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Audio – Tout le monde est-il intelligent ?

Mercredi dernier, sur France Inter, l'émission "Le téléphone sonne" présentée par Fabienne Sintes était consacrée au sujet du haut potentiel intellectuel. Entre thèmes récurrents et interrogations controversées, les auditeurs et les invités ont suscité une discussion animée entre les intervenants.

Comment vivre la différence de son enfant surdoué ?

Je vous proposons aujourd’hui de profiter du podcast de cette émission des plus intéressantes avec, pour répondre aux questions des auditeurs, deux participants bien connus :

Fanny Nusbaum, docteur en psychologie et chercheuse en neurosciences, fondatrice et directrice du Centre PSYRENE et du Fonds PSYRENE pour l’intelligence et auteur,

Gabriel Wahl, pédopsychiatre, auteur et co-auteur de divers ouvrages sur la précocité.

Parmi les thèmes abordées, on trouve certes des grands classiques concernant les surdoués, mais aussi quelques questions plus inhabituelles.

  • Est-on plus intelligent que les autres lorsqu’on a un QI supérieur ? Tout le monde est-il intelligent ?
  • Qu’est-ce que l’intelligence, et en existe-t-il une seule ou plusieurs ?
  • Quelles sont les différences entre intelligence et capacités intellectuelles ?
  • Quel est l’intérêt du test de QI, que mesure-t-il exactement et comment l’appréhender ?
  • Le résultat est-il constant et pérenne dans le temps ?
  • Faut-il faire tester son enfant lorsqu’on a des doutes afin de mieux l’accompagner quel que soit le résultat, ou éviter autant que possible le test ?

Concernant cette dernière interrogation, les avis divergent. Car s’il est important de comprendre le fonctionnement de son enfant pour l’aider, le fait de lui imposer une “étiquette” peut générer toutes sortes de réactions dans son entourage, notamment à l’école et dans sa vie sociale. Sans que cela aille forcément jusqu’aux moqueries ou au harcèlement, l’enfant (ou même l’adulte) peut s’éteindre pour se fondre dans la masse, quitte par exemple à faire exprès d’avoir de mauvaises notes pour se faire accepter. Il peut aussi se faire passer pour ce qu’il n’est pas, à enfermer sa vraie personnalité sous un camouflage discret. Pour autant, de simples soupçons ou tests passés sur Internet, même soi-disant “officiels”, ne constituent en rien la preuve valable d’une précocité auprès des professionnels, et encore moins auprès des enseignants.

Une autre question que l’on retrouve souvent est celle des problèmes liés au haut potentiel, des troubles associés et des difficultés rencontrées en milieu scolaire comme familial. Comme le dit Gabriel Wahl :

Le drame de notre psychologie française, c’est ce que l’on appelle la sur-attribution. C’est le fait de dire “Si votre fille est anxieuse, c’est parce qu’elle est surdouée, si votre fille est déprimée c’est parce qu’elle est surdouée” etc.

Et cela au risque de générer un mauvais diagnostic dont les conséquences rejailliront sur la personne concernée. Néanmoins, s’il ne faut pas attribuer tous les problèmes au haut potentiel, je ne pense pas pour autant que tous les problèmes rencontrés par les enfants à haut potentiel aient une cause extérieure.

Nombre de ces questions sont délicates et souvent sujettes à débat. La plupart des professionnels eux-mêmes ne sont pas d’accord, et Gabriel Wahl et Fanny Nusbaum ne font pas exception. L’émission est donc ponctuée de discussions animées qui, si elles ne satisfont pas tout le monde, ont au moins le mérite de faire avancer le débat.

Retrouvez aussi le podcast et la page de l’émission sur le site de France Inter

6 commentaires

  1. FABRICE THUILLIER sur 8 juin 2021 à 3 h 13 min

    Bonjour, mon fils a été testé l’année dernière afin de pouvoir l’inscrire au CNED réglementé, car ce dernier ne pouvait plus ase rendre physiquement au lycée.
    Il ne se sentait plus en phase avec les cours donnés, jusqu’à la fin du collège, il a été le premier de sa classe sans fournir aucun travail, pouvant développer ses projets informatiques (codage, développement) et à partir du lycée, impossible de le faire se lever !!!
    Je cherche désespéramment une structure pouvant l’accueillir à 15 ans, il ne voit aucun intérêt à intégrer un cycle traditionnel scolaire, il considère cela comme une perte de temps, sachant ce qu’il veut faire, à 12 ou 13 ans, il codait et vendait ses lignes de codes.
    il est dommage de confondre âge et capacité, les amis de mon fils ont entre 20 et 25 ans, ses amis sont en étude supérieurs et le reconnaissent pour sa valeur dans les projets qu’ils mènent ensemble.
    les seules structures trouvées sont des établissements privées pouvant convenir mais toujours très onéreuses et accessibles à partir de 18 ans.
    il existe pléthore d’établissements pour les enfants en difficulté mais pas pour les enfants HPI, je trouve dommage de s’assoir sur de tels capacités.
    Je suis ouvert à toutes aides possibles et inimaginables afin de pouvoir aider mon fils à se réaliser le plus rapidement possible, ce dernier se retrouve de plus en plus régulièrement dans un état que je qualifierait de dépressif.

