Et si votre enfant était surdoué ?

JE FAIS LE TEST

Un député flamand propose la généralisation des tests de QI à l’école

A l’instar de ce qui se pratique déjà en Israël, le député flamand Koen Daniëls demande que le test de QI soit généralisé à chaque enfant scolarisé en Flandre.

…le monsieur éducation de la N-VA, constate que les investissements dans l’éducation ne sont pas des plus efficaces. Le souci selon lui, c’est qu’on applique une politique égalitaire, alors que tous les élèves n’ont pas le même niveau.

“Pour l’instant on examine uniquement le statut socio-économique des enfants”, explique Daniëls dans Het Nieuwsblad. “Par exemple, si la maman n’a pas son diplôme secondaire ou si la langue pratiquée à la maison est différente du néerlandais”, l’enfant aura plus de difficultés que les autres. “Cependant, une étude internationale a montré qu’il y a aussi un lien avec le QI” pour expliquer les mauvais résultats de certains élèves.

Cette proposition suscite de violentes critiques, notamment de la part des ceux, tenants de l’égalité avant tout, qui pensent que les enfants à haut potentiel ne naissent pas dans les familles pauvres ou au niveau culturel faible mais sont le fruit de leur environnement. En face, les partisans du dépistage universel, invoquent l’équité et une réelle égalité des chances en soutenant une solution qui permettrait à tout enfant, quel que soit son milieu socio-culturel d’origine, d’être reconnu et accompagné en fonction de ses besoins propres. Chacun se fera sa propre idée mais il serait sans doute judicieux que ce type de débat soit, une fois pour toutes, débarrassé des scories idéologiques qui le polluent et qui n’ont, à vrai dire, pas grand chose à voir avec le bien-être de nos enfants.

Pour votre part, si l’on en croit les résultats de notre sondage permanent, vous êtes majoritairement favorables au dépistage systématique. N’hésitez pas à donner votre avis et à commenter cette nouvelle, tous les arguments sont bons à entendre.

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5 Comments

  1. Dano sur 17 octobre 2017 à 6 h 23 min

    Pour le dépistage obligatoire en France



  2. Anonyme sur 17 octobre 2017 à 23 h 22 min

    Oui je vois qu’un dépistage systématiquement chez tous les enfants est une bonne chose pour plusieurs raisons. Déjà pour les parents qui se posent la question et si mon enfant était différent ? Cela permettrait de mettre au clair toutes ces questions. Mais ce qu’il faut surtout c’est une fois les résultats en main ne pas enfermer un enfant dans une case car il a peut être pas réussi son test. Et il faut surtout prendre le temps d’analyser les résultats car c’est ce qui va orienter les professeurs dans leur travail par rapport aux élèves et ça se fait pas du jour au lendemain. Donc certes il y aura un résultat pour l’enfant et les parents mais un laps de temps important autant que nécessaire pour l’organisation derrière.



  3. Dehecq sur 20 octobre 2017 à 16 h 10 min

    Détectée « précoce » à 40 ans *J’ai toujours l’impression que c’est un gros mot!), j’ai eu l’opportunité de faire un test QI au collège qui n’a rien donné. Et pour cause… tout ce qui se rapportait à l’école était pour moi inintéressant, j’avais donc trouvé bête ce test et l’avait pour ainsi dire bâclé et survolé comme un énième devoir quelconque, d’où mon étonnement à 40ans. Faire un test à l’école est inutile. Il faut sortir du système scolaire pour captiver l’enfant, de plus ayant 4 enfants également précoces et rencontrant des difficultés avec les enseignants. …Je doute de la véracité de cette approche !



  4. clarisse sur 22 octobre 2017 à 17 h 35 min

    Quand vous avez un enfant avec des difficultés scolaires et que vous souhaitez l’aider, il faut passer par un psychologue (scolaire ou pas) et le premier test est le Wisc…. dépistage général permettrait de mettre en évidence des HP ou non et des enfants au profil non homogène avec des soucis d’ordre Dys par exemple ! Donc oui, cela ferait gagner du temps !



