L'histoire de Guillaume
Guillaume est un petit garçon souriant, vif, curieux et actif,
né en juin 1997. C'est le premier enfant de la famille. Au mois
de janvier 2001, nous nous sommes rendus à l'école maternelle
pour la première visite médicale de sa toute récente
scolarité. C'était aussi la première fois que nous
pouvions le voir dans le contexte de l'école. A notre arrivée
sa classe était en salle de motricité. La maîtresse
faisait une ronde avec les enfants qui "plantaient des choux"
et jouait à "Loup y-es-tu ?" avec eux. Nous avons constaté,
à notre grand étonnement, que notre fils ne participait
pas aux activités et semblait rêver dans son coin. Lors de
notre entretien avec la puéricultrice scolaire, celle-ci nous informe
du fait que Guillaume refuse de pratiquer les activités physiques
et pleure fréquemment en sport.
Fort étonnés, nous avons pris rendez-vous avec les deux
maîtresses de notre fils (qui était alors en section bilingue).
Celles-ci nous ont confirmé qu'il n'était pas à l'aise
sur le plan physique, mais qu'il participait également très
peu aux activités manuelles ("il sait à peine tenir
un crayon"). Par ailleurs il communiquait très peu avec elles
et encore moins avec ses camarades de classe. Nous ne reconnaissions pas
du tout notre garçon dans cette description, lui si vif habituellement.
Le seul conseil des maîtresses fût de nous inciter à
consulter une psychomotricienne. Nous prîmes donc contact avec le
service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent d'un Centre Hospitalier
Spécialisé.
Au même moment nous avons consulté par hasard le bulletin
scolaire de CE1 du fils d'une collègue. Nous avons constaté
alors que Guillaume avait certaines des compétences requises à
cet âge (petite soustraction par exemple). Nous nous sommes donc
renseignés sur ce que connaît habituellement un enfant de
3 ans et demi. Nous qui n'avons aucun enfant de cet âge dans notre
entourage direct, nous n'avions pas soupçonné l'avance de
notre fils. Nous avons été édifiés de nous
apercevoir qu'il savait déjà presque tout ce qu'il était
censé apprendre durant les 3 années de maternelle. Un tour
sur le web nous a vite conduits à nous rendre à l'évidence
: Guillaume présentait tous les signes de l'enfant précoce,
tant d'ailleurs à l'école qu'à la maison. Nous avons
donc décidé de réagir et de rencontrer un psychologue,
en sus de la psychomotricienne et demandé aux maîtresses
de faire intervenir le psy scolaire.
Le psychologue libéral que nous avons vu nous a confirmé
la précocité de Guillaume à l'issue d'un test des
"Matrices Progressives de Raven". A 3 ans et 8 mois, il obtenait
le résultat moyen d'un enfant de 8 ans et 4 mois. Après
3 séances de bilan menées par la psychomotricienne, sa supérieure
hiérachique n'a pas jugé utile une prise en charge par l'hôpital.
Le psychologue scolaire ne s'est pas déplacé mais a envoyé
son collègue, rééducateur du réseau d'aide,
qui a décidé que Guillaume n'avait pas de problème
particulier et a bien compris que son comportement en classe découlait
directement de sa précocité.
Entre temps nous avons continué à nous informer. Au vu
des conséquences pour Guillaume de sa spécificité,
nous avons pris rendez-vous avec une psychologue spécialisée
pour effectuer un bilan plus complet. Ce bilan s'est très bien
passé. Guillaume a été attentif et concentré.
Il est sorti de l'entretien épanoui et heureux d'avoir été
pris en compte et écouté. Pour notre part, nous avons été
très satisfaits aussi. Cette professionnelle nous est apparue compétente
et nous a expliqué les détails de la psychologie de notre
fils (QI performance, QI verbal, QI total). Elle nous a rassurés
en nous confirmant que son comportement était lié à
son ennui en classe et non à une quelconque "défaillance".
Elle nous a également donné des préconisations écrites
très utiles, notamment pour l'école, dans un compte rendu
de plusieurs pages.
La fin de l'année scolaire approchant, la remise de ce document
aux maîtresses n'a rien changé à l'école. Mais
aujourd'hui, pour sa deuxième année de maternelle, Guillaume
est intégré dans une classe avec 25 "grands".
Sur les conseils de la psychologue, il n'est plus en section bilingue.
Il est bien plus épanoui que l'année dernière, y
compris d'un point de vue physique (les séances de gym du mercredi
y sont sans doute pour quelque chose). Cependant ses relations avec les
autres laissent encore fortement à désirer.
Nous savons que le chemin à parcourir jusqu'à l'âge
adulte sera encore long et semé d'embûches. Notre plus grande
satisfaction est d'avoir repéré assez tôt la précocité
de notre fils et réagi avec volonté malgré le septicisme
de nombreux intervenants auxquels nous avons eu à faire.
Notre message à ceux qui s'interrogent sera donc : "Bravo,
vous avez fait le premier pas. Comptez d'abord sur vous même et
n'écoutez pas ceux qui vous assurent que tout va bien quand vous
sentez que quelque chose cloche. Battez-vous pour le bonheur de votre
enfant car si vous ne le faîtes pas, personne ne le fera à
votre place."
P.S. : Actualité rentrée 2002. Guillaume bénéficie
d'un passage anticipé au CP. Nous espérons que cela lui
sera utile. Nous savons cependant que cet aménagement ne sera pas
suffisant pour lui assurer un complet épanouissement. A suivre...
|
Documents imprimables
|