La révélation tardive de mon haut potentiel intellectuel

Publié le Catégories L'adulte surdoué, L'enfant précoce, TémoignagesMots-clés ,
Jeune femme surdouée

Le site Madmoizelle.com republie aujourd’hui le témoignage de Mélissa, jeune trentenaire qui a connu un itinéraire très tourmenté avant de découvrir son haut potentiel intellectuel sur le tard.

Pourtant, c’est depuis l’âge de 16 ans que la jeune femme s’interroge sur la possibilité qu’elle soit surdouée, aidée en cela par une émission télévisée. Dans la première partie de son long et émouvant témoignage, elle s’attache tout d’abord à nous retracer sa vie d’enfant, dès l’école maternelle. Au début, tout se passe bien.

D’après ma mère, j’ai commencé à parler très tôt, avec des phrases construites et des mots d’adultes dès mes 2 ans. À cette même époque, ma grande sœur, elle, allait à l’école et je demandais à y aller aussi. J’ai donc fait ma première petite section à cet âge : jusque-là tout se passait bien. Je garde un excellent souvenir du peu dont je me souviens de cette époque de ma scolarité. J’étais sociable, j’avais beaucoup d’amis, j’étais joyeuse… bref, la petite fille modèle quoi.

Malheureusement, dès l’école primaire, les choses se gâtent, malgré d’excellents résultats scolaires et la volonté de se fondre dans le moule, à la manière de l’enfant discret. La différence est là et se fait sentir, l’hypersensiblité est handicapante. Au collège, la situation se dégrade du fait du décalage avec les autres et le harcèlement scolaire commence son oeuvre destructrice. A 13 ans, Mélissa commence à voir un psychiatre.

Progressivement, les angoisses se sont multipliées et ça a commencé à être un sacré bazar dans ma tête. Maintenant je sais les expliquer, et j’ai mis des mots sur les symptômes : en fait je me suis mise à penser tout le temps (mais vraiment, je ne sais pas ce que c’est que d’avoir le cerveau tranquille), ce qu’on appelle l’hyperactivité cérébrale.

J’ai commencé à tout analyser, TOUT, même des banalités : c’est l’hyperactivité émotionnelle et l’hypersensibilité. J’étais sensible à tout, tout le temps.

20 ans plus tard, la jeune femme avoue elle-même avoir rencontré une dizaine de psys. A travers son témoignage, elle nous parle de ses péridoes de dépression, de ses innombrables questionnements, des erreurs de diagnostic, des traitements médicamenteux, jusqu’à l’obtention du statut de travailleur handicapé.

Fianlement, c’est la rencontre avec une psychologue compétente et la lecture du livre de Jeanne Siadu-Facchi, L’adulte surdoué, trop intelligent pour être heureux, qui ont permis à Mélissa de mettre un nom sur son mal-être et d’oser effectuer le test de QI dont elle aurait peut-être eu besoin bien plus tôt.

J’ai donc passé un test de QI en octobre 2013 et oui, je suis surdouée. Je ne suis pas dépressive, ni bipolaire, ni folle (comme je l’ai longtemps pensé) ; je suis surdouée.

À 29 ans, j’ai ENFIN la réponse à cette question que je me suis posée pendant près de treize ans… J’ai passé le test il y a six mois et je digère encore l’information. Car peu importe que je sois surdouée ou non, j’aurais préférée être dans la norme ; ce n’est pas facile de ne pas l’être, et encore moins quand on l’apprend sur le tard.

Surtout qu’à mon âge, on peut se demander « À quoi bon faire ça? Ça va changer quoi ? ». Mais pour moi cela change tout ; ça a éclairé mon chemin, répondu à des tas de questions sur ma façon de fonctionner, et cela m’a fait comprendre que je ne suis pas anormale. J’ai « juste » un « fonctionnement intellectuel atypique ».

Ce témoignage nous démontre s’il en était besoin combien il est important de ne pas négliger la présomption de haut potentiel intellectuel chez l’enfant ou l’adolescent. Tenir compte de son intuition de parent et faire effectuer un test à son enfant pour savoir de quoi il retourne, quitte à obtenir un résultat négatif, vaudra toujours mieux que de rester dans l’incertitude au risque de gâcher toute une vie. Mélissa a finalement eu la chance de faire les bonnes rencontres à l’âge adulte, mais au prix de longues années de souffrance. Certains n’ont pas cette chance et traînent toute la vie l’aigreur et le ressentiment dus au fait de ne pas avoir été reconnus. Sachons être à l’écoute de nos enfants pour l’éviter.

