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Le goût de l'effort




Cet article a été rédigé sur la base d'une conférence donnée par Jacqueline Claveries, et publié avec son accord. Encore un grand merci pour sa participation au site.

APPRENDRE EST UNE VERITABLE ACTIVITE



Pour apprendre, il faut avoir une véritable motivation à comprendre et aussi à reconstruire dans sa tête. Le manque de motivation qui intervient chez de nombreux enfants, précoces ou pas, n'est pas un trait de caractère, ni une fatalité, mais le simple résultat d'un apprentissage.

L'apprentissage est un processus d'adaptation conscient et inconscient. "Un élève qui ne réussit pas a appris à ne pas apprendre, c'est à dire à ne pas changer. Il a donc appris. Il a appris quelque chose de très difficile : à résister à l'aptitude (innée) de s'adapter." (Hélène Trocmé-Fabre, 1987).

Il y a apprentissage lorsqu'il y a un "changement de comportement et la persistance de ce changement...". Pour que l'apprentissage puisse avoir lieu, il faut que l'apprenant porte attention aux stimuli qui lui sont présentés. Il faut qu'il soit réceptif à ces stimuli.

INTERET ET EFFORT

L'éducation à l'effort personnel est fondamentale. Un enfant précoce travaille habituellement très peu par rapport à ses camarades de classe. Quelques minutes suffisent là où les autres passent des heures à apprendre les leçons. Les devoirs aussi sont rapidement faits. On les dit bâclés, le soin n'étant pas le propre de ces enfants si vifs. Il faut donc les astreindre à en faire plus, tant en quantité qu'en qualité d'ailleurs.

La persistance à la tâche est primordiale. Si l'enfant ne termine jamais les activités dans lesquelles il s'est engagé, il ne peut profiter au maximum de la situation d'apprentissage et donc acquérir un sentiment personnel de compétence. L'absence de participation peut être l'indice d'un manque de confiance en soi ou de difficultés à établir des contacts satisfaisants avec les autres et l'environnement.

COMMENT INTERVENIR ?

Il peut être pertinent de modifier les objectifs d'apprentissage de telle façon qu'ils constituent un défi intéressant pour l'enfant. Il faut donc placer les EIP dans des situations-problèmes mobilisatrices. Il faudra pour cela utiliser des techniques d'animation, telles que :

- la recherche guidée,

- les projets d'équipe,

- les activités d'exploration, de façon que l'enfant puisse éprouver de la satisfaction à participer,

- des questionnaires de motivation et le renforcement les comportements par contrats.

LE CONTRAT DE MOTIVATION

"Quand je rencontre quelqu'un qui est passionné par quelque chose, j'ai envie de faire comme lui.

Autant faire vite ce qui est ennuyeux, comme cela on est débarrasé plus vite.

Quand j'ai un projet, j'aime me battre pour le réaliser.

Quand on est passionné par un travail, c'est comme un jeu.

A force de s'appliquer, on finit par s'intéresser à tout.

Quand je décide quelque chose, je m'y tiens même si cela me demande des efforts.

Je suis capable d'aller jusqu'au bout de ce que j'ai commencé, même si personne n'est derrière moi pour m'encourager.

Je ne doute pas trop de moi : je sais ce dont je suis capable.

Une fois que j'ai décidé d'une chose, je ne me pose plus de questions sur ce choix, j'avance.

J'accepte mes erreurs."

 

LE CONTRAT RENFORCEMENT POSITIF

L'apprentissage passe par la participation et l'absence de participation est un indice de mauvaise image de soi. Le sentiment de valeur de soi s'élabore grâce aux images que les autres renvoient et à l'intériorisation. On utilise le renforcement positif pour rétablir la confiance en soi. Avant tout il faut penser aux techniques, comme les grilles de conduite où l'on récompense régulièrement les efforts et réussites avec des autocollants, jetons, etc... L'important c'est l'idée d'une approche concrète et surtout très visuelle.

 

Le renforcement positif avec retrait représente une autre stratégie. Il permet de fixer d'abord la récompense globale d'où l'on retranche des parcelles en cas d'indiscipline, de paresse. Donner, par exemple, une paie ou une somme de points, pour le jour ou la semaine, d'où l'on enlève une petite somme au dépassement des limites ou refus de responsabilités de base. L'enfant, qui prend aussitôt l'acquis comme un droit, se montre plus docile à tout compromis raisonnable. En même temps, il adhère à une structure sans s'en rendre vraiment compte.

 

Plus l'enfant est jeune, plus le bonus peut être spectaculaire. Coloré, genre étoiles, autocollants multiformes, suivi par une récompense simple, concrète, du style mini-surprise (environ une fois par jour jusqu'à 4-5 ans).

Plus l'enfant vieillit, plus il participe lui même au choix des tâches et des boni qui deviennent jetons-points-argent. Il y a avantage à demeurer imaginatif et à modifier au besoin, en créant l'effet surprise et nouveauté...

Il n'y a évidemment pas de recettes magiques et il faut éviter de créer une forme indirecte de chantage continuel. L'idée n'est pas de gagner, d'assujettir, mais de faire le rappel constant des choses qui comptent.

 

LA RELAXATION

On peut également renforcer et valoriser l'image de soi d'un EIP par la relaxation. Les EIP sont très sensibles au stress et leur peur de l'échec peut les faire renoncer à fournir les efforts parfois nécessaires au cours de leur scolarité.

On peut pratiquer des exercices pour améliorer leur concentration, leur apprendre à gérer leurs peurs (en particulier face aux contrôles et aux examens).

 

TOUT N'EST PAS JOUE AVANT 6 ANS !

Aujourd'hui, les chercheurs ont changé d'avis, tout n'est pas joué dans la petite enfance.

Les performances du cerveau sont liées à la manière dont cet organe se construit tout au long de la vie.

Une légère variation peut se traduire par un handicap ou une disposition exceptionnelle.

 

(Scania de Schonen du CNRS-PARIS

Corey GOODMANN Université de Berkeley - Californie

William GREENOUGH Université de l'Illinois)

 

LA STIMULATION DU CERVEAU

Entre la naissance et 10 ans, le cerveau de l'enfant est malléable. Des programmes d'éveil ciblés peuvent avoir un impact considérable. Pour Graig RAMAY (Université de l'ALABAMA), l'intervention doit être aussi précoce que possible.

Ainsi des expériences ont été réalisées sur des groupes d'enfants témoins dans le cadre des recherches de l'université.

 

Deux groupes témoins d'enfants âgés de 6 mois :

 

1. Un groupe d'enfants, issus d'un milieu défavorisé, évoluant dans un environnement stimulant et enrichissant.

2. Un groupe d'enfants issus d'un milieu défavorisé, laissé dans leur environnement naturel.

 

A 3 ans, le QI moyen des enfants stimulés s'établissait autour de 110, alors que le 1er groupe atteignait péniblement 80. A l'âge de 12 ans, seuls 13 % des enfants du 1er groupe avait un retard scolaire, contre 50 % des membres du second groupe.

 

Le fait de donner le goût de l'effort à un EIP dès ses premières années de scolarité sera sans doute de nature à favoriser son adaptation ultérieure aux études secondaires et jouera un rôle dans la lutte contre l'échec scolaire trop souvent constaté au collège.

 

Jacqueline Claveries


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