    • Françoise sur 8 juin 2021 à 15 h 07 min

      Bonjour,

      En effet tout est organisé en fonction de l’âge et la scolarité quant à elle est obligatoire jusqu’à 18 ans. L’idéal pour votre fils serait d’obtenir un bac qui lui permette d’intégrer une école de codage par la suite. Il existe des formules en aternance, bac pro…informatique, mais je crois que la spécialisation codage ne se fait qu’après le bac. Vous pourriez voir du côté des CIO, ou encore si votre fils est en difficulté psychologique, du côté des associations contre la phobie scolaire qui peuvent avoir des solutions.

  2. Gwennaëlle sur 8 juin 2021 à 14 h 23 min

    Sans avoir écouté l’émission encore je réponds à la question “Est-ce que tout le monde est intelligent?”
    La réponse est “non”.
    Est-ce que tout le monde est blond?
    Non.
    Est-ce que l’intelligence est une valeur fiable pour l’avenir de l’humanité?
    Non.
    Est-ce que tout le monde a de la valeur, doit être respecté, écouté et aimé pour sa contribution?
    Oui.

    Si on commençait par arrêter de mettre “l’intelligence” sur un piédestal comme si c’était l’assurance de la réussite et du bonheur ce serait bien, on pourrait passer à un autre débat.

    • Françoise sur 8 juin 2021 à 14 h 59 min

      C’est un peu plus compliqué que ça, et il est d’ailleurs dommage que l’émission, comme le sujet du haut potentiel en général, ait été quelque peu gâchée par cette crainte à vouloir définir le haut potentiel en des termes simples et acceptables par tout le monde. La formulation ne change rien à un état de fait qui, justement comme vous le dites, est à l’origine de la difficulté pour bon nombre d’enfants à s’épanouir dans un ou plusieurs cadres dans lesquels ils ne trouvent pas leur place, justement parce qu’ils ne sont pas écoutés pour ce qu’ils sont et de ce fait ne peuvent contribuer naturellement à la vie collective sans une certaine souffrance.

  3. Delphine sur 9 juin 2021 à 8 h 17 min

    Bonjour, merci l émission était très intéressante et apporte bien des informations et expériences.
    mais c’est vraiment dommage que la discussion ait été gâché, je trouve, par les réflexions de Mr Wahl et le fait qu’il n accepte pas d autres approches que la sienne.
    Ce temps précieux d émission aurait pu être utile, à la place, à nous enrichir de plus d informations utiles.

  4. Juju Psychologue sur 31 juillet 2021 à 10 h 43 min

    Dr Whal est un professionnel de référence dans le domaine, il évoque des réalités scientifiques bien connues des experts. Les études nationales et internationales depuis des décennies regroupent ses affirmations et continuent à le faire. Attention aux discours affectifs qui voudraient pathologiser la question du HPI et tout expliquer à travers ce prisme, prégnants malheureusement en France ces dernières années. La plupart des psychologues et psychiatres bien formés sur le développement cognitif, l’intelligence et la question spécifique du HPI auront une approche sensiblement similaire à Mr Whal. Depuis des années maintenant ce sujet est utilisés par certains professionnels d’une manière qui interroge et va à l’encontre de nos professions, c’est à dire, permettre à chacun d’avoir une analyse sérieuse appuyée sur une littérature scientifique solide, afin de mieux se comprendre et d’être plus épanoui. Mélanger toutes les notions ne rend service à personne et peut au contraire faire des dégâts importants. Oui l’immense majorité des personnes avec un HPI vont bien, et oui certains sont en grande souffrance à cause notamment d’un sentiment de décalage avec leur environnement. De nombreux facteurs, dont la personnalité, le tempérament, les évènements de vie, l’éducation, entrent en ligne de compte pour expliquer ses différences individuelles, comme dans la population globale d’ailleurs! Et c’est alors aussi vrai et important de savoir reconnaître les autres problématiques associées aux HPI afin de pouvoir les soigner en tant que telles (anxiété, dépression, TDAH, autisme, etc)
    Je vous invite à lire 2 ouvrages de références : Les surdoués ordinaires de Gauvrit, et Le Haut potentiel en question de Cuche et Brasseur.
    Bonne réflexion 🙂

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