Et si votre enfant était surdoué ?

JE FAIS LE TEST

Tu es tellement intelligent et tu ne sais pas ça ?

Dans la série « Les phrases à ne pas dire à un enfant précoce« , voilà un grand classique, le plus souvent prononcé à l’école, mais pas exclusivement. A une question posée par l’élève, l’enseignant, un peu excédé par cet enfant si curieux qui perturbe le cours, répond par le mépris : « Si tu es si intelligent, tu devrais connaître la réponse ! »

Ce comportement est également à rapprocher de celui des personnes qui, ayant appris que votre enfant est surdoué, a sauté une ou deux classes et est féru de mathématiques, ne trouve pas mieux que de le mettre à l’épreuve en lui posant une question piège de maths ou de physique, généralement tirée de ses lointains souvenirs scolaires et souvent énoncée de manière fort approximative. Si approximativement d’ailleurs que votre enfant, attaché à la précision des choses, ne trouve rien d’intelligent à répondre sur le coup. Je parle d’expérience. Un jour, un invité a demandé à notre aîné s’il pouvait lui énoncer le fameux « Principe de Pythagore ». Ce qui, même à 19 ans et étudiant en mathématiques, a laissé notre fils coi. Heureusement, la mémoire du visiteur lui a permis d’énoncer la réponse, ce qui lui a valu une remarque du type « Ah, vous vouliez parler du théorème de Pythagore ! ».

Revenons plus précisément à la question qui nous occupe et qui a sans aucun doute blessé des milliers d’enfants au fil des années. En effet, la violence contenu dans ces quelques mots ne saute peut-être pas aux yeux de prime abord mais il faut bien comprendre qu’assénée brutalement à un enfant hypersensible, cette phrase est une véritable bombe. C’est évidemment encore plus le cas pour l’enfant qui doute de ses capacités et estime ne pas mériter vraiment les louanges que ses parents lui prodiguent à l’occasion.

L’émotion qui envahit l’élève confronté au cynisme de l’adulte le poursuivra parfois longtemps, aidée en cela par une mémoire des événements sans faille. Bien des années plus tard, l’enfant devenu adulte se remémorera la remarque cinglante de l’enseignant et, pour certains, cela entretiendra durablement le doute qui les habite.

Les enfants plus sûrs d’eux, en ce qui les concerne, ressentiront comme une attaque la réponse de l’adulte et le fossé avec celui-ci se creusera, parfois de manière définitive, ce qui est toujours dommageable en matière d’enseignement et peut suffire à gâcher une année scolaire toute entière. Le professeur aura alors bien du mal à regagner la confiance de son élève, si jamais il y parvient. D’autant plus que la confusion entre intelligence et sens logique d’une part, culture et connaissances d’autre part, n’aura pas échappé à l’enfant mis en cause. Il va sans dire que cela affectera négativement l’estime portée à l’enseignant par son jeune élève.

On ne redira jamais assez combien il est important de traiter avec intérêt les demandes des enfants précoces. Celles-ci ne sont quasiment jamais motivées par la volonté de paraître ou d’étaler sa supériorité aux yeux de la classe. Si le temps manque pour y répondre, si la réponse ne peut être apportée immédiatement, il est toujours possible et préférable de le faire plus tard que de s’emporter sur le vif.

6 Comments

  1. Dumartin sur 12 juin 2016 à 19 h 00 min

    Entièrement d’accord! Mon fils ,en cm1, a eu droit à un zéro en évaluation de maths sur les fractions…elle voulait un résultat approximatif…Sauf qu’il lui a donné le bon résultat (avec virgule). « Il n’a pas suivi la consigne, Je ne veux pas qu’il étale sa science! »… Difficile pour lui (Par ailleurs excellent dans toutes les matières!)



  2. Sophie sur 12 juin 2016 à 20 h 10 min

    Si elle était surdouée, elle serait première de la classe !



  3. Daroueche sur 13 juin 2016 à 10 h 47 min

    A Sophie,
    Tout le monde parle d’Albert Einstein avec son QI important et ses découvertes scientifiques, pourtant, il avait des résultats scolaires très médiocres dans son enfance.
    Donc il faut faire très attention aux critiques pour deux raisons:
    – Ces enfants sont hyper sensibles et très émotifs
    – Si certains de ces enfants ne sont pas les premiers de leurs classes, c’est parce que ces enfants s’ennuient et se demandent ce qu’ils font là. En fin de compte, plusieurs choses peuvent se présenter:
    * Ils décrochent juste pour nous alerter,
    * Ils adoptent un comportement bizarre tel que écrire sur ses livres, déchirer ses cahiers, parler alors qu’on leur donne pas la parole, voir parler mal aux professeurs…



  4. Charline sur 13 juin 2016 à 15 h 42 min

    Ma mère n’a pas voulu me faire sauter de classe aujourd’hui je suis en seconde et j’ai tous lâché je suis incapable de suivre un cours correctement elle ma toujours dit  » si t’es assez intelligente tu peux t’adapter à leurs niveaux » mais pourquoi eux ne peuvent pas s’adapter ? Je ne sais plus ce que je peux et/ou dois faire.



  5. Aude sur 13 juin 2016 à 20 h 53 min

    Malheureusement ce genre de remarques sont quotidiennes dans l’école de mon fils… Et même si je ne suis pas certaine qu’il soit surdoué cela reste un enfant sensible qui vit très mal sa relation avec son institutrice pour ce type de comportements de la part de l’enseignante….Je ne comprends pas que les enseignants soient si peu doués eux…



  6. Françoise sur 23 juin 2016 à 14 h 52 min

    Bonjour Charline,

    S’adapter à un niveau scolaire peut sembler facile, même si la réalité est moins évidente car pour tout élève il est important de se sentir compris, stimulé, d’y trouver un minimum de satisfaction, à la fois dans les apprentissages et dans les relations aux autres. L’avantage pour vous est que vous avez avez conscience de votre différence, à partir de là il faut travailler dessus en vous posant les bonnes questions : quel est votre projet pour plus tard, quelles sont vos envies réelles, quelles sont vos capacités et vos lacunes, comment y remédier… Pour mes 2 aînés aussi la seconde n’était ni facile ni stimulante, mais ils ont compris que c’était une étape à franchir pour atteindre un objectif ultérieur et qu’ils devaient donner le meilleur d’eux-même et se forcer à y arriver.



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