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L'enfant et l'écrit, la dysgraphie




Il est maintenant admis que bien des EIP connaissent des troubles de l'apprentissage. Outre ceux liés au comportement tels que inhibition, isolement, instabilité, ils peuvent également présenter des troubles instrumentaux : la dysgraphie, les troubles de la coordination motrice et l'hyperactivité. Dans cet article, nous aborderons le premier d'entre eux, que bien des parents connaissent et qui pose souvent problème lors de la scolarité élémentaire, la dysgraphie.

Le contenu de ce document est tiré d'une conférence donnée par Jacqueline Claveries. Nous la remercions ici pour sa contribution et son apport au site.

L'EMERGENCE DE L'ECRIT

La conception que l'enfant se fait de l'écriture se construit graduellement et le conduit à la compréhension de notre système alphabétique. Le "gribouillis" manifeste l'entrée véritable de l'enfant dans le domaine de l'écrit.

 

Au départ la production ne différencie pas le dessin et l'écriture. L'enfant dit "j'ai dessiné un cheval et j'ai écris un cheval".

 

Puis l'enfant fait une différence entre les deux modes de représentation. Il y a bien un dessin (en haute de la page) et une "production d'écrit" (en bas)

.

 

Ensuite, l'enfant passe du gribouillis à l'utilisation des lettres ou de pseudo-lettres pour exprimer sa pensée. On observe alors à ce stade que l'enfant considère les noms d'objets et de personnes distinctement.

 

Plus tard l'enfant perçoit enfin la structure de notre écriture et sa production y ressemble de plus en plus.

Pour cheminer dans ces différents stade, il doit très tôt avoir accès à du papier et des crayons et il doit être invité à écrire par les adultes qui l'entourent. C'est de cette façon qu'il pourra passer de l'écriture spontanée ou provisoire à l'utilisation plus ou moins correcte de la structure alphabétique.

 

LA DYSGRAPHIE

Le système graphomoteur repose sur 4 piliers:

Choix de la lettre,

Forme de la lettre,

Initiation motrice et ajustement musculaire,

Organisation spatiale, direction, taille et organisation des traits.

 

La dysgraphie est une atteinte de la qualité de l'écriture qui ne peut être expliquée simplement par un déficit neurologique ou intellectuel.

 

Les difficultés graphiques qui apparaissent sont en réalité souvent dues à une contraction musculaire exagérée (nommée "crampe infantile"), liée à des perturbations d'origine émotionnelle. Les manifestations cliniques en sont une écriture lente, fatigante, non conforme aux possibilités de tenue instrumentale habituelles de l'enfant de cet âge ou une écriture illisible, trop lente gênant la scolarité.

 

Tremblement, lettres mal formées, micrographie, répugnance à l'écrit, mauvais alignement, problèmes d'espace entre les mots sont les critères habituels qui permettent de poser le diagnostic de dysgraphie. Les signaux d'alerte à prendre en compte sont les suivants :

 

Mauvaise organisation de la page,

Impression de travail négligé,

Lignes non suivies, ondulantes,

Erreurs de forme et de proportions,

Espaces non respectés,

Maladresse du tracé,

Manque de fluidité,

Lenteur supérieure à celle de la population générale.

 

Troubles du tonus, ébauche de crampe, troubles de dominance latérale sont fréquemment associés à la dysgraphie chez l'enfant.

 

Il existe 5 types d'enfants souffrant de dysgraphie :

 

Les "lents précis" : écriture lisible, enfant appliqué mais trop lent (s'il vont assez vite, cabossage et tremblements sont au rendez-vous),

Les "raides" : impression de tension de l'écriture, tracé régulier mais crispé (anguleux),

Les "mous" : tracé petit et arrondi, peu précis, atrophié et irrégulier, lignes ondulantes, page négligée,

Les "impulsifs" : manque de contrôle du mouvement, écriture courante, page négligée, lignes ondulantes, la précipitation est préférée à la qualité,

Les "maladroits" : formes lourdes, mal proportionnées, multiples retouches, désordre et confusion dans la page.

 

LA REEDUCATION DE LA DYSGRAPHIE

Elle peut revêtir des formes diverses selon les cas :

Tracés glissés, Guirlandes : sur tableau puis feuille, de grand à petit,

Relaxation et bio-feedback,

Tâches de calligraphie,

Rééducation des lettres : rythme, verbalisation,

Rééducation sur des prises d'outil scripteur, correction posture, inclinaison et maintien de la feuille,

Jeux : figurines de cow-boys et indiens, circuits,

Déliement des doigts : pâte à modeler,

Rééducation graphomotrice et psychomotrice quand dominent les perturbations spatio-temporelles et les troubles moteurs,

Relaxation quand la dystonie (main raide) semble prévalente et que s'organise une "crampe de l'écriture",

Psychothérapie lorsque les conditions affectives sont au premier plan et que le symptôme semble s'intégrer dans une structure névrotique.

 

Les difficultés graphiques sont fréquentes chez les EIP. Elles servent souvent à justifier un refus d'accord pour un saut de classe, nécessaire par ailleurs. Leur prise en compte dès le plus jeune âge est donc recommandée.

 

Jacqueline Claveries


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