Comment mon fils précoce a cessé de souffrir

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Comment mon fils précoce a cessé de souffrir

Dans un article pour la version en ligne du magazine Psychologies, Marie, maman de 42 ans, nous livre un témoignage qui, une fois de plus, démontre tout l’intérêt qu’il y a à prendre en charge de façon adaptée les enfants présentant un profil intellectuel hors norme.

J’ai quatre garçons. Parmi eux, trois sont à l’aise dans le système scolaire classique, mais l’un souffrait beaucoup. Depuis qu’il est tout petit, il est suivi parce que les relations ont toujours été difficiles. Il a eu la chance, dans les petites classes, d’avoir une maîtresse avec qui ça se passait bien. Mais en sixième, ça a été la déflagration. Il était profondément déprimé, parlait de suicide. Lorsqu’une psy m’a dit que ce n’était pas lui qui n’était pas adapté à l’école, mais l’école qui ne s’adaptait pas à lui, ça a été un soulagement. J’ai enfin pu comprendre et accepter son fonctionnement.

Marie nous explique tout d’abord combien la situation était devenue difficile pour son garçons à l’école, du fait de ses difficultés de concentration, de son hypersensibilité, de ses résultats en dents de scie et de son besoin continuel de négocier ou de contester l’autorité des adultes.  Les relations avec l’école se sont peu à peu détériorées, malgré des efforts louables qui se sont révélés insuffisants.

A force de difficultés, il s’autosabote dans ses performances scolaires comme dans ses relations. Il n’a pas de phobie scolaire, il aurait adoré rester au collège. Mais le principal n’avait plus de ressources pour l’accompagner. Dans son parcours, il a bénéficié d’un PAI (programme d’aide individualisé), d’une AVS (assistante de vie scolaire). Mais à un moment, il faut arrêter de vouloir le faire rentrer dans le moule au chausse-pied.

Le fils de Marie commence donc à fréquenter le centre Zebra, créé à Marseille par la psychologue spécialiste des enfants précoces, Jeanne Siaud-Facchin. Là, il reprend peu à peu goût aux apprentissages.

Chaque soir, il rentre joyeux en disant : « J’ai joué aux échecs, j’ai appris un tour de magie, j’ai fait une tarte aux pommes, du tir à l’arc. » C’est un changement radical : il ne rate plus, il fait. Le pôle artistique est très important dans cette structure. Le corps est engagé et retrouve du bien-être. Le pôle scolaire est aussi assuré par des professeurs de math et de français. Je crois que mon fils aurait été très bien aussi dans une école Steiner, mais il n’y en avait pas à proximité. Lui aurait voulu rester au collège, il vit très mal d’avoir été viré. Mais je le vois revivre.

Evidemment, cette solution n’est pas transposable à tous les enfants précoces subissant des difficultés scolaires importantes. Du fait de l’implantation unique de l’association Zebra à Marseille d’une part, en raison de son coût pour les familles d’autre part. Elle constitue néanmoins un exemple des mesures qui pourraient être adoptées par l’Education Nationale pour qu’un certain nombre d’enfants ne se sentent plus exclu et mis en échec du fait de leurs spécificités.

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2 réflexions au sujet de « Comment mon fils précoce a cessé de souffrir »

  1. je lis ce témoignage et je vois ma fille … à un détail près pour le moment ses résultats sont bonset elle explique très bien que ce n’est pas elle qui a besoin de votre quelqu’un mais que c’est le collège qui a un problème. Elle ne rentre pas dans le moule … ne veut pas aller au collège , hier elle m’a demandé une corde pour mourir. C’est vraiment difficile pour une maman d’entendre ces mots mais je reste à cote d’elle je lui parle … et je pousse le collège à avancer… je me fatigue psychologiquement mais c’est mon enfant et je lutterais autant que possible contre ce système qui est pas adapté au différence …

  2. Bonjour,

    Votre fille manifeste une grande souffrance psychologique et a besoin d’être entendue et comprise. Vous êtes près d’elle, c’est très bien qu’elle puisse s’exprimer auprès de vous, mais restez vigilante tout de même. Je vous conseillerais éventuellement de faire part de ces remarques avec elle auprès d’un psychologue qui connait la précocité afin qu’il puisse estimer son niveau de résistance à sa souffrance morale, et aussi de contacter rapidement le référent eip de votre académie pour vous soutenir.
    Enfin si la pression est trop forte il existe des possibilités de scolarité autres (à distance, cned…), à condition là aussi que l’accompagnement soit possible.
    Oui c’est très difficile et triste à entendre, inquiétant aussi, c’est pourquoi je vous suggère vraiment de vous faire accompagner toutes les 2.

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