Cette précocité qui dérange !
Aujourd’hui encore, la précocité intellectuelle, ou surdouement, peut-être devrait-on simplement dire « haut potentiel intellectuel » à la façon des anglo-saxons, est un phénomène mal connu et surtout, souvent, mal interprété. En effet, à sa seule évocation, on pense spontanément à une chance, une faculté extraordinaire qui simplifierait tout, ou à une avance momentanée qui sera un jour rattrapée. Or la situation ne se résume pas aussi facilement et est bel et bien une différence, aussi bien intellectuelle que comportementale et psychologique, qui occasionne souvent de nombreuses difficultés et soucis d’adaptation face à un schéma dans lequel le « sourdoué » ne se retrouve pas. Combien de fois avons nous entendu : « votre enfant est surdoué, profitez en alors, tout ira toujours bien pour lui », ou encore « vous m’aviez dit qu’il est surdoué, mais il ne sait pas faire ses lacets, ne colorie pas…. ».
D’où la grande difficulté qu’éprouvent les parents à constater d’abord la précocité, et lorsque le constat est fait à en parler, la comprendre et expliquer surtout que paradoxalement, sur des facultés importantes peuvent se greffer des difficultés non moins importantes. Comment expliquer que ce qui d’habitude fait plaisir à un enfant, le rend heureux ou lui semble tout à fait naturel peut se révéler ennuyeux, long, voire très difficile pour un autre ?
Cet article pour dire que l’important aujourd’hui est encore d’expliquer, à chaque occasion, ce qu’est la précocité afin que nos enfants et nous, parents, ne nous sentions plus seuls face à l’incompréhension de notre entourage et trouvions l’aide adaptée.
Heureusement les associations sont là pour ça et travaillent énormément à cette reconnaissance.
Voir l’article du journal Sud Ouest intitulé : « Ne dites pas que mon enfant est précoce »..
Articles de Sophie Côte concernant la reconnaissance des EIP par l’éducation nationale dans les rubriques Edito et Education.
Epistémophilie ?
Ce week-end, j’ai découvert un terme que je ne connaissais pas et que certains visiteurs liront sans doute pour la première fois dans ce sujet, ce terme est « épistémophilie« . Il est défini de la manière suivante « désir incessant d’accumuler du savoir« .
On dit souvent de nos enfants qu’une véritable soif d’apprendre les anime. Avez-vous constaté cela vous-mêmes ? Si c’est le cas, comment cette particularité se manifeste-t-elle ? Dans quels domaines plus précisément ? Et comment faites-vous pour la satisfaire ? Vous arrive-t-il de ne plus supporter les incessantes questions du petit dernier ?
Vos témoignages, avis et suggestions sont les bienvenus, entamons la discussion !
Enseigner à des enfants précoces
J’ai 31 ans et j’enseigne dans un collège privé, qui propose, parmi des classes « traditionnelles », un cycle adapté pour enfants précoces. Je suis très touchée par les témoignages que j’ai pu lire, la plupart du temps de parents ayant souffert ou souffrant encore du manque de reconnaissance de la précocité de leur enfant.
Moi aussi je souffre lorsque je m’adresse à d’autres enseignants qui, bien souvent, méconnaissent la précocité et la méprisent ou la tournent en dérision… Combien de fois n’ai-je pas entendu, de leur bouche : « Ah, tu travailles avec les surdoués ? Ca doit être cool ! » ou bien encore « Ah, les parents, ne peuvent-ils laisser leur gosse vivre leur enfance ? Pauvres gamins ! »… Alors je me bats, j’explique posément, ou je m’énerve même certains jours, ou bien encore je leur mets le rapport Delaubier entre les mains. Certains écoutent, intéressés sincèrement d’apprendre quelque chose, d’autres ironisent et se moquent éperdument ! J’essaie de leur expliquer ce qu’est un enfant précoce, comment on sort de ces classes « particulières » vidé, parfois énervé, souvent humainement enrichi, mais jamais désabusé comme c’est le cas de temps à autre avec des élèves « classiques ».
Merci madame la directrice !
Florentin a 3 ans 1/2 et rentre en moyenne section de maternelle dans une classe de 18 « grands ». A l’âge de 18 mois il faisait des phrases, parlait couramment et reconnaissait certaines lettres et les marques de voitures. A 2 ans 1/2 il entre en maternelle où il rencontre une institutrice très à l’écoute qui perçoit ses capacités et défauts : c’est le négociateur qui discute tout et veut tout comprendre. Elle nous conseille de le faire « tester » par une psychologue et ne freine pas ses demandes à savoir en particulier l’écriture (Florentin écrit son prénom, papa, maman…). Grâce à elle, bien qu’un peu perturbateur par sa vivacité, Florentin prend plaisir à l’école et ne s’ennuie pas.
Cette institutrice étant la directrice elle nous guide pour sa deuxième année et le place dans une section de 7 « moyens » et 18″grands » afin qu’il ne s’ennuie pas. Bien qu’étant le plus jeune, car il n’aura que 4 ans en décembre, Florentin semble ravi de ses nouveaux copains de 5 ans, lui qui préfère la compagnie des enfants plus âgés que lui. La directrice l’a placé dans cette section dans l’optique, s’il est prêt, d’un passage anticipé en CP.
Tout ceci pour vous dire que l’on peut parfois rencontrer des gens motivés et à l’écoute dans les écoles. Je ne sais pas ce que donnera l’avenir mais nous sommes rassurés pour le départ scolaire de ce petit Florentin qui a généré beaucoup d’interrogations et que nous avons parfois du mal à cerner. Merci madame la directrice !
Un parcours scolaire atypique
Hélène est ma fille, et elle a tenu à apporter aussi son témoignage car elle est outrée et agacée des éternelles niaiseries télévisuelles. J’ai compris sa précocité quand elle avait 2 ans et même avant, mais elle n’a passé des tests qu’à l’âge de 10 ans car il n’y avait dans notre région (Finistère Sud ) aucun psychologue qualifié. Étant donné ma méfiance naturelle, (bien m’en a pris) je n’ai pas voulu la mettre entre les mains d’une psychologue scolaire. Car si vous entrez dans le système éducatif, vous vous trouverez confrontés aux idées reçues, serez contraints à des demandes de dérogations si vous souhaitez un saut de classe et elles vous seront systématiquement refusées. Car l’Éducation nationale est farouchement opposée aux sauts de classes. Comme généralement le saut d’une année ne sert à rien, vous vous trouverez bloqué dans votre démarche et vous ne pourrez plus rien faire car dans le dossier scolaire de votre enfant, il y aura un refus.
Itinéraire d’un ex-enfant précoce
Combien de fois ai-je entendu ces mots « Ah, si tu avais voulu travailler, avec tes possibilités… » ? A 35 ans je sais depuis peu de temps mettre un nom sur ma différence. C’est en effet après avoir découvert la précocité intellectuelle de mon fils que j’ai été amené à revenir sur ma propre expérience. Je la trouve assez révélatrice de ce que peut être l’itinéraire d’un enfant précoce non reconnu pour vous la livrer.




