Et si votre enfant était surdoué ?

JE FAIS LE TEST

L’adulte surdoué face à ses parents

En mai, la chronique mensuelle d’Arielle Adda pour le journal des femmes s’attache à décrire la situation qui se présente lorsqu’un adulte surdoué révèle sa particularité ou celle de son enfant à ses propres parents.


La révélation a pu intervenir tardivement, souvent lors d’un test effectué par l’adulte lui-même, parfois à l’occasion de la détection d’un petit-enfant. Se pose alors la question d’informer les parents ou grands-parents, avec toutes les conséquences que cela implique.

Il faut rester d’une prudence de sioux pour tenter d’entamer sans provoquer de dégâts trop meurtriers des défenses échafaudées durant des décennies. Dans le meilleur des cas, cette révélation peut entraîner une nouvelle forme d’entente, plus subtile et complice : ce parent ou ces parents qui ont été révélés à eux-mêmes par leur enfant se réconcilient avec des aspects de leur propre personnalité qu’ils ne comprenaient pas bien, ils savent désormais pourquoi certaines personnes les hérissent et pourquoi ils se sentent si heureux avec d’autres.

Cette révélation peut intervenir à tout âge, parfois fort tardivement, à l’orée de la retraite. Elle engendre nécessairement des interrogations, des remises en cause et apporte son lot d’explications quant à tel ou tel épisode marquant de la vie.

La  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes. C’est une révision profonde de l’existence toute entière au moment où on aborde la période qui voit  s’amorcer les deuils, réels ou psychologiques, les renoncements de tous ordres,  les pertes auxquelles il faut bien se résigner.

Les choses ne se passent pas toujours bien de prime abord. Il est alors important d’expliquer au parent réticent à admettre la réalité qu’il n’est pas question de lui reprocher quoi que ce soit (et surtout pas le fait qu’il n’ait pas sur détecter la partiualrité de son enfant) mais plutôt de lui donner des clefs de compréhension utiles qui lui manquaient jusqu’alors.

Plonger dans un passé si lointain où les souvenirs s’emmêlent ou bien se confondent parfois  avec l’Histoire est complexe ; il arrive pourtant que cette révélation modifie radicalement la personnalité de celui qui se découvre tel qu’il est véritablement. Lire ou entendre la description fidèle de soi sous un éclairage  qu’on ignorait peut amorcer une révolution tellement profonde que la personnalité toute entière est bouleversée.

Lire « Le livre de l’enfant doué » d’Arielle Adda

Lire la chronique en entier sur Le journal des femmes

5 Comments

  1. Pr S. Feye sur 1 juin 2016 à 12 h 56 min

    Ce qui est surtout important, c’est la liberté de penser. Le surdoué y est attiré naturellement.
    https://youtu.be/2Z9n63iJK-E



  2. Mary sur 2 juin 2016 à 8 h 22 min

    A 32 ans, j ‘ai découvert ma précocité avec celle de mon garçon. Depuis je me suis documentée, c ‘est incroyable je me découvre. Moi qui me suis toujours sentie seule, différente voir bizarre . Quand je lis c’est tout moi j’ai enfin le sentiment qu’on me comprends. C ‘est un peu un tsunami : les souvenirs d’enfance qui reviennent tous même ceux que je pensais avoir oublié. Enfin des mots sur un mal être, des explications sur des comportements… C’est une découverte un peu douloureuse mais libératrice … Je me sens une autre personne … un peu comme une renaissance…
    Aujourd’hui je comprends mieux pourquoi mon fils et moi avons cette relation si magique !



