Et si votre enfant était surdoué ?

JE FAIS LE TEST

Le harcèlement scolaire et les enfants précoces

Récemment, la journée nationale de lutte conte le harcèlement scolaire est venue utilement nous rappeler combien ce problème préoccupant touche tout particulièrement les enfants précoces, à l'instar du jeune Alexis dont je vous donnais le témoignage d'enfant harcelé il y a un an.

Un phénomène aux conséquences parfois lourdes et durables

Sans parler expressément des enfants surdoués, un article du journal 20 minutes traite du cas des élèves harcelés en raison de leurs bons résultats scolaires, souvent mis à l'index par leurs camarades. C'est bien sûr le cas d'un certain nombre d'enfants précoces qui, notamment a l'école primaire, font souvent figure de premier de la classe.

Parmi eux, Pauline : « Bonne élève, très curieuse, j’adorais discuter avec mes professeurs à la fin des cours. J’allais passer mes récréations au CDI à lire, j’étais studieuse et surtout j’aimais apprendre ; une hérésie dans mon collège où les profs étaient les "ennemis".

Anne a vécu le même enfer : « J’ai reçu toutes sortes d’insultes à cause de mes bonnes notes ("fayote", "intello", "fille à papa", "surdouée"…) », énumère-t-elle. Tout comme Marie-Elisabeth : « Tout le monde se moquait de moi et je n’avais pas d’amis dans la classe ».

Etre bon élève aujourd'hui n'est pas toujours facile. Pas plus d'ailleurs que d'être timide ou peu à l'aise dans les activités physiques. Certes, cela n'est pas nouveau mais le phénomène prend de l'ampleur et la nature des faits considérés a tendance à s'aggraver. Le harcèlement, longtemps cantonné aux cours de récréation déborde également de plus en plus hors de l'école, sous l'influence du développement des réseaux sociaux. Les conséquences sont parfois lourdes et souvent durables, bien au-delà de l'adolescence et parfois tout au long de la vie d'adulte.

3 livres sur le sujet pour aider vos enfants

Nous avons sélectionné trois ouvrages. Le premier d'entre eux s'adresse aux parents, les deux autres vous permettront d'aborder la question avec votre enfant, qu'il soit lui-même harcelé ou non.

Comment savoir si votre enfant est victime de harcèlement

Il n'est pas toujours simple pour un enfant de parler des moqueries ou des violences qu'il subit à l'école. Des menaces peuvent l'empêcher de se confier à ses proches mais il peut aussi se murer dans le silence pour ne pas révéler sa faiblesse. Pourtant, certains signes doivent alerter les parents d'enfants harcelés. En voici quelques exemples.

  • Votre enfant est réticent à aller à l'école, allant parfois jusqu'à manquer les cours,
  • Il s'enferme dans sa chambre et n'en sort plus,
  • Il manque d'appétit au petit-déjeuner alors que ce n'était pas le cas auparavant,
  • Son comportement est changeant et des signes de dépression apparaissent (tristesse, irritabilité sans raison, provocation, troubles du sommeil...),
  • Il perd régulièrement ses affaires, ses vêtements sont déchirés. Il faut alors soupçonner la casse ou le racket,
  • Ses performances scolaires baissent brutalement de manière inexpliquée.

Si ces signes doivent alerter, il est bien évident qu'ils peuvent tout à fait découler d'un autre problème mais quoi qu'il en soit, ils doivent à tout le moins faire l'objet d'une discussion avec votre enfant et, surtout, amener à prendre des mesures.

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Comment réagir si votre enfant est harcelé ?

Une fois que le diagnostic a été posé et que la situation de harcèlement ne fait plus aucun doute, le plus dur est fait. Il reste cependant à trouver les solutions qui permettront à votre enfant de retrouver le plaisir d'aller à l'école et de passer de bons moments avec ses camarades.

L'important est d'agir vite, c'est pourquoi il faut être particulièrement vigilant au moindre signe d'alerte. En réagissant le plus tôt possible, il sera plus facile de mettre un terme aux agissements du ou des harceleurs que lorsque les violences sont régulières, bien installées et que les rôles sont affectés pour le reste de l'année scolaire. Les effets se feront aussi sentir moins durablement pour l'enfant harcelé qui ne sera pas installé dans une posture de victime désignée.

Rejoignez le groupe Enfant précoce et harcèlement scolaire

Vous souhaitez échanger avec d'autres membres d'EPI au sujet du harcèlement scolaire des enfants précoces ? A travers ce groupe et son forum dédié, nous vous proposons de partager vos expériences et vos solutions.

 

Sans surprise, le site officiel de lutte contre le harcèlement scolaire déconseille aux parents de réagir eux-mêmes ou de contacter l'auteur des faits, au risque d'aggraver la situation. Je dois dire que je ne partage pas cet avis. Il me semble qu'une saine réaction parentale, notamment à l'apparition de comportements que l'on pourrait qualifier de pré-harcèlement (moqueries et petites taquineries en tous genres) est à même de résoudre bien des situations de harcèlement latentes.