  5. REIF Carole sur 23 octobre 2017 à 16 h 52 min

    Bonjour voici un partage qui je l’espère pourra interpeller quelques-uns d’entre vous et notamment sur la question du dépistage systématique de tous les enfants scolarisés, dès le plus jeune âge.
    Ma fille Manon est en échec scolaire depuis la maternelle… Dès sa 1ère année d’école sa maîtresse (et les suivantes) m’a « convoqué » pour me dire qu’elle ne voulait pas dormir, gigotait sans arrêt et n’avait pas un comportement dit « normal » pour une enfant de son âge et que cela posait un souci de cohésion au sein de la classe. Cette personne me conseillait de consulter un médecin parce qu’elle suspectait une hyperactivité. Elle a donc été suivie par un pédopsychiatre qui a réfutée l’idée d’une hyperactivité au profit d’un état dit « dynamique » et a été accompagnée pendant une année. Lorsqu’elle en rentre en primaire, mêmes difficultés partagées « Manon ne tient pas en place, bavarde, ne suit pas, est dissipée etc. » En CE2 sa maîtresse m’informe deux mois après sa rentrée ( !) que Manon devra sans doute redoubler parce qu’elle n’a pas acquis les compétences et, je cite, « de toute façon elle ne fera pas de hautes études » (!). Après des années de primaire laborieuses, elle intègre le collège pleine d’espoir en se disant « ça va changer ». Mais à l’issue de la 6ème Manon fait le constat que rien n’a changé et que l’école lui a menti. Elle ne trouve toujours pas de sens à ce qu’on lui enseigne ou qu’on lui demande d’apprendre et ne comprend l’idée d’un « rentrer dans le moule ». Elle est en colère et cette colère va se matérialiser par des comportements de confrontation avec les professeurs (insolences, remise en cause de la légitimité de leur autorité, mais aussi de leurs savoirs…) et ce jusqu’en 4ème. Elle frise le conseil de discipline.
    En 4ème elle rencontre la psychologue du collège dans le cadre d’une éventuelle bascule l’année d’après sur une 3ème prépa-pro. A l’issue de la 2 ou 3ème rencontre, cette dernière m’annonce que Manon est sans doute une enfant dite précoce « ratée par l’Education Nationale », et qu’il est désormais trop tard pour qu’une démarche soit entamée (le bénéfice de l’accompagnement étant optimal durant les jeunes années de scolarité). Toutefois elle lui propose de lui faire passer un test, mais Manon refuse de se faire « diagnostiquer ». Elle n’y voit pas d’intérêt sauf à avoir un chiffre collé au-dessus de sa tête et exprime le « Pour quoi faire et quoi ça servirait maintenant ? ». La pose de ce diagnostic informel vient toutefois la réconforter : des mots sont posés sur son mal être face à cette place qu’elle n’arrivait pas à trouver.
    Elle a souffert pendant toutes ces années de se sentir exclue d’un système : de percevoir qu’elle était différente sans réellement identifier ni en quoi ni pourquoi. Elle pensait qu’elle était stupide et anormale parce qu’elle était confrontée en permanence à son échec scolaire ; les professeurs lui disaient qu’elle avait un comportement immature tout en l’infantilisant dans leur façon de s’adresser à elle. Elle n’avait ni copains et copines de son âge et ne fréquentait toujours que des ados plus âgés voire même de jeunes adultes. Elle a été dénigrée au sein de l’établissement par les filles de son âge parce que son petit copain était plus âgé qu’elle (il était au lycée). Manon a passé une année à entendre de leur part des allusions sexuelles dégradantes dont elle a énormément souffert. Elle n’osait même plus aller en récréation et s’enfermait dans les toilettes. Elle était devenue agressive, colérique et violente envers elle-même : lorsqu’elle était enfermée dans les toilettes, il lui arrivait de donner des coups de poing dans les murs ; un jour elle a fini par s’abîmer les phalanges de deux doigts. Quand je lui ai demandé pourquoi elle avait fait ça elle m’a répondu : « je passe ma colère comme ça plutôt que de blesser quelqu’un par des coups ou par des mots ». Manon a échoué son brevet des collèges… mais en même temps, comment aurait-elle pu l’obtenir après s’être questionnée tout au long de ces années sur le sens leurs sens, une fois passés les caps de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul.
    Cette année elle a intégré une seconde qui va la préparer au BAC PRO Métiers de la sécurité. Elle a passé les épreuves sportives et les entretiens de sélection dans 3 lycées et a été reçu dans l’un d’eux face à 200 candidats pour 24 places. Elle ne souhaitait pas suivre un baccalauréat général « parce que cela ne mène à rien » ; sa priorité était d’accéder au métier qu’elle a choisi dès la 5ème (maître-chien en gendarmerie) de la façon la plus rationnelle possible : puisqu’il est nécessaire d’avoir un baccalauréat pour passer le concours de gendarmerie, elle a privilégiée une filière valorisante. Elle est en internat et s’y sent très bien. Cela l’aide beaucoup (dynamique de groupe, climat propice au travail, encadrement, etc.). Ses résultats scolaires n’ont rien à voir avec ceux du collège ; elle se sent beaucoup mieux aujourd’hui : elle est enfin « à la bonne place » et s’épanouit comme une ado de 16 ans.
    Et même si parfois elle repère quelques incohérences dans son nouveau parcours scolaire (défaut de logique de l’enseignement – ?- qu’elle seule identifie et qui nous échappe) elle arrive désormais à l’évacuer rapidement et à se recentrer sur l’essentiel.
    Aujourd’hui Manon souhaite surtout « être une personne comme tout le monde » dans un univers apaisé, tranquille. Elle continue de fréquenter des jeunes plus âgés, mais est parvenue à se faire quelques copains et copines de son âge avec qui elle vit sa vie d’ados. Elle a surtout repris confiance en elle et s’inscrit désormais dans une démarche de réussite et non plus d’échec.
    Quant à moi en tant que mère (père absent) j’ai pris le temps de digérer la colère que j’ai eu envers l’Education Nationale (et aussi envers moi-même). Pourquoi le jugement qui est porté lorsqu’un enfant est différent « qu’il ne rentre pas dans le moule » est celui d’une inadaptation au système… et si c’était le système lui-même qui n’était pas adapté à cet enfant ? Comment peut-on décréter qu’un enfant est inapte (pour ne pas dire inintelligent) et/ou inadaptable (pour ne pas dire attardé) juste parce qu’il n’a pas de bons résultats scolaires ? Et si finalement ce n’était pas tous ces enfants qui se posent la question du sens de l’enseignement aujourd’hui (« à quoi ça sert et pour quoi faire ? ») qui seraient justes ?
    Si finalement ce n’étaient pas eux qui viendraient bousculer ce gros pachyderme de l’Education Nationale pour la pousser à penser enfin l’enseignement du XXIème siècle ? Combien faudra-t-il encore d’enfants en souffrance à l’école pour enfin changer de focale et répondre à cette question : « Les nouveaux défis de l’enseignement du XXIème siècle : quels enjeux ? quels objectifs ? ».



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