis toujours sentie en décalage, dés l’école primaire, et encore plus maintenant, au collège. Les gens ne me rejettent pas à proprement parler, mais je ne me sens jamais moi-même avec eux, et j’en souffre beaucoup. En fait, j’ai plus de facilités à tisser des relations avec des jeunes plus âgés que moi ou avec de adultes. Un de mes plus proches amis a 17 ans et c’est l’une des rares personnes avec qui je peux « vivre ».
J’ai plein de passions, j’adore la littérature, je lis beaucoup, j’écris aussi, des poèmes ou des histoires, c’est ma façon de m’échapper, de me retrouver ans un monde qui me correspond et où les gens me correspondent. J’aime les sensations intenses, et je fais plein de choses inutiles, ce qui me vaut souvent des commentaires de la part des gens de mon âge… Commentaires auxquels je suis hyper réceptive, je veux dire que je n’ai aucune défense contre la méchanceté des gens, pas plus que contre leur gentillesse ce qui fait que je m’attache (trop) vite…
Au collège, bien sûr, j’ai quelques amis mais je me retrouve bien souvent à l’écart et quand je ne le suis pas, j’ai l’angoisse de l’être., comme toi.
En fait, je me sens terriblement seule.
J’aimerais arrêter de me regarder vivre et vivre pour de vrai, arrêter de regarder les autres vivre, être moi-même. Sauf que je sais pas qui c’est, « moi-même ». J’aimerais m’aimer, arrêter de me dire que je suis impuissante.
J’ai plus de 18 de moyenne, on m’a déjà proposé de sauter une classe, j’ai refusé car je me sentais déjà trop différente des autres, je ne voulais pas en rajouter. J’ai peut-être eu tort, vu que maintenant je m’ennuie à mourir en cours… Plusieurs personnes, notamment un adulte surdoué, m’ont recommandé de passer des tests, je ne l’ai pas fait, mais je me suis renseigné sur différents sites et dans des livres ; et je me retrouve dans beaucoup de descriptions. C’est quelque part un soulagement parce que c’est un début de réponse à mon isolement, parce que je me suis toujours dit que si je m’intégrais difficilement c’est parce que j’étais quelque chose en moi n’allait pas, je n’ai jamais eu d’estime pour moi même,, alors, de me dire que peut-être je suis surdouée, c’est comme si je respirais à nouveau. D’où mon angoisse à l’idée de passer des tests : et si j’étais « normale » ?! Si je n’étais en fait qu’une fille normale, mise à l’écart parce que tout simplement nulle ?
En même temps, je correspond bien aux critères que j’ai repéré dans mes recherches, autant sur le plan relationnel que sur le plan scolaire…
Les gens me disent que je suis bizarre, que je pose trop de questions. Petite, je m’interrogeais sur la mort, et d’autres trucs super gais du même genre 😉 et je recherchais la compagnie des adultes tout en me méfiant d’eux. J’ai écrit à 7 ans dans mon journal intime que les adultes étaient « méchants pour se venger, alors qu’ils vont tous mourir de toute façon ». Aujourd’hui j’ai aussi très peur de devenir une femme comme tant d’autres, de devenir une adulte et de tomber dans la routine jusqu’à la fin de ma vie, en passant à coté de plein de choses.

Désolée si je dis un peu tout dans le désordre…
Bref, surdouée ou pas, je ne réponds peut-être pas à ta question mais, à moi, ça me fait du bien (et ça fait bizarre !!) d’en parler.

Bonne soirée à tous, merci d’avoir lu ce post ! 🙂