L’hyperstimulabilité émotionnelle, comment l’identifier pour mieux y faire face.

Publié le Catégories L'enfant précoce, PsychologieMots-clés
Jade Ann RiveraJe vais vous livrer au cours des prochains jours un dossier en 5 parties, traduction toute personnelle d’une série d’articles publiés par Jade Ann Rivera sur son site et repris ici sur sa proposition. Ce dossier abordera le sujet des diverses « hyperstimulabilités » (terme à mon goût particulièrement barbare utilisé pour traduire en français l’anglais Overexcitabilities) qui caractérisent les enfants précoces autant que les adultes surdoués dans leurs comportements et réactions. Il s’agit d’un sujet particulièrement important qui vous aidera à mieux comprendre la façon de fonctionner de votre enfant. Dans ses articles, Jade Ann Rivera donne des exemples précis ainsi que des pistes pour vous aider à réagir efficacement lorsque celui-ci est confronté à la difficulté de gérer des émotions trop intenses ou un comportement qui peut s’avérer déroutant pour son entourage.

Comment identifier et faire face aux hyperstimulabilités, partie 1 sur 5 : l’hyperstimulabilité émotionnelle

À l’heure où j’écris ces mots, j’utilise mon hyperstimulabilité intellectuelle et émotionnelle. Ma curiosité et l’énergie que je mets à comprendre le fait d’être surdoué m’inspirent pour mes recherches et pour écrire. Mais tandis que je rédige, les  sentiments négatifs que je porte parfois sur moi-même menacent de faire dérailler l’ensemble du processus. Pffff !

C’est comme ça chaque mois, pour chaque article que j’écris. Le processus est merveilleux mais épuisant et c’est un aperçu pour moi de ce que signifie être surdoué.

La plus répandue des idées fausses sur l’hyperstimulabilité  est qu’il s’agirait de quelque chose à «guérir» ou surmonter. Céder à cette envie mènerait à  un terrible gaspillage de certaines des qualités les plus intéressantes et les plus constitutives de l’individu doué.

L’hyperstimulabilité  réunit un ensemble de caractéristiques innées qui se retrouvent le plus souvent conjointement chez les personnes ayant des capacités cognitives avancées et qui génèrent la sensibilité extrême à laquelle elles doivent faire face dans leurs relations familiales, au travail et dans leur vie sociale.

Cette hyperstimulabilité est quelque chose qu’il faut accepter, apprécier et maîtriser.  Je sais que la mienne ne disparaîtra jamais. Elle se manifestera parfois  avec intensité au moment le plus inopportun, même après avoir été en sommeil durant une longue période. C’est mon boulot de l’apprivoiser  et d’en faire un atout plutôt qu’un handicap.

Le concept d’hyperstimulabilité est issu des recherches du psychologue et psychiatre polonais Kazimierz Dabrowski (1902-1980). Pour dire les choses simplement, il s’agit de la capacité accrue que présente un individu à percevoir et à réagir à des stimuli de toutes sortes, que ce soit un problème d’algèbre, les coutures désagréablement gênantes d’une chaussette ou un magnifique coucher de soleil.

Cet excellent article proposé par l’association SENG énumère et définit ainsi les différents types d’hyperstimulabilité :

  • L’hyperstimulabilité émotionnelle se caractérise par le fait de vivre les choses intensément.
  • L’hyperstimulabilité imaginative est la capacité à visualiser, inventer des choses nouvelles et créer.
  • L’hyperstimulabilité intellectuelle concerne pus précisément la capacité à être curieux et à réfléchir de manière approfondie.
  • L’hyperstimulabilité psychomotrice sous-entend que la personne concernée fait preuve d’un surplus d’énergie par rapport aux autres individus.
  • L’hyperstimulabilité sensorielle entraîne une sensibilité intense à la vue, au son, au toucher, au goût et à l’odorat.

Dans les prochains articles de ce dossier, je vais examiner chaque type d’hyperstimulabilité mais aussi  vous donner des conseils pour les identifier et y faire face.

Commençons par l’hyperstimulabilité émotionnelle ou affective.