Lire le témoignage de Mélissa dans son intégralité

4 réflexions au sujet de « La révélation tardive de mon haut potentiel intellectuel »

  1. Bonjour,
    ici mon fils a fait les tests à 12 ans et je retrouve les mêmes caractéristiques (hypersensibilité, phobie scolaire ect…) j’aurai aimé qu’on me pousse à faire les tests plus tôt et qu’on me dise que c’était important de le faire pour pouvoir mieux aider mon enfant. Or la pmi me l’a proposé lorsqu’il avait 6 ans et j’ai refusé en me disant à quoi bon ? on aurait pu l’aider plus tôt et on aurait passé l’élémentaire plus sereinement. D’où l’importance d’être détecté le plus tôt possible !

  2. Bonjour, j’ai 34 ans…34 ans de galères…34 ans de cerveau continuellement en activité…
    Depuis 34 ans je ne me sens pas à ma place … je me sens différente…
    Vos mots, j’ai l’impression qu’ils viennent de moi …
    Maman d’une petite fille de 4 ans, je l’ai faite tester, mademoiselle a 3 ans d’avance … je suis tellement soulagée pour elle, soulagée de comprendre sa différence alors que personne ne s’est penchée sur la mienne…
    Prochainement je passerai ces tests, la clé du bonheur est peut être là…
    Amicalement …

  3. Bonjour, j’ai suivi la galère émotionnelle d’une amie de 40 ans que je connais depuis longtemps, et qui a commencé à aller mieux quand elle a passé les tests pour entrer à l’association Mensa, puis pour avoir l’évaluation de son QI (plus de 150). Au début, je n’en comprenais pas trop l’intérêt parce qu’on se comprenait tellement bien ! Alors, à 48 ns, j’ai passé aussi les tests Mensa et j’ai adhéré. Je l’ai fait aussi pour mon fils de 12 ans, qui me ressemble énormément. Cela a été une lame de fonds pour moi, être enfin reconnue dans ma différence, entrer dans une case ! J’en ai même fait une dépression … Tout ce temps perdu … Je ferai donc tester mon fils cette année car je ne veux pas qu’il souffre de son émotionnel comme moi, je veux qu’il ait des clés pour apprendre à se gérer.

  4. Hello, C’est parce que j’ai reconnu mes particularités dans ma fillette dès la crèche (langage, autonomie, curiosité insatiable, fébrilité dès qu’elle découvre une nouveauté, passion devant un mécanisme, etc.) que j’ai vu les difficultés qu’elle rencontrait avec une maitresse à 3ans 1/2 parce qu’elle commençait à bien lire et écrire que je lui ai fait passer les premiers tests. Cela a été un révélateur pour moi également. Certes j’étais consciente de mes aptitudes particulières et ne dormais que 5 h par nuit plus 2 mini siestes. Par contre, j’ai enfin compris que certaines difficultés avec les proches ou les collègues venaient de leur ressentiment : « c’est facile pour toi! » Que ce fardeau a été souvent lourd dans ma relation à autrui car je me sentais « redevable de cette « facilité, de mes connaissances »! J’ai eu la chance que deux professeurs de lycée m’avaient détectée « intellectuellement infatigable et pluritalentueuse ». Ils m’avaient recommandée d’avoir des méthodes pour ne pas me perdre et de toujours pratiquer un sport, ce que j’ai fait! Par contre, j’ignorais qu’il y avait des tests, je n’ai jamais imaginé qu’un psy puisse m’aider, je me sentais redevable de partager mes aptitudes, d’autant que mon frère ainé était très jaloux, que ma sœur ainée avait des difficultés en classe. Ma mère disait lorsque je ramenais de bons résultats : « tais toi tu vas faire de la peine à ta sœur! »… Je ne veux pas que ma fille souffre de ses talents. Son grand-père était vampirisé pour ses expertises dispensées gratuitement. De même je suis grande contributrice pour mes proches, mes collègues. On nous renvoie souvent jalousie, amertume… sans imaginer que nos vies n’ont sont pas royales pour autant. J’ai cumulé tant de diplômes, de formations, de missions bénévoles, tout en travaillant pour vivre et avec des pathologies invalidantes! Depuis je suis vigilante à donner quelques clés à ma fille pour s’occuper d’elle d’abord, s’épanouir indépendante du regard des autres, bien vivre son empathie débordante, choisir qui elle soutient et comment pour ne pas se nuire, etc. Je travaille sur moi avec plaisir accompagnée d’une psy efficace. Je veux, à + de 50 ans récolter le fruits de mes efforts de toute une vie. Je suis travailleuse, courageuse et ingénieuse et j’ai le droit de profiter de mes talents pour me construire une vie meilleure, intéressante pour moi! Et oui je considère de passer les tests pour le fun. A 20 ans cela m’aurait plus aidé et permis de me protéger des agressions sournoises. Aujourd’hui je me suis comprise et je suis contente de cette différence. Contente de montrer à ma fille que l’on a le droit de profiter des dons versés au berceau. Gardez vous bien.

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