Dès que vous avez constaté l'existence du problème, vous devez prendre les bonnes décisions :

  • Parler à votre enfant pour le déculpabiliser, lui faire comprendre que vous avez pris la mesure du problème et que vous prenez immédiatement des dispositions en lui disant lesquelles.
  • Parler au harceleur, voire à ses parents en appréciant la situation au cas par cas. Cela peut suffire à mette un terme immédiat au problème.
  • Rencontrer la direction de l'établissement scolaire de votre enfant pour évoquer la situation et demander que des mesures efficaces soient prises. Ne vous satisfaites pas d'atermoiements ou d'un relativisme méprisant, voire insultant, pour votre enfant. Lui seul sait combien il souffre et sa souffrance ne doit pas être relativisée par des adultes peu compréhensifs.
  • Assurer un suivi rigoureux de la situation. Ne pas laisser traîner les choses, au risque de perdre la confiance de votre enfant. après la visite à l'administration scolaire, le problème doit être réglé très rapidement.
  • En dernier recours et notamment en cas de mauvaise volonté manifeste de l'équipe éducative,  ne pas hésiter à s'adresser à l'inspecteur de l'éducation nationale.

Ces préconisations peuvent paraître strictes mais d'expérience, ce n'est pas en affichant un profil bas qu'on obtient gain de cause dans ce genre de situation. Sans excès ni violence, l'objectif est avant tout de rassurer votre enfant et de lui montrer que, face à cette épreuve, vous êtes à ses côtés.

L'idéal serait que votre enfant parvienne à gérer la situation lui-même dès le début. C'est pour lui la meilleure façon de se mettre durablement à l'abri des harceleurs. Dans ses ouvrages, Emmanuelle Piquet propose des solutions iconoclastes qui ont le mérite de fonctionner, comme elle le fait à travers cette vidéo.

Le harcèlement scolaire, en parler pour ne pas avoir à le subir

Le problème du harcèlement scolaire des enfants précoces ne doit pas être pris à la légère car les conséquences qui en découlent peuvent être dramatiques. C'est pourquoi il est nécessaire d'aborder le sujet avec vos enfants dès que possible. Il ne s'agit pas de les alarmer inutilement mais de leur donner les moyens de comprendre immédiatement la situation si d'aventure ils y étaient confrontés. Ils seront ainsi mieux à même de réagir face aux petits gestes qui annoncent des comportements plus graves. Ils pourront vous en parler en toute confiance et, pourquoi pas, décourager eux-mêmes les velléités de l'enfant harceleur.

Donnez votre avis sur le sujet

Et vous, qu'en pensez-vous ? Racontez-nous vos expériences, donnez nous vos astuces et vos bonnes idées à travers vos commentaires. Et si vous avez trouvé cet article utile, n'hésitez pas à le partager avec d'autres parents sur vos réseaux sociaux préférés.

Les enfants précoces et le harcèlement scolaire. Les enfants précoces sont tout particulièrement touchés par l'inquiétant phénomène du harcèlement scolaire. Quelles sont les pistes pour y faire face ?

2 Comments

  1. Cara sur 14 novembre 2017 à 14 h 09 min

    Bonjour. Ma fillette a sauté le CP. les élèves de CE1 ne voulait plus jouer avec elle et pourtant l’ont bien connu en maternelle parce qu’elle était plus jeune, et les CP non plus parce qu’elle n’était plus comme eux. Les CE1 disaient qu’elle n’y arriverait jamais alors qu’elle était brillante. Une CM1 l’a harcelé en lui disant d’abandonner. Elle a mangé seule à la cantine pendant 1 mois. Elle est pourtant empathique et solidaire, aidante en classe pour les autres en difficulté. Le directeur n’a jamais voulu agir. En plus elle a un panier repas pour allergies et intolérances alimentaires ce qui la singularise encore. Cela a même commencé avec l’instit de mater qui ne supportait pas qu’à 3 ans elle commence à lire et écrire… et lui disait, tu verras ça quand tu seras grande!!! en hurlant, menaçant et punissant. Elle refusait d’entendre un mot d’anglais en dehors de ses 30mn hebdo et à 7 ans a fillette est toujours inquiète de parler anglais même si elle sait qu’elle ne verra plus cette hystérique. On a du changer d’école. L’attitude des adultes encadrants est honteuse et contre l’égalité et fraternité gravé dans les frontons! Comment former les responsables à la précocité, sans passer par les parents qui sont des contredits: nous ignorons tout de l’éducation bien sûr. bon courage à tous



  2. Françoise sur 14 novembre 2017 à 21 h 49 min

    Merci pour votre témoignage Cara,
    Oui, il ne faut surtout pas sortir du cadre et c’est bien triste.
    J’espère qu’avec le changement d’école cela se passe mieux pour votre fille, bon courage.



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