Avez-vous déjà vu votre enfant réagir de façon excessive face à une injustice dont vous savez que l’enfant de votre voisin, lui, l’accepterait sans sourciller ? Votre enfant a-t-il des relations personnelles étonnamment profondes avec les autres, avec des animaux ou même des jouets ? Dans son comportement, les périodes de joie extrême alternent-elles relativement fréquemment avec des moments  d’extrême tristesse ? Voilà quelques-unes des manières dont l’hyperstimulabilité émotionnelle peut s’exprimer.

Beaucoup d’enfants doués qui luttent contre celle-ci sont mal diagnostiqués, en particulier les adolescents.  On leur dit que quelque chose ne tourne pas rond chez eux, qu’ils sont trop sensibles et doivent « s’endurcir ». Leur hyperstimulabilité affective est assimilée à de simples troubles de l’humeur.  Ils sont traités comme des malades par des personnes  bien intentionnées qui veulent vraiment les aider mais ne sont malheureusement pas formées aux particularités des individus surdoués. C’est pour cela qu’il est si important de faire connaître ces caractéristiques au plus grand nombre.

Il y a beaucoup de raisons d’apprécier l’hyperstimulabilité émotionnelle. D’abord parce que c’est la source de l’empathie étonnante de votre enfant. Avez-vous déjà été étonné par l’attention que votre enfant porte à un autre enfant qui souffre ? À mon avis, c’est la manière la plus merveilleuse dont l’hyperstimulabilité affective s’exprime.

Cette forme d’hyperstimulabilité peut se révéler très (trop) intense pour toutes les personnes impliquées mais il existe des moyens d’en réduire l’impact.

Lorsque cela est possible (et parfois cela peut être extrêmement difficile, vous devez donc être indulgent avec vous-même), il faut essayer d’anticiper les situations qui vont déclencher cette hyperstimulabilité et les réactions qui en découlent chez votre enfant. Par exemple, il peut s’agir de films ou de livres tristes ou émotionnellement intenses, de contacts avec des personnes pénibles ou insensibles ou même simplement du changement de dernière minute d’un programme auquel votre enfant était particuièrement attaché.

Quand, malgré vos précautions, l’hyperstimulabilité émotionnelle de votre enfant s’est déclenchée, il devient nécessaire de prendre un moment de répit et de ralentir pour vous connecter avec lui. A ce moment là, demandez-lui quels sont ses sentiments. N’en minimisez pas l’importance.  Il se peut que votre enfant soit incapable de les surmonter pour vous répondre à cet instant précis.  Assurez-vous alors qu’il comprenne bien que vous vous tenez à sa disposition pour l’écouter lorsqu’il se sentira prêt.

Vous serez étonné par ce que les enfants surdoués peuvent partager quand ils se sentent à l’aise et parviennent enfin à laisser leurs réactions émotionnelles trop vives se dérouler à leur propre rythme. A force de travail,  l’intensité des conséquences qui en découlent se réduira progressivement au minimum.

Sommaire du dossier

1. L’hyperstimulabilité émotionnelle
2. L’hyperstimulabilité imaginative
3. L’hyperstimulabilité intellectuelle
4. L’hyperstimulabilité psychomotrice
5. L’hyperstimulabilité sensorielle

3 réflexions au sujet de « L’hyperstimulabilité émotionnelle, comment l’identifier pour mieux y faire face. »

  1. Bon Jour!

    Pardon me for not typing in French. Thank you for taking the time to translate my posts for french speaking people. It’s been wonderful to connect with some of your readers on my own site.

  2. Bonjour j’ai un garçon de 10 ans qui, nous le pensons son papa et moi, est trop sensible. Tout ce qui pourrai être simple pour lui devient très compliquer. A causes de ses émotions il n’arrive pas à relativiser et donc à être heureux. La rentrée en 6ème n’a rien arrangé , le stress est maintenant permanent ! Nous avons beau le rassurer nous avons l’impression qu’il n’entend pas – il ne se fait pas confiance , il aimerait nous faire confiance mais n’y arrive pas ! Qui peut nous aider !!!

  3. Merci pour ce site passionnant qui permet de mettre des mots sur ce que je vis depuis 40 ans maintenant et de m’aider à mieux comprendre mon fils de 5 ans.

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