  3. Damien B sur 2 juin 2016 à 14 h 01 min

    Bonjour,
    J’ai 53 ans, decelé précoce à 13 ans. Sauf qu’à l’époque, on disait juste « un bon QI). Test effectué à l demande de ma mère en raison de problèmes scolaire (faut-il m’orienter vers un BEP ou me garder dans le circuit généraliste ?). Avec des valeur de 153, 147 et 136, cela ne ferait aucun doute aujourd’hui. Sauf qu’à l’époque, cela a juste convaincu parents et proviseur de me laisser en 3eme. Comme disait ce proviseur (qui a fini par me virer), mieux vaut un emmerdeur nigaud qu’un emmerdeur malin, ça pose moins de problèmes… Puis, personne, ni même moi n’en a plus jamais reparlé. Affaire réglée.
    J’ai un enfant de 10 ans qui vient d’être decelé précoce. Et tout redéfile petit à petit. Une grande difficulté à être heureux car toujours encombré à développer des stratégie paralléles, d’intégration, pour que mon travail passe, pour ne pas être exclus, ridiculisé.. Etc… Dans les premiers en primaire, je passais tout juste mes classes au collége jusqu’à cette troisième où les profs m’avaient pris en grippe. J’avais réussi à m’acoquiner dans un collége difficile avec les garçons les plus batailleurs, déconneurs, sortant les uns après les autres du système scolaire. Grand et sportif, doué en judo, je me faisait respecter mes devait garder une attitude crédible de bad boy tout en faisant ce qu’il faut pour que cela passe. Et c’est toujours passé, avec difficulté jusqu’à être diplomé de Sciences-Po. mais avec toujours ce complexe du « pirate », c’est à dire de celui qui n’est pas à, sa place et moins légitime que les autres car il a dû ruser. J’ai réussi à monter de belles boîtes mais que je fini toujours par saborder car cela ne peut durer. Pareil en amour. Et pourtant, je cr^ve d’amour pour ma femme. Pris encore par un émotif que je n’arrive pas à bien gérer, des considératiuons autres que monj intérêt ou celui de ma famille viennent prendre le dessus. je me rend compte que j’ai encore tout un travail à faire, comme au premier jour.

    Si ce témoignage peut en aider certains, tant mieux.



  4. milbaraka sur 10 juillet 2016 à 14 h 10 min

    Damien B,
    Je me reconnais beaucoup dans votre témoignage.
    Idem: diagnostiquée au collège pour la première fois (diagnostic confirmé par la suite), ni l’éducation nationale ni mes parents n’ont fait quoique ce soit avec ça… J’ai fait comme vous, passé les classes mollement, parce que ma mère tenait tellement à ce que j’ai mon bac, alors OK je l’ai eu sans conviction, et même en détestant l’école que je tenais pour une prison. Hélas, je n’ai pas, comme vous, atteint la réussite pro suffisante pour être reconnue (je mets cela sur le compte de racines psy dans l’enfance: ma mère a instauré une relation de rivalité = hors de question que je lui fasse de l’ombre).
    Mais quand je vous lis, j’ai l’impression que le seul travail que vous ayez à faire est celui de vous connaître en tant qu’adulte surdoué et comprendre que toutes vos caractéristiques sont précisément celles de l’adulte surdoué = non pas des faiblesses ou des fragilités, mais des « hyperitudes » comme j’ai coutume de les appeler.



  5. afnoga sur 18 février 2017 à 19 h 27 min

    Précocité découverte sur le tard (45 ans !) suite au diagnostic de mes 3 enfants, comme beaucoup des témoignages précédents, je ‘revisite’ ma vie passée et actuelle en regard de cette découverte. C’est troublant, déconcertant, violent mais tellement éclairant. J’ai tenté de parler de ce sujet, si important, si bouleversant à mes parents et je fais face à un refus total de leur part d’évoquer ce sujet.
    Déni, refus de s’écouter (quelle horreur !), de s’analyser. Pour eux, c’est une lubie …Et pourtant il est probable qu’ils le soient aussi.
    Probablement une question de génération (psy = fou )…
    Juste dommage, qu’il ne m’accompagne pas sur ce chemin de redécouverte et d’affirmation de ma personnalité.
    Par contre, je suis si heureuse de pouvoir (tenter d’) accompagner mes enfants sur ce chemin….

    PS: je vous recommande Matthieu Lasagne, coach pour talents atypiques. Ces posts sur ‘linked in’ me paraissent toujours incroyablement justes !



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